Skip to main content

Full text of "De l'action comparée du chloroforme, du clhoral [!] de l'opium et de la morphine chez la femme en travail. Thèse .."

See other formats


:.. I 



• Ei 




YALE 
MEDICAL LIBRARY 




HISTORICAL 
LIBRARY 

The Harvey Cusbing Fund 



FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS 
DE 

L'ACTION COMPARÉE 

DU CHLOROFORME, BU CLIIOIUL 

DE L'OPJUM ET DE LA MORPHINE 
CHEZ LA FEMME EN TRAVAIL 



THESE 

PRÉSENTÉE AU CONCOURS POUR l' AGRÉGATION 
(Section de chirurgie et d'accouchements 

et soutenue à la Faculté de médecine de Paris 



Le D r Adolphe PINARD 

Ancien chef de clinique d'accouchements de la Faculté, 

Ancien interne des hôpitaux et de la Maiernité, 

Lauréat de la Faculté de médecine (médaille dargent, 1874, 

prix Châteauvillaril), 

Membre titulaire de la Société anatomique. 

Chevalier de la Légion d honneur. 



PARlb 

A. PARENT, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE 

29-31, RUE MONSIEUR.-LE-PRINCE, 29-31 

1878 



A MON MAITRE 



M. S. TARNIEE 

Chirurgien en chef de la Maternité, 
Membre de l'Académie de Médecine. 






%émoignagtj dc> gratitude. 
Adolfhe PINARD. 



DE 

L'ACTION COMPARÉE 

DU CHLOROFORME, DU (MORAL 

DE L'OPIUM ET DE LA MORPHINE 
CHEZ LA FEMME EN TRAVAIL 



AVANT-PROPOS 



Pour résoudre la question si importante que j'ai à étu- 
dier, deux faits devraient être acquis à la science : 1° La 
connaissance exacte de l'action physiologique du chloro- 
forme, du chloral, de l'opium et de la morphine; 2° Celle 
du mode d'action de ces divers agents sur la femme en 
travail. 

Sommes-nous à l'heure actuelle en possession de ces 
deux notions, je n'hésite pas à répondre non. Certes, éclai- 

Pinard. 1 



- 2 ~ 

rés par les travaux des physiologistes, grâce à leurs dé- 
couvertes incessantes, nous avançons rapidement, et pro- 
bablement le moment est proche où les lacunes laissées par 
Longet et par Claude Bernard seront comblées par leurs 
infatigables successeurs, où les dernières étapes qu'il nous 
reste à parcourir seront franchies, et la première notion 
nous appartiendra. 

Mais la seconde qui relève plus spécialement des accou- 
cheurs, à quel point en est-elle? D'après les importants 
travaux, les innombrables monographies qui ont été pu- 
bliés sur l'anesthésie obstétricale depuis la version pra- 
tiquée par Simpson, le 19 janvier 1847, sur une femme 
soumise pour la première fois à l'anesthésie, on pourrait 
croire que les ténèbres, qui environnaient cette question 
dès le début, commencent à se dissiper. Malheureusement 
l'obscurité est encore bien profonde, et les discussions si 
laborieuses, si longues et, disons-le de suite, si passionnées, 
soulevées depuis trente ans au sein des sociétés savantes 
et qui renaissent sans cesse le prouvent surabondamment. 
Il faut le reconnaître, poussés, entraînés, par le désir de 
supprimer la douleur dans l'acte de la parturition, beau- 
coup d'accoucheurs imprégnèrent leurs parturientes de 
vapeurs anesthésiques,ne voyant que ce seul but à attein- 
dre : la suppression de la douleur. 

D'autres, tout en étant aussi désireux que les premiers, 
de faire disparaître les souffrances inhérentes à l'accouche- 
ment, mais plus prudents, se rappelant avant tout ce pré- 
cepte fondamental de thérapeutique si justement rappelé 
par M. Blot, dans sa remarquable thèse d'Agrégation: 
Primo non nocere, se montrèrent moins enthousiastes ; ils 
se demandèrent si cette action bienfaisante en apparence 
n'était point malfaisante en réalité, et voulurent savoir, 
avant de pratiquer l'anesthésie, si la physionomie du tra- 



- 3 — 

vaii n était point troublée et si des accidents fâcheux 
n'étaient pas à craindre. 

Une indication fut bientôt admise par tous, celle de pra- 
tiquer l'anestbésie pour les opérations obstétricales. « 11 
ne se pratique guère plus, en effet, dit le professeur Pajot 
(in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 
art. Anesthésie obstétricale), d'opération obstétricale en 
Europe, sans que la femme ne soit soumise préalablement 
aux inhalations de chloroforme. Dans presque toutes ces 
opérations, l'accoucheur se propose, en général, pour but 
de soustraire la femme à la douleur, mais il est encore 
deux autres résultats qu'on cherche parfois à obtenir au 
moyen de l'anestbésie ; on se trouve bien, en effet, de l'em- 
ploi du chloroforme chez les femmes vigoureuses et indo- 
ciles, disposées à se défendre vivement contre les opéra- 
tions même très- simples, application dont les auteurs 
anglais et allemands ont à peine parlé. De plus, on a essayé 
et on essaye encore, de faire cesser, par le chloroforme, la 
rétraction énergique de l'utérus, dans le cas où cette ré- 
traction devient un obstacle à une opération indispen- 
sable. » 

Mais ce fait ne prouve qu'une chose, c'est qu'on peut 
chez une femme en travail obtenir l'anesthésie comme 
chez tout autre individu. 

Il n'y a là qu'une toute petite face de la question qui 
soit éclaircie. 

Les cas de dystocie quelconque sont des exceptions ; en 
somme, la question capitale est la suivante : Quelle est 
l'action des anesthésiques sur la femme en travail dan3 
l'accouchement naturel? 

Ya-t-il plusieurs anesthésies? Une demi, une modérée, 
une absolue ? (tous ces degrés ont été indiqués par diffé- 
rents auteurs). Le mode d'action diffère-t-il avec les doses 






et suivant que l'on a affaire à tel ou tel degré d'ânes- 
thésie ? Le chloroforme agit-il comme le chloral, l'opium, 
comme la morphine? les deux premiers comme les deux 
derniers, ou chaque agent a-t-il une action spéciale? 

Telles sont les questions qui doivent être posées et qui, 
résolues, donneront seules la possibilité de formuler des 
indications pour les cas pathologiques. Avons-nous en 
main, à l'heure actuelle, les matériaux nécessaires pour 
porter un jugement définitif et mettre en regard de tous 
ces points d'interrogation une affirmation ? Malheureuse- 
ment, non. 

On s'est peu adressé encore à la physiologie expérimen- 
tale. Seule, pour ainsi dire, l'observation clinique a été 
mise à contribution, et les faits observés ont été interpré- 
tés de façons si différentes qu'aujourd'hui tout esprit im- 
partial oscille d'une affirmation positive à une affirmation 
négative sur le même fait. 

Pour les uns, il n*y a analgésie qu'avec auesthésie, pour 
les autres, on peut chez une femme en travail, faire dis- 
paraître l'élément douleur, alors que l'intelligence et la 
motilité persistent. Pour tel auteur, l'anesthésie active le 
travail. Pour tel autre, elle le ralentit, le (rouble, le sus- 
pend. L hémorrhagie pendant la délivrance est à craindre 
chez la femme anesthésiée, affirme celui-ci, celui-là prétend 
que l'anesthésie arrête les pertes de sang. 

Et toutes ces affirmations, ces dénégations, ces contra- 
dictions à propos du chloroforme et du chloral, bien que 
ce dernier agent ne soit connu que depuis quelques années 
à peine! Je ne puis faire une revue critique de toutes les 
opinions émises, de tous les travaux publiés, car il y aurait 
de quoi remplir plusieurs volumes. Je ne citerai, dans le 
cours de niDn travail que les observations et les expéri- 
mentations qui touchent directement à mon sujet. On 



_ 5 — 

trouvera à l'index bibliographique si étendu, mais cepen- 
dant encore incomplet la liste des travaux que je passe sous 
silence. 

Quant à l'opium et à la morphine qu'on n'avait guère 
songé à employer avant ces dernières années, sauf dans 
des cas pathologiques, les divergences sont moindres, mais 
nous verrons que là encore, des recherches ultérieures 
sont nécessaires. 

Que devais-je faire en présence d'un semblable état de 
choses ? 

Après y avoir bien réfléchi, j'ai pensé qu'une seule route 
était la bonne. Je m'y suis engagé. 

Sans perdre de vue les efforts de mes devanciers, car sui- 
vant la juste expression du professeur Gubler : « la justice 
me le commandait et mes intérêts l'exigeaient » (1), j'ai cru 
que cette question devait être étudiée à nouveau. Il m'a 
semblé que tout en restant clinicien, il était nécessaire 
d'avoir recours à l'expérience; aussi, je n'hésitai pas à 
m'adresser à M. Tarnier, chirurgien en chef de la Mater- 
nité,et lui demandai l'autorisation de faire dans son service 
les recherches qui pouvaient m'être utiles. 

Je dois dire bien haut que ce maître m'accorda ce que 
je lui demandais, et grâce au dévouement de son interne, 
M. Ghampetier de Ribes, grâce à la bienveillance du Direc- 
teur, au bon vouloir et à l'empressement du personnel de 
l'établissement, je pus ainsi observer, du 24 mai au 13 juin, 
vingt-huit femmes en travail, mises en puissance de l'un 
ou l'autre des agents dont j'ai à étudier les effets. 

Je leur adresse ici à tous l'expression de ma vive recon- 
naissance. 

Ayant pour principe que l'autorité des faits doit passer 
avant l'autorité des noms, je commençai ces expériences 

(1) Gabier. Journal de thérapeutique, introduction , 1874. 



te l'intention formelle de publier les résultats quels qu'ils 
fussent, sachant cependant que quelques-uns de mes juges 
étaient engagés dans des camps opposés, bien persuadé 
qu'en agissant ain- . , aucun ne trouverait mon indépen- 
dance irrespectueuse. 

J'étais tellement dans le vrai que j'eus l'honneur de rece- 
voir de l'un d'eux, prévenu que j'allais faire des expérien- 
ces, la lettre suivante : 

« Mon cher confrère , 

- Le sort vous a désigné pour étudier le chloroforme en 
obstétrique. 

•> Vous m'êtes assez connu pour que j'aie la certitude de 
votre résolution à combattre les opinions de votre juge si 
l'expérience leur est contraire. 

» J'y compte, comme vous devez compter justement sur 
mon impartialité, quelles que soient vos conclusions. 

» Vous et moi, dans une question où tout est confondu, 
nous ne cherchons que la vérité scientifique, c'est-à-dire 
basée sur l'interprétation légitime des faits. 

» Si je me suis trompé (et ce ne serait pas la première 
fois) dites-le hardiment, afin que je ne meure pas dans l'im- 
pénitence finale. A vous , 

» Professeur PAJOT. * 

Assurément je ne puis avoir la prétention d'avoir tout 
vu, bien des idiosyncrasies m'ont échappé; le milieu dans 
lequel j'ai opéré est un milieu spécial ; bien d'autres faits 
nouveaux seront signalés, je n'en doute pas ; oui mes con- 
clusions sont hâtives, trop peut-être, je le reconnais, mais 
je ne pouvais faire autrement ; je ne pouvais ni expérimen- 
ter pendant une année ni observer sur des parturientes 
placées dans de meilleures conditions. Ce qui s'est passé 
dans ces vingt -huit cas a été scrupuleusement observé et 



transcrit. Déjà, je crois, on peut en tirer des conclusions 
qu'on trouvera, du reste, en lisant ce travail. 

L'avenir se chargera de les modifier, je n'en disconviens 
pas, mais du moins, je puis dire, en modifiant la phrase 
de Montaigne : ce sont des observations rédigées de bonne 
foi. 



Voici le plan que j'ai adopté dans ce travail. 

L Première [partie. — Etude de l'action du chloroforme, 

sur la femme en travail. 

Deuxième partie. — Étude du eh/oral, sur fa femme en 
travail. 

2 Troisième partie. — Étude de l'opium et de la morphine, 
sur la femme en travail. 

Quatrième partie. — Etude de ces agents combines. 

Cinquième partie. — Comparaison de l'action de ces 

quatre agents. 



PREMIÈRE PARTIE 



CHLOROFORME 



CHAPITRE PREMIER. 

ACTION UV CHLOROFORME SUR J.A DOULEUR PENDANT LE TRAVAIL 

La première opération obstétricale, pratiquée par Simpson 
pendant l'anesthésie, démontra d'une façon péremptoire que, 
plongée dans le sommeil anesthésique, la femme en travail 
devenait aussi insensible à la douleur que l'homme anesthésié 
qui subit une amputation : sur ce point tout le monde est d'ac- 
cord. 

Mais est-il possible de faire disparaître chez une femme en 
travail l'élément douloureux sans atteindre la sensibilité tout 
entière, c'est-à-dire sans produire l'anesthésie? En un mot 
peut-on, à l'aide du chloroforme administré d'une certaine façon, 
ne produire qu'une analgésie? Déjà Merriman, Rigby, Murphy, 
Snow, au lieu de chercher à obtenir la résolution complète, don- 
naient le chloroforme à dose atténuante. Le D r Houzelot, un des 
premiers, sinon le premier, soutint la doctrine de l'analgésie et, 
à l'appui de son assertion, publia en 1837, dans un mémoire 
qu'il adressa à la Société de chirurgie, 20 observations. Dans cet 
important mémoire, le D r Houzelot rappelle que l'analgésie a 
été observée déjà par des chirurgiens et en particulier par 

Pinard. 2 



— 10 — 

Baudens et Hervez de Chégoin, et qu'il n'est pas le premier qui 
ait signalé l'analgésie obstétricale ; mais plus qu'aucun autre il 
donne un exposé clair de sa pratique et de ses doctrines en ma- 
tière d'anesthésie dans l'accouchement naturel simple. « Il est, 
dit-il, dans l'anesthésie un point qu'on peut appeler obstétrical, 
placé entre l'excitabilité et la résolution, qui permet, sans dan- 
ger pour la mère et pour l'enfant, de généraliser dans Taccou- 
chement naturel simple, l'emploi du chloroforme pour soustraire 
la femme à la douleur. 

« A ce point de l'anesthésie, la mère en travail voit, entend, 
parle, est en rapport avec ce qui l'entoure, a le sentiment de la 
contraction utérine qui la domine, qu'elle aide même pour expul- 
ser l'enfant, et ne souffre plus. » 

Dans son remarquable rapport, le D' Laborie s'exprime ainsi 
à propos de l'anesthésie obstétricale décrite par le D r Houzelot : 
a Un pareil tableau, s'il était absolument exact, ne devrait lais- 
ser aucune raison de repousser l'emploi du chloroforme dans 
l'accouchement simple, et l'enthousiasme de Simpson paraîtrait 
légitime. Mais, disons-le avec franchise, si cette description est 
vraie quelquefois, il n'en est pas toujours ainsi, et cette limite 
de l'anesthésie placée sur les confins du sens moral et du sens 
physique, est aussi quelque peu arbitraire. Pour nous, dans les 
faits, peu nombreux nous l'avouons, qui nous sont personnels, 
nous avons vu la sensibilité atténuée mais non pas abolie. La 
patiente, si on ne lui administre que peu de chloroforme, con- 
serve en effet son intelligence et sa raison entière, mais elle a 
encore le sentiment de la douleur, sentiment affaibli qui lui 
permet d'apprécier les moindres contractions utérines et qui la 
pousse, lorsque va se montrer une contraction, à respirer avec 
une certaine avidité les vapeurs chloroformiques. » 

Il y a déjà, comme on le voit, une certaine distance entre l'ap- 
préciation du D r Houzelot et celle du D r Laborie. 

Dans la discussion qui eut lieu à propos de ce rapport 
M. Danyau fit part à la Société des résultats qu'il avait obtenus 
chez quinze femmes soumises par lui aux inhalations de chloro- 
forme, et il faut avouer que le tableau qu'il fit à ce sujet est loin 



— 11 — 

de celui peint par le D r Houzelot. Même à propos d'un fait cité 
par le D r Laborie et observé en commun, Danyau rappela que, 
dans ce cas, le chloroforme avait été absolument impuissant à 
calmer des douleurs atroces. « Oui, dit M. Blot, il existe des 
degrés différents d'anesthésie, personne n'en peut douter; mais 
ce qui est tout aussi certain, c'est qu'il est impossible dans la 
plupart des cas de savoir d'avance celle qu'on va produire chez 
telle ou telle femme, attendu que cela dépendra d'une foule de 
conditions imprévues, en particulier de cette idiosyncrasie si- 
gnalée par Robert à la Société de chirurgie, et s'il est bien posi- 
tif qu'il existe chez les différents individus une disposition, une 
aptitude particulière à être influencés de telle ou telle manière 
par le chloroforme, il ne l'est malheureusement pas moins que 
nous ignorons encore, à peu près complètement, les signes au 
moyen desquels nous pourrions par avance reconnaître ces dis- 
positions et ces aptitudes si variables. » 

Gh. Kidd, R. Sansom, en Angleterre, Spiegelberg en Alle- 
magne se proclament les partisans de l'anesthésie au premier 
degré. La Société obstétricale de Londres formule ainsi la règle 
qui doit présider au dosage du chloroforme lorsqu'on se propose 
de n'agir que sur la douleur : « Dans les cas ordinaires, n'en 
donner que juste la quantité nécessaire pour rendre la patiente 
indifférente à la douleur, et non pour lui abolir complètement 
le sentiment. » 

« Scanzoni dit : « J'ai à peine besoin de dire que les inhalations 
de chloroforme ne font point disparaître la perception de la dou- 
leur qui accompagne les contractions, pour peu que cette dou- 
leur soit intense, même quand le sommeil narcotique est com- 
plet; car il est de règle que chaque contraction un peu forte et par 
là un peu douloureuse est marquée par des cris, par un change- 
ment soudain de position, bref par des signes indubitables de 
sensibilité à la douleur. Si les femmes qui accouchent pendant 
le sommeil dû au chloroforme ne se souviennent pas d'avoir 
ressenti de douleurs une fois qu'elles sont revenues à elles, cela 
signifie seulement que la mémoire leur fait défaut et non qu'elles 
ne ressentaient pas la douleur dans l'instant de sa production. » 



— li — 

« L'expérience de l'auteur lui a démontré que les femmes en 
couche réclament une plus forte dose de chloroforme, pour arri- 
ver à un narcotisme complet , que des personnes bien por- 
tantes ou des individus qu'on veut anesthésier en vue d'une 
opération chirurgicale. C'est un fait explicable par la périodi- 
cité des douleurs de l'anesthésie, par l'obstacle qu'oppose à la 
réalisation d'une anesthésie complète l'excitation du système 
nerveux, et enfin par la tolérance du système nerveux des femmes 
enceintes et en couches, à l'égard de certains médicaments 
(opiacés), ces femmes étant placées dans les mêmes conditions 
que les chlorotiques, hystériques, chez lesquelles il y a hydré- 
mie (1). » 

Frédet, dans son intéressante thèse, après avoir donné les trois 
degrés d'aneslhésie indiqués par Sansom; 1 er degré : Sopor ; 
2* degré: Stupor; 3' degré : Stertor, se rallie également non 
plus à la demi-anesthésie, mais, comme Sanson, au tiers d'anes- 
thésie. Seulement, en lisant les observations qui lui sont person- 
nelles, on arrive vite à cette conclusion qu'il a fait souvent fran- 
chir à ses patientes les limites du sopor pour entrer dans le do- 
maine du stupor. 

Dans l'article anesthésie obstétricale, le professeur Pajot, après 
avoir formulé les indications de l'anesthésie obstétricale dit : 
« Dans les accouchements naturels, ou bien il faudra se contenter 
pendant toute,la durée du travail d'un vain simulacre d'anesthésie, 
atténuant à peine la souffrance, ou bien il faudra pendant un 
grand nombre d'heures parfois, plonger la femme dans une 
insensibilité véritable dont la prolongation doit toujours ef- 
frayer. » 

Le professeur Depaul, dans ses leçons de clinique obstétricale, 
s'exprime ainsi : « Les médecins qui sont dans l'habitude de don- 
ner du chloroforme dans tous les accouchements, même les plus 
naturels, ne soumettent les femmes qu'à un premier degré d'a- 
nesthésie, auquel ils ont arbitrairement donné le nom d'anesthé- 



(1) Ueber die Anwcndung der Anœstketica in der geburtshûlflichen Praxis; 
Iû Beitrâge zur Geburtskun.de xmd Gyncecologie, Bd. II, 1855, p. 62. 



— 13 — 

sie obstétricale. Pour eux c'est chose si simple que c'est la femme 
elle-même qui tient la compresse sur laquelle le médecin jette 
quelques gouttes du chloroforme et qui, lorsqu'elle reconnaît 
l'approche d'une contraction utérine, porte vivement sa com- 
presse au nez comme si elle respirait de l'eau de Cologne ou de3 
sels anglais. Cette manière de donner le chloroforme ne constitue 
pas, il faut l'avouer, une anesthésie sérieuse; c'est une simple 
satisfaction donnée à la femme qui se figure que les choses se 
passent toujours ainsi... Peut-on dire, en pareille circonstance, 
qu'onaanesthésié, c'est-à-dire aboli la douleur? Evidemmentnon, 
On a sacrifié à la pusillanimité exagérée d'une femme qui, igno- 
rant le plus souvent la douleur véritable de l'accouchement , se 
figure avoir souffert beaucoup moins que si on ne lui avait pas 
donné de chloroforme. Pour moi, messieurs, le chloroforme à la 
reine n'est pas quelque chose de sérieux et vous partagerez, je 
l'espère, mon opinion à ce sujet. » 

En 1874, le D r Campbell publia dans le Journal de thérapeu- 
tique un premier mémoire sur l'anesthésie obstétricale. Dans ce 
mémoire où l'auteur se déclare partisan des anesthésiques dans 
les accouchements naturels, puisque sur 1,500 accouchements, 
il les administra 942 fois, c'est-à-dire à peu près deux fois sur 
trois, il n'est parlé que de l'anesthésie obstétricale ou de la demi- 
insensibilité. 

« Les petites doses de chloroforme, suspendues, je le répète, 
entre chaque douleur, amènent peu à peu et jamais (c'est à cela 
qu'il faut viser) avant dix, quinze ou vingt minutes, un état de 
demi-insensibilité, de demi-conscience de ce qui se passe, accom- 
pagné d'un bruissement dans les oreilles qu'il est bon d'annoncer 
aux patientes, afin qu'elles n'en soient pas préoccupées ni ef- 
frayées», et plus loin : « on arrive donc graduellement, par de pe- 
tites doses de chloroforme, suspendues entre chaque contraction, 
à neutraliser l'angoisse résultant de la pression occasionnée par 
le passage de l'enfant à travers l'orifice utérin, et c'est ordinaire- 
ment au milieu de ce calme relatif que l'on voit la patiente com- 
mencer la série des efforts expulsifs. » 

Le professeur Pajot dans un mémoire intitulé : « Le chloro- 



— 14 



forme dans les accouchements naturels considéré au point de vue 
scientifique et pratique», réfute les assertions du D r Campbell et 
s'élève plusvivement que jamais contre la théorie de la demi-m- 
sensibilité. Les conclusions suivantes terminent ce travail : 

« 1° Le chloroforme a sa place marquée à tout jamais en obs- 
tétrique. Aucun praticien n'hésitera à l'employer, avec toutes les 
précautions quil impose, dans les cas d'opérations douloureuses 
ou d'accouchements anormaux quoique spontanés, sauf contre 
indication. 

« 2° L'anesthésie vraie, appliquée aux accouchements naturels 
pendant les périodes de dilatation des orifices utérins et vulvaires, 
est un procédé scientifique et sérieux que l'on peut discuter. Ses 
dangers et ses inconvénients nous paraissent dépasser de beau- 
coup ses avantages. L'opinion contraire à la nôtre a ses argu- 
ments, peut être défendue. 

» 3° C'est une erreur d'observation de considérer la période de 
dilatation tout entière, comme généralement bien supportée 
par les femmes. 

« 4°G'estune hérésie scientifique d'avancer qu'on amoindrit et 
qu'on espace les contractions utérines, alors qu'on avoue ne pas 
même atteindre la deuxième période. 

5° La prétendue demi-anesthésie, le chloroforme à la reine, 
comme l'appellent ironiquement les grands praticiens anglais, 
est une pratique aussi inutile qu'inoffensive; elle n'a rien de sé- 
rieux ni de scientifique. Elle pourra prendre place à côté des 
moyens dilatoires propres à agir sur l'imagination des femmes 
et faire gagner du temps, quand dans un accouchement naturel, 
il n'est pas besoin d'autre chose. Le chloroforme à la reine, à la 
mode aujourd'hui, est destiné à supplanter la potion de nos an- 
ciens (sa confection demandait plusieurs heures), les médailles, 
les neuvaines, les eaux miraculeuses, la plume d'aigle à la cuisse 
et la graisse de vipère sur le ventre. 

« 6" La proposition de l'emploi du chloroforme dans les accou- 
chements naturels aura longtemps encore des chances d'être ac- 
clamée par les femmes et leur entourage, qui confondent, grâce 



— 15 — 

à l'équivoque et à l'ignorance, l'anesthésie à la reine avec l'anea- 
thésie véritable. L'irrésistible mirage du « sans douleur »ne dispa- 
raîtra même pas devant la réalité. On fera entendre aux femmes 
quelles eussent souffert bien davantage sans la demi-anesthésie. 
Le chloroforme sera, pour les accouchées, comme la Providence 
qu'il faut toujours remercier quand on s'est fracturé une jambe. 
On aurait pu se les casser toutes les deux. » 

Le D r Fochier fit alors paraître un article dans le Lyon médical 
sur l'anesthésie pendant l'accouchement. Dans cet article il ré- 
sume les mémoires de Campbell, de Pajot et celui de Blot, paru 
dans les Archives de Tocologie en 1875. Après avoir trouvé le tra- 
vail du D r Pajot « étincelant de verve et de bon sens », il se rallie 
à la demi-anesthésie ainsi qu'il résulte des lignes suivantes qui 
terminent son article : 

« La demi-anesthésie de M. Campbell sera souvent un allége- 
ment bien plus réel que ne veut le croire M. Pajot ; l'anesthésie 
complète ( et pour qu'elle soit complète et suffisante, il n'est pas 
besoin de la pousser ici jusqu'à la résolution profonde, nécessaire 
en chirurgie) ne parait pas présenter de dangers, à condition 
qu'on tienne compte de certaines contre-indications, qu'on ne la 
prolonge pas trop longtemps, et qu'on la surveille attentivement. 
Depuis que je partage ces idées, je n'ai pas manqué une occasion 
de les mettre en pratique; ma conviction s'est accrue avec l'ex- 
périence. Ce n'est pas ici le lieu d'en rapporter les détails , ni de 
traiter les questions accessoires si nombreuses que soulève l'a- 
nesthésie dans les accouchements naturels, ou plutôt compliqués 
seulement par la douleur. Une étude complète seule pourrait 
s'occuper du paries in dolore, des objections de la routine ou de 
la timidité, plus redoutables, en cette matière, que celles de la 
prudence, du choix entre l'éther et le chloroforme, de l'emploi 
duchloralou de la morphine, qu'ils soient administrés isolément 
ou combinés avec les anesthésiques. 

Mon intention était seulement de montrer, par les articles de 
MM. Pajot et Blot, que cette question de l'anesthésie pendant 
l'accouchement est loin d'être jugée et résolue malgré les affir- 



— 16 — 

mations de ces deux maîtres, puisqu'ils se sont crus obligés, l'un 
d'attaquer vertement les demi-anesthésistes, l'autre de rééditer 
des règles fort élastiques. Je ne pouvais moins faire en rappro- 
chant cet incident important, provoqué par M. Campbell, que 
prendre parti dans un camp et faire œuvre, je crois, de virilité 
professionnelle en me déclarant partisan, dans les limites indi- 
quées, de l'anesthésie pendant l'accouchement. » 

Le D r Campbell envoya en (877, au congrès international des 
sciences médicales de Genève, un volumineux mémoire intitulé : 
Considérations nouvelles sur l'anesthésie obstétricale. Dans ce 
travail, le D r Campbell appuie la demi-anesthésie ou anal- 
gésie obstétricale sur une nouvelle théorie physiologique qu'il 
expose fort clairement à l'aide d'un schéma dû au D r Onimus. 
Dans cette figure, l'intelligence, la douleur, le tact, la motilité, 
sont représentés par des lignes espacées et dans l'ordre suivant : 
l'intelligence; 2" douleur; 3" tact; 4° motilité. Le chloroforme 
agirait d'abord sur l'intelligence, puis sur la douleur : c'est à ce 
moment qu'on doit s'arrêter, afin de conserver à la patiente le 
tact et la motilité. Ainsi, pour lui, il existe pendant l'anesthésie 
une dissociation des divers éléments fondamentaux de la sen- 
sibilité. Tant que l'on reste entre l'intelligence et la douleur, 
c'est la demi-analgésie ; si l'on va plus loin et que l'on dépasse 
la douleur pour s'approcher du tact, c'est l'analgésie complète. 
La théorie en elle-même est très-séduisante, mais répond-elle 
à la réalité? Nous verrons tout à l'heure ce que disent les 
physiologistes. 

En tout cas, nous regrettons bien vivement que le D r Camp- 
bell n'ait pas encore publié la seconde partie de cet ouvrage qui 
doit contenir les pièces justificatives, c'est-à-dire les obser- 
vations. 

A ce même congrès, le D r Piachaud, dans un rapport très-bien 
fait, tout en se déclarant partisan du chloroforme dans les ac- 
couchements naturels, trouve la dénomination d'anesthésie 
obstétricale, employée par Campbell, vicieuse, et il propose de 
la remplacer par le nom d'hypesthésie, « qui indique de suite 
que la sensation douloureuse est simplement diminuée », tandis 



— 17 — 

que le nom d'anesthésie doit être réservé au second degré dans 
lequel la sensation est abolie entièrement, ainsi que les mouve- 
ments volontaires et la connaissance : « Nous estimons, dit-il, 
qu'on ne doit jamais dépasser le premier degré dans l'accouche- 
ment naturel, se borner par conséquent à Vhypesthésie et ne 
jamais chercher à obtenir l'anesthésie proprement dite. » 

Pour lui, il n'y a donc analgésie complète qu'avec anesthésie. 

Le professeur Gourty, à propos du rapport du D r Piachaud, 
lut un mémoire extrêmement intéressant sur la chloroformisa- 
tion dans les accouchements naturels. Dans ce mémoire inédit, 
mais que l'auteur eut la gracieuseté de me communiquer, le 
professeur Courty rend compte de ce qu'il a observé chez qua- 
rante multipares soumises par lui aux inhalations de chloro- 
forme pendant le travail. Toutes ces femmes étaient multipares, 
le D r Courty a soin de le rappeler; elles se trouvaient toutes, 
dit-il, dans des conditions spéciales : car elles avaient été soi- 
gnées par lui auparavant pour des affections utérines, suites 
d'accouchements antérieurs. 

Le professeur Gourty observa d'abord une action antispasmo- 
dique très-manifeste dès les premières inhalations de chloro- 
forme, et se traduisant par un calme parfait dans l'intervalle 
des contractions, puis, l'anesthésie étant poussée plus loin, par 
l'atténuation de la douleur et même dans certains cas la sup- 
pression. 

Pour lui, on ne doit jamais pousser l'anesthésie jusqu'à la 
résolution musculaire, mais s'arrêter en deçà. 

Anssi conseille-t-il l'emploi du chloroforme dans les accouche- 
ments, quand les douleurs sont trop fortes ou quand les ma- 
lades en réclament V emploi. 

LeD r Bailly, en 1878, publia dans le Bulletin de Thérapeu- 
tique un article intitulé : De l'anesthésie dans les accouchements 
naturels et d'un nouvel appareil (appareil de Legroux) pour 
administrer le chloroforme aux femmes en couches. Dans cet 
article, il proclame les bienfaits de la demi-anesthésie ou anes- 
thésie obstétricale qu'il appelé bien à tort, je pense, méthode 
de Simpson ; ce dernier ayant l'habitude de commencer par 
Pinard, > 



— 18 — 

donner de fortes doses de chloroforme. Puis, après avoir décrit 
l'appareil du D r Legroux, sur lequel je reviendrai du reste, il 
termine par cette dernière phrase : « Encore quelques années 
et on verra cet appareil dans la trousse de tous les accoucheurs 
à qui il sera devenu plus nécessaire que leur forceps ! » 

Le professeur Pajot, dans des articles en réponse au dernier 
mémoire de Campbell et du D r Bailly (voir Annales de Gynéco- 
logie, 1877, et Bulletin de thérapeutique, 1878) soutint plus 
vivement encore que la demi-anesthésie n'est qu'une illusion et 
de plus une impossibilité physiologique, en s'appuyant sur des 
données scientifiques exposées par Cl. Bernard dans ses Leçons 
sur les Anesthésiques. 

Mais la demi-anesthésie continua à faire des prosélytes, et 
quelque temps après le D r Legroux dans la Gazette hebdoma- 
daire, le D r Dumontpallier dans des communications à la Société 
médicale des hôpitaux, le D r Lucas-Championnière dans une 
communication à la même Société et dans un article du Journal 
de médecine et de chirurgie pratiques, se rangèrent sous la 
bannière de l'analgésie sans anesthésie. 

Tel est l'état de la question, à l'heure présente, dans le camp 
des accoucheurs. 

Examinons maintenant ce que disent les physiologistes. 

Cl. Bernard, dans ses Leçons sur les anesthésiques, dit en 
résumant l'action des anesthésiques (page 146 et suivantes) : 

« 1° L'agent anesthésique est une substance volatile qui doit 
pénétrer dans le sang en arrivant, chez les animaux supérieurs, 
parles surfaces respiratoires. Comme la substance est éminem- 
ment absorbable, elle pénètre très-vite : dès le début de l'inha- 
lation, on trouve du chloroforme dans le sang, n'y eut-il eu 
qu'une seule inspiration. Le sang, dans lequel l'anesthésique a 
ainsi pénétré sert de véhicule pour conduire la substance aux 
centres nerveux sur lesquels elle porte son action : cette opinion 
déjà émise, nous l'avons corroborée par des expériences dé- 
monstratives. Nous avons montré de plus que, dans les centres 
nerveux, l'anesthésie ne s'accompagne pas de congestion, 



— 19 — 

comme on le croyait autrefois, mais au contraire d'une anémie 
relative. 

« 2° Les centres nerveux sont-ils atteints tous en même temps 
par l'action du chloroforme? Non, le cerveau est pris le premier. 
On perd d'abord la conscience du moi, la connaissance des faits 
extérieurs. La moelle épinière n'est atteinte que plus tard, et 
l'on peut même distinguer plusieurs périodes dans l'action du 
chloroforme sur ce centre nerveux. Au commencement de l'ac- 
tion anesthésique, les mouvement réflexes ayant leur centre 
dans la moelle allongée et la moelle épinière continuent encore 
à se produire; ils sont même plus énergiques et plus rapides. 
Puis la moelle est atteinte, et les mouvements réflexes dispa- 
raissent peu à peu; mais, à ce moment, les mouvements de 
totalité, c'est-à-dire ces mouvements qui seraient des mouve- 
ments volontaires si l'animal n'avait pas perdu tout d'abord la 
conscience, persistent encore quelque temps. Mais ils finissent 
par s'arrêter aussi, et l'animal tombe dans le collapsus, le relâ- 
chement musculaire complet ; il devient immobile comme un 
cadavre. Les mouvements respiratoires et ceux du cœur parais- 
sent conservés. 

Le cerveau ouvre donc la scène dans les phénomènes du chlo- 
roforme, et ce n'est qu'après lui qu'on voit s'anesthésier la 
moelle épinière et les nerfs qui en émanent 

3° Un autre fait que ,je crois avoir bien mis en lumière c'est 
que, si l'action anesthésique commence parle cerveau, et si elle 
débute pour chaque nerf sur la cellule sensitive centrale, l'in- 
sensibilité n'en commence pas moins tout au contraire à se 
manifester à l'autre extrémité, au bout périphérique. Les choses 
se passent comme dans la mort naturelle par soustraction du 
sang : l'élément nerveux perd ses propriétés par l'extrémité 
opposée à celle où il est atteint. La même loi s'applique au nerf 
moteur avec cette différence que, pour celui-ci, les rapports 
physiologiques sont renversés, et c'est l'extrémité périphérique 
qui doit être attaquée au lieu de l'extrémité centrale. L'agent 
anesthésique exerce donc sur le nerf sensitif une action qui se 
lie essentiellement à ses propriétés physiologiques et qui peut 



20 — 



servir aie distinguer du nerf moteur *■! *« 

5° Quel est l'état physiologique d'un animal anesthésié? Il 
lui manque un de ses éléments histologiques, l'élément nerveux 
sensitif, pas d'une manière absolue sans doute, car alors il 
mourrait bientôt sans retour, mais du moins partiellement, et 
dans une limite variable selon l'intensité de l'anesthésie. 

Dans cette atteinte de l'élément sensitif, on observe, selon 
les degrés d'effet produit par l'anesthésique, une succession 
régulière, une progression toujours la même. Ainsi que le 
montre l'observation de l'anesthésie chez l'homme, c'est d'abord 
la conscience, la notion du moi, qui est abolie; vient ensuite la 
perte de la sensibilité externe, c'est-à-dire la réception des im- 
pressions produites sur nos organes des sens, sur la peau; mais 
la sensibilité interne subsiste encore, c'est-à-dire que, par 
exemple, les impressions portées sur l'arrière-gorge amènenl 
encore l'acte réflexe de la déglutition. Ce n'est que dans une 
période plus avancée que disparaît la sensibilité inconsciente; 
alors cessent de se produire les actes réflexes involontaires, 
mais essentiels à la vie; la respiration s'arrête, l'animal meurt. 
Il semble donc que, par leur action successive, les anesthé- 
siques établissent des catégories bien distinctes entre les nerfs 
sensitifs : d'abord les nerfs des sens spéciaux, puis ceux des 
sensations extérieures moins nettement localisées (toucher, dou- 
leur), puis ceux des actes réflexes inconscients, puis enfin ceux 
des actes réflexes tout à fait automatiques, sans l'accomplisse- 
ment desquels la vie ne saurait continuer (respiration, circula- 
tion). ... . . ... 

6- Quant au mode de disparition de sa sensibilité dans un 
nerf par l'action des anesthésiques, nous avons signalé ailleurs 
ce fait que la sensibilité récurrente est la première à disparaître 
des paires nerveuses rachidiennes. Nous avons démontré, dans 
la précédente leçon, que, sur un nerf sensitif donné, ce sont 
d'abord les extrémités périphériques qui deviennent insen- 
sibles. Alors on dit que l'animal est anesthésié, parce qu'il ne 
sent plus les incisions de la peau. Cependant le tronc nerveux 
possède encore la sensibilité, et si l'on voulait opérer sur lui, 



— li- 
on dirait que l'animal n'est pas anesthésié. A mesure que 
l'anesthésie progresse, le tronc nerveux lui-même devient in- 
sensible, et finalement les racines postérieures elles-mêmes ne 
sont plus excitables. ... .......... 

M. Perrin, dans son magistral article anesthésié chirurgicale 
du Dictionnaire Encyclopêd., décrit ainsi les phénomènes de 
l'anesthésie : « Au début, la sensibilité est toujours exaltée : les 
pupilles se contractent, l'œil se ferme, l'ouïe devient irritable, 
et le plus léger contact suffit pour causer de la douleur et pro- 
voquer des mouvements violents. A ces phénomènes peu du- 
rables succède un trouble plus profond de la sensibilité : une 
véritable incapacité commence à s'emparer des centres nerveux; 
la sensation est moins vive et frappe moins l'attention; elle est 
aussi plus vague, plus confuse. Les notions indécises et comme 
effacées qu'elle fait naître permettent à peine d'avoir conscience 
du monde extérieur. En même temps, la sensibilité périphé- 
rique s'émousse d'abord dans les parties les moins sensibles, 
telles que le dos, le crâne, la face postérieure des membres, 
puis en dernier lieu, au ventre, aux doigts, et surtout aux or- 
ganes génitaux. On a l'habitude d'interroger la sensibilité de la 
peau pour juger du degré d'anesthésie ; il faut toujours avoir 
soin d'explorer les points où elle offre le plus de résistance; les 
tempes par exemple sont un endroit sûr et commode à la fois. 
Il ne suffit pas de serrer un pli de la peau entre la pulpe des 
doigts; il faut la pincer avec les bords tranchants des ongles ou 
la piquer avec une épingle. 

« Les sens possèdent encore une incontestable activité quand 
la sensibilité générale et les facultés cérébrales ont cessé d'agir; 
leurs résistances permet de constater le remarquable dédouble- 
ment, qui, sous l'action des éthers, s'opère dans l'exercice de 
la sensibilité. Au moment où certains malades sont plongés 
dans un sommeil profond, ils entendent encore ce qui se dit 
autour d'eux ; ils» le répètent distinctement. On les croirait 
éveillés si l'état de torpeur dans lequel ils sont plongés n'indi- 
quait au praticien qu'il ne s'agit là que d'une reproduction au- 



— 22 — 

tomatique des sons perçus à laquelle l'intelligence et la volonté 
ne prennent aucune part. 

« Pendant les inhalations, l'œil est le plus souvent fermé 
comme pour se prémunir contre l'action irritante des vapeurs ; 
ce n'est que dans certains cas que les paupières sont le siège de 
quelques mouvements ou de clignotements rapides. A un mo- 
ment variable l'appareil moteur de l'œil se contracte ; il en ré- 
sulte,soit une sorte de balancement transversal, soit un état 
d'immobilité active dans lequel le globe oculaire est convulsé 
en haut et en dedans, de façon à rester profondément caché 
sous la paupière supérieure jusqu'à une période très-avancée de 
l'anesthésie. On observe aussi dans l'état de la pupille des oppo- 
sitions que l'opérateur ne doit jamais perdre de vue. Pendant 
toute la période d'excitation, rien de régulier; tantôt large, 
tantôt étroite, le plus souvent soumise à de brusques et extrêmes 
variations ; mais sitôt que l'anesthésie est obtenue, l'iris se con- 
tracte et reste contracté pendant toute la durée de cette période. 
Ce n'est qu'à une époque très-avancée que la pupille se dilate et 
reste immobile. 

L'action des anesthésiques n'est point régulièrement pro- 
gressive, souvent elle est accidentée par de brusques retours de 
la sensibilité. Par conséquent, l'opérateur qui cherche à s'éclai- 
rer par l'état de la sensibilité sur le moment où il pourra com- 
mencer une opération, devra y revenir à plusieurs reprises, et 
contrôler ce renseignement par d'autres que nous ferons con- 
naître. 

Enfin le D r Charles Richet, dans sa thèse si remarquable sur 
la sensibilité, s'exprime ainsi : « Le chloroforme, qu'on peut 
regarder à juste titre comme le type des agents anesthésiques, 
supprime la douleurs des opérations. Si on pousse très-loin la 
chloroformisation, il arrivera un moment où tous les membres 
de la vie animale et tous les réflexes de la vie organique serait 
supprimés. Le malade est plongé dans un état de sommeil 
absolu et de résolution complète. 11 n'est guère probable qu'il 
perçoive de la douleur à ce moment ; mais si l'intoxication est 
moins profonde, il se débat, s'agite, se plaint comme s'il souf- 



— 23 — 

frait; une fois réveillé, il n'a conservé aucun souvenir de ce 
qui s'est passé. Est-ce ou non de la douleur? 

Pour moi, il me semble évident que toutes les fois que le ma- 
lade se plaint et se débat, il y a douleur, douleur moins vive 
peut-être, et surtout plus passagère ; mais le fait de la douleur 
n'en est pas moins positif, et nous n'avons pas d'autre moyen 
pour le juger que de nous en rapporter aux gémissements plain- 
tifs des malades. C'est là le seul signe extérieur, et, si nous 
l'avons, il doit nous suffire : cependant cette douleur a un ca- 
ractère spécial, c'est sa rapidité et sa facilité à disparaître de la 
mémoire. Souvent, pendant le chloroforme, on voit un cri de 
douleur se terminer par un chant joyeux graduellement trans- 
formé ; comme si, dans le cerveau empoisonné, les impressions 
passaient sans laisser de trace. A vrai dire, cette douleur si 
rapide qu'on n'en conserve pas le souvenir, n'est rien, et c'est 
un moment presque mathématique dont il n'y a guère à tenir 
compte. Ce qui fait la cruauté de la douleur, c'est moins la dou- 
leur elle-même, si interne qu'elle soit, que son souvenir et le 
retentissement pénible qu'elle laisse après elle. Une douleur 
aiguë qui dure une seconde, et qu'une seconde après on ne se 
rappelle plus avoir existé, n'est pas une vraie douleur, et les 
gens qui souffrent ainsi ne méritent pas qu'on les plaigne. 
Souvent le chloroforme agit d'une autre manière ; il est analgé- 
sique et laisse persister les autres sensibilités. » 

Voici maintenant ce qui résulte de nos observations cliniques. 

Chez 21 primipares soumises aux inhalations de chloro- 
forme ; 

1° Le chloroforme a été donné à doses fractionnées (chloro- 
forme à la reine), soit au début de chaque contraction, soit dans 
l'intervalle des contractions seulement, soit pendant la période 
de dilatation seule, soit pendant les deux. 

2° Le chloroforme a été donné à doses massives, soit pendant 
la période de dilatation seule, soit pendant la période d'expul- 
sion seule, soit pendant les deux. 

A. Dès les premières inhalations et quand les parturientes 
souffraient, dans l'intervalle des contractions, dans tous les cas, 



— 24 — 

quelle qu'ait été la période du travail, un calme subit et parfait fut 
observé; mais douleur aussi vive au moment de la contraction. 
(Soulagement initial de Campbell, action antispasmodique de 
Courty, Pajot, Tarnier.'l 

B. La douleur au moment de la contraction ne disparut jamais 
entièrement avant la perte complète de l'intelligence et de la sen- 
sibilité cutanée. 

Tant que les femmes purent nous répondre, elles accusèrent 
toutes, au moment de la contraction, une douleur qui leur parais- 
sait peu ou point diminuée, mais qui .pour quelques-unes était 
moins longue (la contraction durait également moins long- 
temps). 

G. Chez quelques femmes qui naturellement n'éprouvaient 
aucune douleur dans l'intervalle des contractions, le chloro- 
forme, même donné à doses légères, provoqua l'excitation phy- 
sique et morale. 

Chez deux femmes, l'excitation fut telle que nous dûmes nous 
arrêter. Et cependant le chloroforme avait été accepté avec 
reconnaissance. 

D. Dans les cas où nous avons donné le chloroforme à dosée 
massives, la douleur disparaissait avant la résolution mus- 
culaire. Les femmes ne répondaient plus, ne sentaient nul- 
lement le. pincement de la peau; mais au moment de la contrac- 
tion, sans que le visage offrit la moindre anxiété, des mouve- 
ments réflexes partiels ou du corps tout entier se montraient, 
et il fallait les maintenir à ce moment, à deux ou trois. 

E. Enfin, chez des femmes dont les contractions étaient éner- 
giques et les douleurs très-vives, l'anesthésie complète fut obte- 
nue avec la plus grande difficulté, et il était très-difficile de les 
maintenir anesthésiées. Chaque contraction semblait épuiser 
l'action du chloroforme. La pupille, très-contractée avant, se 
dilatait vers la fin de la contraction, en même temps qu'on 
voyait rapidement disparaître la sensibilité cutanée et l'intelli- 
gence. Si, dans le cours de nos recherches, nous avons vu les 
femmes souffrir très-peu sous l'influence du chloroforme, il 
faut reconnaître qu'avant les inhalations, les douleurs étaient 



— 25 — 

également peu marquées. Quant à l'analgésie complète avec 
conservation de l'intelligence et de la sensibilité cutanée, qui a 
été signalée par les chirurgiens, et qui serait la règle pour cer- 
tains accoucheurs, elle doit, suivant nous, être exceptionnelle; 
car nous n'avons pu l'observer une seule fois dans les 23 faits 
que je rapporte. 



CHAPITRE II. 

ACTION DU CHLOROFORME SCR LA CONTRACTILITÉ 
UTÉRINE. 

« Il semble de prime abord, dit Blot, qu'aucune question ne 
soit plus facile à résoudre que celle-là, et cependant la lecture 
des nombreux travaux où elle est traitée prouve bien le con- 
traire. Je ne connais pas, en effet, de problème thérapeutique 
ou physiologique sur lequel il règne autant de divergences, au- 
tant d'opinions contradictoires. S'il me fallait, pour le démon- 
trer, mettre sous les yeux du lecteur les pièces du procès, l'éten- 
due de cette thèse ne pourrait y suffire, et j'en rendrais la lecture 
extrêmement fatigante. » 

Et, après avoir examiné les diverses opinions, M. Blot ajoute, 
en terminant ce chapitre : « En résumé, ce qui est ressorti bien 
clairement pour moi de la lecture attentive des nombreux docu- 
ments relatifs à cette question, c'est que de nouvelles recherches 
sont nécessaires pour pouvoir apprécier les différentes condi- 
tions qui font ainsi varier l'influence des anesthésiques sur la 
contractilité utérine. » 

Vingt années se sont écoulées depuis que Blot a écrit les 
lignes ci-dessus. Les travaux se sont accumulés en nombre tel 
qu'il serait bien plus impossible encore de les citer tous. Aussi 
Pinard. 4 



'— 26 — 



auivrai-je le même plan et ne donnerai-je que les opinions qui 
sont basées sur un grand nombre de faits bien observés. 

Les recherches auxquelles M. Blot faisait appel ont-elles été 
entreprises et ont-elles été effectuées avec toute la rigueur scien- 
tifique dont on ne veut et ne peut plus se départir à l'époque 
actuelle? Ce qui suit démontrera que si des recherches sérieuses 
ont été entreprises, le plus souvent les auteurs se sont contentés 
de procéder par affirmation. 

Pendant fort longtemps les conclusions de Dubois servirent 
de credo à la pluralité des accoucheurs. On admettait générale- 
ment que, sous l'influence de l'anesthésie, les contractions n'é- 
taient modifiées ni dans leur rhythme ni dans leur durée pendant 
l'anesthésie, bien que Dubois eût été fort peu explicite à cet 
égard. Cependant Stoltz crut remarquer que les contractions 
devenaient plus fréquentes, Bouisson également, tandis que 
Bouvier, Siebold, Beatty, Montgomery, Scanzoni, Grenser, Sachs 
et Spiegelberg ont vu les contractions se ralentir ou se sus- 
pendre. 

« Évidemment, dit Blot, ces différences dans les résultats ob- 
tenus ne peuvent tenir qu'à un certain nombre de circonstances 
particulières dont tous les observateurs n'ont peut-être pas suf- 
fisamment tenu compte ; tels sont : le degré d'anesthésie. les 
idiosyncrasies individuelles, le mode d'administration, la dose 
de l'agent anesthésique pour un temps donné. Enfin, de sim- 
ples coïncidences méconnues, le propter hoc mis à la place du 
post hoc, etc. » 

Voyons maintenant quelles sont les opinions des auteurs 
qui ont noté avec plus de soin les conditions au milieu des- 
quelles ils se trouvaient placés. La commission désignée par la 
Royal médical and chirurgical Society pour faire une enquête 
sur l'emploi et les effets physiologiques, thérapeutiques et toxi- 
ques du chloroforme, adressa à tous les accoucheurs des univer- 
sités anglaises une série de questions auxquelles ils répondirent 
suivant les résultats de leur expérience. 

La deuxième question était ainsi formulée : lorsque le chloro- 
forme est donné de façon a produire l'anesthésie profonde, pa- 



— 27 — 

ralyse-t-il, d'après votre expérience, soit les contractions utérines, 
soit les forces adjuvantes de la parturition? 

L'analyse des 28 réponses à cette question donne les résultats 
suivants : 

Dans 8, il est dit qu'il paralyse ou diminue les contractions 
utérines ; 

Dans 3, qu'il paralyse ou diminue les forces adjuvantes; 

Dans 14, qu'il paralyse ou diminue les deux; 

Dans 3, qu'il n'influence ni les unes ni les autres. 

3 e Question. — Lorsqu'on administre le chloroforme modé- 
rément et avec les précautions nécessaires, a-t-il, dans votre 
pratique, prolongé le travail en affaiblissant les forces expul- 
trices, soit dans la première, soit dans la dernière période de la 
parturition? 

Les 27 réponses reçues peuvent se diviser comme il suit : 
4 fois il fut répondu qu'il y avait eu affaiblissement dans la 

première période. 
2 fois affaiblissement pendant la dernière période. 
12 fois pendant les deux périodes. 
9 fois dans aucune. 

4° Question. — Pensez-vous que le nombre des cas dans les- 
quels il faut avoir recours aux instruments, pour terminer le 
travail, soit augmenté par l'emploi du chloroforme ? 

Sur 24 réponses : 

15 furent négatives, 
9 affirmatives. 

Mais, dit le Comité, tandis que les premiers avaient employé 
le chloroforme d'une manière prudente et judicieuse, les der- 
niers avaient largement administré l'agent anesthésique. 

Il est facile de voir, d'après ces différentes réponses, que, 
pour bon nombre d'accoucheurs anglais, l'anesthésie chlorofor- 
mique ralentit souvent les contractions utérines, soit pendant la 
période de dilatation, soit pendant la période d'expulsion, lors- 



— 28 — 

que l'anesthésie est modérée, plus souvent encore quand l'anes- 
thésie est profonde. 

Il est regrettable, toutefois, qu'on n'ait pu mieux préciser en 
même temps l'influence de l'anesthésie sur la douleur dans ces 
différents cas, car les expressions anesthésie modérée, emploi 
prudent et judicieux du chloroforme, sont des termeslienvagues, 
et ne peuvent renseigner ni sur la quantité du chloroforme em- 
ployée, ni sur la durée de l'anesthésie. Quant au Comité lui- 
même, il s'exprime ainsi, à propos de l'emploi du chloroforme 
dans le travail normal : 

« Un anesthésique donné de façon à produire une insensibi- 
lité profonde suspend, dans beaucoup de cas, les contractions 
utérines et les efforts adjuvants de la parturition, ce qui peut 
obliger à avoir recours à la version et à la délivrance instru- 
mentale. Administré à un degré modéré, en prenant les pré- 
cautions nécessaires, il prolonge quelquefois le travail en affai- 
blissant les forces expultrices, mais, dans une grande propor- 
tion de cas, il n'en est pas ainsi. » 

Je trouve dans un travail de Winckel, de Dresde, qui a fait 
sur ce sujet des recherches très-consciencieuses, deux observa- 
tions tellement précises que, malgré leur longueur, je n'hésite 
pas à les donner en entier : 



Obs. 1. — J. h..., secondipare, âgée de 28 ans, arrive, après une 
grossesse parfaitement normale, à 1 hôpital le 23 juin en tra- 
vail. C'est une femme brune, avec des lèvres et des joues roses, 
forte de constitution et de taille assez élevée. A l'examen, on trouve 
le bassin normal et une présentation en deuxième position occipitale. 
L'orifice utérin présente le diamètre d'un thaler, les lèvres sont 
minces, la poche des eaux intacte, les pulsations fœtales très-nette- 
ment perçues à droite et en bas. 

5 h. 3/* après-midi. Pouls 92, température vaginale 37,7. On se 
sert d'un perce-membrane pour rompre la poche, après avoir donné 
/m lavement qui n'a pas été rendu; tête assez profondément placée, 
a grande fontanelle à gauche et en arant. 
h. 1 r * contraction, durée I m. Intervalle 1 m. 1/2. 



— 29 — 

2 e contraction, période d'augment 15 s.; acmé 40s.; période de dé- 
croissance 15 s.; intervalle 65 s. 

3° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 45 s.; période de 
décroissance 15 s.; intervalle 65 s. 

4 e contraction, période d'augment. 20 s.; acmé 35 s.; période de dé* 
croissance 25 s.; intervalle 35 s. 

Les muscles abdominaux n'agissent pas encore. La douleur des 
contractions est très-modérée. L'utérus n'est pas douloureux à la 
pression. La tète est appliquée avec force sur l'orifice. 

5° contraclion, période d'augment 10 s.; période de décroissance 
15 s.; intervalle 65 s. 

Contractions abdominales de peu de durée pendant la douleur. 

6° contraction, période d'augment 15 s.; acmé 60 s. Pendant 
celte contraction, la tête a franchi l'orifice et est presque venue au 
niveau du périnée avec l'aide de contractions énergiques des muscles 
de l'abdomen. 

Dans l'intervalle suivant, on pratique des inhalations de chloro- 
forme. La femme était couchée depuis le début de l'observalion sur 
le côté droit. En 3 m. 1/4, l'anesthésie est. complète, mais la durée 
de l'intervalle est de 4 m. 1/4. 

7 e contraction, période d'augment 15 s.; acmé 25 s.; période de 
décroissance 15 s.; intervalle 1 m. 50 s. Sommeil profond, plus d'in- 
halations. 

8° contraction, période d'augment 15 s.; acmé 20 s.; période de 
décroissance 20 s.; intervalle 1 m. 30. Plus de contractions abdomi- 
nales. Narcolisme complet. 

9° contraction, période d'augment 5 s.; acmé 20 s.; période de 
décroissance 16 s.; intervalle 1 m. 15 s. 24 respirations en 1 m. Les 
contractions abdominales reparaissent. Inhalations pendant la con- 
traction . 

10° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 35 s.; période de 
décroissance 15 s. Vive réaction de la part de la femme. Contrac- 
tions abdominales bien nettes. Nouvelles inhalations. Quelques 
plaintes légères. L'inlervalle dure 1 m. 50 s. 

11° contraction, période d'augment 10 s.; acmé 30 s.; période de 
décroissance 15s.; intervalle 5 s. 

12° conlraction, période d'augment 10 s.; acmé 10 s.; période de 
décroissance 10 s.; intervalle 10 s. 

13° conlraction, période d'augment 10 s.; acmé 40 s.; période de 



■ - 30 — 

décroissance 15 s.; intervalle 1 m. 35" s. Torpeur profonde. Pendant 
l'acmé, contractions abdominales énergiques. La malade se réveille 
peu à peu en l'absence de nouvelles inbalations. 

U" contraction; période d'augmenl 10 s.; acmé 25 s.; période de 
décroissance 15 s.; inhalations 1 m. 5 s. Réveil presque complet. Les 
muscles abdominaux se contractent énersriquement. La tète fait for- 
tement saillir le périnée. 

15° contraction, période d'augment 15 s,; acmé 1 m, La tète ar- 
rive presque à franchir le périnée. 

Les 16', 17° et 18° contractions se suivent de très-près et amènent 
la sortie de la tête, en tout 15 m. après la cessation des inhalations 
chloroformiques. Le front se dégage sous l'arc pubien. Après la sortie 
de h tôte, écoulement d'eata très-modéié. L'enfant à terme, garçon 
ils: 6 livres, longueur: 25 pouces et 20 lignes; diamètres de la tète : 
;i lignes 1/4, 3 lignes 5/8, 4 lignes 1/2, 5 lignes 1/4), crie aussitôt. Le 
placenta est aisément extrait au moyen de la pression 5 m. après, 
hémorrhagie très-insignifiante. — L'utérus était et resta rétracté. Au 
début de l'expérience, le soir à 6 h. 1/4, la température vaginale 
était de 39°. 4Î5. Le pouls était de 6, 7, 8 battements en 5 s. pendant 
une contraction. Mais immédiatement après l'accouchement, à 
C h. 3/4, la température vaginale était de 37°, 3, le pouls était égal 
à 44. Les couches fun-nt romplètement normales : ce qu'il y avait eu 
de plus car.ieleristique, c'était le ralentissement du pouls. 

Le 24 cl le 25 juin, le pouls était de 60 à 62. 

Le2.i. De (.4 à 68. 

Le 27. De 66 à 68; 

Le 28. De 68 à 66. 

Du 29 juin au 3 juillet, constamment de 60 à 62. La température 
oscillait entre37°,2et37°,8; la respiration entre 16 et 20. L'involulion 
de l'utérus se fit très-bien. La femme allaita son enfant elle-même et 
quitta le lit le neuvième jour. 

Le 6. La mère et l'enfant sortirent bien portants. 

Conclusions. — Si nous comparons les six contractions obser- 
vées avant le début des inhalations aux six contractions qui 
survinrent pendant le narcotisme chloroformique, on aperçoit 
au premier coup d'oeil les différences suivantes : 

*" Les intervalles des contractions sont plus longs pendant 



— 31 — 

l'anesthésie que dans les conditions ordinaires ; en moyenne, ils 
furent, pour cinq douleurs observées pendant la chloroformisa- 
tion continue, de 2 m. 10 s., et pour cinq douleurs avant la 
chloroformisation, de 1 m. 4 s. seulement. Le plus grand inter- 
valle coïncide avec le début des inhalations — il fut de 4 m. 1(4. 
Ici l'influence morale a dû se faire sentir en même temps que 
celle du chloroforme. 

2° Les contractions prises isolément sont également modifiées 
par la chloroformisation, car la période d'acmé est abrégée par 
elle. Pendant le narcotisme, elle, était en moyenne de 26 s., et 
auparavant de 42 s. Au contraire, les périodes d'augment et de 
décroissance ne furent presque pas modifiées. Un point extrê- 
mement intéressant, c'est que le degré de narcotisme est direc- 
tement proportionnel à la durée de la période d'acmé. — Dans 
le sommeil complet (contractions n 03 8 à 12), l'acmé fut la plus 
brève. Aussitôt que la douleur fut perçue, l'action des muscles 
abdominaux se fit de nouveau sentir, et la durée de l'acmé 
augmenta. Il est vraisemblable que la diminution de la durée 
de l'acmé est due presque exclusivement à l'absence des con- 
tractions abdominales, car la contraction de l'utérus se trouve 
nécessairement renforcée par la pression qu'exercent sur lui 
les muscles abdominaux en se contractant avec force. De nou- 
velles inhalations eurent encore pour effet de prolonger les in- 
tervalles (contractions 10-11) et d'abréger la période d'acmé 
(contraction 12). 

3° Quoique la parturiente fût maintenue pendant près de 
13 s. dans un état de narcotisme à peine interrompu, les con- 
tractions qui survinrent après la cessatiou des inhalations repri- 
renl leur énergie et leur durée primitive. 

4° Quant à la température, l'anesthésie par le chloroforme 
n'exerce aucune influence sur elle; l'abaissement de 37°, 45 à 
37°, 'À correspond exactement à l'oscillation ordinaire de la 
journée. On ne constata non plus aucune action du chloro- 
forme sur l'enfant et sur la femme pendant l'étal puerpéral. 

Donc le résultat principal obtenu, c'est que, sous l'influencp 
de la chloroformisation, V accouchement a été retardé non-seu- 



— 32 — 

lement par suite de la durée plus grande des intervalles entre 
les contractions , mais encore par la plus courte durée de la 
période d'acmé de chaque contraction prise isolément. 



Obs. II. — S. K..., tertipare, grande, très-vigoureuse, à bassiu 
spacieux ; deuxième position occipitale ; entre en travail le 3 juillet au 
soir. On commença l'examen pendant la première période de l'ac- 
couchement, la poche des eaux étant intacte et le col oiïranl une 
dilatation égale à un thaler. 

A. — Contractions avant l'inhalation de chloroforme. 
Début de l'oàseroation à H h. 1/2 du soir. 

Pouls. 



84 



84 

D 

La malade ne gémit pas pendant les contractions ; elle retient sim- 
plement la respiration et pousse chaque fois un léger soupir. 
» » » 6 3 m. 1/2 15 s. 35 s. 10 s. 

Si 38° » 7 6 m. 10 s. 42 s. 10 s. 

84 38,05 » 8 3 m. 10 s. 25 s. 15 s. 

Pendant le sixième intervalle des contractions, on observa dans l'espacs 
de 2 m. 33 mouvements de l'enfant (choc des petites parties contre l'utérus) 
bien, sentis par moi; au contraire pendant le septième intervalle, 6 mouve- 
ments seulement. Pulsations fœtales normales. 
84 37",95- » 9 4 m. 10 s. 45 s. 15 s. 

38<>,6 

y U 3 m. 1/2 10 s. 40 s. j-5s. 

B. — Contractions pendant l'inhalation du chloroforme. 

Apres un intervalle de 1 m., on commence les inhalations de chloro- 
forme; Vinteriat/r dure encore 6 m. 



l'euipér. 


Kesp. 


Cootr. 


Intervalle 


Période 
d'angment. 


Acuné. 


Période ci 

décroissant*. 


37°,95 




1 




» 


30 s. 


20 s, 


37°,95 




2 


4 m. 1/2 


5 s. 


15 s. 


5 s. 


s 


» 


3 


4 m. 


5 s. 


40 s. 


15 s. 


38°,05 


» 


4 


3 m. 


10 s. 


30 s. 


15s. 


» 


» 


5 


3 m. 


12 s. 


35 s. 


15 s. 



— 33 — 

Pouls. Tempér. Resp. Coutr. Intervalle Période Acmé. Période de 

d'augment. décroissance. 

92 37°,925 » 11 6 m. 10 s. 35 s. 10 s. 

La parturiente tend encore ses muscles, comprend encore les ques- 
tions, n'est pas encore complètement narcolisce. 

» » » 12 8 m. 1/2 Contract. avortée de 10 à 15 s. 

» » » 13 1 m. 1/2 15 s. 45 s. 15 s. 

Pas d'inhalation pendant 3 m. 1/2, puis, comme la parturiente re- 
mue, nouvelles inhalations. 

» 37°,95 » 14 5 m. iC s. 25 s. 10 s. 

Le narcotisme complet commence. 

» « "15 5 m. 10 s. 35 s. > s 

Sommeil, sans nouvelle inhalation ; narcotisme complet. 

» 37°,9 24 16 6 m. 10 s. 45 s. 15 s. 

Nouvelles inhalations, l'aneslhésie diminuant. 

» » » 17 3 m. 1/2 !0s. 

82 37»,9?5 24 18 3 m. 1/2 10 s. 

80 37°,95 24 19 3 m. 1/2 10 s. 

Cette contraction, malgré les inhalations, fut très-énergique ; après 
quoi on ne donna plus de chloroforme. 

C. — Contractions pendant la demi-anesthésie. 

i20 3 m. 10 s. 45 s. 12 s. 

21 4 m. 10 s. 45 s. 15 s. 

2-2 3 m. 1/4 10 s. 35 s. 15 s. 

23 3 m. 1/2 8-10 s. 50 s. 10 s. 

24 3 m. 3/4 5-8 s. 25 s. 10 s. 

25 3 m. 3/4 5 s. 40 s. 15 s. 

A peine quelques gémissements pendant ces contractions ; sommeil 
profond dans les intervalles. 

,, » » 26 4 m. 1/2 15 s. 35 s. 10 s. 

,, » » 27 3 m. 1/2 10 s. 75 s. 15 s. 

Au milieu de cette dernière contraction, la malade se réveille et se 
trouve très-bien. 

Pinaril. 5 



35 s. 


10 s. 


25 s. 


10 s. 


45 s. 


15 s. 



U. _ Cuti tractions après les inhalations de chloroforme 

Pouls. Tempér. 



Resp. 


Contr. 


Intervalle 


Période 
ii'auumen». 


Acmé. 


Période ; 
décroissance. 


» 


28 


3 m. 1/2 


3-10 s. 


35 s. 


10 S. 


» 


29 


5m. 


8 s. 


35 s. 


108. 


» 


30 


5 m. 


15 s. 


50 s. 


15s. 



86 3"',9 

Ici l'expérience cessa le soir à 10 h. 3/4; elle avait duré en tout 
2 h. 1/4. L'orifice était presque entièrement dilaté. La poche ne tarda 
pas à rompre et peu après 11 heures naquit un enfant, fille, de 
6 livres 1/2, 18 pouces 1/2 de long (diamètres de la tête : 3, 3 1/2, 
4 1/2, 5 pouces). Placenta extrait facilement par pression ; l'utérus se 
nitraeta bien. En dehors d'un accroissement de température de 
37 ù ,4 à 38°, 6, accroissement qui disparut de nouveau en quelques 
heures, les couches suivirent une marche absolument normale et le 
18 juillet la mère et l'enfant sortirent bien portants. 

Conclusions. — a. Relativement aux intervalles, nous trou- 
vons, dans cette expérience, d'abord qu'ils offrirent, pour les 
huit contractions qui précédèrent la chloroformisation, une 
durée moyenne de 4 m. 25 s., le maximum étant de 6 m., le mi- 
nimum de 3 m. 

Pendant l'anesthésie, c'est-à-dire pendant les inhalations, la 
durée moyenne des intervalles a été de 4 m. 42 s. , la plus longue 
de 8 m. 1[2, la plus courte de 1 m. Ij2; les intervalles étaient, 
par moments irréguliers et un peu prolongés. 

Pendant la demi-anesthésie, c'est-à-dire dans cet état où la 
malade ronflait bruyamment, ne gémissait que faiblement au 
moment des contractions énergiques et contractait en même 
temps les muscles abdominaux, la durée moyenne des in- 
tervalles fut de 3 m. 42 s., la plus courte de 3 m., la plus lon- 
gue de 4 m. 1t2. — En d'autres termes, les intervalles étaient 
redevenus plus réguliers, et si on tient encore compte des trois 
contractions utérines survenues au moment où la femme avait 
recouvré toute sa connaissance, il en résulte pour les intervalles 
une durée moyenne de 4 m. 6 s. 



.-- 3!) — ■ 

6. Quant aux contractions elles-mêmes, il résulte de notre 
expérience que la période d'augment n'est guère différente 
avant, pendant ou après l'anesthésie. (Durée moyenne avant 
l'anesthésie, 8 m. 12.; pendant l'anesthésie, 9 m. 1 s.; après 
l'anesthésie, 9 m. 30 s.) L'acmé avait, avant l'anesthésie, une 
durée moyenne de 34 s. (maximum, 45 s.; minimum, 15 s.) pen- 
dant l'anesthésie, et, en y comprenant la contraction abortive, 
la durée moyenne fut de 32 s. (maximum, 45 s.; minimum, 0) ; 
après l'anesthésie, la durée moyenne fut de 41,8 sec. (maxi- 
mum, 75 s.; minimum, 25 s.). Ici encore on ne peut mécon- 
naître une diminution de la durée de l'acmé pendant l'anes- 
thésie; la. différence étant insignifiante à ce point de vue pour 
les contractions observées avant et pendant l'anesthésie, il faut 
de préférence comparer ces dernières aux contractions surve- 
nues après l'anesthésie. Mais la diminution de durée ressort 
surtout bien de la comparaison entre elles des contractions ob- 
servées pendant l'anesthésie ; — dès que l'anesthésie diminuait 
(contractions 13, 16, 19), l'acmé était plus long, et dès que de 
nouvelles inhalations étaient faites, sa durée diminuait (con- 
tractions 14 et 17, 18, où de 45 s. elle tomba à 35 et 25 s.) 

La période de décroissance avait en moyenne une durée de 
13 s. avant l'anesthésie, de 10 s. pendant l'anesthésie, et de 
12 s. après. 

En somme, les résultats de cette nouvelle expérience concor- 
dent avec celles de la précédente. — Ici aussi on a pu constater 
d'une manière certaine un accroissement de la durée des inter- 
valles des contractions et une diminution de la durée de l'acmé 
de ces mêmes contractions ; mais l'accouchement n'en fut que 
faiblement retardé. 

La contraction abortive dont il a été question ci-dessus ne se 
présenta qu'une fois, et je n'ose l'attribuer à l'action du chloro- 
forme, attendu que j'en ai observé également dans des accou- 
chements se faisant dans les conditions ordinaires. 

La température avant l'anesthésie s'était élevée de 37°,95 à 
38°, 05 c, c'est-à-dire s'élevait un peu pendant les contractions 
et s'abaissait pendant les intervalles; elle était plus élevée 



— 36 — 

de 0,5 que d'habitude ; un catarrhe intestinal insignifiant en 
était la cause. Pendant l'anesthésie, elle resta à peu près cons- 
tante, oscillant entre 37°,9 et 37",9o c, et paraissant ainsi plus 
basse de 0°,t à 0°,iS c. — Cependant, après l'anesthésie, elle 
était encore de 37,9 c, et si l'on songe que l'expérience eut lieu 
après la deuxième élévation diurne (après six heures du soir) et 
que l'anesthésie véritable dura au moins une demi-heure, on ne 
peut attribuer cet abaissement insignifiant de température qu'au 
moment de la journée et non au chloroforme. Bien plus, il faut 
admettre que l'anesthésie n'exerce pas d'influence notable sur 
la température de la parturiente quand les contractions sont 
normales. 

Le D r Kurowicz fit en 1873. a la section d'accouchement et 
de gynécologie de Pétcrsbourg, une communication concernant 
l'inlluence du chloroforme sur les contractions utérines et la mar- 
che de l'accouchement, lorsque l'anesthésie est complète ou in- 
complète. Dans son mémoire, il cite les observations suivantes : 

l« r Cas. — Femme bipare dont l'orifice offre une dilatation égale à 
un doigt et demi. Les intervalles des contractions sont ordinaire- 
ment de 2 m. 52s., les contractions de 73 secondes; les périodes 
d'augmentet de décroissance varient de 12 s. à II s. 

Après le commencement de l'anesthésie parle chloroforme poussée 
à moitié seulement, les intervalles durent 3 minutes. 

L'anesthésie fut complète après 7 contractions, l'acmé dura 35 s. 
et les deux autres périodes 12 s. et 11 s. 

Dans les 12 contractions suivantes, l'acmé dura en moyenne 30 s.; 
les périodes d'augment et de décroissance eurent la même longueur 
que précédemment, les intervalles entre lescontractionsdurêrentim. 
30 s. 

L'anesthésie fut continuée pendant 1 h. 20 m. Après qu'elle eut 
cessé les contractions reprirent les caractères qu'elles présentaient 
auparavant. 

Les suites des couches furent normales. 

Conclusion. — Les intervalles des contractions deviennent 
une fois et demi plus longs, leur acmé est de moitié plus court, 



— 37 — 

mais l'orifice se dilate bien, et l'accouchement ne semble pas 
retardé. 

2° Cas. — Primipare. — Dilatatation de l'orifice de 1 à 2 doigts. 
Les douleurs durèrent depuis 10 h. Pendant l'anesthésie, le raccour- 
cissement des contractions et l'allongement des intervalles présen- 
tèrent les mêmes caractères que dans le premier cas. 

Le D r Campbell publia en 1877, dans le journal de thérapeu- 
tique, un mémoire intitulé : De la Narcose utérine directe pen- 
dant l'anesthésie obstétricale. 

Voici ce que dit le D r Campbell au début de ce travail : 
c Tous les accoucheurs savent combien il est fréquent, au cours 
d'une aneslhésie très-moyenne, appliquée à l'accouchement 
naturel, de voir, à un moment encore assez éloigné de la fin du 
travail un certain trouble apporté à l'action utérine en ce qui 
regarde la fréquence et l'intensité des contractions. Quelques- 
uns ont même cru voir dans cette altération, presque toujours 
de nature restrictive, une cause de ralentissement pour le tra- 
vail. 

« Pour dissiper de suite toute préoccupation à cet égard, nous 
dirons qu'il nous a toujours semble que ce ralentissement, s'il 
existe pendant quelques instants, ne tarde pas à disparaître par 
les progrès mêmes du travail. J'ajouterai aussi que le phéno- 
mène que nous signalons se confond plus ou moins au milieu de 
cette accélération terminale de la plupart des accouchements anes- 
thésiés, lesquels regagnent, surtout chez les multipares, le temps 
apparemment perdu, grâce à une sorte de compensation due à 
la diminution des résistances. » 

Et à la fin de ce mémoire, se trouve une observation dans la- 
quelle on constate un éloignement de plus d'une minute entre 
presque toutes les contractions pendant la première heure d'une 
anesthésie faiie à la première période du travail. Après avoir 
démontré le fait, l'auteur cherche à en donner l'explication. 
Pour lui, en raison de l'apparition précoce de ce phénomène à 
Savoir : diminution en durée et en intensité de la contraction, 



— s>: — 
et cela dès les premières inhalations, la cause de ce fait doit 
résulter d'une action locale du chloroforme sur les fibres muscu- 
laires de l'utérus, alors, comme il le dit, que l'influence venue 
« du grand circuit cérébro-spiral » n'a pas encore été mise en 

jeu. 

Aussi, en s'appuyant sur celte hypothèse, le D r Campbell pro- 
pose-t-il « pour fixer davantage la nature du phénomène, le 
nom de narcose utérine directe pendant la première période du 
travail. » 

Comme les accoucheurs anglais, comme Winckel, Kurowicz 
Campbell, j'ai observé un ralentissement des contractions et 
une durée moindre de oes dernières, pendant les inhalations de 
chloroforme. 

Ce ralentissement dans les contractions, cette diminution dans 
l'intensité, ne sont pas les mêmes chez toutes les femmes et 
pendant les différentes périodes du travail. 

Comme le D r Campbell, je les crois plus accusés pendant la 
période de dilatation que pendant la période d'expulsion, mais 
ils existent également pendant cette dernière période et ils 
semblent être en rapport direct avec l'intensité de l'aneslhésie. 
Il suffit de lire nos observations pour s'en convaincre. M. Tar- 
nier, depuis longtemps, nous avait signalé le fait. Winckel et 
Kurowicz sont également de cet avis. Les tableaux ci-dessous 
qui résument nos observations, permettront facilement de se 
rendre un compte exact de l'influence de l'anesthésie sur la con- 
tractilité utérine pendant les diverses périodes du travail et 
alors que le chloroforme est administré à doses fractionnées ou 
à doses massives. 

Quant à donner une explication de cette action, je laisse ce 
soin aux physiologistes, cependant en dehors de l'influence 
nerveuse de cause centrale, je serais tout disposé à admettre 
une action locale, une influence amyosthénique directe, en me 
basant sur les faits observés par Coze, Gosselin, E. Labbée, 
Laborde et bien d'autres physiologistes. 



39 



PREMIÈRE SÉRIE. 
Pendant la période de dilatation. 



NOMBRE El DURÉE DES CONTRACTIONS 

AVANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME. 



NOMBRE ET DUREE DES CONTRACTIONS 

PENDANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



Obs. I. 



Eu 45 minutes, 9 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 21 m. 40 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 22 m. 4 s. 



A doses fractionnées. 
En 45 minutes, 10 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 19 m. 25 s. 

Durée moyenne de cha- 
que conlraction 1 m. 56 s. 



Obs. II. — Intolérance. 



Obs. III. — Intolérance. 



Obs. IV. 



En 15 minutes, 6 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions. 8 m. 50 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 28 s. 



A doses fractionnées. 
En 90 minutes, 21 contractions. 
Purée totale des con- 
tractions 33 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 35 s. 



Obs. V. 



Ei: 20 minutes, 7 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 8 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 ni. 13 s. 



A doses fractionnées. 
En 30 minutes, 11 contractions. 

Durée totale des cou- 
tractions 10 m. 30 a. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction.. .. , 57 s. 



40 — 



ROMHI1Ë ET DUREE DK CONTRACTIONS 

AVANT 

LES INHALATIONS DK CHLOROFORME 



NOMBK ET i,UREK DES CONTRACTIONS 

PENDANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORMB 



OBS. VI. 



En 30 minutes, il contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 10 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 57 s. 



A doses fraetiennéea. 

Pendant 30 minutes, 
8 contractions. 

Durée totale 

descontr. .. 8 m. 10 a. 
Dur. moy. de 

ch. contrac. I m. ta. 



A doses massives. 
Pendant 30 minut'a 

1 contractions. 
Durée totale 
dps contr... 6m. z5a. 
Dur. moy.de 
ch. contrac. 55 b. 



Obs. VII. 



En 30 minutes, 12 contractions. 

Duré totale des con- 
tractions 19 m. 20 s. 

Dinée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 36 s. 



A doses fract., massives à la fin. 
En 120 minutes, 36 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 56 m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 ni. 33 s. 



DEUXIÈME SERIE. 
Pendant les périodes de dilatation et d'expnliion 



Obs. 1. 



En 25 minutes, 4 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 7 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 27 s. 



A doses fractionnées. 
En 50 minutes, 13 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 15 m. 20 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction lm.lOs. 



41 — 



KOSIBIIE ET DUREE DES CONTRACTIONS 

AVANT 
LES INHALATIONS DE CHI.OIIOI'OIIMU 



NOMBRE ET DUBEE DES CONTRACTIONS 

PENDANT 
LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



OBS. I!. 



En 20 minutes, 7 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions.. 8 ni. 12 s. 

durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 10 s. 



A doses fractionnées. 

En 20 minutes, 8 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 5 m. 40 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 42 s. 



Oiis. III. 



En 55 minutes, 14 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 20 m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 25 s. 



A doses niass. sans anesth. compl. 
En 62 minutes, 6 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 11 m. 50 S. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 58 s. 



Premier intervalle. 



On suspend pendant 55 minutes, 
12 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 23 m. 13 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 56 s. 



On reprend à doses fractionnées. 
En 45 minutes, 6 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 11m 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 55 s. 



Deuxième intervalle. 



On suspend pendant 60 minutes, 
17 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 37 m. 50 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 2 m. 8 s. 

Pinard. 



On reprend à doses fractionnées. 
En 120 minutes, 28 contractions. 
Durée totale des con- 
trarions 28 m. 50 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 2 s. 

Forceps. 

6 



— 42 — 



NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS 

AVANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



NOMBRE ET DURÉE DES CONTRACTIONS 

PENDANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



Obs. IV. 



En 30 minutes, 15 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 15 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraclion 1 m. "2 s. 



A doses fractionnées. 
En 60 minutes, 18 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 19 m. 30 s. 

Durée moyenne de chaW 
que contraction 1 m. 6 s. 



Obs. V. 



En 60 minutes, 14 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 13 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 57 s. 



A dos^s fractionnées. 
En 60 minutes, 14 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 13 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 58 s. 



Intervalle. 



On suspend pendant 60 minutes, 
18 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 26 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction .... 1 m. 28 s. 



On reprend ; anesthésie complète. 
En 60 minutes, 13 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 7 m. 19 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 33 s. 



TROISIÈME SÉRIE. 
Pendant les périodes d'expulsion. 



Obs. III. 



En 60 minutes, 14 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 14 m. 50 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 3s. 



A doses fractionnées. 
En 80 minutes, 17 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 17 m. 40 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 2 s. 



- 43 

NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS 

AVANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



NOMBRE ET DURÉE DES CONTRACTIONS 

PENDANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



OBS. IV. 



En 20 minutes, 7 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions* 11 m 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 38 s. 



A doses fractionnées. 
- En 20 minutes, 8 contractions. 
Durée totale tfes con- 
tractions 11 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 23 s. 



Obs. V. 



En 20 minutes, 8 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 6 m. 20 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 47 s. 



A doses massives 

sans amener l'anesthésie complète. 
En 20 minutes, 7 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 7 m. 45 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 6 s. 



Intervalle. 



On suspend pendant 20 minutes. 
9 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 6 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 40 s. 



On reprend pendant 30 m., anesth. 
complète, 13 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 6 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 28 s. 



Obs. VII. 



En 50 minutes, 22 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 16 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 45 s. 



Anesthésie. 
En 60 minutes, 23 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 14m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 36 s. 



NOMBRE ET DUREE D". CONTRACTIONS 

AVANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



NOMliRE ET DUREE DES CONTRACTIONS 

PENDANT 

LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



Inlerval 



Ou suspend pendant 2u minutes. i 
y contractions. 
Durée totale des con- 
tractions 8 m. 40 s. 

Durée moyenne de cha- 
411 ; contraction a8 s. 



Obs. VIII. 



En 10 inimités, 5 contractions. 
Durée totale des con- 

• tractions 7 m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 24 s. 



Anesth. compl. pendant 60 minutes. 
32 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 20 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 38 s. 



Obs. IX. 



En 30 minutes, 9 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 8 m. 50 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 59 s. 



Anesthésie à peu près complète* 
En 30 minutes, 12 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 6 m. 30 s. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 35 s. 



45 — 



NOMBRE ET DUREE 1>E CONTRACTIONS NOMBRE ET DUREE DE CONTRACTIONS 

AVANT PENDANT 

LES IV LATIONS TK CHLOROFORME LES INHALATIONS DE CHLOROFORME 



QUATRIEME SÉRIE. 
Multipares. 



Obs. I. 
Pendant la période de dilatation. 



En 30 minutes, 8 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 8 m. 40 s. 

Durée moyenne de cha- 



que contraction . 



A doses fractionnées. 
En 90 minutes, 24 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 23 m. 10 s. 

Durée moyenne de cha- 



1 m. 5 s. I que contraction . 



58 s. 



Obs. II. 
Pendant la période d'expulsion 



En 50 minutes, 13 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 15 m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1 m. 9 s. 



Aneslhésie. 
En 25 minutes, 5 contractions. 

Durée totale des con- 
tractions 7 m. 

Durée moyenne de cha- 
que contraction 1m. 24 s. 



— 46 — 
CHAPITRE III 

ACTION' DU CHLOROFORME SUR LA RÉTRACTILITÉ UTERINE. 

Cette question, discutée tant de fois, est loin également 
d'être résolue d'une façon définitive. 

Simpson dit : « Mon esprit n'a jamais été complètement à 
l'abri de la crainte des hémorrhagies consécutives à l'emploi de 
l'anesthésie; je ne suis pas certain de les avoir vues plus fré- 
quentes depuis l'usage du chloroforme; mais je suis certain 
d'avoir vu des femmes ayant eu des hémorrhagies dans des ac- 
couchements antérieurs, faits sans le chloroforme, accoucher 
sans hémorrhagie lorsqu'on l'administrait. » 

Mongommery, Rigby, Hiiter déclarent au contraire que le 
chloroforme prédispose aux hémorrhagies. 

Scanzoni dit : « Malgré les avantages de l'anesthésie , je 
n'oserais pas en généraliser l'emploi à cause des accidents de la 
délivrance , surtout des hémorrhagies qui accompagnent ou 
suivent l'expulsion du placenta à la suite de la chloroformisa- 
tion. 

L'emploi combiné du seigle ergoté, ne saurait pallier ces in- 
convénients, car il est lui-même dangereux et prédispose aux 
accidents. » 

Le comité de Londres ayant ainsi formulé sa septième question: 
Le chloroforme prédispose-t-il à la contraction imparfaite de 
l'utérus après la délivrance et par suite cause-t-il des hémor- 
rhagies immédiates et secondaires? 11 y eut 29 réponses, 1 se 
prononce avec doute pour la négative, 13 reconnaissent que le 
chloroforme prédispose et à la contraction imparfaite et aux 
hémorrhagies, 13 qu'il ne prédispose à aucune. [Le P r Pajot 
ne pense pas que l'anesthésie prédispose aux hémorrhagies. 
L'expérience montre, dit Schrôder, que lorsque la délivrance 
est conduite judicieusement, les hémorrhagies ne sont pas plus 
fréquentes avec le chloroforme que lorsqu'on ne l'emploie pas. Il 



— 47 — 

est bon de dire que Schrôder ne donne le chloroforme que pour 
diminuer la douleur et non pour l'abolir. 

L'expérience, dit Spiegelberg, a démontré aussi que l'atonie 
utérine, tant crainte après l'accouchement, ne se p'ésente pas 
si Von surveille bien l'utérus après l 'accouche mini. W?ockel a 
également observé des hémorrhagies à la suite d'anesthésie. 
Le P r Robert Barnes, dans une communication écrite qu'il me 
fit Thonneur de m'adresser, dit : << L'influence du chloroforme 
est quelquefois fâcheuse. C'est un fait que j'ai constaté trop sou- 
vent pour permettre des doutes, que le chloroforme peut amener 
un état de paralysie de l'utérus, associé peut-être à un assoupis- 
sement des centres nerveux, qui favorise les hémorrhagies et 
rend plus difficile la délivrance... 

C'est surtout chez les femmes du grand monde, élevées dans 
le luxe, ne connaissant guère ce que c'est que le travail qui en- 
durcit le système et développe les glandes, que les hémorrha- 
gies et les fièvres puerpérales sont le plus à redouter. Aussi, 
toutes les fois que l'on est appelé à donner du chloroforme à de 
tels sujets, doit-on être préparé à combattre l'inertie utérine à 
l'instant par la compression résolue et peut-être à injecter du, 
chlorure de fer dans la matrice. » 

Le D r Testut, de Bordeaux, ayant administré le chloroforme à 
quantité de femmes en travail, alors qu'il était interne à la Ma- 
ternité de l'hôpital Saint-André, a eu l'obligeance de m'envoyer 
quelques notes parmi lesquelles se trouve la suivante : « J'ai 
constaté, dit-il, quelques cas d'hémorrhagie utérine et je dois 
conclure de mes observations que la chloroformisation poussée 
trop loin favorise les hémorrhagies. Ce fait est en parfaite har- 
monie du reste avec l'action physiologique du chloroforme qui, 
en paralysant les vaso moteurs, empêche les artérioles déchi- 
rées de se contracter et de s'opposer ainsi à l'écoulement du 



(1) On the necessity of caution in the employment of chloroforme during 
labour ,The american Journal of obsteirics, juillet 1877, p. 538*. 



— 48 — 
Le D r Lusk, de New-York, lut sur ce sujet un mémoire dont 
voici les conclusions : 

i° L'anesthésie profonde, portée jusqu'à l'abolition complète 
de l'intelligence, retarde et quelquefois suspend les contractions 
utérines. C'est à cela que le chloroforme doit être si précieux 
dans beaucoup de cas, mais pour qu'il n'y ait pas de danger, il 
faut que la malade reprenne partiellement sa connaissance avant 
la délivrance complète pour éviter l'hémorrhagie. 

2° Le chloroforme, même lorsqu'on le donne suivant la ma- 
nière usitée en obstétrique , peut dans des cas exceptionnels 
affaiblir assez l'actionne l'utérus pour que l'on soit obligé d'avoir 
recours à l'ergot de seigle ou au forceps. 

Le défaut de rétractilité n'étant guère appréciable avant l'ex- 
pulsion du fœtus, j'ai avec le plus grand soin indiqué chez toutes 
les femmes soumises aux inhalations de chloroforme, ce qui 
s'était passé pendant la période de délivrance. En voici le ré- 
sumé : 



OBSERVATIONS IJE LA PREMIERE SERIE. 



Chloroforme pendant la période de dilatation. 



N° I. Décollement du placenta 20 m. après la sortie du fœtus. 

— 2. — 10 m. — 

— 3. — 15 m. — 

— 4. — 15 in. — 

— 5. — 1 h. 45 m. — 

— 6. — i h. o'm. — 

— 7. — -20 m. — 

Dans aucun de ces cas, la quantité de sang perdu ne dépasse 
la moyenne physiologique. 



A9 



OBSERVATIONS DE I.A DEUXIÈME SÉRIE. 

Chloroforme pendant les périodes de dilatation et 
d'expulsion. 

N» 1. Décollement du placenta 20 m. après la sortie du fœtus. 

— 2. — 10 m. — 

— 3. — 30 m. 1500 gr. de sang perdu. 

— 4. — 15 m. 600 gr. — 

— 5. — 20 m. 1500 gr. — 



OBSERVATIONS DE LA TROISIEME SERIE. 

Chloroforme pendant la période d'expulsion seule. 



N»l 

— 2 

— 3 

— 4 

— 5 

— 6 

— 7 

— 8 

— 9 



après la sortie du fœtus. 



10 m. 

45 m. 

20 m. 

15 m. 

20 m. 

15 m. 

10 m. 

15m. 

10 m. 500 gr. de «ang perdu. 



1000 gr. de sang perdu. 



OBSERVATIONS DE LA QUATRIEME SÉRIE. 

Multipares. 



N°l. 
— 2. 



45 m. 750 gr. de sang perdu. 
10 m. Peu de sang. 



Il n'est pas douteux pour moi que la rétractilité fasse défaut 
dans une certaine mesure, après les inhalations de chloro- 
forme. 

Pinard. 7 



— 50 — 

Je dois faire remarquer que les hémorrhagies observées dans 
les 2 e , 3° et 4" séries se produisirent soit avant, soit pendant la 
délivrance, car aussitôt l'expulsion du placenta, l'on adminis- 
trait à toutes les femmes du seigle ergoté. 



CHAPITRE IV. 



ACTION DU CHLOROFORME SUR LA CONTRACTION 
DES MUSCLES ABDOMINAUX. 

Blot dit sur ce point : « Fort heureusement, nous ne trouvons 
plus la même division parmi les auteurs; tous, ou à peu près, 
s'accordent à reconnaître que les muscles abdominaux, ces ad- 
juvants puissants de l'utérus dans la dernière partie du travail, 
continuent de se contracter pendant le sommeil anesthésique. 
Telle est l'upinion de MM. Simpson, P. Dubois, Danyau, IHou- 
zelot, Hatman, Spiegelberg, etc. Quelques-uns, cependant, 
parmi lesquels je citerai seulement Siebold, Greuser, Scanzoni, 
croient avoir observé un certain degré d'amoindrissement dans 
leur action ; quoi qu'il en soit, je le répète, la persistance de ces 
contractions abdominales est généralement admise comme un 
fait vrai; pour ma part, je puis affirmer l'avoir constatée un 
assez grand nombre de fois. «Et plus loin :« Ainsi donc, en der- 
nière analyse, il reste bien établi, et par l'observation directe et 
par le raisonnement, que la contraction des muscles abdomi- 
naux persiste pendant le sommeil anesthésique, à la condition 
toutefois qu'il ne soit pas assez profond pour abolir l'action 
réflexe. » 

Cependant, nous savons que les accoucheurs anglais ont con- 
staté un affaiblissement non-seulement des contractions uté- 
rines, mais encore des forces adjuvantes (contraction des mus- 



— 51 — 

cles abdominaux), dans un grand nombre de cas, alors même 
que l'anesthésie n'était pas poussée jusque dans ses dernières 
limites. 

Tarnier partage aussi cette opinion et la professe depuis 
longtemps, à savoir que la contraction des muscles abdominaux 
est notablement diminuée pendant l'anesthésie. 

Nos recherches n'ont fait que confirmer cette manière de 
voir. 

L'on peut observer pendant l'anesthésie tous les degrés, 
depuis l'affaiblissement jusqu'à la disparition presque complète. 

Est-ce parce que l'appel fait par l'utérus n'est plus entendu 
par les muscles abdominaux? Est-ce parce que ces derniers sont 
impuissants à répondre? Il est probable que ces deux causes 
existent simultanément, et que l'action réflexe est plus ou moins 
atteinte, en même temps que l'amyosthénie se montre à un 
degré variant avec l'intensité de l'anesthésie. 

Quoi qu'il en soit, le fait nous a semblé constant. De plus, 
dans les cas d'anesthésie poussée jusqu'à la résolution muscu- 
laire complète, les muscles abdominaux nous ont paru être plus 
profondément touchés que le muscle utérin. 

Chez des multipares, la contraction utérine suffit pour expul- 
ser le fœtus assez souvent, sans que l'effort expulsif se montre, 
parce que les résistances offertes par le canal vagino-vulvaire 
sont peu marquées ; mais chez les primipares la contraction uté- 
rine se montre souvent impuissante à faire progresser la tête 
dans le même canal, alors que l'orifice est franchi. 

Il est à remarquer que dans ces cas la contraction utérine 
semble avoir d'autant moins d'efficacité que la tête est plus 
éloignée de l'orifice utérin et plus rapprochée de l'orifice vul- 
vaire. La prise n'est plus si solide, et, lorsque l'effort expulsif 
manque, la partie fœtale peut rester longtemps stationnaire. Cette 
influence de l'action du chloroforme sur l'effort est très-nette. 
Souvent, après avoir observé avec grand soin la durée de l'ef- 
fort et ses caractères, il nous est arrivé de soumettre rapidement 
la parturiente aux inhalations chloroformiques, et nous consta- 
tions alors un effort moins long, puis moins bien caractérisé, 



— 52 — 
puis saccadé, n'apparaissant qu'au début et à la fin de la con- 
traction, et quelquefois disparaissant tout à fait. On cessait alors 
le chloroforme, et progressivement l'on voyait l'effort reparaître 
avec tous ses caractères de durée, d'intensité et d'efficacité. 



CHAPITRE V. 



ACTION DU CHLOROFORME SUR LES MUSCLES DU PERINEE. 

« Un des avantages, dit Cazeaux, généralement attribués à 
l'éther ou au chloroforme, c'est de diminuer la résistance offerte 
par le périnée, de faciliter dès lors l'expulsion du fœtus, et de 
prévenir presque sûrement les déchirements dont il est si sou- 
vent le siège à la suite de l'accouchement. En ne tenant compte 
que des faits qui me sont personnels, il me serait très-difficile 
de formuler une opinion très-nette. » 

« Faut-il conclure, dit Blot, de la résolution des muscles du 
périnée, que les déchirures seront pour cela facilement et presque 
toujours évitées? Je n'en crois rien, et ceux qui partageraient 
encore une pareille opinion n'auraient, pour s'édifier à ce sujet, 
qu'à lire la relation des faits, déjà assez nombreux, de déchi- 
rures du périnée survenues pendant l'accouchement, spontané 
ou artificiel, chez des femmes soumises à l'anesthésie. » M. Blot, 
en effet, montre que les muscles du périnée, qui à la fin du tra- 
vail sont distendus, sont très-mal disposés, à cause de leur dis- 
tension même, à se contracter énergiquement; que de plus entre 
les muscles il entre dans la composition du périnée des plans 
fibreux, celluleux, adipeux, muqueux, cutanés, qui dans leur 
ensemble offrent à chaque instant, et particulièrement aux der- 
niers moments du travail, une résistance que ne sauraient 
amoindrir les agents anesthésiques. 



Je n'ai rien à ajouter aux considérations ci-dessus énoncées, 
et si les accoucheurs anglais, et Robert Barnes en particulier, 
ont remarqué que, contrairement à l'opinion reçue, les déchi- 
rures du périnée sont plus fréquentes, cela peut tenir à ces efforts 
saccadés, quoique faibles, que j'ai signalés plus haut. 



CHAPITRE VI. 



ACTION DU CHLOBOFORMK SUR J.A MARCHE DU TRAVAIL 



Tandis que bien des accoucheurs affirment que pendant l'a- 
nesthésie le travail n'est nullement arrêté, qu'il est au contraire 
accéléré, d'autres pensent qu'il est retardé. 

Cette question est extrêmement difficile à résoudre; d'une 
part l'on sait combien la longueur du travail diffère d'une femme 
à une autre, toutes choses égales d'ailleurs ; d'autre part, il n'y 
a aucune comparaison à établir entre les primipares et les mul- 
tipares au point de vue de la longueur du travail. Enfin, le tra- 
vail peut être plus ou moins long suivant telle ou telle présen- 
tation, telle ou telle position, telle ou telle variété de position, 
suivant que les membranes seront intactes ou rompues préma- 
turément, suivant le degré d'étroitesse des parties dures ou 
molles, suivant le volume de l'enfant, etc., etc. On voit qu'il est 
presque impossible de rassembler assez de matériaux homo- 
gènes pour constituer les éléments d'une sérieuse statistique. 
Le meilleur moyen d'arriver à une connaissance approximative 
du fait est, je crois, d'examiner chaque femme isolément, de 
noter avec soin les progrès du travail avant la chloroformisa- 
tion ; puis, la femme étant soumise à l'influence de l'agent anes- 
thésique, de noter pendant un laps de temps égal la marche 



— 54 — 

du travail. Et cela dans les deux périodes de dilatation et 

d'expulsion. 

Nous savons déjà quelle est l'influence du chloroforme sur les 
contractions utérines et sur la contraction des muscles de la pa- 
roi abdominale, il semblerait donc tout naturel de conclure que le 
travail doit être ralenti. Mais ces différentes forces n'ont pas 
seulement pour but d'expulser le fœtus à travers un canal, elles 
doivent encore et avant faire disparaître les obstacles, les bar- 
rières qui s'opposent à la progression, c'est-à-dire qu'elles doi- 
vent dilater et l'orifice utérin et Forifice vulvaire. Eh bien, ces 
dilatations se produisent-elles avec plus de facilité et de rapidité 
alors que la femme est sous l'influence du chloroforme? Les 
contractions tout en étant moins fréquentes et moins longues 
sont-elles plus efficaces? La réponse ne saurait actuellement être 
précise au moins quant à ce qui touche à la période de dila- 
tation. 

Effectivement les avis des auteurs sérieux et compétents étant 
partagés, je ne puis exclusivement m'en rapporter à mes obser- 
vations qui sont trop peu nombreuses et qui de plus n'ont 
été prises pour ainsi dire que sur des primipares. Cependant 
elles montrent que dans bien des cas, la dilatation reste à peu 
près stationnaire pendant l'anesthésie. Pour ces raisons, je 
pense que la période de dilatation n'est point accélérée, tandis 
que la période d'expulsion est manifestement retardée, au moins 
chez les primipares. 



CHAPITRE VII. 

ACTION DU CHLOROFORME SUR LES PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES. 

Les modifications qu'éprouvent les facultés intellectuelles sous 
l'influence du chloroforme, quoiqu'étudiéespar un grand nombre 



— 55 — 

d'auteurs, n'ont jamais été observées avec autant de précision et 
exposées avec autant de méthode et de clarté que par mon excel- 
lent ami le D r Lacassagne (Mémoires de V Académie de médecine 
1869, t. xxix), aussi je ne crois mieux faire que de donner ici 
un résumé de ses conclusions : 

« On peut, pour faciliter l'étude des modifications qu'éprou- 
vent les facultés intellectuelles, les faire rentrer dans quatre 
catégories distinctes : 

Conservation complète de V intelligence. — Les cas de conser- 
vation complète de l'intelligence, de la conscience du moi, sont 
impossibles quand l'anesthésique est bien administré. L'atten- 
tion a une très-grande influence, surtout avec les anesthésiques 
dont l'action sur le cerveau exige un certain temps pour se ma- 
nifester. Avec le chloroforme (que nous prenons toujours comme 
type des anesthésiques puissants) ces cas sont impossibles. 

Intelligence conservée puis modifiée. — La plupart des cas ren- 
trent dans cette catégorie. L'individu résiste d'abord, puis forcé- 
ment son attention faiblit, et dès lors les facultés cérébrales s'é- 
grènent et disparaissent. L'association des idées, la compa- 
raison, le jugement, s'en vont aussi les uns après les autres. La 
mémoire persiste la dernière. 

» Le premier sommeil est surtout accompagné de rêves, fré- 
quents avec l'éther, rares avec le chloroforme. Ces rêves se déve- 
loppent sous l'influence des mêmes causes qui font naître les 
songes du sommeil ordinaire. Ils sont, d'après leur mode de pro- 
duction : sensoriaux, extracrâniens ou encéphaliques. Quant à 
leur caractère, ils sont en rapport avec les habitudes, les travaux, 
les professions, certain sentiment ou une passion des individus 
anesthésiés. 

» Le chloroforme n'est pas plus triste que l'éther, quand son 
action sur l'organisme est longue à se manifester, quand l'exci- 
tation dure longtemps. Lorsqu'un anesthésique agit prompte- 
ment, l'économie, brusquement envahie, est toujours pénible- 



— 56 — 

ment affectée. La tristesse qui vient après l'administration du 
chloroforme n'est que de l'abattement ou de la lassitude. 

» Les dernières impressions ressenties par le malade au mo- 
ment de l'annihilation de la conscience influent sur le caractère 
du rêve. Quand l'individu n'est plus à même de raisonner les 
impressions et de les rapporter à leur véritable cause, il se 
produit facilement des hallucinations. On peut voir au réveil la 
continuation d'un rêve commencé pendant l'anesthésie. Les ma- 
lades oublient complètement qu'ils ont été anesthésiés ou in- 
terprètent mal les sensations qu'ils ont éprouvées. La notion du 
temps, l'idée de durée n'existent plus. 

» Intelligence pervertie puis aiinihilée. — L'action de l'anes- 
thésiqne se fait promptement sentir, l'intelligence est troublée ou 
pervertie de suite, puis annihilée. Les individus sont disposés 
aux rêves encéphaliques , ils sont souvent bavards ou turbulents. 

» Intelligence annihilée d'emblée. — H y a annihilation im- 
médiate, pour ainsi dire foudroyante des facultés psychiques. 
Ces cas sont fréquents chez les enfants, chez les personnes qui 
résistent peu ou qui absorbent avec facilité l'anesthésique qu'on 
leur donne ; le chloroforme agit souvent ainsi. 

» On peut anesthésier des personnes endormies, et la transition 
entre ces deux sommeils peut être assez insensible et assez douce 
pour ne pas leur faire comprendre ce changement. Au réveil, 
elles ne se douteront pas de tous les événements qui auront pu 
se passer pendant leur nouveau sommeil. 

» Quel temps faut-il pour produire la succession de ces phéno- 
mènes? Avec le chloroforme, nous avons vu souvent dans les 
cliniques la quatrième période arriver en quelques secondes; 
c'est d'ailleurs assez fréquent chez les enfants. Il est évident que 
tout cela varie avec l'impressionnabilité du sujet. Celle-ci peut 
être modifiée parles conditions de santé, l'état psychique , par 
des habitudesalcooliques. Les ivrognes de profession exigent plus 
de temps, de patience et une plus forte dose d'anesthésique. Il 
en est de même de ces sujets craintifs et timorés que la peur 



rend incapables d'écouter aucun conseil et pour lesquels tout in- 
connu est effrayant. 

» Au réveil du sommeil anesthésique, les facultés psychiques 
se présentent dans un ordre inverse à leur disparition. L'intelli- 
gence peut revenir au milieu d'une opération et alors la sensibi- 
lité est abolie ; c'est le phénomène dit intelligence de retour. Les 
individus peuvent rester dans cet état assez longtemps; s'ils 
sont de nouveau anesthésiés, ils ont tout oublié au réveil. 

» Les individus anesthésiés ne recouvrent pas assez vite l'em- 
pire deleurvolonté pour l'exercer au moment du réveil. Rarement 
il y a de l'intelligence au moment du réveil. Avec le chloroforme, 
dès le réveil, très-souvent on constate un grand affaissement et 
une tendance au sommeil. 

» Quand l'anesthésie n'a pas duré longtemps et a été peu pro- 
fonde, les facultés intellectuelles reviennentviteet après un temps 
variable fonctionnent sans trouble et sans embarras. Parfois les 
individus anesthésiés paraissent être au réveil dans le cas des 
aphasiques ; cet embarras dans le mécanisme cérébral peut durer 
assez longtemps. 

« L'usage trop fréquent, l'abus des anesthésiques, peuvent 
conduire à la perte des facultés mentales ou à un abrutissament 
comparable à celui des fumeurs d'opium. 

« La volonté est vite supprimée par les anesthésiques. Quand 
les plus hautes fonctions des centres nerveux sont abolies, les 
mouvements dits réflexes apparaissent dans toute leur force et 
toute leur variété. Les cris, les plaintes, les signes extérieurs 
de la douleur, considérés comme réflexes, se produisent rare- 
ment dans l'anesthésie, surtout quand celle-ci est produite par 
le chloroforme. Ils tiennent à une anesthésie trop faible ou mal 
dirigée. 

-< Les sujets anesthésiés qui paraissent souffrir pendant les 
opérations et qui déclarent ensuite n'avoir rien senti ont souf- 
fert réellement. Il n'y a pas eu douleur, élaboration intellec- 
tuelle, mais douleur résultante des tissus attaqués. Ces individus 
n'ont pas oublié leur douleur, comme on l'a dit; le jugement et 
la mémoire n'ont pas eu à intervenir. 

Pinard. S 



— 5S — 

« Les anesthésiques portent d'abord leur action sur la sensibi- 
lité. Ils l'excitent, I'émoussent ou la faussent. Ils agissent en- 
suite sur la seyisitiviti, celle-ci, moins fragile et comme inhé- 
rente aux tissus, résiste davantage. » 

Chez les femmes en travail, soumises aux influences du chlo- 
roforme, les modifications psychiques sont-elles les mêmes? 
On peut répondre par l'affirmative. Quelques auteurs, en raison 
de certains faits observés par Dubois et Tyler Smith, et dans les- 
quels les parturientes avaient éprouvé une excitation manifeste 
du sens génésique, dénoncèrent la méthode comme immorale. 

Mais les faits journaliers sont venus démontrer toute l'exa- 
gération de ces auteurs. Non, les sensations voluptueuses et les 
rêves erotiques sont moins fréquents que ne le pensait Forbes 
s'écriant : « Grâce à cette merveilleuse découverte de l'anes- 
thésie, les mères des générations futures n'enfanteront plus 
dans les tortures du travail sur une couche où elles ne donnent 
souvent la vie qu'au péril de la leur, mais au milieu des songes 
élyséens, sur un lit d'asphodèle! » Ils n'ont pas surtout ce carac- 
tère d'érotisme que leur prête l'auteur de la Némésis dans ces 
vers : 

Là c'est le doux repos, l'extase, lé plaisir, 

Le spasme de l'amour. Quand l'éther halluciné 

La jeune femme en proie aux tourments deLucine, 

Oh ! d'un double mystère ineffable pouvoir, 

Au moment qu'elle enfante, elle croit concevoir ! 

Nous serions plutôt de l'avis du D r Normand Dufié lorsqu'il 
dit : « Un danger bien plus grand, pour la tranquillité des 
familles, serait dans les divagations, sur des sujets que la femme 
a, dans certains cas, le plus grand intérêt à tenir cachés. » 

Effectivement chez quelques parturientes, dès que le chloro- 
forme commence à atteindre l'intelligence, une loquacité extra- 
ordinaire se montre, et s'ouvrent probablement parce que c'est là 
leur idée fixe, elles font aux personnes qui les entourent les 
confidences les plus intimes et les plus inattendues. Quelques 



— 59 — 

pauvres filles que nous observions, lançaient à haute voix le nom 
du père de l'enfant, racontaient la durée et la nature de leurs 
relations, etc., etc. Ce sont bien plus ces indiscrétions que des 
manifestations immorales qui sont dans certains cas à redouter. 



CHAPITRE VIII. 

ACTION DU CHLOROFORME SUR LA CIRCULATION, LA RESPIRATION, 
LA TEMPÉRATURE, ETC. 

A. Circulation. — Pendant les inhalations de chloroforme, 
les modifications de la circulation n'ont guère été recherchées 
qu'en interrogeant le pouls. 

Presque tous les auteurs ont noté des troubles du côté des 
pulsations, dès le début des inhalations. Tantôt il y a accéléra- 
tion, tantôt diminution, mais là encore il est bien difficile de 
préciser, attendu que rien n'est plus variable que l'état du pouls 
chez les femmes en travail dans les conditions normales. 

Du reste, les observations de Winckel, comme les nôtres, 
n'offrent rien de bien saillant. 

Cependant dans deux de nos observations, alors que nous 
donnions le chloroforme à doses massives, nous vîmes tomber le 
pouls à 48 et 44, ce qui nous fit suspendre toute inhalation. 

Il est un autre point que je n'ai trouvé signalé nulle part, je 
veux parler de la coloration spéciale du sang qu'il nous a été 
donné d'observer. Quand nos parturientes étaient depuis 
quelque temps déjà sous l'influence du chloroforme, et qu'elles 
perdaient du sang, soit avant, soit après l'expulsion du fœtus, ce 
sang nous a présenté un aspect particulier qui n'est ni celui du 
sang veineux ni celui du sang artériel. C'est une coloration 



— 60 — 

offerte par certains vins, et se rapprochant de celle du foie frais 
et sain. 

Je regrette de n'avoir pu faire analyser ce sang, mais les cir- 
constances ne me l'ont pas permis. 

Li. Respiration et température — Les modifications touchant 
la respiration et la température n'offrent rien de particulier et 
sont, du reste, également très-difficiles à apprécier. Les auteurs 
en font à peine mention, et les travaux deYVinekelet Kurowicz 
ne sont pas plus concluants que nos propres observations. En 
somme ces modifications sont les mêmes que celles qu'on ob- 
serve chez tout individu anesthésié. 

C'est ici que je dois dire quelques mots des prétendus cas de 
mort subite due au chloroforme, Je dois dire, et j'en suis heu- 
reux, qu'aucun cas bien authentique de mort subite due au 
chloroforme n'a été enregistré par lu science. Oui, des auteurs 
en ont parlé. Dernièrement encore le D r Lusk, dans un mé- 
moire, publié dans Y American Journal of obstetric, juillet 1877, 
a fait allusion à deux cas ; oui ; le professeur Barnes, dans sa 
communication écrite, me dit : « Bien qu'on continue à dire 
qu'aucun cas de mort subite due au chloroforme n'ait été bien 
constaté, j'ai mes doutes à cet égard. » Cependant aucune ob- 
servation publiée ne prouve le fait. H ne me semble pas non plus 
qu'on soit autorisé à attribuer au chloroforme la mort de cette 
femme arrivée dans les circonstances suivantes et racontée par 
le Lyon jncdical, 1876 : 

« Nous devons à nos lecteurs quelques explications sur le cas 
de mort survenu à la Maternité. Voici les renseignements brefs 
mais exacts que nous avons recueillis : Une fille do 25 ans, mul- 
tipare, entre le 23 mars 1876, à trois heures du soir, à la ma- 
ternité de la Charité. Les douleurs durent toute la soirée et toute 
la nuit. Le 24, vers sept heures du matin, la poche des eaux fut 
rompue; on reconnaît une présentation de l'épaule, et, pour 
faire la version, on administre le chloroforme. Tout cela fut fait 
sous la direction de la sœur chargée du service, sans qu'on ait 



— 61 — 

prévenu ou appelé le chef du service ou t'interne. La malade 
« ne se réveillant pas » après l'opération, on appela l'interne 4c 
garde, qui constata alors que le pouls était très-petit, la face 
cyanosée, les inspirations courtes et rares. Les efforts faits par 
l'interne pour ranimer la malade furent infructueux, elle rendit 
le dernier soupir dix minutes après son arrivée. » 

Que s'était-il passé pendant l'anesthésie? Quelles précautions 
avaient été prises? Ce sont là des questions qu'il est impossible 
de résoudre scientifiquement, la chose s'étant passée en dehors 
de tout observateur suffisamment éclairé. Le fait ne doit donc 
pas être mis au passif du chloroforme, puisque celui-ci a été 
administré dans des conditions inouïes et impossibles à pré- 
ciser. Le fait ne relève pas de la critique scientifique. » 

Est-ce le chloroforme qui a amené la mort de cette femme? 
Y a-t-il eu rupture entière? Les renseignements ne nous per- 
mettent pas de conclure. 

Si aucun occident n'est survenu chez les femmes en travail, 
alors que le chloroforme a déjà fait tant de victimes dans d'au- 
tres circonstances, à quoi attribuer cette différence? 

Sont-ce les conditions particulières dans lesquelles se trouve 
la femme qui accouche et qui constituent pour elle une 
tolérance que ne possèdent point les autres individus? Est-ce, 
comme le veut le D r Campbell, l'effort qui, amenant à chaque 
instant du sang en assez grande quantité au cerveau, empêche- 
rait ainsi l'anémie cérébrale? Ces questions n'étant point sorties 
du domaine de l'hypothèse, je laisse à l'avenir le soin de les véri- 
fier ou de les infirmer. 



- 62 — 

CHAPITRE IX. 

ACTION DU CHLOROFORME DANS LES CAS DE TRAVAIL ANORMAL. 



L'action thérapeutique, ainsi que je l'ai déjà dit, est loin 
d'être connue, et les effets que Ton a obtenus dans les diffé- 
rentes circonstances où on l'a employée sont loin d'être con- 
cluants. 

« De nombreux accoucheurs de tous les pays, dit Blot, ont 
vanté les heureux effets du chloroforme, les uns contre la rétrac- 
tion spasmodique du col, comme Tarnier et Laborie ; d'autres, 
bien plus nombreux, contre celle du corps qui survient plus ou 
moins longtemps après l'écoulement du liquide amniotique, dans 
les présentations de l'épaule méconnues. Parmi ces derniers, 
il faut citer Braun, qui dit en avoir obtenu d'excellents effets 
dans 11 cas de version, dont 2 n'avaient pu être opérées aupara- 
vant, malgré des tentatives réitérées; Meisenger, qui relate 
2 cas analogues; Rawitz, qui dit l'avoir employé avec succès 
dans 30 cas; Scanzoni, Konitz, Millet et Villeneuve, de Mar- 
seille. M. Stoltz dit, au contraire, que l'anesthésie ne fait pas 
cesser la résistance que la matrice oppose à l'introduction de la 
main dans sa cavité, et ne facilite ni la version ni l'extraction du 
foetus. Si je m'en rapportais à ce que j'ai pu voir dans la pratique 
de mes maîtres et dans la mienne, je formulerais une opinion 
identique avec celle des professeurs de Strasbourg. » 

A la question suivante, ou plutôt aux questions suivantes for- 
mulées par le Comité royal de Londres : Avez-vous employé le 
chloroforme dans les opérations obstétricales? Si oui, quels 
avantages pensez-vous avoir retiré de son emploi, et quels 
inconvénients vous semblent-ils pouvoir jeter la défaveur sur 
lui? Par exemple, dans les cas où la parturiente est très-affai- 
blie par l'hémorrhagie et où il faut avoir recours à la version 
ou aux instruments, pensez-vous que l'emploi du chloroforme 



— 63 — 

doive être considéré comme l'introduction d'un nouvel élé- 
ment de danger et capable de diminuer les chances de gué- 
rison? 

29 réponses furent faites. 

L'analyse de ces 29 réponses donne les résultats suivants : 
25 l'ont employé avec avantage; 2 ne l'ont pas employé, et 
2 ont trouvé son action défavorable. Les cas où il a eu de bons 
effets sont : la version, l'application du forceps surtout dans les 
bassins rétrécis, l'extraction de placentas retenus, et la crànio- 
tomie. Les avantages réclamés pour le chloroforme sont : que la 
parturiente est passive et n'oppose aucune résistance ; que l'opé- 
rateur n'est pas troublé par les cris; que le shock est réduit à 
son minimum ; qu'il diminue la résistance en relâchant les tis- 
sus rigides, et qu'il favorise la convalescence en supprimant la 
douleur et par suite l'épuisement. D'autre part, dans 2 réponses 
défavorables, l'opérateur avait trouvé des difficultés en appli- 
quant le forceps, parce que la parturiente se renversait ; et dans 
l'autre, pendant le forceps et la crâniotomie, la femme avait 
toujours été plus difficile à manier, parce qu'elle était incon- 
sciente. 

Quant à la question de savoir s'il convenait d'employer le 
chloroforme quand la parturiente est très-affaiblie par la perte de 
sang ou d'autres causes, 17 réponses étaient contraires à son 
emploi; 4 étaient favorables, mais 2 d'entre elles ajoutaient : 
a pourvu qu'on donne en même temps des stimulants et de 
l'opium. » 

Winckel, dans les deux observations qui suivent n'a pas con- 
staté l'action paralysante du chloroforme sur l'orifice utérin : 



Obs. I. — Julie S., primipare, âgée de 23 ans, de moyenne taille, 
blonde, de forle constitution, très-grasse, a souffert dans son enfance 
de tumeurs ganglionnaires et d'angines répétées. Réglée à partir de 
l'âge de 16 ans; menstruation toujours irrégulière et accompagnée 
de toutes sortes d'indispositions (crampes d'estomac, douleurs tho- 
raciques, fatigue excessive). Pendantsa grossesse, elle se porta assez 
bien et ne souffrit que d'un catarrhe des bronches dans les derniers 



— i i 
temps de celle-ci. L'examen fit reconnaître la deuxième position oc- 
cipitale; vagin normalement développé. L'orifice du col est djrigé à 
droite et en arrière; orifice externe ouvert, orifice interne encore 
fermé; on peut introduire le doigt dans le col. Un peu de catarrhe 
du col, point de catarrhe du vagin. 

Les contractions utérines commencèrent le soir du 18 juillet entre 
8 et 10 heures, mais la femme ne s'en aperçut que le 1!) à 7 heures 
du matin. La portion vaginale était à peu près effacée, l'orifice di- 
laté de la grandeur d'une pièce de deux groschen, la poche des eaux 
tendue, la tête encore mobile; température vaginale 37°,5. 

19 juillet, 8 heures du matin. Cul effacé, bords de l'orifice amincis, 
poche des eaux tendue. Temp. 37°, 7 

S h. 3]4. La poche se rompt, l'orifice utérin offrant à peine lj2 pouce 
de diamètre. 

Les contractions jusque là assez énergiques diminuent un peu. 

9 h. Temp. vaginale 38°, 5, s élevant pendant l'acmé d38",l. Les con- 
tractions sont de nouveau plus fréquentes et plus énergiques, mais 
de durée inégale, se prolongeant pendant 1 oui Ij2 à 3 minutes, avec 
des intervalles également irréguliers> 

'.) h. 3{4. La lèvre antérieure de l'orifice utérin commence à se tuméfier 
et se trouve appliquée énergiquement sur la tète. 

10 h. Plusieurs accès de vomissements verdâtres; lèvre antérieure de 
l'orifice tuméfiée et prolongée en trompe. Abaissement de la tempé- 
rature à 37°, 5. L'orifice utérin a un diamètre de 2 l]2 pouces. Tèle 
encore placée transversalement. 

11 h. Orifice utérin complètement dilaté, la tèle ne l'a pas encore 
franchi. Temp. 37°, 1. 

12 h. [Malgré des contractions très-énergiques et très-rapprochées, 
la tète n'avance pas. Temp. 36°,9 à 12 h. \\2. Les contractions conti- 
nuent à se suivre de très-près, mais la tuméfaction de la tète a con- 
sidérablement augmenté. Bruits du cœur foetal 1-24, temp. 3G°,95. 

f heure. 

1. Pér. d'augment 5 s., acmé 32 s. Pér. de décroissance 25 s. 

2. Intervalle des conlract. 1 m. 20 s. ; pér. d'augment 10 s., acmé 
45; pér. de décroissance 15 s. La malade crie beaucoup et fait des 
efforts énergiques. 

3. Intervalle 1 li4 m ; pér. d'augment 10 s., acmé 50 s., pér. de 
décroissance 20. Contraction abortive pendant la minute suivante. 



— 65 — 

4. Intervalle 35 s., pér. d'augment 5 s., pér. de décroissance 15 s. 
Pendant l'intervalle des douleurs nombreuses éructations. 

5. Intervalle 1 m. 5 s., pér. d'augment. 5 s., acmé 50 s., période 
de décroissance 15 s. Inhalations de chloroforme. 

6. Intervalle 1 1/2 m., pér. d'augment 10 s., acmé 55 s., pér. de 
décroissance 15 s. La malade continue à crier. Anesthésie complète 
au bout de 3 m. 

7. Intervalle 3 m. 20 s. ; pér. d'augment 10 s., acmé 30 s., pér. 
de décroisance 15 s.; torpeur profonde. Inhalations de chloroforme 
interrompues. 

8. Intervalle 1 3/4 m., pér. d'augment 10 s., acmé 60 s., pér. de 
décroissance 15 s. La malade gémit assez fort, contracte les mus- 
cles abdominaux ; nouvelles inhalations de chloroforme pendant la 
contraction. 

9. Intervalle 2 m., pér. d'augment 5 s., acmé 35 s., pér. de dé- 
croissance 10 s. La malade gémit peu, ronfle fort; presque point de 
contraction de la paroi abdominale. 

10. Intervalle 1 m.; période d'augment 15 s.; acmé 85 s.; période 
de décroissance 15 s. La malade commence à gémir pendant l'acmé 
et malgré l'anesthésie contracte les muscles abdominaux. 

11. Intervalle 50 s. ; période d'augment 10 s.; acmé 20 s. ; période 
de décroissance 15 s. Au début du nouvel intervalle on arrête les in- 
halations de chloroforme. P. 56, T. 37",1 

Après la cessation des inhalations de chloroforme. 

12. Intervalle 1 m. 1/4 ; période d'augment 15 s. ; acmé 85 s.; pé- 
riode de décroissance 25 s. La malade s'est réveillée pendant la con- 
traction, gémit beaucoup, s'endort dans l'intervalle des contractions. 

13. Intervalle 2 m. 10 s ; période d'augment. 15 s.; acmé 65 s.; pé- 
riode de décroissance 20 s. Contractions énergiques des muscles ab- 
minaux. 

14. Intervalle 1 m. 1/4; période d'augment 5 s., acmé 55 s.; pé- 
riode de décroissance 15 s. 

15. Intervalle 50 s.; période d'augment 5 s.; acmé 45 s. ; période 
de décroissance 15 s. 

16. Intervalle 30 s., pér. d'augm. 10 s., acmé 45, pér. dedécr. 15 s. 

17. Intervalle 1 m. 5 s. La tête est arrivée surces entrefaites sur le 
plancher périnéal qu'elle déprime. Les contractions sont extrême- 
ment douloureuses; pouls pendant la contraction 60, bruits du cœur 
fœtal 132, temp. vaginale à 2 h. de l'après-midi 37,1. La tête met 

Pinard. 9 



— 66 — 
une heure et demie à franchir le périnée, encore fallut-il faire des 
incisions latérales. 

L'hémorrhagie assez abondante gui suivit nécessita l'extraction immé- 
diate du placenta par la pression; elle s'arrêta bientôt néanmoins. 
L'utérus se rétracta bien. L'enfant, un garçon à terme, pesait 
7 livres 1/2 et était long de 18 l/ 2 pouces (diamètres de la tète : 3 1[4, 
3 3/4, 4 3/4, 5 i/2 pouces). Délivrance normale. La température im- 
médiatement après l'accouchement était égaleà37°,5, le pouls 68; 
léger frissonnement après l'accouchement. Le soir à 6 heures temp. 
3"'°, 7, pouls 70; ischurie. 

20 juillet, Temp. 37<\8 ; le soir, pouls 72, temp. 37°, 9. Rhagades 
sur les deux mamelons. Utérus insensible. Lochies normales. 

Réflexions. — Reportons-nous aux contractions qui [ont pré- 
cédé l'expérience; il n'est pas douteux que ce sont là des con- 
tractions spasmodiques , déterminées par un écoulement pré- 
maturé des eaux et par la rigidité anormale du col. C'est ce que 
prouvent d'abord l'accroissement considérable de la tempéra- 
ture qui s'élève de 37°, 5, à 38°, 1 ; la douleur extrême 1 provoquée 
par les contractions; la tuméfaction de la lèvre antérieure de 
l'orifice utérin et le peu d'eificacité des contraction utérines ; 
nous en trouvons une preuve nouvelle dans l'abaissement con- 
sidérable de la température, qui de38°,l tombe à 36°, 9, à la 
suite de la disparition des obstacles à l'accouchement et de la 
sortie de la tête. De plus, l'irrégularité des intervalles et la 
durée variable de l'acmé caractérisent bien nettement ces con- 
tractions anormales. 



Quelle a dès lors été l'action des inhalations de chloroforme 
sur ces contractions spasmodiques, qui persistèrent même pen- 
dantla deuxième période de l'accouchement? D'abord, en ce qui 
concerne les intervalles des douleurs, leur durée pour les 5 pre- 
mières contractions observées fut en moyenne de 1 min. 18 sec. 
(Maximum, 1 min. 20 sec, minimum, 33 sec). Pendant l'anes- 
thésie , la durée moyenne de six contractions fut de 1 min. ,49 sec. 
et après la cessation des inhalations chloroformiques, quand la 
malade fut complètement réveillée, l'intervalle fut pour cinqcon- 



— 67 — 

tractions d'une durée moyenne de 1 min., 12 sec.Pendantl'anes- 
thésie, la durée du premier intervalle des contractions fut plus 
que le double de ce qu'elle était auparavant ; du reste les dif- 
férences (maxim. 3 1/3 min., minim. S/6) furent plus consi- 
dérables encore qu'avant et après l'anesthésie. 

L'acmé fut , pour les cinq contractions qui précédèrent 
l'anesthésie, d'une durée moyenne de 47, 4 sec. ; pendant 
l'anesthésie, pour six contractions, eut une durée égale à 47, 
2 sec. et après l'anesthésie, pour cinq douleurs, une durée de 
59 secondes. 

Il en résulte que, pour ces contractions anormales, on observe 
et un accroissement de la durée des intervalles et une diminu- 
tion de la durée de l'acmé, insignifiante, il est vrai; l'action du 
chloroforme a donc été la môme ici que dans les cas précédents... 
L'hémorrhagie, peu considérable, s'arrêta après l'expulsion du 
placenta obtenue au moyen de la pression. En somme, lesinhala- 
tions de chloroforme n'ont promptement agi que sur l'élément 
douleur, pendant les contractions, en l'abolissant; les contrac- 
tions ne se trouvèrent en rien régularisées ; et cela contre toute 
attente, car, comme on le sait, quand les contractions sont très- 
douloureuses , les mouvements de l'enfant déterminent fré- 
quemment la production de contractions abortives brèves , et 
on pouvait espérer obtenir une succession plus régulière des 
contractions par l'abaissement de l'excitabilité. La même chose 
peut se dire de l'acmé. 

La marche de la température , avant , pendant et après 
l'anesthésie, a été également la même que dans le cas précédent, 
la température oscillait entre 36°, 9 et 37°, 1 de 1 h. à 1 h. 3/4 
et pendant les deux heures suivantes ne s'éleva qu'à 37°, 5, de 
2 h. à 3 h. 20 m. On ne put constater aucune influence essen- 
tielle du chloroforme sur la température ; car le rapport 36°, 9 à 
37°, 1 qui correspond à l'intervalle de 1 à 1 h. 3/4 est presque 
identique à celui qui correspond à l'intervalle de 2 h. à 3 h. où 
si la température qui était d'abord de 37 ,3, arriva pendant ies 
20 dernières minutes à 37°S, au moment des efforts expulsifs 
les plus violents et de la sortie delà tête. 



— 68 — 

Ons. II. — L. V..,. 22 ans, de petite (aille, 1 ni. 40; rachitique 

pendant l'enfance, n'a pu marcher qu'à l'âge de 4 ans. Réglée pour 

la première fois à 16 ans sans douleur, l'a toujours été régulièrement 

toutes les trois semaines depuis lors. Dernière époque le 13 octobre 

1863. Elle a senti remuer pour la première fois à Pâques de l'année 

1864. Pendant sa grossesse elle a eu, outre de la constipation opi- 
niâtre, une métrite granuleuse interne et externe du col très-in- 
tense et des pertes blanches abondantes. 

Rétrécissement du bassin avec perfection des formes. 

Depuis quatre semaines elle a fait des injections avecune solution 
de sulfate de cuivre sans diminuer l'écoulement par ce moyen. 

Les contractions commencent le '0 juillet vern 10 h. du soir. Elles 
reviennent toutes les 10 m. pendant la nuit, mais sont peu efficaces. 

Le 12 juillet à 7 h. du malin, portion vaginale du col longue de 
i-/i pouce. 

Orifices interne et externe dilatés. Tête sur l'os iliaque gauche. 
Petites parties en haut et à gauche. Bruits du cœur à droite. T. va- 
ginale 37°4. 

9 heures. Par le décubitus latéral gauche, la tête est venue se pla- 
cer au-dessus de l'entrée du bassin. Contractions toutes les 7 ou toutes 
les 10 minutes. Temp. 37°, 4. 

10 h. L'orifice cervical admet 2 doigts. Temp. 37», 6. P. 88. Les 
contractions sont toujours rares. L'orifice cervical n'est pas plus 
large; petite fontanelle à droite. T. 37°,5, 

1 1 h. à 3 h. après midi. Contractions toutes les 10 min. Portion va- 
ginale complètement effacée, état local le même. 

5 heures. T. 37,3. P. 84. Contractions comme auparavant. Peau 
moite. Bords de l'orifice utérin amincis et tranchants. Orifice utérin. 

7 heures. La parturiente se plaint de vives douleurs abdominales 
pendant les contractions. Ces dernières ont une durée de 1-2 m. et 
sont séparées par des intervalles de 1 ou 2 m. sans que la dilatation 
du col augmente d'une façon bien marquée. 

l r ° Contraction. — Intervalle -i m. Période d'augment 20 s. ; acmé 
25 s. ; période de décroissance 5 s. Temp. 37,5 ; P. 86. 

2° Contraction. — Intervalle 1 m. Pcr. d'augment 5. s., acmé 65 s., 
période de décroissance 15 s., très-douloureuse. 

3° Contraction. — Intervalle 2 m., période d'augment 25 s.; pas 
d'acmé; période de décroissance 20 s. 

4» Contraction. — Intervalle 1 m. 1/2. Pér. d'augment 35 s., acmé 
75 s., pér. de décroissance 40. 



— 69 — 

La paturiente crie violemment pendant les contractions, et au plus 
fort de l'acmé elle pousse plusieurs cris extrêmement forts. 

5« Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment 20-45 s., 
acmé 85. Pér. de décroissement 15 s. Temp. 37". 5. Dans la pér. 
d'augment et l'acmé, interruption de 5-10 s. 

6 e Contraction. — Intervalle 1 m. 1/2. Pér. d'augment 5 s., acmé 
55; pér. de décroissance 15 s. 

7° Contraction. — Intervalle 20 s. Pér. d'augment 5 s., acmé 55 s., 
pér. de décroissance 30 s. Temp. 37°, 9. 

8° Contraction. — Intervalle 2 m. ; pér. d'augment 55 s., acmé 20 s., 
pér. de décr. 37,6. 

Acmé extrêmement fort durant 15 s. 

9' Contraction. Intervalle 2 m. Pér. d'augment 25 s. acmé 70 s. ; 
pér. de décr. 30 s. 

10 e Contraction. — Intervalle 1 m. 1/4. Pér. d'augment 20 s., acmé 
110 s.; pér. de décroissance 15 s. Temp. 37,6, Courtes rémissions 
pendant l'acmé. Inhalations de chloroforme après un intervalle del/2m. 
Légère aneslhésie au bout de 1 1/2 m. 

11 e Contraction. — Intervalle 5 m. 1/2. Pér. d'augment 5 s., acmé 
35, pér. de décroissance 15s. Repos complet. La parturiente réagiten- 
core contre les pincements ; lorsque l'on tente d'éloigner le chloro- 
forme des lèvres, la malade fait signe de l'y maintenir encore. Tempe 
37,623. 

■12° Contraction. — Intervalle 2 m. 4/2. Période d'augment 10 s., 
acmé 45 s., per. de décr. 15 s. 

13° Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment 10 s., 
acmé 35 s. ; pér. de décroissance 20. Temp. 37°, 6. La parturientesou- 
pire profondément durant la période d'acmé. 

14 e Contraction. — Intervalle 5 m. Pér. d'augment 15 s., acmé 45 s. 
pér. de décroissance 20 s. 

La parturiente réagit assez vivement durant la période d'acmé; 
on pousse les inhalations jusqu'à l'anesthésie complète. 

15° Contraction. — Intervalle 5 m. 1/4. Pér. d'augment 10 s., acmé 
50 s., pér. de décroissance 10 s. Temp, 37°,61. La parturiente ne 
réagit plus , on cesse les inhalations de chloroforme.au début de la 
contraction. 

16 e Contraction. — Intervalle 1 1/2 m. Pér. d'augment. 10 s., 
acmé 45 s., pér. de décroissance 25 s. La parturiente soupire durant 
la douleur. 



— TO- 
IT Contraction. Intervalle de 3/4 de m. Période d'augment 15 s.; 
acmé 40 s.; période de décroissance 15 s. Profonds soupirs. 

18° Contraction. Intervalle 2 m. 1/2. Période d'augment 20 s.: acmé 
65 s. ; période de décroissance 20 s. Profonds soupirs, retombe dans 
le sommeil à la fin de la contraction. P. 100 ; T. 37°, 55. 

19 e Contraction. Intervalle 1 m. 50 s. Période d'augment 15 s.; 
acmé 50 s.; période de décroissance 15 s. T. 37,575. 

20° Contraction. Intervalle 2 m. Période d'augment 15 s.; acmé 
65 s.; période de décroissance 15 s. T. 37,55. 

21° Contraction. Intervalle 1 m. 3/4. Période d'augment 10 s.; acmé 
80 s.; période de décroissance 20 s. T. 37°, 55. P. 88. 

Cette recherche a été abandonnée à 8 h. 1/2 du soir. L'orifice du 
.... * 

col était juste aussi dilaté qu'auparavant. 

Malgré l'emploi de sinapismes, de lavements, et d'ipécacuanha à 
l'intérieur, les contractions ne s'améliorent point ; au contraire, ces 
contractions très-fréquentes et extrêmement douloureuses dimi- 
nuent de fréquence vers 11 h. du soir. T. 37°, 4. P. 84. Vers I h. 
du matin, elles redeviennent plus fréquentes et les intervalles os- 
cillent entre 1 m. 1/2 et 2 m. 

Battements du cœur fœtal, énergiques, 128°. 

Pas de modification de l'orifice utérin. 

A partir de ce moment, élévation rapide de la température. 

2 h. T. 37°,7. P. 96. 

3 h. T.37°,75. 

4 h. T. 38°, 6. 

5 h. T. 38°,6. P. 108. 

1 6. à 3 h. Violents vomissements et écoulement d'un liquide 
jaune- verdâtre insignifiant. 

6 h. 1/4. T. 38°,7. P. 120. 

7 h. 1/4. T. 38 ,95. La tête toujours encore mobile au-dessus du dé- 
troit supérieur, dilatation du col à peine égale à un thaler ; col rigide 
de 1 pouce inflexible. 

8 h. 1/4. Emploi de la douche; pas de modification particulière de 
de l'orifice. T. 38»,6. 

9 h. 1/4. Contractions moins douloureuses; malgré des douches ré- 
pétées, le col ne se dilate pas ; deux incisions sur l'orifice du col; mal- 
heureusement la poche se rompt à ce moment et une assez grande 
quantité d'eau s'écoule. Légers frissonnements peu après T 39° 95 

10 h. 1/2. T.39°,05. ' ' .," 



— n — 

il h. 1/2. Après douches répétées, T. 38,6. 
12 h. 1/2 Lèvres du museau de tanche un peu œdémateuses ; peu 
de sang seulement s'était écoulé par les incisions. T. 38", 05. P. 104. 

1 h. 1/2. T. 38°, 1. P. 100. Contractions faibles se suivant à de longs 
intervalles. Position de la tête et état du col presque invariables. 

2 h. 1/2. T, 38°, I. P. 104. Application de 6 ventouses scarifiées sur 
la région sacrée. 

3 h. 1/2. T. 38°,55. P. 104. Les pulsations fœtales sont arrivées à 
125 par minute. 

4 h. 1/2. T. 39°, ?>. P. 144. Orifice du col offrant un diamètre de 
2 pouces, fortement tuméfié en avant et à gauche ; bosse sanguine vo- 
lumineuse. Nouvelles douches. 

5 h. 1/2. T. 39°,8. P. 136. Douleurs violente, soif intense, 172 bruits 
du cœur par minute. 

6 h. 1/2. T. 40°, 2. P. 140. Nouvelles incisions sur le col, emploi réi- 
téré des douches ; évacuation d'un peu d'urine par le cathétérisme. 

7 h. 1/4. T. 40,2. P. 14°,0. Bruits du cœur 168. Contractions exces- 
sivement douloureuses. La parturientegémitconstamment; nouvelles 
inhalations de chloroforme. 

7 h. 3/4 soir. La température élevée de la parturiente, la fréquence 
des bruits du cœur fœtal constituant un danger imminent pour la 
mère et l'enfant, on applique le forceps, quoique le col ne soit pas 
encore tout à fait effacé et on amène lentement la tête vers le périnée. 
Pour éviter une déchirure périnéale, plusieurs petites incisions de- 
viennent nécessaires. Le cordon était enroulé ; après la sortie des 
épaules, Kimorrhaqie abondante et extraction immédiate du placenta. 
L'utérus resta rétracté, l'hémorrhagie cessa. L'enfant, du sexe fémi- 
nin (poids : 6 livres 1 once, longeur : 18 pouces 1/2, diamètre bi- 
panétal : 3 pouces, diamètre bitemporal 2 pouces 3/4, diamètre 
droit 4 pouces 3/1, grand diamètre diagonal 5 pouces 1/4, petit diamè- 
tre diagonal 4 pouces), était dans un état asphyxique très-prononcé, 
mais fut rappelé à la vie après une demi-heure. Mais trois heures 
après l'accouchement il présenta des convulsions et mourut après 
23 heures. .. Chez la femme en couche, la température vaginale, qui 
immédiatement après était égale à 48", 2 s'abaissa, pendant les 12 pre- 
mières heures à 39°, mais dans les 12 heures qui suivirent atteignit 
de nouveau le même degré, par suite du développement d'une métrife 
phlegmoneuse et d'une péritonite diffuse qui enleva la femme dès le 
quatrième jour. 



- 72 - 



Réflexions — L'anomalie des contractions utérines observées 
dans ce cas était caractérisée par des spasmes violents dus évidem- 
ment à une endométrite catarrhale. Outre les douleurs violentes 
qui accompagnèrent les contractions, nous en avons comme 
preuve l'irrégularité extrême de l'acmé, oscillant entre 20 et 1 10 
secondes, de plus la grande irrégularité des intervalles, oscillant 
entre 20 secondes et 4 minutes, et enfin la dilatation si défec- 
tueuse du col, déterminée par la rigidité anormale de ce der- 
nier. Dans ces contractions anormales, l'action du chloroforme 
fut de nouveau caractérisée par un prolongement des intervalles. 
Car pendant l'anesthésie, ils étaient de 3 min. 42 s. en moyenne, 
tandis qu'auparavant ils étaient en moyenne de 1 min. 42 s. 
L'action fut également bien marquée, et sur la durée de l'acmé, 
caractérisée par une régularisation de cette durée, qui n'os- 
cilla plus qu'entre 35 et 50 secondes, mais comporta en 
moyenne 42 sec, tandis que pendant la période antérieure 
aux inhalations l'acmé fut si irrégulier qu'il n'est même pas 
possible d'admettre pour sa durée une moyenne. Après la ces- 
sation des inhalations, les oscillations de l'acmé furent éga- 
lement moindres qu'avant; mais cette régularité ne dura pas 
longtemps. Déjà pendant la dernière contraction, la durée de 
l'acmé devint de nouveau considérable. Quant à la tempéra- 
ture, le chloroforme n'exerça sur elle aucune influence bien vi- 
sible. Car, tandis qu'avant l'anesthésie elle variait entre 37°, 125 
et 37°, 9, elle fut pendant l'anesthésie égale à 37°,55. Donc on ne 
put observer ni augmentation ni diminution de la tempéra- 
ture. 

Du reste ce dernier cas démontre une fois de plus combien il 
est important d'observer la marche de la température pendant 
le travail, car on peut connaître par là avec la plus grande cer- 
titude le moment précis de l'invasion des complications qui, 
dans les accouchements prolongés, débutent d'ordinaire déjà 
pendant le travail... C'est ainsi que l'on peut fixer le début de la 
métro-péritonite, qui éclata dans le cas actuel, exactement à 
4 heures de l'après-midi (le 13 juillet). 



— 73 — 

Voici les conclusions du mémoire de Winckel : 
- i. L'anesthésie parle chloroforme prolonge les intervalles 
des contractions tant normales qu'anormales, et quelquefois 
retarde l'accouchement. 

« 2. L'acmé des contractions est sensiblement diminué par 
l'influence du chloroforme, qu'il s'agisse de contractions nor- 
males ou anormales. 

«3. L'actiondu chloroforme sur les contractions tant normales 
qu'anormales esttrès-passagère, et l'on n'observa des hémorrha- 
gies, insignifiantes du reste, qu'après le travail anormal, et ja- 
mais après le travail normal. 

«4. Dans les contractions spasmodiques, le chloroforme n'agit 
que sur l'élément douleur, sans toujours régulariser les contrac- 
tions utérines. 

«5. L'anesthésie par le chloroforme n'a d'action notable sur la 
température ni dans les contractions normales ni dans les con- 
tractions anormales. » 

Au contraire, Kurowicz aurait vu la contracture céder rapide- 
ment dans les cas suivants. 



1 er Cas. — Une primipareenlre dans leservice après la perle dos eaux. Orifice 
1 doigt. Uréthrite et gonflement des ganglions inguinaux. Pendant l'a- 
nesthésie chlorf. d'une durée de I heure 1/2, les contractions se comportèrent 
comme dans les deux premiers cas, rapportés plus haut, puis l'orifice du 
col se dilata (Dil. — 3 doigts); on arrêta alors la chloroformisation. Les 
douleurs devenant beaucoup plus pénibles, le chloroforme fut donné de nou- 
veau. La durée des douleurs et leurs intervalles présentèrent les modifica- 
tions déjà indiquées et la dilatation du col marcha régulièrement. L'enfant 
pesait 8 livres 1/2; il y eut une petite déchirure du vagin qui devint 
diphthérique pendant l'état puerpéral; cette malade guérit. 

2 e Cas. — Cette personne a des douleurs fréquentes et très-pénibles avec 
des intervalles de 3 minutes. L'orifice ne se dilate pas. Durant 12 contrac- 
tions consécutives, l'anesthésie (faite à moitié) ne modifia rien, mais aussitôt 
qu'elle fut complète, les intervalles devinrent plus longs et l'acmé plus court. 

En une heure et 1/2 la dilatation devintde deux travers de doigt et l'accou- 
chement eut lieu 8 heures après l'entrée de la malade. Le maximum de la 
température fut 39°, le minimum 37°, 1 (pendant l'état puerpéral). 3 e jour. 
Pinard. 10 



— 74 — 

Endométrite consécutive à une déchirure d'une des lèvres du col. Involu- 
tion utérine normale. Guérison le huitième jour, Les 4 femmes susdites al- 
laitent leurs enfants. 

3» cas. — Primipare. Douleurs fréquentes et très-fortes. Pauses variant 
entre deux minutes et deux minutes dix secondes. Au bout de douze heures, 
la dilatation du co! était de 3 travers de doigt, les eaux étaient sorties et 
la tête restait toujours profondément dans le bassin. A M heures du soir, 
le chloroforme fut donné, et après une heure d'anesthésie l'orifice du col 
présenta une dilatation de 4 doigts. 

Quinze minutes après qu'on eut cessé les inhalations, la malade réagis- 
sait encore contre contre les douleurs. 

Les applications de belladone et d'opium n'avaient exercé aucune 
influence sur la dilatation du col. Accouchement une heure après la fin de 
l'anesthésie. 

La malade quitta l'hôpital au bout de 5 jours, le fond de l'utérus se trou- 
vant à 8 centimètres au-dessus du pubis. 

11 n'y eut d'hémorrhagie dans aucun des cas indiqués. 

Le D r Bidder croit que, contrairement à certains autres nar- 
cotiques, le chloroforme n'exerce aucune influence sur la dila- 
tation du col. 

Le D' Herrgott, tout récemment, dans un cas de rigidité 
spasmodique de l'orifice, constate les bons effets du chloro- 
forme inhalé à très-petites doses. Voici l'observation qu'il a 
bien voulu rédiger pour moi : 

Observation. 

En mai 1878, je fus appelé auprès de madame C. St-M. pour l'assister 
dans son accouchement. Pendant sa première grossesse il n'y avait rien eu 
d'anormal, et l'accouchement avait été facile; le début de sa seconde gros- 
sesse avait été troublé par des vomissements opiniâtres et une intolérance 
si complète pour les aliments qu'on avait songé à la nécessité de provoquer 
l'avortement, si cet état avait dû durer, mais il cessa presque subitement. 
Au bout de quelques semaines, la seconde moitié et la fin de la grossesse 
furent excellentes. 

A mon arrivée, je trouvai la parturiente en proie à de violentes douleurs 
qu'accompagnaient des contractions peu énergiques et qui, malgré une 
durée de six heures, n'avaient eu pour effet qu'une dilatation de l'orifice de 
la grandeur d'une pièce de 1 franc; les bords n'étaient ni tendus, ni sen- 



— 75 — 

sibles, la présentation était normale, position du crâne 0. 1. D P., les bat- 
tements redoublés à droite faciles à entendre. Après avoir assisté à quel- 
ques contractions qui revenaient dans un intervalle de quatre minutes, 
exploré la matrice par la palpation et constaté qu'il ne s'agissait pas de 
contractions partielles do l'utérus, que les douleurs qu'elles occasionnaient 
étaient hors de proportion avec leur intensité, je versai quelques gouttes 
de chloroforme sur un mouchoir pour étudier d'abord la sensibilité de la 
parturiente à cet anesthésique, avant de faire l'emploi qui me semblait in- 
diqué par le caractère douloureux des contractions; la malade n'en éprouva 
aucun effet d'obnubilation intellectuelle, mais peu après elle déclara que 
ses douleurs n'avaient plus le même caractère; en effet, la dilatation mar- 
cha plus rapidement et la malade dit elle-même que le travail faisait plus 
de progrès et ne lui causait plus la même souffrance. Je lui fis respirer le 
mouchoir tant qu'il conserva encore un peu l'odeur du chloroforme. J'étais 
prêt à continuer l'emploi de l'anesthésique, mais la chose ne fut pas né- 
cessaire, car le travail prit une marche normale et rapide et se termina en 
une heure. La délivrance fut facile et tout alla à merveille. Je fus étonné de 
l'effet que produisit sur le caractère des contractions une quantité si peu 
considérable de chloroforme, effet constaté, non-seulement par moi, la par- 
turiente et les assistants, qui étaient tous étonnés de la modification si 
importante produite par une dose si petite de l'anesthésique. 

De même, les accoucheurs sont nombreux qui ont vu la ver- 
sion difficile ou impossible avant l'anesthésie, devenir possible 
et même facile après. 

Ne pouvant citer toutes les observations, je ne rapporterai 
que celle publiée par le docteur Maunoury dans la Gazette mé- 
dicale, 1865, qui est une des plus intéressantes, et celles du 
D r Chedevergne. 

Observation. 

Présentation de l'épaule gauche avec position céphalo- iliaque droite ; erreur de 
diagnostic; version impossible; chloroformisation; version facile (D r Mau- 
noury, chirugien de l'hôpital de Chartres. 

Une femme de 29 ans, bien constituée, ayant une bonne conformation du 
bassin, était accouchée il y a quinze mois environ, d'un premier enfant ; 
l'accouchement fut naturel, en première position occipito-iliaque gauche. 

Six mois après cet accouchement, il survient une nouvelle grossesse 
dont la durée fut régulière et sans accident. 



— 76 — 

Le travail de la parturition commença, le mardi 14 décembre à midi, 
par des douleurs légères, mais assez rapprochées ; à quatre heures de 
l'après-midi, la sage-femme sentanL que la poche des eaux faisait saillie 
en forme de boudin à travers le col peu dilaté, la perça ; aussitôt après la 
rupture, un flot considérable de liquide s'écoule, inonde le lit; l'orifice du 
col se rétracte et les douleurs cessent complètement. 

A dix heures du soir, je fus appelé; par le palper abdominal, je sentis 
les mouvements du fœtus ; au toucher, l'orifice du col était rétréci et élevé 
au point que le doigt ne pouvait atteindre les parties du fœtus; la femme 
était très-calme. Je conseillai la temporisation; la femme dormit toute la 
nuit sans éprouver de douleurs. 

Le lendemain matin, In décembre, à dix heures, le col était dilaté de la 
largeur d'une pièce de cinq francs ; je crus reconnaître au toucher une 
présentation des fesses, et en cela je commettais une erreur de diagnostic 
grossière, puisque j'avais, affaire à une présentation de l'épaule gauche. 
Voyant la femme sans douleurs et sentant au palper quelques mouvements 
du fœtus, je pensai qu'il ne fallait pas encore hâter le travail, m'appuyant 
sur ce principe: que dans les accouchements par l'extrémité pelvienne, il 
faut que la femme ménage ses douleurs au commencement pour les faire valoir 
à la fin du travail. 

La journée et la nuit de mercredi furent tranquilles. 

Le jeudi, 16 décembre, vers midi, le col se dilate de plus en plus; croyant 
toujours avoir affaire à une présentation des fesses, j'ordonnai 6 grammes 
de poudre de seigle ergoté, à prendre 4 grammes d'abord, à réserver les deux 
autres grammes pour le moment où le corps de l'enfant serait engagé tota- 
lement dans l'excavation. 

Vers sept heur.;s du soir, les contractions utérines stimulées par le seigle 
ergoté étaient très-vives; l'épaule était descendue en totalité dans l'exca- 
vation; c'est seulement alors que je reconnus mon erreur; la main et le 
bras gauche du fœtus amenés par une traction légère à la vulve étaient 
tuméfiés, bleuâtres et déjà gangrenés. 

Dans cette conjoncture, je n'avais que la version à pratiquer ; mais au- 
tant elle eut été simple le mercredi matin, après la dilatation de l'orifice 
utérin, autant elle était difficile le jeudi soir après l'écoulement de la tota- 
lité des eaux, l'épaule du fœtus étant tuméfiée et la matrice étant fortement 
contractée sous l'influence du seigle ergoté. Je m'aidai de l'expérience de 
mon collègue M. Salmon, et tous deux nous tentâmes d'opérer la version; 
ce fut en vain ; le col se contractait avec une telle force qu'il nous fut im- 
possible de porter la main dans la cavité de la matrice pour aller à la re- 
cherche des pieds. 

Après deux tentatives infructueuses, nous convînmes d'endormir la 
femme au moyen du chloroforme ; la chloroformisation fut très-rapide; 
l'état anesthésique fut complet et profond; aussitôt, M. Salmon introduisit 



— 77 — 

sa main gauche avec une facilité extrême dans la cavité de la matrice, saisit 
les pieds, opéra la version, et en moins d'une minute l'enfant fut amené au 
dehors ; il était sans vie. 

Immédiatement après l'expulsion de l'enfant, bien que la femme fût en- 
core sous l'influence du chloroforme, les fibres du corps de la matrice se 
contractèrent comme dans l'état normal et la cavité diminua. 

Un quart d'heure après, la délivrance s'opéra au moyen de quelques 
tractions modérées sur le cordon ; le corps de la matrice revint complète- 
ment sur lui-même; il n'y eut pas d'hémorrhagie. 

Les suites de couches furent très-heureuses, et douze jours après la 
femme pouvait se lever et vaquer à ses occupations. 



Observation (Dr Chedevergne}. 

Femme de trente-huit ans. — Luxation congénitale double des fémurs. — Troi- 
sième grossesse à terme. — Membranes rompues depuis douze heures. Pré- 
sentation de l'épaule gauche. — Main et avant-bras à la vulve. — Plusieurs 
essais de version ont été faits en ville par une sage-femme. — Rétraction spas- 
modique de la matrice. — Cinq tentatives pour saisir les pieds sans résultat. — 
Administration du chloroforme. — Version facile. 

La nommée Muller, femme Goiseau, âgée de 38 ans, entre à l'hôpital La- 
riboisière, le 11 novembre 1861, à quatre heures du matin; elle est placée 
au n° 4 de la salle Sainte-Anne. 

Vers six heures du matin, nous nous rendons auprès d'elle, avec nos col» 
lègues MM. Beaumetz, Lervoin et Martineau, interne de garde. Nous appre- 
nons de cette femme qu'elle a déjà eu deux enfants, qu'elle est enceinte à 
terme, qu'elle a commencé à éprouver des douleurs, il y a vingt-quatre 
heures, et que les eaux sont écoulées depuis douze heures, que plusieurs 
tentatives ont déjà été faites par une sage-femme pour terminer l'accouche- 
ment, mais sans aucun succès. 

Au premier examen, nous apercevons une main qui pend à la vulve; 
librement, la paume tournée en avant, le pouce dirigé vers la cuisse gauche 
de la femme. Donc, l'épaule gauche se présente et le dos du fœtus est en 
arrière. L'examen ultérieur par le toucher confirme le diagnostic, il faut 
faire la version. Malheureusement, tout nous fait présager qu'elle sera dif- 
ficile à pratiquer, le ventre est médiocrement volumineux; à travers la 
paroi abdominale, nous sentons l'utérus dur et fortement contracté. 

La malade est pâle, fatiguée, son pouls est petit et fréquent. En outre, 
elle est affectée d'une infirmité ancienne qui peut nous gêner beaucoup 
dans l'exécution de l'opération, elle a une double luxation des fémurs, avec 
semi-ankyloso de la nouvelle articulation. Les mouvements y sont en effet 



— 78 - 

très-limités, l'abduction impossible, ou à peu près, car les genoux ne peu- 
vent s'écarter que de 10 centimètres. Heureusement, les cuisses sont flé- 
chies sur le bassin ; elles font en effet avec l'axe du corps un angle d'en- 
viron 30°. 

En face de toutes ces difficultés, l'un de nous n'hésite pas à proposer im- 
médiatement le chloroforme, d'autant plus que la femme redoute beaucoup 
la douleur et demande à être endormie. 

Cette proposition est cependant rejetée par excès de prudence. La ma- 
lade est placée dans le décubitus latéral du côté gauche, les cuisses aussi 
fortement fléchies sur le bassin, que le permit le peu de mobilité des pseudo- 
articulations coxo-fémorales, puis la main est introduile dans le vagin, sans 
être gênée sensiblement par l'abduction des membres inférieurs. Cinq ten- 
tatives sont faites consécutivement, et sans résultat, au milieu des cris et 
des efforts de la malade. Chaque fois le col est franchi sans trop de diffi- 
culté, puis la main chemine lentement, et avec peine, entre le corps du 
fœtus et la face interne de la matrice, qui est moulée sur lui, elle arrive 
ainsi jusqu'au bord supérieur de l'os des îles de l'enfant, mais à ce niveau 
le bout des doigts est fortement étreint par une sorte d'anneau musculaire, 
circulaire qui ferme définitivement le passage, et qui semble diviser la ca- 
vité utérine en deux compartiments, l'un contenant la tête, les membres su- 
périeurs et la plus grande partie du tronc du fœtus, l'autre le bassin et les 
membres inférieurs. Ce dernier est impénétrable. 

Au bout d'une heure d'essais infructueux, le chloroforme est administré 
et dès que la résolution des membres est arrivée, nous recommencions les 
manœuvres. 

La main est introduite dans l'utérus facilement, mais non sans quelque 
résistance. L'anneau musculaire dont nous avons parlé plus haut, existe 
encore, mais il est vaincu sans peine; les pieds sont saisis et la version 
exécutée sur-le-champ, puis l'utérus revient sur lui-même. La délivrance 
est faite sans accidents. 

L'enfant est mort, et probablement depuis quelques heures, car nous 
avons cherché à plusieurs reprises les bruits du cœur fœtal, sans pouvoir 
les entendre. Pendant l'opération, il ne s'est pas écoulé de liquide amnio- 
tique. 

Le 14 novembre, la malade succombe avec des symptômes de péritonite. 
L'autopsie ne peut être faite. 



Observation (D' Chedevergne). 

Femme de 22 ans; deuxième grossesse à terme. — Poche des eaux rompue 
depuis quarante-huit heures. — Présentation du sommet avec procidence du 
pied droit — Traction sur les membres. — Recherche du second pied. Ré- 



— 79 — 

traction tétanique de l'utérus. — Extraction impossible. — Chloroformisation. 
— Terminaison de l'accouchement. 

Célina F., 2'2 ans; n» 40, salle Sainte-Anne, à l'hôpital Lariboisière. 
Entrée le 3 décembre 1861. 

Cinq ou six heures après son arrivée, vers 10 heures du soir, je vois 
cette jeune fille avec mon collègue Négrier qui l'a déjà examinée. 
Elle est enceinte pour la deuxième fois. Son premier accouchement a été 
heureux. Elle éprouve des douleurs depuis trois jours. Il y a quarante-huit 
heures que les membranes sont rompues. Les bruits du cœur du fœtus que 
M. Négrier a entendu encore il y a quatre heures ne sont plus perceptibles 
en aucun point du ventre de la mère. En introduisant le doigt dans le 
vagin, nous rencontrons le pied droit de l'enfant. Aussi croyons-nous tout 
d'abord avoir affaire à une présentation de l'extrémité pelvienne; mais nous 
ne tardons pas à reconnaître la présence du sommet au détroit supérieur 
qui n'est débordé qu'en partie; l'occiput est à droite dans la fosse iliaque 
droite. 

Il s'agit d'une présentation du sommet avec procidence d'un pied. 
Malgré la longueur du travail les contractions utérines ne sont pas ralenties ; 
la matrice est fermée et paraît fortement rétractée sur le fœtus. 

Nous cherchons d'abord à ramener l'occiput derrière la symphyse; mais 
ne pouvant y réussir à cause de la résistance de l'utérus, nous essayons de 
terminer la version commencée par la nature, en tirant avec force sur le 
pied. Tentatives inutiles. Le fœtus reste immobile dans sa position ; alors 
nous allons à la recherche de l'autre pied; mais les contractions utérines 
sont continues et fort énergiques. La matrice est si fortement appliquée 
sur le corps du fœtus que nous ne pouvons pénétrer dans la cavité plus de 
trois pouces au-dessus du col utérin qui est parfaitement dilaté. 

Après trois essais infructueux le chloroforme est administré et dès que 
la sensibilité est incomplète la main est introduite de nouveau; non pas 
que les parois utérines soient flasques et sans résistance, mais cette ré- 
sistance qui tient à la tonicité de l'organe, si je puis ainsi dire, est facile- 
ment vaincue et cède à la main qui presse de dedans en dehors. Le pied 
gauche est saisi, amené à lavulve à côté du pied droit ; le tronc est dégagé 
et les bras sortent à leur tour; l'occiput est derrière la symphyse. A ce 
moment la femme commence à crier et à sentir. Nous sommes obligés d'in- 
troduire deux doigts sur les côtés du nez, puis dans la bouche pour amener 
la tête au dehors. Car elle est légèrement défiéchie, puis tout se termine 
régulièrement ; malheureusement l'enfant a cessé de vivre, comme nous 
l'avions prévu avant l'opération. Il est bouffi et violacé; la mort ne paraît 
pas remonter au-delà de quelques heures. 

4 déc.1861. — La malade éprouve quelques douleurs dans le ventre; 
l'utérus est bien rétracté; pas de vomissements, un peu de fièvre. 



- 80 — 

6 déc. Le mouvement fébrile diminue ainsi que les douleurs. 
12 déc. La malade sort en bon élat. Nous la voyons dix jours après par- 
faitement guérie. 

Il en est de même dans les cas d'éclampsie compliquant le tra- 
vail ; tandis que certains auteurs rejettent le chloroforme, d'au- 
tres ont en lui une confiance absolue. 

L'observation, curieuse en raison de la quantité de chloro- 
forme employée, rapportée par le docteur Herrgott, semble 
donner raison à ces derniers. 



Observation (D r Herrgott, professeur à la faculté de médecine de 
Strasbourg) . 

;Règles pratiques de l'administration du chloroforme. Extrait du Bulletin général 
de thérapeutique , 1862) . 

... Nous avons appliqué le forceps chez une femme éclamptique chez 
laquelle les accès avaient été tenus en échec par le sommeil chloroformique, 
tout en permettant les contractions utérines et la continuation du travail 
pendant une durée de dix-huit heures. Deux heures après la délivrance, la 
femme s'est réveillée, et de son sommeil chloroformique et de son coma 
éclamplique. Plus d'un kilogramme de chloroforme avait été employé dans 
cette chloroformisation prolongée; chaque fois que son sommeil anesthé- 
sique avait tendance à cesser, un nouvel accès d'éclampsie avait semblé 
imminent. Il n'est pas à ma connaissance un cas de chloroformisation 
aussi prolongée. Pendant tout ce temps, le pouls s'était maintenu régulier ; 
la respiration, large et profonde, suffisait à l'hématose et à l'anesthésie. 
La matrice continuait à se contracter régulièrement jusqu'au moment où il 
fut possible de procéder à l'application du forceps, qui amena un enfant 
qui vit encore. Quant à la mère, elle se rétablit promptement, seulement 
elle n'a encore aujourd'hui aucun souvenir de ce qui s'est passé. 

Mais il ne faut pas croire que les choses se passent toujours 
ainsi. 

Bien souvent les inhalations de chloroforme, même prolon- 
gées, se sont montrées impuissantes dans les cas de rigidité de 
l'orifice, ainsi que le témoignent les observations consignées 

dans Ips rptrictroc An lo A^n + «««:t^ 



dans les registres de la Maternité. 



— 81 — 

Également dans les cas de présentation de l'épaule, les docu- 
ments ne manquent pas qui prouvent que la rétraction spasmo- 
dique n'a pas cédé devant l'anesthésie. J'en ai rapporté un cas 
dans ma Thèse (Des contre-indications de la version, etc.) qui 
montre bien l'impuissance du chloroforme. 

Dans les cas de rétention du placenta, l'efficacité du chloro- 
forme est encore à prouver. J'ai vu, pendant mon clinicat, deux 
cas dans lesquels l'anesthésie prolongée n'a eu aucune action 
sur la rétraction de l'utérus. 

Et il suffit de lire la Thèse d'agrégation du D r Charpentier 
pour être convaincu que le chloroforme n'a pas toujours donné 
de bons résultats dans les cas d'éclampsie compliquant le 
travail. 

Je crois que l'anesthésie complète a une action paralysante 
sur la fibre utérine ; mais quand la rétraction est poussée à un 
degré extrême, cette action ne se fait-elle sentir que plus diffi- 
cilement? Serait-il nécessaire de prolonger la période de cada- 
vérisation pour obtenir le relâchement des fibres utérines? Je 
ne sais, mais, si cela était, on comprend aisément combien ce 
moyen serait dangereux. 

Mais le chloroforme semble agir plus sûrement sur les dou- 
leurs qui siègent en dehors de la sphère génitale et qui peuvent, 
par leur intensité, troubler ou arrêter la marche du travail. Ce 
fait, signalé déjà par bon nombre d'accoucheurs, est parfaite- 
ment mis en évidence par l'observation suivante, que M. Blot a 
eu l'obligeance de me communiquer : 

Observation (D r Blot). 

M mo X... primipare à terme, bien constituée, état général excellent, 
éprouve les premières douleurs du travail dans la nuit du 21 au 22 
septembre. 

L'enfant se présente par le sommet en 0. 1. D. P. 

Le travail marche régulièrement jusqu'à onze heures dix minutes. Les 
contractions normales quoique douloureuses sont supportées avec courage 
jusqu'au moment de la dilatation complète à onze heures. 

A partir de ce moment un changement complet et subit s'opère. Les 
Pinard. 11 



— 82 — 

contractions se suspendent, la nature des douleurs n'est plus la môme. 
Il semble qu'un cercle étreint la base de la poitrine, une oppression très- 
vive survient, en même temps que l'état moral subit une dépression mani- 
feste. A cette sérénité de tout à l'heure, succède un abattement profond, se 
manifestant par des pleurs et des supplications, pour qu'on veuille bien 
terminer au plus vite l'accouchement. 

En présence de ces phénomènes, M. Blot envoie chercher à la hâte un 
aide et on commença les inhalations de chloroforme à onze heures et 
demie. Dès les premières inhalations les douleurs autres que celles de la 
contraction disparurent, bien que l'intelligence ne lût nullement atteinte, 
et le calme reparut. Une application des forceps faite quelques instants 
après termina la scène. 

Les suites de couches furent normales. 



CHAPITRE X. 

ACTION DES INJECTIONS HYPODERMIQUES DE CHLOROFORME 
DANS LES ACCOUCHEMENTS. 

Roberts Rartholow, Collins, Cérenviile, Ernest Resnier, ont 
signalé l'anesthésie locale déterminée par les injections hypo- 
dermiques de chloroforme ; Dujardin-Raumetz a complété ces 
recherches en montrant que l'on pouvait aussi obtenir par ce 
moyen des effets généraux, et qu'en injectant à des lapins de 
1 à 2 gr. de chloroforme, et chez l'homme de 2 à 10 gr., on pro- 
duisait un sommeil plus ou moins prolongé, mais jamais on ne 
produisait d'anesthésie chirurgicale. Se fondant sur les recher- 
ches de Claude Rernard, qui a montré qu'il fallait, pour pro- 
duire l'anesthésie, obtenir une action directe des agents anes- 
thésiques sur les cellules nerveuses, Dujardin-Beaumetz montre 
que, dans les injections hypodermiques, le chloroforme, pour 
arriver sur les centres nerveux, doit passer par la circulation 
pulmonaire, et que là sa volatilité le fait passer en grande partie 



— 83 — 

dans les cellules du poumon, et que le sommeil que l'on observe 
dans les cas d'injection sous-cutanée est dû à l'absorption par 
les poumons de la très-faible quantité de chloroforme qui se 
trouve ainsi mise en liberté ; ce fait expliquerait aussi l'impossi- 
bilité de l'anesthésie chirurgicale par la voie hypodermique. 

Dujardin-Beaumetz a employé ces injections sous-cutanées 
de chloroforme dans deux cas d'accouchement. Dans l'un, il 
s'agissait d'une primipare; dans l'autre, d'une femme à son 
second accouchement. On avait administré par la peau 6 gr. de 
chloroforme. Ces injections n'ont produit aucun effet anesthé- 
sique et les douleurs ont conservé leur intensité ; d'ailleurs ces 
injections n'ont produit aucune irritation locale. 

Je ne ferai que signaler l'emploi du chloroforme en applica- 
tions locales daus les accouchements. 

Friedlânder (A.) (Die locale Anàsthesirung zur Linderung 
der Wehen in Deutsche Klinik, 1874) préconise les applications 
locales et temporaires de chloroforme mélangé à l'éther ou à 
d'autres liquides pendant le travail. 

Il verse quelques gouttes de ce mélange sur un mouchoir, et 
applique ce dernier sur la région sacrée, et seulement pendant 
les contractions les plus douloureuses. 

C'est ici véritablement de l'anesthésie homœopathique (simi- 
lia, similibus, curantur), car il est bien évident que la douleur 
produite par le chloroforme sur la peau doit faire oublier à la 
parturiente la douleur interne. 



CHAPITRE XI. 



DETAILS CONCERNANT LE MODUS FACIEND1 SUIVANT LEQUEL 
NOS OBSERVATIONS ONT ÉTÉ PRISES. 

Quand je voulus commencer à observer l'action du chloro- 
forme sur les femmes en travail, M. Tarnier m'adjoignit son 



— 84 — 

interne, M. Champetier de Ribes, qui, ainsi que je l'ai dit déjà, 
mais je suis heureux de le répéter, m'apporta le concours de 
son intelligence, et consentit à partager mes arides travaux avec 
une bonne grâce que je ne saurais oublier. 

11 était quelque peu fasciné par « le mirage du sans dou- 
leur ». Je le priai de vouloir bien noter lui-même ce que nous 
allions constater. De plus assistaient avec nous à chaque accou- 
chement une surveillante et une aide sage-femme. 

Je dois dire que plusieurs fois, alors que nous avions poussé 
l'anesthésie assez loin pour abolir la sensibilité consciente, sans 
produire toutefois la résolution musculaire, il nous fallut appe- 
ler d'autres personnes, en raison des mouvements désordonnés 
auxquels se livraient nos parturientes. Nous ne pouvions à 
quatre continuer à donner le chloroforme, noter le pouls, sur- 
veiller le périnée, maintenir la femme en place, et inscrire en 
même temps la fréquence et la durée des contractions. 

N'ayant pu dès les premières observations produire de l'anal- 
gésie sans anesthésie, pensant que ma tactique chloroformique 
laissait peut-être à désirer, je priai le D r Lucas-Championnière 
et son interne, M. Hermille, de me donner les renseignements 
nécessaires, ce qu'ils firent avec empressement; aussi je saisis 
cette occasion pour les remercier. 

N'obtenant pas plus après qu'avant, je pensai que peut-être 
le chloroforme dont je me servais, qui était celui des hôpitaux, 
n'était pas très-pur, d'autant plus qu'il provoquait des accès de 
toux dès les premières inspirations, et que non-seulement nos 
femmes se plaignaient pendant et après les inhalations de cépha- 
lalgie, mais encore parce que nous-mêmes nous éprouvions 
tous à la fin de la journée une céphalagie très-vive. Je priai 
alors mon frère, J. Pinard, pharmacien, de me procurer du 
chloroforme chimiquement pur. Le lendemain, il m'apportait 
du chloroforme d'une limpidité parfaite, d'une odeur suave et 
fraîche, qui ne provoqua plus ni accès de toux ni céphalalgie. 

Mais, comme l'analgésie ne continuait à se montrer qu'avec 
l'anesthésie, je songeai que peut-être la compresse était impuis- 
sante, et je me procurai un appareil du D'Legroux. 3 femmes 



— 85 — 

seulement voulurent bien consentir à respirer du chloroforme 
à l'aide de cet appareil, 2 pendant tout le temps de l'inhalation, 
sans en retirer, il faut le reconnaître, plus de profit que les 
autres. 

Quant à la troisième, après l'avoir accepté pendant quelques 
instants, elle le saisit au moment d'une de ces contractions et 
me l'envoya à la figure. Je ne le proposai plus. 

Gomme nous tenions avant tout à donner aussi exactement 
que possible la physionomie du travail, nous avons tout à sacri- 
fier à la vérité. 

Peut-être trouvera-t-on que le style manque parfois de pureté 
et souvent d'élégance, mais, autant que nous l'avons pu, nous 
avons tenu à donner l'expression même de chaque femme, plu- 
tôt que d'essayer à la traduire dans un langage un peu plus 
élevé, mais moins vrai. 



INHALATIONS DE CHLOROFORME 



OBSERVATIONS PERSONNELLES 



PMtJEIflMEMtM! SÉRIE 



Observation I. 



Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 

La nommée C..., âgée de 18 ans, domestique, entre le 26 mai 1878 
à 3 heures du soir à la Maternité (salle d'accouchements). Cette 






— 86 — 
femme, à terme de sa première grossesse, est de taille moyenne, 
mais bien constituée. Elle souffre depuis la veille à 6 heures du soir. 
Elle n'a pas dormi la nuit dernière. En observation le 26 mai à 
4 heures 1/2 du soir. La dilatation est égale à une pièce de 50 cen- 
times, les bords de l'orifice sont souples, mais épais. Les membranes 
sont intactes. L'enfant se présente par le sommet en O.I.G.A. La tête 
est profondément engagée. P. 84, R. 24, T. ax. 37°,2, T. vag. 38°, 
pulsation fœtale 160. 





Contractions. 


Durée. 






A 4h. 16m. 


2m. 


Pendant ces contrac- 
tions, bien que l'u- 








térus soit très-con- 
tracté, elle ne fait 
pas un mouvement 
et ne pousse pas une 
plainte, elle dit ce- 
pendant que ça lui 
fait très-mal dans 
le ventre, mais pas 
dans les reins. 




- 20 m. 30 s. 


3 m. 30 s. 






— 33 m. 


3 m. 30 s. 






— 37 m. 40 s. 


1 m. 40 s. 






— 42 m. 30 s. 


1 m. 40 s. 


Celle-ci est très-dou- 
loureuse. 




— 45 m. 20 s. 


1 m. 20 s. 


Douleur moins vive. 




— 49 m. 


2 m. 50 s. 


Grimaces et petits 
mouvements. Du 




— 53 m. 30 s. 


1 m. 30s. 


tronc exprimant 
une vive souffrance. 




— 58 m. 


3 m. 40 s. 


Même dilatation. 


Chloroforme à 








l'aide de l'ap- 








pareil Le- 








groux à 


A 5 h. 3 m. 


lm.30s. 


Douleur forte , rou- 


5 h. 1 ce. 






geur du visage. 


5 h. 5 m. 1 ce. 


— 7 m. 


lm.30s. 


Elle s'agite et dit ce- 



pendant que cette 



— 87 — 



Chloroforme à 
5 h. 10,1 ce. 1/2 

— 16,1 ce. 1/2 

— 20, 2 ce. 



23,1 ce. 1/2 
25,1 ce. 1/2 



Contractions. 



— 11 m. 



16m. 30s. lm 



— 18 m. 40 s. lm 



25 m. 40 s. 



— 33,1 ce. 1/2 — 3b m. 



— 39,1 ce. 1/2 — 39 m. 



45 m. 



Durée. 

douleur est moins 

forte que l'autre. 

R. 27, P. 80 

lm.50s. Sifflements dans les 

oreilles. 

Plus douloureux que 

les autres. 
Plaintes, étourdisse- 
ment ; demande où 
elle est, sifflement 
dans les oreilles. 
P. 94, R. 18. 
6 m. 20 s. Elle se plaint, s'agite, 
dit qu'elle ne souffre 
pas, puis de suite : 
qu'elle souffre. 
2 m. 20 s. Est tout à fait abrutie. 
Elle se plaint de 
beaucoup souffrir 
dans le ventre. Est- 
ce que ça vous fait 
bien mal lui de- 
mande-t-on.R.Oui 
Monsieur. 
1 m. 30 s. Après sommeil pai- 
sible. 
45 s. Elle se tord sur son 
lit; interrogée plu- 
sieurs fois, elle dit : 
oh ! oui, je souffre 
beaucoup. Pouls 80. 





- 48 m. 30 s. 


lm.40s. 


— 49, 1 ce. 


- 40 m. 


1 m. Se tord sur son lit, 


15 ce. employés 




mais dit qu'elle est 


depuis le dé- 




moins forte. 


but. 




Après la con traction : 
D. Comment vous 
trouvez-vous? R. Je 



Contractions Durée. 

ne souffre pas en ce 
moment. D. Tout à 
l'heure vous souf- 
friez donc beaucoup. 
R. Oui monsieur. 
— 52 m. 2 m. Plaintes. Douleurs 

dans le ventre. 

— 51, 1 ce. 

— 53, 1 ce. — 54 m. 2 m. Plaintes plus fortes 

que toutes les pré- 
cédentes. 

Nous cessons de donner du chloroforme ; la dilatation n'a pas fait 
un pas. Nous avons employé 17 ce correspondant à 25 grammes. 

Le travail continua sans interruption à 10 h. 35 m. du soir ; la 
dilatation était complète et les membranes se rompirent sponta- 
nément. 

L'expulsion de l'enfant eut lieu à 11 h. du soir en O.P. La délivrance 
naturelle à 11 h. 20 m. Peu de sang perdu. 

Poids de l'enfant 3,030 gr. 



Diamètre de la tête 



En dehors d'une céphalagie qui dura plusieurs jours, les nuits de 
couches furent normales. 

Cette femme a quitté la Maternité le dixième jour après son accou- 
chement; son enfant se portait bien. 



Observation II. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période de 
dilatation. — Intolérance. 

La nommée L..., âgée de 19 ans, domestique, entrée le 15 avril à 
la Maternité, et monte à la salle d'accouchement le 28 mai 1878 à 2 
h. 1/2 du matin. Cette femme, à terme, est grande et forte. Elle souffre 
depuis quelques heures. Les contractions douloureuses persistent 



0. F. 


13 c. 


O.M. 


13 c. 


B. P. 


8 c. 


S.O.B. 


8,5 



— 89 — 

toute la nuit et à 9 h. du matin, le 28 mai, nous la trouvons dans 
l'état suivant : 

Elle est congestionnée, la peau est couverte de sueur, les dou'eurs 
sont localisées à 'a région lombaire, mais elles n'e.: ; s : ent qu'au 
moment de la contraction pendant laquelle l'uiéc us durci, bien. 

L'orifice offre une dilatation égale à une p>ke de 2 franc*, 'es bords 
sont minces et très-snuples. La tète est proTo idénerù en§'?gée et se 
présente enO.I.D.P. Pochedes eaux intacte etpeuvoluir'reuse.P. 84, 
T. ax. 37°,2, T.vag. 38, R. 24; pulsations fœtales 112. En observation 
à 9 h. 10. 



Plaintes constantes, 
mais sans cris pen- 
dant la contraction. 

Calme complet dans 
l'intervalle des con- 
tractions. 



Contractions. 


Dur^e. 


Oh. 10 m. 


3 m. 


-r 15 m. 


2 m. 


- 17 m. 10 s. 


2 m. 


- 10 m. 30 s. 


80 s. 


- 20 m. 30 s. 


30 s. 


- 27 m. 


40 s. 


- 32 m. 


lm.20s. 


- 37 m. 20 s. 


50 s. 


— 44 m . 


2 m. 


- 49 m. 


2 m. 


- 55 m. 


3 m. 


Oh. 


3 m. 


— 7 m. 


2 m. 


- 12 m. 50 s. 


3m. 


- 16 m. 30 s. 


1 m. 





— 


21 m. 30 s. 


1 m. 30 s 







28 m. 30 s. 


1 m. 30 s 




— 


33 m. 30 s. 


3 m. 


Chl. à 10 h. 35, 








accepté avec 








reconnaissan- 








Pinard. 









Puisât, fœtales 124. 

Au moment de la con- 
traction, cette fem- 
me se tourne tantôt 
à droite, tantôt à 
à gauche et se frotte 
la région lombo- 
sacrée. Sommeil 
dans l'intervalle 
des contractons. 

Plaintes assez vives. 
T.vag.38°,T.ax.37 

Plaintes très-vives. 

Dilatation égale à une 
pièce de 5 fr. 



12 



— 90 — • 

Contractions. Durée. 



ce. Donné à 
l'aide d'une 

compresse 



Monsieur Lu- 
cas Cham- 
pionnière ar- 
rive et donne 
le chlorforme 
lui-même. 



A 10 h. 38 m. 40 s. 3 m. 20 s. Crie beaucoup, se tord 

sur son lit pendant 
cette longue con- 
traction, dit cepen- 
dant à la fin qu'elle 
a moins souffert 
qu'aux autres. 

— 44 m. 30 s. 20 s. Agitation très-grande 

se débat et il devient 
difficile de lui faire 
respirer du choro- 
forme. 

— 48m. 15s. 40s. « Ah mon Dieu! ah 

maman. Sensibilité 
cutanée diminuée, 
on la pique et elle 



— 54 m. 



réagit peu. Elle a 
complètement per- 
du la conscience 
d'elle-même. 
lm. 30s, Cris épouvantables. 
Elle dit qu'elle ne 
veut plus respirer 
30 s. de chloroforme. 



Un cesse le chlo- 
roforme à 1 h. — 57 m. 

On a employé 

en 25 m. 16 
grammes. 

Nous sommes obligés de cesser, tellement celte pauvre femme 
s'agite. M. Lucas Championnière, toujours présent, conseille lui- 
même de ne pas continuer. 

La dilatation est absolument la même qu'à 10 h. 35. 

La dilatation fut complète à t h. 20 et l'expulsion en O. P. eut lieu 
à 5 h. 10 m, du soir. Délivrance naturelle à 5 h. 20. 

L'enfant pèse 3.450 gr. 

Pendant les suites de couches on n'observa que de la céphalalgie 
qui fut assez intense pendant huit jours. 






— 91 — 



Observation III. 



Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. — Intolérance. 



La nommée F... Pauline, âgée de 23 ans, domestique, entre le 
28 mai 1878, à 2 h. 50 m. du matin, à la Maternité (salle d'accou- 
chements). Cette femme, qui est bien constituée et dont le bassin est 
normalement conformé, est arrivée à peu de chose près au terme de 
sa première grossesse ; elle a éprouvé les premières douleurs de 
l'accouchement le 27 mai, à U h. du soir. 

En observation à 11 h. 10 m. du matin. L'orifice présente une 
dilatation de 6 centimètres de diamètre ; ses bords sonl minces, la 
poche des eaux est intacte et peu volumineuse. Le pouls bat 76 par 
minutes. 

Contractions. Durée. 

A 11 h. 10 m. lm. 30 s. 

— 13 m. lm.40s. 

— 15 m. 30 s. lm. 30 s. 

— 18 m. 30 s. 3 m. 

— 21 m. 50 s. 2 m. 40 s. 
Chl. à 11 h. 25, 

on commence 
les inhala- 
tions de chlo- 
roforme à l'ai- 
de d'une com- 
presse. 



A 11 h. 27m. lm. 

— 29 m. 45 s. 5s. 

— 30 m. 

— 31m. 1 m. 

— 33 m. 30 s. 30 s. 



Excitation considéra- 
ble; la femme jette 
des cris, s'agite sur 
son lit, repousse la 
compresse ; il faut 
la maintenir à trois. 
Plaintes incessan- 
tes, même pendant 



92 





Contractions. 


Di 


jree. 
















les intervalles des 














contractions. 




_ 


35 m. 




1 m 




Cris très-forts au mo- 




— 


37 m. 


45 s. 




15 s. 


ment de la contrac- 
tion. 






40 m. 








Gris très-forts; agi- 
tation extrême, lar- 
mes. Douleurs très- 
vivesdans le ventre; 
plaintes continuel- 
les. 




— 


4-2 m. 




1 m 








— 


44 m. 




2 m, 


. 1s. 




On cesse le chlo- 


— 


45 m. 








Excitation extrême ; 


roforme ; on 












cris; vomissements. 


en a employé 












L'agitation cesse 


15 grammes 












après la suspension 


(Le chlorofor- 












des inhalations. 


me était don- 


— 


46 m. 






55 s. 




né par M. Her- 


— 


49 m. 


30 s. 


1 m 


,15 s. 




millc, inter- 


— 


50 m. 








Rupture artificielle 


ne des hôpi- 


— 


51m. 


45 s. 




15s. 


des membranes. La 


taux). 


— 


56 m. 




non 


notée 


femme repousse é- 




— 


59 m. 


55 s. 


1 m, 




nergiquement toute 




A 12 h 


. 2 m. 


20 s. 


non 


notée 


inhalation de chlo- 



roiorme. 

Les contractions se succèdent sans interruption ; on entre dans la 
période d'expulsion. La tète apparut à la vulve à midi 15 m. L'accou- 
chement se termine à midi 55 m. 

L'enfant avait six circulaires autour du cou ; c'est un garçon pesant 
2,745 grammes. 

Délivrance naturelle à 4 h. 5 m. Poids du placenta : 530 grammes. 
Longueur du cordon : 1 m. 10 cent. 

Rien à noier du premier au quatrième jour. 

Quatrième jour. Pouls à 72. Sommeil et appétit bons. Peau et 
langue bonnes. L'enfant va bien. 

Aucune particularité à signaler par la suite. La femme'sort en bon 
état le neuvième jour. 



— 93 — 



Primipare à terme. 



Observation IV. 

Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 



La nommée Ë. L..., âgée de 19 ans, couturière, entre le 29 ni 
à la Maternité (pavillo.i Tarnier, chambre n° 1). 

Geite femme iaielligenle et rieuse se porte très-bien. 

Elle souffre depuis 1 h. du matin. 

l/enfant se présente par le sommet en 0. 1. D. P. 

Toute la journée les douleurs furent très-vives et Irès-fréquentes; 
à 9 h. du soir la dilatation était égale à une pièce de 1 franc. 

En observation à 10 h. 10 m. du soir. 



Contractions. 



Durée. 



A 10 h. 13 m. 30 s. 1 m. 30 s. Dilatation comme une 













pièce de 5 francs. 




— 15 m, 


,20 s. 


1 m. 




Tête profondément 
engagée. 




- 19 m. 


20 s. 


1 m. 


20 s. 


Pouls 72. 




- 22 m. 


30 s, 


1 m. 




Plaintes continuelles 
pendant les contrac- 
tions « oh ! la la la 
la! „. 




- 26 m, 






30 s. 




Ghlorof. à l'aide 


- 27 m. 


30 s. 


3 m. 


30 s. 




d'une com- 


- 32 m 


40 s. 


2m. 


20 s. 


« Ah vous dites que 


presse à 10 h. 










la douleur est moins 


30 m. et con- 










forte, vous 1 ah bien 


tinué sans in- 










oui ! » . 


terruption. 










A 10 h. 36, elle s'en- 



— 37 m. 40 s. lm..20s. 



dort profondément. 
Anesthésie. On a 
employé 7 gr. 50 de 
chloroforme. 
Elle crie horriblement 
Dilatation toujours 
la même. 



94 — 



Contractions. 

— 40 m. 

— 45 m. 

— 47 m. 20 s. 1 m 

— 50 m. 30 s. lm 



— 54 m. 



1 m. 20 s. 



58 m. 



3 m. 



A 11 h. 3 m. 30 s. lm. 30 s. 



7m. 



Le chloroforme 
est toujours 



— 13 m. 20 s. 2 m. 10 s. 



— 11m. 20 s. lm 



Durée. 

3 m. Elle interrompt ses 

cris pour nous parler 

de son amoureux, 
lm. 30s. Elle commence à pous- 
ser. 

Elle cherche la com- 
presse pour respirer 
le chloroforme. 

« Oh mon Dieu, faut- 
il souffrir. » Intelli- 
gence intacte. 
Pouls 72. 

« Oh dans ce moment 
j'ai une douleur 
aussi forte que ja- 
mais. Oh si vous 
saviez 1 » 

« Oh monsieur que je 
souffre ! ah si c'est 
possible l » 

« oh elle est forte 
celle-là I » elle de- 
mande du chloro- 
forme. Calme par- 
fait dans l'intervalle 
des contractions. 

On a déjà employé 
25 gr. de chloro- 
forme. 

Elle n'a cessé de crier 
pendant tout le 
temps de cette lon- 
gue contraction. 

« Elle est appliquée 
celle-là ! » Calme 
parfait après. 

Elle crie beaucoup et 
cependant l'utérus 



3 m. 



95 



Contractions. 



Durée. 



continué à la 
dose de quel- 
ques gouttes 
versées sur 
compresse. 



se contracte mal. 



— 22 m. 30 s. lm. 



— 28 m. 



40 s. 



— 33 m. 20 s. 



— 44 m. 30 s. lm. 



On cesse les inhalations 
1 h. 1/2. 



Elle dort profondé- 
ment, la douleur la 
réveille, cette fois 
l'utérus se contracte 
bien. 

« Oh monsieur que je 
souffre. Oh la la ! » 
Après elle se ren- 
dort. 
— 32 m. 30 s. lm.40s. Grands cris, après 

sommeil profond. 
1 m. 40 s. Cris, mais calme par- 
fait après. 

Dilatation toujours la 
même. Dit qu'elle 
souffre moins au 
moment de la dou- 
leur. 

« Aussi forte que ja- 
mais. » Hurle. 

A ce moment, tout en 
criant, elle se lève 
pour chercher la 
photographiedeson 
amant qu'elle nous 
montre. 

« Mais je suis fati- 
guée de souffrir 
comme ça ! » Elle 
dort. 

Dilatation égale à une 
pièce de 5 francs. 
On a employé 45 gr. de chloroforme en 



— 47 m. 



50 m. 



1 m. 



lm. 



— 53 m. 



58 m. 



2m. 



1 m. 



— 96 — 

Alors qu'elle n'était plus sous l'influence du chloroforme, on re- 
commence à noter les contractions. 



Contractions, 


AU h 


. 12 m. 


— 


14m. 


— 


19m. 


— 


22 m. 


— 


27 m. 


— 


30 m. 


— 


35 m. 


— 


39 m. 






— 


45 m. 


— 


47 m. 


— 


50 m. 


— 


53 m. 


— 


57 m. 



Durée. 



Petite. 
Forte. 

« Je souffre plus, dit- 
elle , qu'avant le 
départ de ces mes- 
sieurs , j'avais du 
repos , maintenant 
c'est tout le temps. >< 

Elle réclame le chlo- 
roforme. 



Dilatation complète. 



A lh. 

Expulsion du fœtus 1 h. 55 m. 

La période d'expulsion pendant laquelle l'occiput fut ramené en 
avant, fut assez douloureuse. Déchirure incomplète du périnée. La 
délivrance naturelle eut lieu à 2 h. 10. 
Peu de sang perdu. 
Poids de l'enfant : 3,170 gr. 

Occipito-frontal. . . Il c. 3. 

Oecipito-mentonnier 12 c. 8. 

Bis-pariétal 9 c. 

Sous-occipito breg. 9 c. 3. 
8uites des couches normales. 
Cette femme est partie avec son enfant, tous deux en bon état. 



Diamètre de la tête 



Observation V. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 

La nommée F , âgée de 26 ans, couturière, entre le 29 mai 1878 

à la Maternité (salle d'accouchementj. 






— 97 — 

Cette femme, d'une constitution normale, est très-intelligente. Elle 
souffre depuis la nuit précédente. 

A 8 h. du soir, nous la trouvons dans l'état suivant : 

Elle crie et s'agite au moment de la contraction, mais est assez 
calme dans l'intervalle. L'orifice utérin a environ 6 c. de diamètre. 
Les bords sont très-minces et souples. Les membranes sont rom- 
pues depuis 3 h. La tète, profondément engagée, se présente en 
0. 1. G. A. P. 68, pulsations foetales 130. 

En observation à 8 h. 10 m. du soir. 







Contractions. 


Du; 


rée. 








A 8 h 


. 10m. 




2 m. 




Cris et agitation. 






— 


15m. 




1 m. 




— 






— 


18m. 




1 m. 




— 






— 


20 m. 




1 m. 


30 s. 


— 






— 


23 m. 
26 m . 


30 s. 


1 m: 
1 m. 




z 






— 


28 m. 




1 m. 




— 


Ghlor. à 


l'aide 


— 


31m. 


20 s. 




50 s. 


— 


• d'une 


com- 


— 


3i m. 




1 m. 




— 


presse, 


à8h. 


— 


37 m. 




1 m. 




Contraction, quoique 


30 s. 




— 


39 m. 
42 m. 




1 m. 


40 s. 


douloureuse l'est un 
peu moins que les 
autres. 






— 


45 m . 




1 m. 




Contraction plus dou- 
loureuse. 






— 


47 m. 




1 m. 




Grande agitation. 






— 


Kl m. 




lin. 




Cris, agitation. 






— 


53 m. 




lm. 




— 






— 


56 m. 




1 m. 




— 






— 


59 m. 




lm. 




— 






9h 


. 1 m. 


30 s. 


1 m. 




— 






— 


5 m. 




1 m. 




— 






— 


7 m . 




1 m. 




— 


Oncesselechlo- 












A 9 h. 7 m., cette 


roformeà9h. 












femmedéclare souf- 


7 m. 


n en a 












frir autantqu'aupa- 


P 


inard. 












13 



— 98 — 

Contractions. Durée. 



employé 25 g. 



A 9 h. 10 m. lm. 

— 12 m. 30 s. lm. 

— 15 m. 30 s. lm. 

— 19 m. 1 m. 

— 22 m. 1 m. 



25 m. 
27 m. 
30 m. 
33 m. 



— 36 m. 

— 38 m. 

— 41 m. 



lm. 

lm.30s. 
lm.30s. 
lm. 



lm. 

1 m. 30 s. 

1 m. 



— 45 m. 1 m. 

A partir de ce momenl, les contractions ne 
Expulsion, à 11 h. 25 m. du soir, d'un 
3,130 gr. 
Délivrance naturelle à 1 h. 1/2 du matin. 
Suites de couches normales. 



ravant. Du reste, les 
cris et l'agitation 
sont au moins aussi 
prononcés. La dila- 
tation est égale à la 
paume de la main. 



Elle perd du sang 
ayant la couleur ca- 
ractéristique. 

Dilatation complète. 

Efforts expulsifs. 

Un léger écoulement 
sanguin continue à 
se faire par la vulve. 



On aperçoit la tête à la 
vulve. 

furent plus notées, 
enfant vivant pesant 



Observation VI. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 



La nommée F , âgée de 24 ans, relieuse, entre le 31 mai 1878 

à 1 h. du matin, à la Maternité (salle d'accouchement). Cette femme, 



— 99 — 

bien constituée, a commencé à souffrir cette nuit. Ce matin, les dou- 
leurs sont plus vives. 

A 9 h., on constate que le col n'est pas encore entièrement effacé. 
La tête est profondément engagée et se présente en 0. I. G. A. 

A 10 h., le col est effacé; l'agitation continue ainsi que les cris. On 
l'envoie au bain, elle y reste demi-heure. Aucun calme. 

En observation à 2 h. 15 m. P. 68 ; pulsations fœtales 122 ; dilata- 
tion égale à une pièce de 1 fr. ; bords minces ; membranes intactes. 



Contractions. 


Durée. 




A 2h 


i. 19 m. 


lm. 




— 


22 m. 


1 m. 


Cris, agitation. 


— 


23 m. 30 s. 


1 m. 


Calme parfait entre 
les contractions. 


— 


30 m. 


1 m. 




— 


33 m. 


40 s, 






34 m. 30 s. 


30 s. 


Cris atroces : « Oh 1 
mon Dieul que je 
souffre; ayez pitié 
de moi, je vais mou- 
rir! » 


— 


37 m. 


1 m. 




— 


41m. 


lm. 




— 


43 m. 30 s. 


lm.30s. 


Agitation extrême. 


— 


47 m. 


1 m. 


Toujours calme entre 
les contractions. 


— 


50 m. 


20 s. 




— 


51m. 


30 s. 






55 m. 


1 m. 


Dilatation toujours 
égale à une pièce 
de \ fr. 


— 


58 m. 30 s. 


2 m. 




Chloroforme à A 3 h 


. 4 m. 30 s. 


30 s. 


Pas de liquide inter- 


l'aide d'une 






posé entre la tête et 


compresse à 






les membranes. 


3 h. — 


5 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 







9 m. 


50 s. 







12m. 


lm.30s. 


Douleurs aussi vives, 



cris ausi forts, agi- 



100 — 



Contractions. 



Durée. 



On a employé 
pendant cette 
heure 7 gr. 
de chlorofor- 



me. 



lation extrême au 
moins aussi mar- 
quée qu'avant les 
inhalations. P. à60. 



15 m. 30 s. 

22 m. 

25 m. 30 s- 

29 m. 

33 m. 50 s. 

.37 m. 30 s. 



1 m. 40 s. 
1 ni. 

1 m. 

10s. 
! ta. 10 s. 

2 m. 



41 HI.40S. 
45 m. 30 s. 
49 m. 30 s. 



1 m. 
I m. 

1 m. 
53 m. 30 s. lm.30 



— f>7 in. 40 s. 2 ni. 



Elle prétend qu'elle 
n'est nullement sou- 
lagée depuis qu'elle 
respire du chloro- 
forme. 



Ellle poussse des cris 
violents et s'agiie 
beaucoup à chaque 
douleur. 

Pendant celte heure 
on a employé 7 gr. 
de chloroforme 
sans atténuer en 
aucune façon la 
douleur. La dilata- 
tion n'a fait aucun 
progrès. 



A partir de 4. h. — 59 m. 30 s. 


30 s. 




on l'emploie A 4 h.- 1 m. 


lui. 




à doses mas- — 3m. 


2 m. 


A 4 h. 5 ni. résolution 


sives. 




complète, en pas- 
sant par une pério- 
d'excitation des plus 
violentes. P à 90 à 
4 h. 5. 



— 10 m. 



1 m. 






— 101 





Contractions. 


Durée. 






— 


16 m. 30 s. 




30 s. 






— 


19 m. 




30 s. 






— 


25 tri. 




15s. 


P. à 48 à 4 h. 25. 






27 m. 40 s. 


lm 


10 s. 


Douleur accusée par 
de simples mouve- 
ments. 


On cesse le chlo- 


— 


31 m. 30 s. 


2 m. 






roforme à 4 h. 


— 


35 m. 30 s. 


1 m. 






30, après de- 


— 


40 m . 


1 m. 


30 s. 




mi-heure d'à- 


— 


44 m. 


1 m. 




L'intelligence et la 


nesthés ie 










sensibilité reparais- 


complète. On 










sent. Plaintes, Gris. 


en a employé 


— 


46 m. 30 s. 


1 m. 






28 gr. 


— 


50 m. 


1 m. 


30 s. 






— 


53 m. 30 s. 


1 m. 




A partir de ce mo- 



ment, à chaque con- 
traction cris et agi- 
tation violente. 
A 5 h. nous cessons de l'observer, la dilatation ne fait que peu de 
progrès, car elle est égale à une pièce de 2 fr. 

Les contractions aussi douloureuses continuent d'une façon régu- 
lière jusqu'à 8 h. 15 m. du soir, moment où la dilatation fut com- 
plète. Expulsion spontanée, à 8 h. 40 m., d'un enfant vivant pesant 
2,550 gr. 
Délivrance naturelle à 9 h. 45 m. du soir. 
Pas d'hémorrhagie. 

Suites découches normales pendant sepl jours. Le huitième passé 
en médecine pour douleurs rhumatismales. 



Observation VII. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 



P...., 22 ans, domestique, arrivée au terme de sa première gros- 
sesse, entre à la salle d'accouchement de la Maternité le 5 juin 1878 
à 11 heures du soir. Cette femme dit avoir commencé à perdre de 



— 102 — 

l'eau à 5 h. après-midi; elle en perd encore au moment de son 
entrée. Le bassin est normalement conformé. Rupture des mem- 
branes le 6 juin à 8 h. du matin. 

En observation à 8 h. du matin. Présentation du sommet en 0. 1. 
G. A. 

Contractions. Durée. 

A 9 h. 4 m. 30 s. 30 s. Vomissements ali- 

mentairesetbilieux. 
Douleurs vives pen- 
dant les contrac- 
tions; agitation; 
cris très-forts : «Oh! 
mes reinsl mes 
reins I » 

— 7 m. 1 m. 20 s. 

— 11m. lm.30s. 

— 13 m. 20 s. 40 s. 

— Il m. 40 s. 1 m. 

Tête bien engagée. Membranes rompues. Bosse sanguine s'enga- 
geant dans un orifice grand comme une pièce de 5 fr. Utérus con- 
tracté même en dehors des contractions. 



Çholoforme à 9 
h. 37 m. Ace 
moment, la 
dilatation est 
la même qu'à 
9h.30. Le P. 



Contractions. 

A 9 h. 18 m. 40 s. 

— 21m. 10 s. 

— 24 m. 



27 m. 10 s. 
29 m. 30 s. 
31 m. 40 s. 
33 m. 30 s. 
37 m. 
40 m. 
43 m. 
45 m. 



Durée. 

1 m. 20 S. 

SOs. 

2 m. 



1 m. 50 s. 
1 m. 50 s. 

1 m. 20 s. 

2 m. 30 s. 
2 m. 



2m. 
lm. 
1 m. 



Plaintes très- vives. 

Les douleurs se suc- 
cèdent pour ainsi 
dire sans interrup- 
tion. 



Gris étourdissants. 



Sommeil dans l'inter- 
valle des contrac- 
tions. 






est à 84. 





— 103 


— 




Contractions. 


Durée. 




— 


48 m. 10s. 


1 m. 50 s. 




— 


50 m. 20 s. 


lm.40s. 




— 


53 m. 


lm. 


P à 80. 


— 


54 m. 30 s, 


30 s. 


Intelligence légère- 
ment touchée. 


A 9h 


.55 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 




— 


58 m. 


2 m. 




AlOh 


. 1 m. 


1 m. 




— 


10m. 


2 m. 




— 


12 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 




— 


16 m. 30 s. 


lm.30s. 




— 


18 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 


Dilatation comme une 
pièce de 5 fr. 


— 


21 m. 


1 m. 






23 m. 


4m 


La femme dit souf- 
frir d'une manière 
inexprimable. 


— 


28 m. 30 s. 


lm.30s. 


P. à 72. 


— 


31 m. 


lm.30s. 




— 


33 m. 


2 m. 


La femme dit : « Je 
suis grise. » 




36 m. 


2 m. 


Le travail ne semble 
pas avancer malgré 
les contractions. 


— 


40 m. 


1 m. 




— 


42 m. 


lm. 






45 m. 


lm.30s. 


La sensibilité de la 
peau apresquecom- 
plètement disparu. 


— 


49 m. 30 s. 


2 m. 30 s. 




— 


53 m. 


1 m. 30 s, 




— 


55 m. 


4 m. 




AU h 




2m. 




— 


4 m. 


2m. 




— 


7 m. 


1 m. 




— 


10 m. 


1 m. 30 s. 




— 


17 m. 


lm. 







20 m. 


lm. 


La dilatation est corn- 



— 104 — 





('on 


tractions. 


Dui 


•êe. 


plèle à 41 h. 25 m. 




— 


26 m. 
34 m. 


1 m. 
1 m. 




Insensibilité complète 
de la peau. 


On cesse le chlo- 
roforme. On 


— 


37 m. 30 s. 




30 s. 


Cris au moment delà 
contraction utérine. 


en a employé 
20 gr. 


— 


Il) m. 
46 m. 


1 m. 
1 m. 




Sommeil dans l'inter- 
valle des contrac- 
tions. 




— 


50 m. 


2 m. 








— 


53 m. 


1 m. 








— 


55 m. 


4 m. 








— 


58 m. 


2 m. 








A 12 h 




2 m. 







Dégagement de la tète à 3 h. du soir. Expulsion à 3 h. 3 in. La 
femme a continué à perdre de l'eau pendant toute la durée du travail. 

L'enfant est un garçon vivant, du poids de 3,208 gr. 

Premier jour. P. 74; peau chaude; frissons. 

Deuxième jour. P. 88. La femme passe en médecine; elle a des 
frissons, de la diarrhée et de la sensibilité du ventre. 



ntEVXÏÏUlftK SERMBÙ 



Observation I. 



Primipare à tei-me — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation et d'expulsion. 



La nommée M... G..., fleuriste, âgée de 21 ans, entre à la Mater- 
nité (pavillon Tarnier, chambre 3); elle est à terme de sa première 



— 105 — 

grossesse. Cette femme est très-vigoureusement constituée, très- 
brune et a les seins extrêmement développés. 

Elle a commencé à souffrir le 24 mai, à 5 heures du matin. Toute 
la journée les douleurs persistèrent surtout dans la région lombaire. 

Examen pratiqué à 6 heures du soir. Dilatation de l'orifice égale 
à une pièce de 50 centimes. Bords assez minces et peu tendus. Poche, 
intacte peu volumineuse. Présentation du sommet en O.I.G.P. Tète 
très-profondément engagée. 

En observation, le 24 mai, à 6 heures 5 minutes du soir. 



Contractions. 



Durée. 



A 6 h. 6 m. 30 s. lin. 



On commence 
les inhala- 
tions en ver- 
sant sur une 
compresse2c. 
c. de chlor. à 
6 h. 30. 

Chl. 1 c. 1/2. — 



Chl. le. c. 1/2. — 



Pouls 80. Pulsations 
fœtales 126. 



10 m. 30 s. 
21m. 30 s. 
28 m. 



1 m. 

2 m. 

3 m. 10 s. 



33 m. 
40 m. 
43 m. 30 s. 

47 m. 
50 m 



30 s, 
30 s 



Le chloroforme est 
bien accepté. 



lm. 



lm.40s. 



Pinard. 



Pas de douleur. 

Sensation douloureu- 
se très-courte. 

Douloureuse. « Il n'y 
a guère de diffé- 
rence avec lea an- 
ciennes douleurs. 
Je souffre plus, 
mais moins long- 
temps. » Pouls 72. 
Battements du cœur 
un peu irréguliers. 
La malade se plaint 
14 



% 



— 106 — 

Contractions. Durée. 

que le cœur bat fort. 

— 54 m. 1 m. 

— 56 m. 1 m. « Autrefois, je ne souf- 

frais que dans le 
ventre, maintenant 
c'est dans le ventre 
et dans les reins. » 

Chl. le. c. — 58 m. 30 s. 3 m. 30 s. Elle paraît beaucoup 

plus souffrir depuis 
que nous lui don- 
nons du chloro- 
forme. 

A 7 h. 3 m. 30 s. 3 m. Beaucoup de cris. 

Mouvements désor- 
donnés. 

Chl. 1 ce. 1/2 — 10 m. 30 s. 30 s. « Oh ! mes reins, mes 

à 7 h. 7 m. reins. » 

— 13m. lm. « Oh! que ça me fait 

mal. » Agacement. 
Chl. 1 c. c. 1/2. — 16 m. 40 s. 

— 19 m. 1 m. Se plaint beaucoup. 
Chl. 1 c. c. 1/2. — 23 m. 30 s. 1 m. 30 s. « C'a m'étouffe. Oh! 

maman. Oh! la la!» 

— 26 m. 30 s. 1 m. Crie beaucoup, mais 

avoue que la dou- 
leur n'a pas été 
forte. 

— 29 m. 1 m. 

A ce moment, on cesse le chloroforme. De 6 h. 30 à 7 h. 30, elle 
eut 16 contractions; on employa 15 grammes de chloroforme. 

De suite, elle demande à écrire à sa sœur ; son intelligence est 
aussi intacte que sa sensibilité à la douleur. 

La dilatation est toujours la même. 

De 7 h. 30 à 8 h. 35, les contractions conservèrent le même carac- 
tère, en tant que fréquence, douleur et inefficacité. La dilatation n'a 
fait aucun progrès. 



Chl. 2 ce. 1/2 à A 
8 h. 35. 



— 107 — 

Contractions. Durée. 

8 h. 41m. 30s. 



Ch. 1 ce 1/2. 



Chl. 1 ce. 



Chl. 2 ce. à 9 h. A 
Chl. 2 ce. à 9 h. 
6 m. 



45 m. 10 s. 



40 s. 



— 48 m. 30 s. lm.30s. 

— 50 m. 10 s. 40 s. 



— 52 m. 30 s. 



56 m. 
58 m. 



30 s. 



2 m. 



9 h. 4 m. 30 s. 1 m. 
— 6m. 30s. 25s. 



Pouls 76. Ça me fait 
moins mal. 

Porte douleur. « Ma- 
man ! » 

Ebriété. 

Elle dit que les dou- 
leurs sont moins 
fortes. 

« Oh! que j'ai le ven- 
tre sensible. » Agi- 
tation. 

Pouls 72. 

Se plaint beaucoup. 
Crise. « Oh ! que c'a 
me fait mal. Oh ! 
maman, oh! ma- 
man, que c'a me 
fait mal. Je n"en ai 
pas encore eu une 
aussi forte. » 

Beaucoup de plaintes. 

Peu de plaintes. Elle 
dit en riant: « Quand 
on m'y reprendra, il 
fera chaud. » 



Chl. 2 ce. 1/2. 


— 13m. 


30 s. 




30 s. 


Agacement, agita- 
tion. Repousse lo 
chloroforme. 


Chl. 2 ce. 


— 21m. 




1 m. 




« Oh! que j'ai mal 
dans le ventre. » 




— 24 m. 




1 m. 




Douleurs vives. 


Chl. 1 ce. 1/2. 


— 26 m. 




1 m. 








— 27 m. 




3m. 




Douleur extrême- 

mentvive, frissons. 


On cesse lechlo- 
roforme. 


— 30 m. 




6 m. 


35 s. 


P. 72, R. 42. 
Elle crie continuelle- 
ment» 



— 103 



"actions. 


Du 


rée. 




40m. 


2m. 




On rompt artificielle- 
ment les membra- 
nes, car elles sont 
constamment ten- 
dues. 


43 m . 


i m. 


30 s. 




45 m. 


2m. 




L'orifice est toujours 



le même, de la 
grandeur d'une 
pièce de 1 franc. 
— 48 m. 3 m. 40 s. "Vomissements. 

On reprend le — 50 m 
chlor. 3 ce. 

On cesse à ce moment de noter le.s contractions. 
Dilatation eomplèlc à 10 h. 40 m. du soir. 
Expulsion du fœtus à 1 h. 35 m. en O. P. 
Délivrance naturelle à H h. 55. 
Peu de san? perdu. 
Poids de lenfant, 3810 gr. 

[ Occipito frontal. 12c. 3. 

I — menlonnier. 13c. 6. 
Diamètre de la tête _ bipariélaL 9c . 4 . 

[ Sous-occipito breg. 9 c. 5. 

Le travail, chez cette femme, se présentait dans de mauvaises con- 
ditions. A des douleurs très-violentes qui, disait la malade, avaient 
pour siège les reins, correspondaient des contractions faibles du 
t;lobe utérin. Alors même que l'utérus paraissait se durcir assez 
bien, le doiçrt introduit dans l'orifice utérin sentait la poche des 
eaux se durcir sans venir appuyer sur les bords de l'orifice. 

La dilatation resta stationnairc pendant au moins 4 heures : de la 
grandeur d'une pièce d'un franc. 

De plus, cette femme, dès les premières heures du travail, lui 
prise d'une agitation, d'un énervement excessifs, qui auraient néces- 
sité l'emploi de doses fortes de chloroforme. 

Le chloroforme, chez elle, employé comme nous l'avons fait, c'est- 
à-dire à dose beaucoup plus qu'homoopalhique (puisqu'en 2 heures 
on en a employé plus de 20 grammes), n'a eu aucun effet avéré sur 
la violence de la douleur perçue. 



— 109 — 

La dilatation a marché très-rapidement après la rupture artifi- 
cielle des membranes, puisqu'à 9 h. 1/2, elle élait encore comme une 
pièce de 1 franc, tandis qu'elle devenait complète à 10 h. 40 m. du 
soir. 

De 10 h. 1/2 à 1 1 heure?, j'ai donné encore au moins douze gram- 
mes de chloroforme. L'agitation, qui était extrême, fut à peine cal- 
mée 

Cette fille n'a pas cessé de se montrer rebelle à l'absorption et à 
l'action du médicament. 

Des doses, relativement fortes, mais absorbées peut-être trop len- 
Icment, n'ont produit chez elle aucun des phénomènes de l'empoi- 
sonnement débutant : pas de tendance au sommeil, pas de sifflement 
ou de bourdonnement da.;s les oreilles. 

Il y avait chez elle une hyperesthésie véritable des organes géni- 
taux. Le toucher provoquait des cris épouvantables. Le moindre 
attouchement du ventre était perçu douloureusement. 

En somme: Primipare dont le Iravail, pendant la période de dila- 
tation, élait extrêmement douloureux; chloroforme, employé en trois 
fois pendant 1 heure chaque fois : 33 grammes. 

Pas de, deuii-anesthésie. Pas d'atténuation certaine de la douleur. 

Après l'accouchement, l'utérus s'est bien rétracté. 

Celle femme est parlie avec son enfant, les deux en bon état. 



Observation IL 

Primipare. — Inhalations de chloroforme pendant la fin de la période de dilata- 
tion et pendant toute la durée de la période d'expulsion. 

La nommée C..., blanchisseuse, âgée de 23 ans, entre le 24 mai 
a 10 heures du mntin, à la Maternité (Pavillon Tarnier, chambre 4). 
Cette femme, d'une bonne constitution, ayant une conformation du 
bassin normale, est intedigente et naturellement gaie. 

D'après la dernière apparition des règles, elle ne serait pas à ter- 
me, mais mu commencement du dernier mois delà gestation seule- 
ment; l'examen du venlre, en faisant constater le petit volume du 
fœtus, confirme cette hypothèse. 

Les douleurs ont commencé à 3 heures du matin, et, depuis ce 
moment, elles n'ont pas cessé. 



— 110 — 

A onze heures du matin, on constate que la dilatation est égale à 
une pièce de 2 francs. Les bords de l'orifice sont minces et souples. 
La poche des eaux intacte, peu proéminente, est bien appliquée sur 
les bords de l'orifice. 

L'enfant se présente parle sommet en O.I.D.P. 

Au moment de chaque contraction, cette femme s'agite un peu, se 
mord les lèvres, mais ne se plaint pas. Dans l'intervalle, le calme est 
complet et elle répond avec beaucoup de discernement et d'à propos 
à toutes les questions qu'on lui adresse. 

En observation, à 11 heures 12 minutes : 



Contractions. 

A 11 h. 12 m. 
— 14 m. 30 s. 



Durée. 

1 m. 

1 m. 45 s. 



17 m. 17 s. 
19 m. 30 s. 
22 m. 
24 m. 
27 m. 



1 m, 

1 m. 15 s. 
lm. 12 s. 
1 m. 
lm. 



Interrogée sur l'in- 
tensité de la dou- 
leur, elle répond : 
« Ça ne me fait pas 
mal, mal ! » 



Pendant chaque con- 
traction, la femme 
ne manifeste sa 
douleur, qu'en se 
pinçant les lèvres. 
On commence le chloroforme à 11 heures 30 minutes, au début 
d'une contraction. 

La dilatation est égale à une pièce de 5 francs, la poche des eaux 
intacte. (Le chloroforme est accepté avec plaisir). 

Chloroforme 20 gouttes sur une triple compresse de flanelle au 
début de la contraction. 



Contractions. 

A 11 h. 30 m. 
|Chl.20g. à 

11 h. 31 m. 30s. — 31 m. 45 s. 
k — 33 m. 33 s. 



Durée. 



50 s. Plus douloureuse que 
les autres. 

45 s. Même douleur que la 
précédente. 



— 111 — 

Contractions. Durée. 

— 35 m. 30 s. — 35 m. 40 s. 1 m. Grimaces, soupirs 

plaintifs. 
Celle-ci a fait plus de 
mal, dit-elle. Elle 
accuse aussi une 
petite douleurdans 
l'aine gauche. 

— 37 m. — 38 m. 30 s. 1 m. 10 s. Cette douleur a été 

plus forte que les 
précédentes. 

— 40 m. — 41 m. 10 s. « Celle-ci m'a fait 

bien moins de 
mal. » 

— 42 m. 30 s. — 43 m. 30 s. 50 s. Pouls 96. o Petite 

douleur. » 

— 45 m. — 45 m. 40 s. 1 m. Elle rit, pleure, com- 

me dans l'ébriété. 

— quelques secondes. Pouls 92. 

— • 51m. 1 m. Très-peu de douleur. 

— 53 m. 10s. — 53 m, 10 s. 50 s. Gaie dansl'intervalle. 

— 55 m. 1 m. Pouls 88. Douleur 

reste dansiez reins. 

— 57m. — 58m. 1 m. Douleur .très-vive. 

Plaintes. 
A midi 1 m. Pouls 84. Dilatation 

un peu plus grande 
qu'une pièce de 5 
francs. 

— lm. 30 s. 

— 4 m. 50 s. 

4 contractions de midi 5 m. à midi 17 m. 

Contractions. Durée. 

Chl.20g. à A midi 19 m. 1 m. Pouls 96. 

midi 20 m. — 20 m. 30 s. 1 m. Douleurs lombaires. 

— 23 m. 10 s. — 23 m. 10 s. 50 s. Douleur très intense. 

— 25 m. 25 s. — 26 m. 10 s. 50 s. Douleur très-intense. 

— 27 m. — 29 m. 50 s- «. Mal partout à la 



112 — 

Contractions. Durée. 



fois. Gomme c'a fait 
du bien, o En res- 
pirant du chloro- 
forme. 



— 30 m. 


— 30 m. 40 s. 


1 m. 50 s. 




— 33 m. 


— 35 m. 


lm. 


Pas très-dnuloureux. 


— 37 m. 


— 37 m. 


1 m. 40 s. 


« Celle-ci me fait 
mal. » Plaintes. 
Dilu'ation presque 


Ghl. 30 g. à 






complète. 


midi 39 m. 50 s. 


\ 




Pouls 80. « Tiens, je 
ne sens plus rien. » 


— 41m. 10 s. 


— 41m. 10 s. 


2 m. 


Mouvements du bas- 
sin. — Douleurs 
dans les reins. 




— 43 m. 10 s. 


lm.50s. 




— 45m. 


— 40 m. 


1 m. 10s. 


« C'a m'étourdit, il 
me prend une dou- 
leur, vous savez. » 
Plaintes. 

Envie de pousser. 
Pouls 84. 


— 48 m. 


— 50 m. 


1 m. 


« Oh! une grosse 
douleur. » Plaintes. 

Envie de pousser. M. 
Tarnier touche et 
trouve la dilatation 
à peu près-complète, 
et la tête, Irès-flé- 
chie, qui commence 
à tourner. 


— 52 m. 


— 52 m. 


lm. 




— 55 in. 


— 55 m. 


lm. 






— 57 m. 


lm. 






— 58 m. 30 s. 


50 s 


. Effort, nausées 



A 1 h. 

— 2 m. 



(Rupture artificielle 
des membranes). 



— 113 — 

Contractions. Durée. 

— 4 m. 1 m. « Il me semble que je 

Chl. 30 g. à vais éclater. » 

1 h. 6 m. — 6 m. Cris, « De grâce, arrê- 

tez, tuez-moi! » La 
tête est à la vulve, 
lh. 7 m. — 7 m. Très-forte. — Cris. 

A partir de ce moment, on ne note plus la durée de chaque con- 
traction. 

Chl. 30 gouttes. Contraction. 

Chl. 40 gouttes. Contraction. Cris» Oh ça m'écorche. » 

Chl. 50 gouttes. Contraction. 

Chl. 60 gouttes. Contraction. 

Sortie de la tête à 1 h. 16 en O. P. 
Expulsion du fœtus à 1 h. 18 m. 

Le sang qui s'écoule a une couleur plus noire qu'on ne l'observe 
généralement. 
Est-ce que vous avez beaucoup souffert? — Oh oui I dit-elle. 
Délivrance à 1 h. 28 m. Peu de sang écoulé à ce moment. 
L'enfant vivace pèse 2383. 

IOccipito-frontal. . . lie. 
Occipito-menlonnier 11 c. 5 m. 
Bi-panetal 8 c. o m. 
Sous-occipito Breg. 9 c. 
Suites des couches normales. I, 'enfant est mort de sclérème le 
31 mai. La mère quitte la Maternité le 2 juin en bon état. 



Observation III. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant les périodes 
de dilatation et d'expulsion. 



La nommée L...., âgée de 22 ans, primipare, journalière, entre le 
20 mai 1878 à la Maternité, et monte à la salle d'accouchement le 
29 mai à 1 1 h. du matin. 

A ce moment la dilatation était lenticulaire. 

Le travail continua toute la journée, et lorsque nous l'examinons, 
à 10 h. du malin, voici ce que nous constatons : cette femme est bien 
Pinard. 15 



— 114 — 

constituée, l'état général est bon. Sa figure et ses mouvements 
témoignent de l'intensité de la douleur lors de la contraction, mais 
les plaintes sont relativement modérées. La dilatation est égale à 
une pièce de 5 fr. Les membranes sont rompues depuis le 27 mai 
dans la soirée. Les bords de l'orifice sont souples et peu épais. La 
tête est profondément engagée en 0. 1. G. A. Les douleurs sont loca- 
lisées dans la région lombaire. 

En observation à 10 h. 5 m. du matin. P. 84, R. 20, T. vag. 39°, 
pulsations fœtales 126. 



Contractions. 


Durée. 




A 10 h. 7 m. 


Int. 




— 10m. 


Im. 




— 12m. 


1 m. 




— 15 m. 


40 s. 




— 16 m. 


1 m. 


Petit frisson qui sem- 
ble suspendre les 
contractions. 


— 27 m. 30 s. 


2 m. 30 s. 




— 33 m. 45 s. 


50 s. 




— 35 m. 35 s. 


lm.30s. 




— 39 m. 


2m. 




— 43 m. 


30 s. 




A 10 h. 45 m. 


2 m. 35 s. 




— 49 m. 25 s. 


3 m. 


Les douleurs devien- 
nent plus vives. 


— 55 m. 35 s. 


1 m. 30 s. 




— 59 m. 


1 m. 


La dilatation est tou- 



On commencée 
faire respirer 
du chlorofor- 
me à l'aide 
d'une com- 
presse:àllh. Aîlh. 5m.20s. 

— 14 m. 

— 26 m. 



jours égale à une 
pièce de 5 fr. 



lm.50s. Douleur vive. 

2 m. 30 s. Douleur très-vive avec 

cris. 
Ira. 30 s. 



115 



Contractions. 


Durée. 


- 38 m. 


2 m. 30 s. Moins douloureuse. 


- 51 m. 


2m. Quelques plaintes seu- 




lement. 


12 h. 2 m. 30 s. 


lm.30s. L'intelligence a dis- 




paru presque en- 




tièrement. Mais elle 




sent quand on la 




pince. 



Oncesselechlo- A 

roforme. On 

a employé 

dans cette 

heure 38 gr. 

de ce liquide. 

Elle dort dans l'intervalle des contractions, mais se réveille à 
chaque contraction pour se plaindre ou crier. Elle accuse une vive 
céphalalgie frontale. P. 84, R. 14. Les bords de l'orifice sont reve- 
nus sur eux-mêmes. La dilatation est égale à une pièce de 50 cent. 



A 12 h 


. 9 m. 




3 m. 




— 


14m. 




3m. 


Douleurs très-vives. 


— 


19m. 




3 m. 


Elle urine aussitôt 
après. 


— 


22 m. 


50 s. 


2 m. 50 s. 


L'intelligence repa- 
raît. 


— 


26 m. 


30 s. 


1 m. 30 s. 


Elle crie beaucoup. 


— 


34 m. 


25 s. 


lm. 35 s. 


Demande grâce. 




41m. 




2 m. 


Se plaint continuelle- 
ment dans l'inter- 
valle des contrac- 
tions. 


— 


45 m. 




lm. 







48 m. 




1 m. 20 s. 


Petits frissons; nau- 



55 m. 



2 m. 



sées. 
Ellcdit qu'elle souffre 
plus que qnand elle 
respirait du chloro- 
forme et s'écrie : 
« Oh! donnez -moi 
<iu machin (chloro- 
forme); donnez-moi 
quelque chose » 



A Ih. 



2 m. 
5 m. 



i su. 
In 



— 116 — 



Contraction!. 



On recommence 
à lui donner 
du chlorofor- 
mée 1 h. 5 m. 



A Ih. 12m. 



- 17 m. 



24 m. 30 s. 
30 m. 



Durée. 



2 m. Ladilatalion est égale 

à une pièce de 2 fr. 

lm.30s. Demande du chloro- 
forme, se dil soula- 
gée et dort dans l'in- 
tervalle des con- 
tractions. Plaintes 
pendant la contrac- 
tion : « Je voudrais 
bien que ce fût fini. 
Je sens bien que je 
vais mourir, je m'af- 
faiblis. » 



1 m. 30 s. 

2 m. iOs. 



Elle dit que le chlo- 
roforme la soulage 
beaucoup; elle cher- 
che la compresse. 



35 m. 


2m. 




43 m. 


2 m. 


P. 90, dilatation égale 
à une petite paume 


52 m. 


3 <V; . 


de main. 



On cesse le chlo- 
roforme à 1 
h. 50 m. ; on 
en a employé 
12 gr. 

Elle est très-fâchée quand on lui dit qu'on ne va plus lui en don- 
ner. Tout en souffrant, cette femme s'est trouvée celte fois très-soula- 
géc par le chloroforme. Pendant cette période, la dilatation a fait de 
rapides progrès. 

Contractions. Durée. 

A 1 h. 56 m. 30 s. 3 m. Elle demande du chlo- 

roforme. 
— 2 h. 1m. 30 s. 3 m. 30 s. 



— 117 — 

Contractions. Durée. 

— 7 m. 303. 4 m. 30s. 

— 15 m. 2 m. 30 s. 



— 19 m. 20 s. 2 m. 30 s. 

— 23 m. 3 m. 

— 27 m. 2 m. 



— 


31m. 


lm. 


— 


33 m. 


1 m. 30 s, 


— 


35 m. 


1 m. 40 s, 


— 


37 m. 30 s. 


2 m. 30 s. 


— 


41 m. 30 s. 


1 m. 30 s 


— 


44 m. 30 s. 


30 s 


— 


46 m. 


lm. 


^ 


48 m. 


2 m. 


A 2h 


.52 m. 50 s. 


1 m. 10 s, 


— 


57 m. 


lm. 


— 


59 m. 


3 m. 


A 3b, 


, 4 m. 


2m. 



On ne note pas 2 ou 3 contractions. 

Contraction». 

On recommence 
le chlorofor- 
meà3h. 14m. A 3 h. 15 m. 



Dorée. 



Elle dit souffrir trop 
et veux être endor- 
mie. 



Elle dit : « Donnez- 
m'en une goutte, 
rien qu'une goutte, 
je n'en puis plus. • 



Cris au moment de 
chaque contraction. 



Dilatation complète. 
Elle crie et demande 

toujours du chloro- 

forme. 



30 s. Elle dort dans l'in- 
tervalle des contrac- 
tions. Au moment 
de la contraction, 
agitation et cris qui 
témoignent que la 
douleur est vive et 
bien perçue. 






— 118 — 
Contractions. Hurée. 

— 21m. 3 m. 22 s. 

— 27 m. 30 s. 1 m. 

— 34 m. im.30s. 

— 43 m. 50 s. 

— 48m. 25s. 1 m. 35?. T. axill. 38°, vaginale 

38°,6. 

— 52m. 30s. 1m. La femme jette des 

cris qui ne laissent 
pas de doute sur 
l'intensité de ses 
douleurs. 

— 56 m. lm. 

A 4 h. 30 s. 1 m. Efforts expulsifs. 

— 4 m. 30 s. lm. "Vomissements. 

— 7 m. 30 s. 30 s. Elle prétend qu'elle 

souffre horrible- 
ment et qu'on ne 
peut souffrir davan- 
tage. 

— fi m. 30 s. 

— 10m. 2m. 

— H m. I m. 

— 17 m. 30 s. P. 72. 

— 20m. 30s. Puis, fœtales, 112. 

— 23 m. 30 s. 

— 28 m. 40 s. 

— 33 m. 50 s. 

— 35 m. l m. Plaintes et cris con- 

stants. 

— 40 m. 30 s. 20 s. 

— 44 m. 1 m. 

— 47 m. 1 m. Elle ne cesse de vomir, 

— 51 m. 1 m. 

— 53 m. 30 s. lm.30s. 
A 5h. 2m. 1 m. 

— 10 m. lm.20s. 
12m. 1 m. 

— 15 m. 1 m. 



— 119 — 

Contractions. Durée. 

— 18 m. 30s. 

— 19 m. 30 s. 

— 22 m. 

A partir de ce moment, les contractions devinrent si irrégulières et 
si peu marquées, qu'on ne put noter ni le commencement ni la fin, 
pas même en mettant la main sur l'utérus, car la femme vomissait 
continuellement et se plaignait sans cesse. 

La tête était à la vulve depuis longtemps mais n'avançait plus. On 
suspendit alors le chloroforme. 
On cesse le chlo- 
roforme à 6 h. 

38 gram. ont 

été employés 

dans cette pé- 
riode. 

Le même état persista jusqu'à 7 h. ; en ce moment, en raison de 
l'écoulement du méconium, du ralentissement des pulsations fœtales, 
M. Champetier fit une application de forceps. L'enfant était en état 
de mort apparente. On fut obligé de l'insuffler, mais on le ranima. 

Il pesait 3,100 gr. 

La délivrance eut lieu à 7 h. 1/2. La femme perdit en ce moment 
1,800 gr. de sang. On lui administra 2 gr. de seigle ergoté. 

Cette femme a donc respiré du chloroforme à trois reprises : 1° de 
11 h. à midi 5 m. 38 gr. ; 2° de 1 h. 5 m. à 1 h. 45 m. 12 gr. ; de 3 h. 
à 6 h., 38 gr. ; en tout 88 gr. en 5 h. environ. 

Bien que la céphalalgie fut persistante pendant les 11 jours qu'elle 
resta à la Maternité, les suites de couches ne furent point graves. 

Quand elle quitta l'établissement avec son enfant, elle pouvait à 
peine marcher. 



Observation IV. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la fin de la période 
de dilatation et pendant la période d'expulsion. 

La nommée G...... âgée de 19 ans, tleuriste, entre à la Maternité 

le 6 juin 1878 à 5 h. du matin (salle d'accouchement) 



— 120 — 

Cette femme, bien constituée, est remarquablement intelligente. 
Elle souffre depuis minuit. 

A 8 h. 30 du matin, nous constatons l'état suivant : 

Le calme va jusqu'au sommeil pendant les contractions; au moment 
de ces dernières, cris et agitation, douleur lombaire. 

La dilatation est grande comme la paume de la main. Membranes 
intactes, bien tendues au moment de la contraction, molles dans l'in- 
tervalle. La tête est profondément engagée et se présente en O. I. D. 
P. P. 72, R. 48. 

En observation à 8 h. 40 m. 



Chloroforme 
9 h. 11 m. à 

l'aide d'une 
compresse. 



Contractions. 

A 8 h. 40 m. 

— 43 m. 

— 44 r». 

— 45 m. 30 s. 

— 47 m. 

— 49 m. 

— 51 m. 30 s. 

— 54 m. 

— 53 m. 40 s. 

— 58 m. 30 s. 
A 9 h. 1 m. 

— 4 m. 

— 5 m. 

— 8 m. 

— 10 m. 

à A 9 h. 12 m. 30 s. 

à — 15 m. 30 s. 

— 17m. 

— 21 m. 20 s. 

— 24 m. 30 s. 

— 26 m. 30 s. 

— 30 m. 

— 33 m. 30 s. 
36 m. 30 s. 

— 38 m. 

— 43 m. 30 s. 



Durée. 

30 s. 
30 s. 
1 m. 
1 m. 

i m. 30 s. 
lm. 30 s. 
1 m. 30 s. 
1 m. 
1 m. 

30 s. 
1 m. 30 s. 
1 m. 
1 m. 
lm. 
1 m. 
lm. 30 s. 

30 s. 
1 m. 40 s. 
1 m. 
1 m. 20. 
1 m. 
I m. 20 s. 

lm.30s. 
lm. 

1 m. 40 s. 
1 m. 



| Cris violents pendant 
pendant les con- 
tractions ; calme 
complet dans l'in- 
tervalle. 



Cris comme avant. 
Sommeil. 



Commence à pousser. 
Crie et souffre beau- 
coup. 



— 121 — 

Contractions. Curée. 

— 47 m. l m. 



— 49 m. 



40 s, 



On rompt les mem- 
branes. 

Elle déclare que cela 
ne la soulage en 
aucune façon. 





— 


52 m. 


30 s. 


1m. 






— 


57 m. 


30 s. 


lm. 






A 10 h. 


1 m. 




40 s. 


Quelques vomisse- 
ments. 






4 m. 




1 m. 30 s. 


Se plaint de souffrir 
horriblement des 
reins. 




— 


12 m. 




30 s. 






— 


14 m. 




1 m. 






— 


17 m. 




30 s. 






— 


18 m. 


30 s. 


lm. 






— 


22 m. 




lm.30s. 






— 


25 m. 




30 s. 






— 


27 m 




45 s. 








30 rr . 




50 s. 


Pendant toutes ces 
contractions elle 
crie absolument 
comme avant. 




— 


32 m. 




50 s. 






— 


34 m. 




2 m. 




Oncesselechlo- 


— 


37 m. 




2 m. 


Aussi déclare-t-elle 


rofurme ; 25 










que ça ne la soulage 


gr. ont été 










nullement. 


employés en 












1 h. 1/2. envi- 












ron. 












A aucun moment la sensibilité utérine et 1 


'intelligence n'ont été 


touchées. 
3 contractions de 4 h 


.40 à 


4 h. 46 








Contractions 


i. 


Durée. 






A 4 h. 


, 46 m. 


30 s. 


40 s. 






-lOh. 


48 m. 




30 s. 





Pinard. 



16 



— 122 — 



Contractions. 


Durée. 






- 50 m. 


im. 






- 52 m. 


40 s. 






- 53 m. 


50 s. 


Pendant cette pé- 
riode, pas plus de 








cris qu'au moment 








des inhalations. 





— 56 m. 1 m. 

De H h. à 14 h. 15 m. 4 contractions. 

Expulsion de l'enfant, à 11 h. 15 m. en 0. P. 

Délivrance à 41 h. 30. A ce moment, la femme perdit environ 
600 gr. de sang. 

On lui administra de suite 2 gr. de seigle ergoté. 

L'enfant vivant pèse 3,400 gr. 

Cette femme, malgré toutes les observations, est partie trois jours 
après son accouchement. 



Observation V. 

Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant les périodes 
de dilatation et d'expulsion. 

La nommée P..., âgée de 20 ans, domestique, entre à la Maternité 
le 31 mai 1878 et monte à la salle d'accouchement le 8 juin, à 5 h. 
du matin. Cette femme, bien constituée, arrivée au terme de sa pre- 
mière grossesse, souffre depuis 3 h. du matin. 

Nous la trouvons à 1 h. de l'après-midi dans l'état suivant : 

Les douleurs, au moment de la contraction, sont assez vives, mais 
seulement dans la région hypogastrique et nullement dans la région 
lombaire. Le ventre est très- proéminent; l'utérus est en antéversion. 
Pouls. 72. 

L'orifice est grand comme une pièce de S fr., ses bords sont minces 
et souples. La tête recouverte des membranes appuie fortement sur 
l'orifice. Elle se présente en O. I. G. T. 

En observation à 1 h. 50 m. 

Contractions. Dorée. 

A 1 h. 52 m 1m 

— 56 m. i m 







— 125 


! — 




Contractions. 


Durée. 




A 2 h 


. 


30 s. 




— 


5 m. 


lm. 




— 


7 m. 


lm. 




— 


10 m. 20 s. 


1 m. 




— 


14m. 10s. 


10 s. 




— 


16 m. 


lm. 




— 


21 m. 30 s. 


40 s. 




— 


24 m. 


Ira. 




— 


31m. 


30 s. 




— 


34 m. 30 s. 


30 s. 




— 


38 m. 


30 s. 




— 


47 m. 30 s. 


50 s. 




— 


53 m. 


lm. 30 s. 






57 m. 


lm. 


Chlor. à 3 h. à 


A 3h 


. 2 m. 


lm. 


l'aide d'une 


— 


9 m. 30 s. 


2 m. 


compresse. 20 








gouttes envi- 


— 


13 m. 40 s. 


lm. 20 s. 


ron à chaque 


— 


22 m. 


1 m. 


contraction. 


— 


26 m. 


1 m. 




— 


30 m. 30 s. 


50 s. 




__ 


35 m. 30 s. 


50 s. 




— 


40 m. 


30 s. 



A 4 h. 



44 m. 


lm. 


48 m. 40 s. 


lm. 


51 m. 


30 s. 


54 m. 


lm. 


56 m. 


lm. 


57 m. 30 s. 


30 s. 


S m. 


1 m. 


10 m. 


1 m. 


13 m. 30 s. 


40 s. 


15 m. 40 s. 


lm.20s. 



Au moment de chaque 
contraction, elle ne 
crie point et se con- 
tente de faire quel- 
ques grimaces. 



Apparition des dou- 
leurs lombaires. 
Toujours quelques 
plaintes, pas de cris. 

La femme ne peut te- 
nir la compresse 
elle-même. 
Pouls à 88. 
Un peu de tendance 
à la somnolence 
dans l'intervalle 
des contractions. 
Elle se trouve sou- 
lagée dans l'inter- 
valle et même au 
moment des dou- 
leurs. 
Plaintes très-vives. 



Elle souffre beaucoup, 
dit-elle, mais pas si 
longtemps. 
P. 84, R. 24. 

« Oh! peut-on souffrir 
comme ça ! » Elle 






— 124 — 





Contractions. 


Durée. 






— 


18 m. 30 s. 


1 m. 20 s 


accuse maintenant 
le chloroforme. 


Jusqu'ici, on a 


— 


20 m. 30 s. 


50 s 


Douleur plus vio- 


employé 8 gr. 


— 


24 m. 


1 m. 


lente que jamais. 


de chlorof. 


— 


2" m. 30 s. 


lm. 


Elle pleure et se plaint 




— 


29 m. 30 s. 


3 m. 


beaucoup. 




— 


34 m. 


40 s. 


Calme dans l'inter- 




— 


35 m. 


1 m. 20 s, 


valle. 




— 


38 m. 


lm. 






— 


40 m. 


30 s. 


La dilatation n'a pas 


On cesse le chlo- 


— 


42 m. 


lm. 


sensiblementavancé 


roforme , on 


— 


46 m. 


2 m. 30 




en a employé 


— 


50 m. 


1 m. 




10 grammes. 


— 


52 m. 


lm. 






— 


55 m. 


2 m. 






— 


58 m. 


1 m. 






A 5r 


i. 2 ni. 


im. 30 s. 






— 


6 m. 


2 m. 






— 


tOm. 


2m. 






— 


15 m. 


1 m. 






— 


17 m. 


3 m. 






— 


23 m. 


1 m. 






— 


23 m. 


lm. 


Les douleurs ne sont 




— 


27 m. 


1 m. 


pas plus vives, mais 




— 


29 m. 


lm.30s. 


le calme dans l'in- 






34 m. 


1 m. 


valle est moins par- 
fait. 




" 


36 m. 


1 m. 


Rupture spontanée 
des membranes. 




— 


08 m. 


2 m. 


Pouls 78. 




— 


43 m. 


1 m. 


La dilatation a fait 




— 


44 m. 30 s. 


50 s. 


de notables progrès. 


Dn recommence 


— 


49 m. 


1 m. 20 s. 


Plaintes très -vives, 


le cloroforme 


— 


51m. 


50 s. 


mais elle dit que le 


à 5 h. 43, 20 








chloroforme la sou- 


gouttes à cha- 








lage. 


que contrac- 


— 


55 m. 


1 m. 


Plaintes de plus en 


tion. 








plus vives. 



— 125 — 
Contractions. Dnrée. 





— 


57 m. 


30 s. 


Cris plus forts que 
jamais. 




A 6 h 


. lm.30s. 


4 m. 


« Oh ! je vais mourir I 




— 


2 m. 40 s. 


30 s. 


Sont-elles fortes ces 


• 








douleurs! » 




— 


5 m. 


1 m. 


« Oh que je suis fati- 




— 


9 m. 


«m. 


guée 1 » 




— 


11m. 


lm. 


Quelqueslégers efforts 




— 


16 m. 


lm. 


expulsifs. 




— 


18m. 


lm. 


Sommeil dans l'inter- 




— 


25 m. 20 s. 


2 m. 


valle. 




— 


28 m. 30 s. 


40 s. 






— 


31m. 


40 s. 






— 


33 m. 30 s. 


50 s. 






— 


36 m. 


lm.30s. 




A partir de ce 


— 


38 m. 30 s. 


lm. 


Tête à la vulve. 


moment on 


— 


42 m. 


lm. 


Plaintes très-vives. 


donne large- 


— 


43 m. 30 9. 


30 s. 




ment le chlo- 


— 


44 m. 40 s. 


30 3. 




roforme. 


— 


46 m. 


3 m. 40 s. 






— 


51 m. 


lm. 30 s. 


On lui demande com- 






59 m. 


2m. 


mentelleva.R.«Ohl 
je souffre comme 
une damnée! » 




A 7h 


. 3 m. 


2 m. 


Anesthésie. — Plusde 




— 


20 m. 


2 m. 


sensibilité cutanée 




— 


21m. 


15 s. 


ni d'intelligence, 




— 


24 m. 


40 s. 


aucun cri au mo- 




— 


26 m. 


30 s. 


ment de la contrac- 




«— 


29 m. 


40 s. 


tion, mais simple-' 




— 


32 m. 


20 s. 


ment effort qui ne 




— 


34 m. 


20 s. 


produit que peu de 




— 


42 m. 


15 s. 


résultat au point de 




— 


49 m. 


10s. 


vue de la progres- 
sion de la tête. 




— 


52 m. 


5 s. 


Efforts saccadés ne 




— 


54 m. 


2 s. 


faisant aucunement 


Oncesselechlo- 


— 


59 m. 


2 s. 


avancer la tête. 



roforme , on 
en a employé 
-25 gr. dans 
cette dernière 
période,35gr. 
en tout. 



— 126 
Contractions. 

8 h 



Dorée. 



7 m. 

9m. 

il m. 

16 m. 40 s. 



2 s. 
lm. 

1 m. 30 3. 
lm. 



Efforts expulsifs de 
plus en plus pro- 
noncés; l'intelligen- 
ce et la sensibilité 
cutanée reparais- 
sent. 
— 20 m. 30s. Elle crie horriblement 

au moment du dé- 
gagement de l!oc- 
ciput. 
A 8 h. 23 m. contraction qui amène l'expulsion delà tète, puis, une 
seconde après, l'expulsion totale. 
L'enfant vivant pèse 4010 gr. 

Elle prétend qu'elle a beaucoup souffert lors du passage de son 
enfant. 

Délivrance à s h. 45 m. A ce moment se produit une hémorrha- 
gie (1500 gr. de sang.), on lui administre immédiatement 2 gr. de 
seigle ergoté. 
Suites de couches normales. 



TROISIEME HUM* 



Primipare à terme. 



Observation I. 

Inhalations de chloroforme pendant la période 
d'expulsion. 



La nommée X..., entrée le 24 mai à la Maternité (chambre 2, 
pavillon Tarnier), est en travail depuis la veille. Cette femme a eu 
une période de dilatation horriblement douloureuse. 



— 127 — 

A 1 h. 20 m. le 24 mai, nous la trouvons très-agitée, la peau ruis- 
selante de sueur, et faisant entendre des cris incessants. La dilatation 
est complète. Les membranes sont rompues. La tête, profondément 
engagée, se présente en 0. 1. G. A. Elle commence à pousser depuis 
quelques instants. 

Nous ne pouvons noter les contractions, tellement les cris et Ta»; 
tation sont violents. 

On commence le 
chloroforme à 
1 h. 1/8 d'em- 
blée à doses 
massives. 

Le pouls à 1 h. 1/2 est à 112. 

Nous eûmes beaucoup de peine à produire l'anesthésie, pendant 
vingt minutes, tout en saturant la compresse de chloroforme . on ne 
produisit que de l'hébétude sans pouvoir faire cesser ni les cris ni 
l'agitation. Le calme et le silence ne s'établirent qu'après vingt-cinq 
minutes, mais le pouls de 1 h. 50 à 2 h. descendit successivement à 
80, puis 60, enfin 48. A ce moment, nous crûmes dangereux de con- 
tinuer et on cessa les inhalations. 

L'expulsion eut lieu une demi-heure après au milieu de grands 
cris. 

Les suites de couches furent normales. 



Observation II. 
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion . 

La nommée D , âgée de 20 ans, domestique, entre le 27 mai 

1878 à la Maternité (salle d'accouchement). Cette femme, à lerme de 
sa première grossesse, est blonde, mais très-vigoureusement consti- 
tuée. Elle a commencé à souffrir à minuit, au moment même où elle 
perdit de l'eau en grande abondance. Les douleurs ont continué toute 
la journée ainsi que l'écoulement du liquide amniotique, et voici ce 
que nous constatons le 27 mai à 4 h. 1/4 du soir : la dilatation est 
complète; la tête, profondément engagée, se présente en 0. I. G. A; 



— 128 — 

les douleurs accompagnant chaque contraction sont assez vives; 
calme dans l'intervalle. 





Contraction). 


Durée. 






P. 72, R. 18. 










Chloroforme à 










l'aide de l'ap- 










pareil Le- 










groux à 4 h. 










25 m. 










A 4 h. 27 m. 


1 m. 


Douloureuse. 






— 30 m. 


lm. 


A ce moment elle dit 
qu'elle va mieux; 
elle babille par in- 
stants, à d'aulres ne 
répond plus aux 
questions. Elle res- 
pire du chloroforme 
depuis 5 m.; on a 
employé 8 gr. de 
chloroforme. 






— 3im. 


lm. 


Peu douloureuse. 






— 36 m. 


30 s. 


Elle dit qu'elle souffre 
dans le ventre. 






— 40 m. 


lm. 


Douleur vive. 






— 43 m. 


lm. 


Elle raconte des dé- 
tails fort circon- 
stanciés sur son 
amant. 






— 45 m. 


lm, 


La tête apparaît à la 
vulve; elle pousse 
bien; on lui tire les 
poils du pubis, elle 
ne le sent pas, tan- 
dis qu'elle se plaint 
du ventre au mo- 
ment de la contrac- 
tion. 






— 51m. 


lm. 


Elle crie un peu. 





A 



— 129 


— 






Contractions. 


Durée. 




54 m. 




40 s. 


Grince des dents. Se 
plaint beaucoup. 
Sensibilité cutanée 
revenue. Elle sent 
quand on la pince 
ou quand on la 
chatouille. 


4 h. 55 m. 30 s. 


lm. 




Elle se plaint beau- 
coup. Les contrac- 
tions font peu avan- 
cer la tète. 


- 59 m. 




40 s. 




5 h. 1 m. 15 s. 




40 s. 


P. 84. « Je ne sais si 
c'est un garçon, dit- 
elle, mais quoi que 
ce soit, ça me fait 
bien souffrir. » 


— 4 m. 




25 s. 




— 6 m. 40 s. 


lm 




Elle dort dans Tinter- 



valle des contrac- 
tions, mais chaque 
contraction la fait 
s'agiter et crier. 

— 9 m. 10 s. lm. «Oh! je souffre le 

martyre ! » Puis elle 
se rendort. 

— 11m. 10 s. 40 s. On la chatouille, elle 

sent et dit : « Oh! 
il ne faut pas me 
chatouiller. » 

— 13 m. 20 s. 1 m. Elle crie beaucoup. 

— 16 m. 10 s. 50 s. Ecoulement d'unecer- 

taine quantité de 
sang de couleur 
vineuse ou plutôt 
couleur de foie frais 
et sain. « C'est quel- 
que chose de cruel 
Pinard. 17 



— J30 — 



Contractions. 



Durée. 



que de souffrir le 
martyre, ch bien! 
moi, je le souffre. » 
Les contractions 
sont peu efficaces. 



21m. 


lm 






23 m. 10 s. 




50 s. 


Contractions plus ef- 
ficaces. 


25 m. 


lm. 






28 m. 40 s. 




30 s. 




30 m. 20 s. 




40 s. 




33 m. 30 s. 


lm. 






35 m. 35 s. 


lm. 




Parle un moment, 
puis retombe dans 
un état de somno- 
lence. 


34 m. 




30 s. 


P. 84. 



3 contractions de 5 h. 41 m. à 5 h. 45 m. 

Une dernière, de 5 h. 46 m. à 5 h. 47 m., amène l'expulsion de la 
tète; puis, immédiatement après, expulsion totale d'une fille vivante. 
25 gr. de chlo- 
roforme ont 

été employés 

de 4 h. 25 m. 

à6h.45m. 

Elle affirme qu'elle a beaucoup souffert. Elle est comme enivrée; 

« Oh 1 messieurs ! comme je vous remercie, vous m'avez sauvé la 
vie! 

— Nous vous avons bien soulagée, n'est-ce pas? 

— Oh! oui, monsieur, car on ne peut pas plus souffrir que j'ai 
souffert, et certainement si je n'avais pas eu de chloroformeje serais 
morte! » 

Elle dit tout ce qui lui passe par la tête pendant trois quarts 
d'heure. Elle n'a plus du tout la notion du temps. « Si vous aviez 
autant souffert que moi, vous ne seriez plus ici, M. le docteur. » 

L'utérus est resté mou après l'expulsion de l'enfant. 

Le placenta ne se décolla qu'au bout de trois quarts d'heure. 



— 131 — 

On lui administra du seigle ergoté aussitôt après la délivrance. 

Poids de l'enfant : 2,660 gr. 

Le 28 mai, c'est-à-dire deux jours après son accouchement, 
M. Tarnier alla la voir salle Sainte-Elisabeth, n° 16, après l'avoir 
examinée, lui dit : 

« Avez- vous beaucoup souffert? 

— Ah! oui, monsieur! 

— Avez-vous plus souffert pendant qu'on vous a donné du chloro- 
roforme que vous n'avez souffert auparavant? 

— Oh!, oui, monsieur! » 

En dehors d'un léger frisson, le troisième jour, les suites de 
couches ont été normales. 
Elle est partie avec son enfant en bon état le quatorzième jour. 



Observation III. 
Primipare a terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 

La nommée D , âgée de 24 ans, cuisinière, entre à la Mater- 
nité le 30 mai 1878, à 6 h. 1/2 du matin, et monte immédiatement 
à la salle d'accouchement. Cette femme est bien conformée. Elle 
souffre depuis douze heures environ. Les douleurs sont peu intenses. 

A9 h. 30m., nous la trouvons dansl'état suivant : l'état général est 
bon. Le pouls est à 80 et est légèrement irrégulier. Les douleurs qui 
se font sentir et dans les reins et dans le ventre sont très-peu vives, 
et cependant la contraction paraît être très-intense, car l'utérus 
prend à ce moment une consistance véritablement ligneuse. La dila- 
tation est égale à la paume de la main. Membranes intactes. Tête 
profondément engagée en 0. I. G. A. Pulsations fœtales 130. 

En observation à 9 h. 25 m. 



Contractions. 


Durée. 


A 9 h. 


, 27 m. 30 s. 


1 m. 


— 


32 m. 


1 m. 


— 


35 m. 


1 m. 


— 


40 m. 30 s. 


lm. 


— 


44 m. 


1 in. 


— 


47 m. 50 s. 


lm.50s 


— 


52 m. 


lm. 



Pendant toutes ces 






— 132 — 

Contraotiong. Durée. 



contractions, la 
femme ne fait en- 
tendre aucun cri et 
se contente de grin- 
cer des dents. 





A 10 h 


3 m. 


lm. 

lm. 






— 


6m. 


lm. 






— 


10m. 


lm. 






— 


15 m. 


lm. 






— 


21m. 


lm. 






— 


24 m. 


lm. 






— 


29 m. 


lm. 






— 


33 m. 


lm. 


Dilatation complète 


Chloroforme, à 


A 10 h 


. 30 m. 


lm. 


Rupture artificielle 


10 h. 35 m., 








des memhranes qui 


à l'aide d'une 








arrivent à la vulve. 


compresse 


— 


41m. 


lm. 




sur laquelle 


— 


42 m. 30 s. 


lm. 30 s. 


Sommeil dans l'inter- 


on verse 10 








valle des contrac- 


gouttes à cha- 








tions. 


que contrac- 


— 


45 m. 50 s. 


50 s. 


Souffre autant au 


tion. La fem- 








moment de la con- 


me tient la 








traction qu'avant 


compre s s e 








le chloroforme. 


elle-même. 


— 


50 m. 


1 m. 






— 


52 m. 20 s. 


50 s. 


Elle est très-calme et 
crie très- peu. 




— 


55 m. 


2 m. 


Grincement de dents 




A 11 h 




lm. 






— 


3 m. 30 s. 


lm.30s. 






— 


7 m. 25 s. 


1 m. 






— 


13 m. 30 s. 


30 s. 






— 


15 m. 30 s. 


1 m. 






— 


18 m. 


lm. 






— 


25 m. 30 s. 


lm.30s. 






— 


28 m. 


30 s. 


Dit qu'ellesouffre plus 



qu'avant le chloro- 



— 133 — 
Contractions. Durée. 



A 12 h. 



forme, ce qui ne 
l'empêche de tendre 
elle-même la com- 
presse pour qu'on 
lui verse de ce li- 
quide qu'elle res- 
pire avec plaisir. 



30 m. 


30 s. 


lm. 




33 m. 




30 s. 




36 m. 




40 s. 




39 m. 




lm. 




40 m. 


30 s. 


30 s. 




44 m. 


40 s. 


lm. 


Efforts expulsifs. 


47 m. 




lm. 


L'intelligence n'est 
nullement atteinte. 
Elle entend, elle 
voit, elle sent très- 
bien. 


50 m. 




50 s. 




51m. 




lm. 




56 m. 




30 s. 




58 m. 




lm. 




3 m. 




50 s. 




5 m. 




40 s. 




6 m. 


30 s. 


lm.lOs. 




9 m. 




50 s. 




11m. 




1 m. 




13 m. 




30 s. 




15 m. 




lm. 




18m. 




30 s. 




20 m. 




40 s. 




22 m. 




1 m. 




24 m. 


30 s. 


30 s. 




25 m. 


30 s. 


lm. 




27 m. 




1 m. 




30 m. 




lm.30s. 




32 m. 




lm. 




34 m. 




lm.30s. 


Calme profond dans 



— 134 — 



Contractions. 


Durée. 


l'intervalle des con- 
tractions. 


- 37 m. 


Ira. 




- 39 m. 


1 m. 30 s. 




- 41 m. 30 s. 


30 s. 


Plaintes au moment 
de la contraction. 


- 43 m. 30 s. 


lm. 




— 45 m. 


1 m. 




- 46 m. 10 s. 


50 s. 




- 48 m. 


lm.SOs. 




- 50 nw 40 s. 


50 s. 




- 52 m. 


lm.30s. 




— 55 m. 


30 s. 





On cesse le chl. 

au moment 

du dégage- 
. ment de la 

lête à midi 

56 m. On a 

employé 16 g. 

Dégagement de la lète à midi 56 m. La femme ne jette qu'un faible 
cri. 

Expulsion complète quelques instants après, d'un enfant vivant du 
poids de 3,000 gr. 

Délivrance naturelle.à 1 h. 15 m. 

La femme prétend que bien qu'elle n'ait point crié, elle a beaucoup 
souffert pendant la période de dégagement. 

Suites de couches normales. 



Observation V. 
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 



La nommée D..., âgée de 18 ans, domestique, entre à la Maternité 
le4juin 1878, à9 h. du matin (*alle d'accouchement). Elle estàterme 
de sa première grossesse qui s'est passée sans aucun accident. Elle 
souffre depuis 4 h. du matin. 



— 135 — 

A 10 h. 50 du malin nous la trouvons dans l'état suivant : 

Elle est très-calme dans l'intervalle des contractions, mais elle se 
plaint vivement pendant ces dernières. La dilatation est égale à une 
pièce de 5 fr. 

Les membranes sont intactes. La tôle, profondément engagée, se 
présente en O. I. D. P. Pouls 60. 

En observation à 10 h. 50. 

Contractions. • Durée. 
A 10 h. 56 m. 1 m. 

A 11 h. 4 m. lm. 

— 7 m. lm.30s. 

— 11 m. 1 m. 

— 17 m. 1 m. 

— 19 m. 1 m. 

— 28 m. 3 m. 

A 12 h. 40 s. 

— 4 m. 30 s. 3 m. 

On cesse de l'observer jusqu'à 2 h. 1/4. Pendant ce temps les con 
tractions furent régulières. 
On continued'observation à 2 h. 14 m. 



Plaintes à chaque 
contraction, calme 
dans l'intervalle. 



Chloroforme à 
l'aide d'une 
compresse à 
2 h. 34 m. 



Contractions. 
A 2 h. 14 m. 

— 17 m. 
20 m. 

— 25 m. 

— 28 m. 

— 31 m. 

— 33 m. 

- 35 m. 
■ 37 m. 

- 38 m. 



41 m. 30 s. 1 m 



Durée. 
2 m. 

lm. 30s. Cris, agitation. 
2 m. 
2m. 

1 m. 

lm.30s. Dilatation à peu près 

complète. 
lm. 30s. Elle demande à être 

30 s. calmée. 

10 s. Dèslespremièresinha- 

2 m. 30 s. lations elle nous re- 

mercie et se trouve 
soulagée. 
Elle pousse des cris 
affreux. On rompt 
artificiellement les 
membranes, soula- 



136 — 



(Contractions. 



Durée. 



gement immédiat 











« je suis en paradis, 










dit-elle. » 






44 m. 30 s. 


lm. 


Cris épouvantables. 
Calme entre les con- 
tractions. 


9 grammes em- 


— 


47 m. 40 s. 


lm. 


Cris violents et efforts 


ployés dans 








expulsifs accentués. 


cette période. 


— 


50 m. 20 s. 


3 m. 


Elle crie beaucoup 






54 m. 30 s. 


lm. 


moins à celle-ci, 
sensibilité obtuse, 
légèreexcitation 
morale ; on ne lui 
donne plus de chlo- 
roforme pendant 2 
contractions. 






56 m. 30s. 


lm. 


Elle dit qu'elle souffre 
plus, mais elle crie 
moins. 




— 


58 m. 30 s. 


1 m. 


Elle pousse des cris 


On cesse lechlo- 


A 3h 




lm. 


violents, mais dé- 


roforme. 


mm 


lm.30s. 


lm. 


clare que le chloro- 
forme la soulage. 




— 


3 m. 30 s. 


lm. 


Elle pousse très-bien. 




— 


(5 m. 30 s. 


lm. 


Crie beaucoup. 






8 m. 


lm. 


Peau couverte de 
sueur. 




— 


9 m. 30 s. 


lm. 






— 


11 m. 30 s. 


lm. 






— 


13 m. 


lm. 


Depuis qu'on cesse le 




— 


25 m. 30 s. 


lm. 


chloroforme elle dit 






17 m. 30 s. 


lm. 


qu'elle ne souffre 
guère plus que 
quand on lui en 
donnait. 


On recommence 


— 


18 m. 50 s. 


1 m. 


Tête à la vulve. 


le chloroforme 




21m. 


lm. 30 s. 


Voulant lui épargner 
les dernières dou- 



— 137 — 
Contractions. Durée. 

leurs de l'expulsion, 
on recommence le 
chloroforme et on le 
pousse jusqu'à l'a- 
nesthésie. 

— 23 m. 30 s. lm. Aucun cri. Abolition 

— 25 m. 30 s. lm.30s. de l'intelligence et 

de la sensibilité cu- 
tanée, mais pas de 
résolution muscu- 
laire. 
40 gr. ont été — 28 m. 30 s. 1 m. Cris affreux. Sensibi- 

employés. lilé cutanée reve- 

nue. 

— 35 m. Pendant laquelle la 
tête se dégage. Elle pousse à ce moment des cris tels, que M me Collé 
les entendant de chez elle vient voir ce qui se passe. 

La tête se dégagea en occipito-sacrée. Il n'y eut aucune déchirure 
du périnée. 

L'enfant vivant pèse 2900 gr. La délivrance eut lieu à 3 h. 50 m. 
Elle passa en médecine deux jours aprè3 son accouchement pour des 
douleurs abdominales. 



Observation VI. 
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme |pendant la période d'expulsion. 

La nommée T... G..., domestique, âgée de 25 ans, d'une bonne 
constilulion, entre à la Maternité (pavillon Tarnier, chambre n° 6) 
le i juin à 3 h. du soir. Cette femme, est à terme de sa première gros- 
sesse quis'est passée sans accident notable. Elle a commencé à souffrir 
le 4 juin à 4 h. du malin. 

Lors de son arrivée à 3 h. la dilatation était égale à une pièce de 
1 fr. Depuis ce moment jusqu'à 9 h. du soir, moment où la dilatation 
était complète, les contractions régulières furent peu douloureuses. 

En observa lion à 9 h. 1/4 du soir. 

Examen. Dilatation-complète. Les membranes se sont rompues 
Pinard. 18 



— 138 — 



spontanément il 
sommet en 0. I 
fléchie. 



y a quelques instants. La présentation est celle du 
. D. P. I^a tête est profondément engagée et très- 



Chloroforme à 
9 h. 35, bien 
accepté, d'em- 
blée à doses 
fortes. 



Contractions. 

A 9 h. 17 m. 

— 19 m. 

— 20 m. 20 s. 

— 23 m. 

— 25 m. 30 s. 

— 27 m. 30 s. 

— 29 m. 30 s. 

— 33 m. 
- 37 m. 30 s. 



On a déjà em- 
ployé en ce 
moment 12 g. 
de chlorof. 



n cesselechlo- 
roformeà 9 h. 



Durée. 

40 s, 
30 s, 

lm. 
40 s 
40 s. 
40 s 

lm.30s 
40 s 

lm.30s 



— 39m. 

— 40 m. 40 s. 



30 s. 



2m. 



— 45 m. 35 s. 25 s. 



— 48 m. 30 s. 30 s. 



— 50 m. 30 s. 2 m. 



54 m. 



lm. 



Pendant toutes ces 
I contractions elle crie 
mais elle est calme 
,dans l'intervalle. 

Elle commence à 
bien pousser. 

Cris épouvantables au 
moment de la con- 
traction «Oh qu'est- 
ce qu'on me fait. » 

Intelligence très-trou- 
blée, grognements. 

Plaintes plus fortes. 
Sensibilité cutanée 
persiste. 

Elle dort, puis se ré- 
veille en disant que 
le père de son enfant 
est bien gentil. 

Elle ne crie pas et 
pousse bien , puis 
elle s'endort. 
Au moment de la con- 
traction, pleurs et 
plaintes contre son 
amant. 

Insensibilité presque 
complète de la peau, 
quelques plaintes. 
Elle pousse bien. 

Elle reste comme eni- 
vrée. 



— 139 — 



5f> »n 



Contractions. 


Durée. 




- 57 m. 


lm. 


Elle sent quand on la 


- 59 m. 


30 s. 


pince. 


10 h. lm. 


40 s. 




3 


30 s. 


Elle est tout à fait ré- 



On recommence 

à lui donner 
du chlorof. 



veillée et dit que son 
amant est un c. 

— 6m. 30s. Calme avant, cris 

pendant. 

— 7 m. lm. Elle pousse mieux. Le 

travail marche plus 

— 9 m. 30 s. 30 s. vite depuis qu'elle 

— 12 m. 1 m. ne prend plus de 

chloroforme. 

— 14m. 30s. 30s. Ellesentencorequand 

on la pince. Elle 
nous fait à ce mo- 
mentune confidence 
concernant les sen- 
sations qu'elle é- 
prouvait dans les 
bras de son amant. 



17 m. 


,20 s. 


30 s. 


Elle pousse bien. La 
tête paraît à la vul- 
ve. 


18 m. 


20 s. 


40 s. 




23 m. 




20 s. 


Insensibilité com- 
plète. 


26 m. 




10 s. 


Dort profondément. 


29 m. 




10 s. 




30 m. 




lm. 


« Où est mon enfant?» 
Paroles incohéren- 
tes. 


32 m. 


30 s. 


lm. 


Ecoulement de sang 
assez abondant. 


34 m. 




30 s. 


Résolution complète, 
pas d'excitation au- 
tre que l'excitation 
morale. 






— 140 — 



Contractions. 


Durée. 




— 36 m. 


20 s. 


Pouls 88. 


— 38 m. 30 s. 


30 s. 


c Mon enfant n'est 
pas encore là s puis 
s'endort. 


- 41m. 


15 s. 


Quelques plaintes. 


— 42 m. 


15 s. 


A ce moment, elle ne 



pousse nullement, c'est simplement la contraction utérine qui 
expulse la tête en O.P. 

A 10 h. 44 m. lm. Dégagement des é- 

paules. 
On cesse le chlo- 
roforme. 

Expulsion complète à 10 h. 45. La femme ne sait si elle est accou- 
chée. 

Excitation morale se traduisant par une tirade sur le sort de son 
enfant. Remerciements pour le chloroforme qu'on lui a donné. 

A 11 h. l'excitation continue accompagnée de pleurs, elle regrette 
vivement que l'enfant n'ait pas pour père M. Champetier de Ribes. 

A 11 h. 5 m. calme physique et moral. 

Quantité de chloroforme employé : 32 gr. en 1 h. 1/2. 

Délivrance à 11 h. 5 m.. 

Peu de sang perdu à ce moment. 

On lui fait prendre 1 gr. de seigle ergoté. 

Poids de l'enfant : 2635 gr. 

,' Occipito-frontal ... 10 c. 5 

„. ., ,,.->.) Occipilo-mentonnier 12 c. 
Diamètres de la lete < D . . .. . _ 

j Bi-panelal 8 c. 6 

' Sous-occipito-breg . 9 c. 

Suites de couches naturelles. 

Mère et enfant partis en bon état. 



Observation V(. 
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 

La nommée K..., âgée de 30 ans, domestique, entre le 8 juin 1878 
à la salle d'accouchement de la Maternité. Celte femme, très-grande, 






— 141 — 



souffre depuis 11 h. du matin. Quand nous l'observons à 8 h. 30 m. 
nous trouvons la dilatation complète. Les membranes viennent de 
se rompre. La tête est sur le périnée, elle se présente en O. I. G. A. 
En observation à 8 h. 32. 



Contraction», 

A 8 h. 33 m. 30 s. 
— 36 m. 



— 39 m. 

Chloroforme à — 44 m. 

8 h. 45 d'à- — 46 m. 

bord par do- — 48 m. 

ses de 20 — 50 m. 

gouttes à cha- — 52 m. 

que contrac- — 54 m. 

tion. — 55 m. 



A 9h. 



2 m. 

4 m. 

6m 

8 m. 
10 m. 
12 m. 



30 s. 
30 s. 
40 s. 

10 s. 
30 s. 
30 s. 

20 s. 



Durée. 

30 s. 
30 s. 

1 m. 30 s. 
1m. 

40 s. 
4 m. 30 s. 
lm. 

lm. 30 s. 
1 m. 

lm. 30 s. 
lm. 
2m. 
lm. 
lm. 
lm. 30 s 

40 s 
lm. 



Plaintes. 
Plaintes très-vives. 

Elle pousse. 
Calme complet ians 
l'intervalle des con» 
tractions. 



Elle ne sait si le chlo- 
roforme la soulage, 
elle souffre toujours 



On donne le 


- 14 m. 


lm. 


chloroforme à 


- 18 m. 30 s. 


30 s. 


doses massi- 


- 23m. 


30 s. 


ves, on n'at- 






teint la réso- 






lution com- 






plèlequ'après 






une période 






d'excitations 






très-vives. 








- 24 m. 40 s. 


30 s 


On cesse le chlo- 


- 27 m. 


20 s 


roforme , on 


- 30 m. 


30 s. 


en a employé 






30 grammes 


- 32 m. 





Elle s'agite un peu, 
ne se plaint plus, 
mais ne pousse plus 
du tout. 



Anesthésie complète. 

Elle recommence fe 

bien pousser. 
Elle pousse fortement 



— 142 — 



en moins o u 
ne heure. 



et à ce moment la lëte 
est brusquement ex- 
pulsée. 



Enfant vivant du poids de 2850 gr. 
Déchirure du périnée de 2 c. environ. 

Elle prétend avoir beaucoup souffert lors du passage de la tête, 
mais elle n'a jeté aucun cri. 
Délivrance naturelle à 9 h. 45. 



Observation VII. 
Primipare à terme. — Chloroforme pendant la période d'expulsion. 

K. Marie, 49 ans, blanchisseuse, bien constituée et ayant le bassin 
normalement conformé, entre à la salle d'accouchements de la Ma- 
ternité le 9 juin à 11 h. du soir, Elle est parvenue au terme de sa 
première grossesse, et les premières douleurs se sont fait sentir à 
3 h. après-midi. Ces douleurs, qui siègent à la fois dans la région 
lombaire et dans l'abdomen, reviennent environ toutes les 5 m. 

Examinée à 11 h. du soir. Présentation du sommet en O. I. G. Ajj 
Membranes intactes. Dilatation présentant des dimensions égales à 
celles de la paume de la main 

En observation à 11 h. 20 m. du soir. 



Contractions. 


Durée. 




11 h. 21 m. 


30 s. 




— 23 m. 30 s. 


50 s. 




— 25m. 


40 s. 


Quelques plaintes au 
moment de chaque 
contraction avec un 
peu d'agitation. 


— 26 m. 30 s. 


30 s. 




— 27 m. 40 s. 


40 s. 




— 29 m. 20 s, 


30 s. 




— 30 m. 20 s. 


40 s. 




— 32 m. 


50 s. 




— 34 m. 


50 s. 




— 37 m. 30s. 


30 s. 








143 - 





Contractions. 


Durée-, 






— 


40 m. 


40 s. 


Pouls 72 




— 


42 m. 


50 s. 






— 


45 m. 


lm. 






— 


47 m. 


30 s. 




• 




50 m. 30 s. 
53 m. 


lm. 

40 s. 


Vomissements ah- 
nentaires. 




— 


55 m. 


20 s. 






— 


56 m. 30 s. 


30 s. 






— 


58 m. 30 s. 


lm. 






12 h 




lm. 








4 m. 

7 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 
lm 


Rupture artificielle 
des membranes. 


On commence 


— 


12 m. 10 s, 






les inhala- 


— 


12 m. 30 s. 


ls. 




tions de chlo- 


— 


22 s. 


30s, 


Résolution la plus 


roforme. 








complète. 




— 


24 s. 


30 s. 


Agitation au moment 



— 25 m. 30 s. 

— 28 m. 30 s. 

— 30 m. 
Pendant la contraction la femme 

La sensibilité cutanée reparaissait 

Contractions. 



de la contraction. 
Ces deux dernières 
contractions ne s'ac- 
compagnent d'au- 
cun effort expulsif. 
30 s. Petit effort. 
30 s. Efforts expulsifs un 
peu plus accentués. 
30 s. 
dit : c Mon Dieu! que je souffre! » 
en même temps. 

Dorée. 



A 12 h. 32 m. 30 s. Agitation. 

37 m. 30 s. 

Dans l'intervalle des contractions, résolution absolue. Abolition 
complète de la sensibilité cutanée. Au moment des contractions, 
plaintes, agitations des membres: en même temps quelques efforts 
expulsifs courts p| saccades. 



144 — 



Contractions. 


Durée. 




A 12h.38m. 


30 s. 




— 40 m. 30 s. 


30 s. 


12 h. 43 m. P. 66, 

Quelques irrégula- 
rités. 


— 44 m. 


lm.22s. 


Avec efforts expulsifs. 


— 46 m. 


40 s. 




— 47 m. 30 s. 


20 s. 


Très-peu d'efforts ex- 
pulsifs. 


— 49 m. 


ls. 


Efforts expulsifs sac- 
cadés. Grande agi- 






tation au moment 
de la contraction. 


— 52 m. oO s. 


30 s. 




— 56 m. 


ls. 


Celte contraction finit 



58 m. 



20 s. 



sans aucun effort 
expulsif. 
Avec petit effort ex- 
pulsif. 





lh. 






30 s. 




On cesse le chlo- 


— 2 m. 






30 s. 




roforme à 1 h. 
10 m. On a 


— 4m. 

— 5 m. 30 s. 






30 s. 
30 s. 


Efforts expulsifs un 


employé en 
tout 60 gr. de 
chloroforme. 


— 8 m. 

— 9 m. 30 s. 






30 s. 
40 s. 


peu plus prononcés. 
La femme commence 




— Il m. 






30 s. 


à bien pousser. 




1 h. 12m. 


1 


m 








— 15 m. 






ls. 






— 16 m. 30 s. 






30 s. 






— 18m. 






30 s. 






— 19 m, 40s. 


1 


m 








— 22 m. 30 s. 


1 


m 








- 25m. 






40 s. 


La femme perd une 
cerlaine quantité 
de sang avant l'ex- 
pulsion du fœtus. 



27 m. 



2 s. 



145 



Contraction 
— 30 m. 



Durée. 



1 s. Dégagement de la 
tête. 
Al h. 32 m., expulsion complète, accompagnée de cris. L'intelli- 
gence est revenue seulement à la dernière contraction, et non encore 
d'une façon complète. — Délivrance à 1 h. 40 m.; quantité de sang 
perdu insignifiante, seigle ergoté. 
L'enfant est un garçon vivant, pesant 3200 grammes. 
Pendant les 3 premiers jours des suites de couches, pouls à 64-68, 
peau chaude, céphalalgie. 



Observation VIII. 
Primipare a terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 



La nommée A...., âgée de 18 ans, marchande des quatre sai- 
sons, entre à la Maternité le 6 mai 1878 et monte à la salle d'accou- 
chement le 10 juin à 9 h. 1/2 du matin. A ce moment la dilatation 
était égale à une pièce de 50 cent. Toute la journée les douleurs per- 
sistèrent et à 4 h. 45 m. nous la trouvons clans l'état suivant : 

Elle demande à grands cris à être endormie parce qu'elle souffre 
horriblement depuis le matin. La dilatation est complète et les mem- 
branes intactes. La tête très-profondément engagée se présente en 



Contractions. 



Durée. 



0. I. D. A. En observation à 4 h. 45 m. 



A 4 h. 45 m. 



On commence 
le chloro- 
forme à 4 h. 
55 m., on le 
donne large- 
ment de ma- 
Pinard. 



49 m. 30 s. 
51 m. 30 s. 

53 m. 

54 m. 30 e. 
56 m. 

58 m. 



3 m. 

1 m. 
lm. 

1 m. 

1 m. 



30 s. 



1 m. 



59 m. 30 s. lm. 



Nous rompons les 
membranes. 

Efforts expulsifs 
francs et soutenus. 



La tête est à la vulve. 

Période d'excitation 
très-courte. 

Dernière douleur per- 
çue. 

L'effort expulsif com- 
19 



— 146 — 

Contractions. Durée. 



nière à ame- 








mence à s'amoin- 


ner rapide- 








drir. 


ment l'anes- 


5 h. 8 m. 30 s. 


lrr 


i. 


Anesthésie complète. 


thésie. 


5h.]0m. 




30 s. 


Effort expulsif à peine 




— 11 m. 30 s. 

— 13 m. 20 s. 

— 15 m. 

— 17 m. 

— 19 m. 30 s. 




30 s. 
30 s. 
50 s. 
20 s. 
20 s. 


marqué. 

1 

! 

J Efforts expulsifsfai- 
\ blés et saccadés. 




— 21m. 

— 22 lit 30 b. 


lm 


50 s. 


j 




— 25 m. 




30 s. 


f 




A 5 h. 27 m. 




10 s. 






— 28 m. 30 s. 




30 s, 






— 30 m. 30 s. 




50 s. 






— 32 m. 20 s. 


\ m 








— 34 m. 30 s. 




40 s. 






— 36 m. 




30 s. 






— 37 m. 30 s. 




30 s. 


Dans toute cette pé- 



6 h. 



40 m. 40 s. 
42 m. 

44 m. 

45 m. 20 s. 

48 m. 

49 m. 30 s. 
51 m. 20 s. 
53 m, 

55 m. 

58 m. 20 s. 

59 m. 40 s. 
lm.- 



riode l'effort expul- 
sif a été faible et 
saccadé, tandis 
qu'avant l'anesthé- 
sie il était très- 
prononcé. 

30 s. 

50 s. 

40 s. 

20 s. 

20 s. 
30 s. 
40 s. 
30 s. 
lm. Elle perd une certaine 



lm. 



lm. 



lm. 



— 147 


— 


Contractions. 


Durée. 


- 3m. 


30 s. 


— 4 m. 


30 s. 


— 5 m. 


30 s. 


- 6 m. 30 s. 


50 s. 


8 m. 


lm. 


- 9 m. 40 s. 


30 s,; 


- 11 m. 30 s. 


30 s.' 


- 12 m. 30 s. 


30 s. 


- 15 m. 


lm. 


- 17 m. 


lm. 


- 19 m. 


lm. 



quantité de sang de 
couleur vineuse. 



A ce moment on ne 
note plus les con- 
tractions, car les 
mouvements ré- 
flexes de cette 
femme sont tels, 
qu'il faut être trois 
pour la maintenir. 



Oncesselechlo- 
ro forme à 6 h. 
32 m. Il a fallu 
pour ainsi 
dire mainte- 
nir la com- 
presse satu- 
rée pour 
maintenir l'a- 
neslhésie; on 
a employé 
90gr.de chlo- 
roforme en 
1 h. Ip2. 

Expulsion complète à 6 h. 32. La femme ne jette ancun cri. 
L'anesthésie est complète encore. 
Enfant vivant du poids de 2650 gr. 
Avant la délivrance perte de 500 gr. de sang. 
Au moment de la délivrance nouvelle perte de 500 gr. de sang à 

6 h. 45 m. 
Administration de seigle argoté. Suites de couches normales. 



Observation IX. 
Primipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 

La nommée M...., âgée de 18 ans, couturière, entre le 4 juin 18 
à la Maternité et monte à la salle d'accouchements le 12 juin. Cette 



— 148 — 

femme, bien constituée, à terme de sa première grossesse, souffre 
depuis 5 heures du matin. 

Toute la journée les douleurs persistèrent. 

La période de dilatation fut extrêmement pénible. 

La poche des eaux se rompit avant la dilatation complète. 

A 6 heures, nous constatons l'état suivant : 

Dilatation complète. Tête profondément engagée en U. I. G. A. 

En observation à 6 h. 10 m. 



Contractions. 



Durée. 



A 6 h. 12 m. 



20 s. 







15 m. 


1 m, 




Cette femme, qui avait 
beaucoup crié pen- 
dant la période de 


- 






^ 




dilatation, ne crie 
plus depuis qu'elle 












est dans la période 
d'expulsion , bien 


r 










qu'elle souffre au 
moment de chaque 
contraction. 




— 


17 m. 30 s. 


1 m, 








— 


21 m. 30 s. 


lm. 








— 


24 m. 




30 s. 






— 


26 m. 


lm. 








— 


29 m. 


lm. 








— 


31m. 


lm. 






On commencé le 


— 


41m. 


2 m. 






chloroforme à 


— 


50 m. 


lm. 




Efforts expulsifs sou- 


6 h. 50 m. On 










tenus; à peine d'ex- 


le donne im- 


— 


58 m. 


lm. 




citation. 


médiatement A 


7h. 






40 s. 




de façon à 


— 


2 m. 




10 s. 


Intelligence et sensi- 


amener l'a- 










bilité abolies. Moti- 


nesthésie. 










lité persistante. 




— ■ 


3 m. 30 s. 




20 s. 


Effort qui ne se sou- 
tient pas. 




— 


4 m. 




5 s. 






— 


5 m. 




10 s. 





— 149 — 



A 7h 



On cesse mo- 
mentanément 
le chlorofor- 
me à 7 h. 25. 



5 m. 30 s. 

7 m. 

9 m. 30 s. 
14 m. 
16 m. 
20 m. 



23 m. 

25 m. 20 s. 



Contractions. Durée. 

lm. 

20 s. 
lm. 

30 s. Résolution complète, 
lm. 

20 s. Pupille contractée et 
insensible à la lu- 
mière. 
40 s. La face devient pâle. 
40 s. Mouvements réflexes 
au moment de cette 
contraction. 

— 27 m. 1 m. Effort expulsif plus 

accentué. 

— 28 m. 30 s. 50 s. La sensibilité cutanée 

reparaît. Sa figure 
prend un caractère 
anxieux. On lui de- 
mande si elle souf- 
fre : elle répond 
qu'elle a mal dans 
le ventre. 



On reprend le 
chloroformée 
7 h. 32 m. 





— 32 m. 


lm. 




La sensibilité et l'in- 
telligence dispa- 
raissent de nouveau. 




— 40 m. 30 s. 


\ m. 


30 s. 


Respiration ronflante 




— 44m. 




30 s. 


Pupille absolument 
insensible et très- 
contractée. 


On cesse le chlo- 


— 47 m. 


lm. 




Dilatation de la pu- 


roforme à 7 h . 








pille pendant cette 


47 m. 








contraction. 




— 52 m. 


1 m. 




La niotilité, la sensi- 
bilité cutanée et l'in- 



— 150 — 



Contractions. 



Durée. 



A 8 h. 



1 m. 



telligence reparais- 
sent. 

Effort expulsif éner- 
gique faisant beau- 
coup progresser la 
tête. 

Elle dit qu'elle souffre 
non plus dans le 
ventre, mais dans 
la matrice. 



On reprend le 
chloroformée 
8 h. 5 m. 


- 5m. 

- 11 m. 


30 s. 


lm. 


30 s. 
30 s. 


Insensibilité cutanée, 
effort expulsif nul. 


On cesse défini- 
tivement le 
chloroforme à 


- 15 m. 

- 17 m. 

- 19 m. 




lm. 
lm. 
lm. 




La tête progresse à 
chaque contraction, 


8 h. 15, on en 










mais la femme se 


a employé 
80 gr. 










plaint. 



Expulsion complète, à 8 h. 25, d'un enfant vivant, du poids de 
3800 gr. 

Délivrance à 8 h. 30; quelques instants après il s'écoule environ 
500 gr. de sang. 

Je n'ai rien senti, dit-elle, en accouchant, mais maintenant ça me 
cuit beaucoup. 



QUATRIEME SERIE 



Observation I. 

Multipare à terme. — Inhalations de chloroforme pendant la période 
de dilatation. 



La nommée M..., repasseuse, âgée de 24 ans, entre à la Maternité 
le 29 mai 1878 (salle d'accouchement). Cette femme est à terme de sa 



— 151 — 

deuxième grossesse. Le premier accouchement à terme a été spon- 
tané. 

Les premières douleurs se sont fait sentir à 4 h. du matin et ont 
continué toute la journée. 

A 4 h. 25 du soir nous constatons l'état suivant : la dilatation est 
égale à une pièce de 5 fr., les bords sont minces et souples. Les 
membranes rompues. La tête profondément engagée se présente en 
0. I. G. A.— P. 68, puis, fœtales 144. 

En observation à 4 h. 25. 





Contractions. 


Durée. 




A 


4h 


.26 m. 


lm. 






— 


29 m. 


1 m. 






— 


31m. 


50 s. 






— 


35 m. 


lm. 


Douleur vive au mo- 




. — 


41m. 


lm. 30s. 


ment de la contrac- 




— 


44 m. 


55 s. 


tion. 




— 


48 m. 30 s. 


1 m. 


Calme et sommeil en- 




— 


55 m. 


2 m. 30 s. 


tre les contractions. 




— 


59 m. 


lm. 




Oncommencele A 


5h 


. 3 m. 30 s. 


1 m. 30 s. 




chloroforme à 


— 


11m. 


lm.20s. 




5 h. On le 


■ — 


16 m. 30 s. 


lm. 




donne à doses 


— 


19 m. 


40 s. 




fractionnées. 


— 


23 m. 30 s. 


30 s. 


La dilatation n'a fait 




— 


29 m. 


1 m. 


aucun progrès. 




— 


32 m. 


1 m. 50 s. 






— 


34 m. 


1 m. 


Les douleurs sont 




— 


39 m. 


lm. 


aussi fortes qu'a- 




— 


40 m. 30 s. 


30 s. 


vantles inhalations 




— 


44 m. 


lm. 









47 m. 


1 m. 






— 


50 m. 30 s. 


lm. 


Les douleurs sont tou- 




— 


55 m. 30 s. 


30 s. 


joursaussipénibles. 




— 


57 m. 


lm. 






A ôh. 


lm.30s. 


Douleur la plus vive 










qu'elle ait encore 










ressentie. 



— 2 m. 



lm. 



— 152 — 



Contractions. 



Oncesselechlo- — 
roformesurla — 
demande de — 
la femme à 6 — 
h. 37 m., on — 
en a employé A 7 h 



22 gr. 



6m. 

8 m. 

10 m. 30 s. 
12 m. 
16 m. 
23 m. 30 s. 
27 m. 
32 m. 
35 m. 40 s. 
39 m. 
45 m. 30 s. 
47 m. 30 s. 
49 m. 
54 m. 



— 4 m. 



10 m. 
12 m. 
14 m. 30 s. 
17 m. 
19 m. 
22 m. 
24 m. 
27 m. 20 s. 
29 m. 20 s. 



— 22 m . 



36 m . 
39 m. 30 s. 
42 m. 30 s. 
44 m. 30 s. 
46 m. 30 s. 
48 m. 
50 m. 
54 m. 

56 m. 

57 m. 



Durée. 

40 s 
30 s. 

lm. 10 s. 

1 m. 

lm. 
30 s. 

1 m. 

1 m. 30 s. 

1 m. 20 s. 
lm. 

30 s. 

30 s. 
3 m. 
3 m. 
3 m. 

2 m. 

1 m. 

lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 

50 s. 
1 m. 10 s. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm.30s. 

30 s. 
lm. 
lm. 
1 m. 
1 m. 

20 s. 

30 s. 



Orifice ayant 6 c. de 
diamètre. 

P. 64, puis, fœtales 144. 
Vomissement. 

Cette femme trouve 
que le chloroforme 
ne diminue nulle- 
ment ses douleurs 
etqu'illafait vomir. 

On lui offre le chloro- 
forme qu'elle refuse 
énergiquement. 

Douleurs très-vives. 

L'utérus semble se 
mieux contracter. 

La dilatation est com- 
me la paume de la 
main. 



Dilatation complète 



Douleurs très-vives. 






A 8 h. la tête se dégage et quelques instants après le tronc. 



— 153 — 

Enfant vivant pesant 3200 gr. 

Délivrance à 8 h. 3/4. Perte de 750 gr. de sang au moment de la 
délivrance. 

L'utérus reste mou. 

On administre 1 gramme de seigle ergoté. 

Le cinquième jour après sou accouchement passe en médecine pour 
malaise général, sensibilité du ventre, diarrhée. 



Observation II. 
Multipare à ternie. — Inhalations de chloroforme pendant la période d'expulsion. 

La nommée P..., couturière âgée de 32 ans, entre à la Maternité 
le 30 mai 1878 et monte à la salle d'accouchements le 9 juin à 8 h. du 
soir. 

Cette femme est à terme de sa cinquième grossesse. Elle souffre 
depuis 7 h. du soir. 

A 8 h., lorsque nous l'examinons, nons la trouvons dans l'état sui- 
vant : La dilatation est éa;ale à une pièce de 1 franc. Les membranes 
sont intactes, la tète profondément engagée se présente en 0. 1. G. A . 

Pouls 84. Pulsations fœtales 134. 

En observation à 8 h. 25. 



Contractions. 


Durée. 




A 8 h. 25 m. 


lm. 






— 35 m. 


lm. 


30 s. 




— 48 m. 


1 m. 


30 s. 




— 55 m. 30 s. 


1 m. 


20 s. 


Elle crie et se tord sur 
son lit à chaque 
contraction. 


9 h. lm. 30 s. 


1 m. 






— 14 m. 


1 m. 






— 19 m. 50 s. 


1 m. 






— 25 m. 30?. 


lm. 






— 33 m. 


] m. 




Elle refuse le chloro- 
forme. 


— 43 m. 30 s. 


1 m. 


30 s. 




— 54 m. 


1 m. 






101). 2m. 


1 m. 


40 s. 





Pinard. M 



— 154 

Contractions. 

7 m. 30 s. 
9 m. 

- 10 m. 

- 14 m. 

- 18 m. 

- 21 m. 

- 23 m. 



— 25 m. 30 s. 

— 28 m. 30 s. 

— 32 m. 
Chlûioforme àA10h.35m. 

10 h. 35 m. — 41m. 
d'emblée à do- 
ses massives. — 44 m. 



Durée. 

30s. 

30 s. 

30 s. 

20 s. 
lm. 
lm. 
2m. 



Elle demande à 
grands cris le chlo- 
roforme. 



50 m. 
54 m. 



lm.30s. 
2 m. 

lm.30s. 
2m. 
lm. 

lm. 

2 m. 
2 m. 



Excitation légère, 
puis anesthésie. 

Rupture artificielle 
des membranes. 



On a employé 

32gr.de chlo- 
roforme. 

Expulsion du fœtus à 11 h. du soir. 

Enfant vivant, pesant 3350 gr. 

Délivrance naturelle à 11 h. 10 m. du soir. 

A peine 30 gr. de sang de perdu à ce moment. 

Utérus bien rétracté. Malgré cela on administre 1 gr. de seigle 
ergoté. 

Céphalalgie pendant les trois premiers jours qui suivirent l'accou- 
chement. 



Bien que d'après mon sujet je n'aie pas à parler des suites de 
couches, je crois cependant intéressant de donner sans entrer 
dans les détails, les résultats concernant la mortalité. 
Des 23 femmes soumises aux influences du chloroforme. 
21 sont sorties de la Maternité en assez bon état. 
2 sont mortes. 



-_ 155 — 

Ces deux femmes, étaient les nommés: D. (obs. IV, 3 e série) 
et K. (obs. VI, 3 e série). La première est morte d'une péritonite 
le 9 juin, cinq jours après son accouchement; la seconde est 
morte également d'une péritonite, le 14 juin, six jours après 
son accouchement. 

Sans vouloir tirer de ces faits une conclusion quelconque, je 
dois cependant faire le rapprochement suivant: 

Du 26 mai au 12 juin, 83 femmes accouchèrent à la grande 
Maternité ; 

60 n'ont pas été soumises aux influences du chlo- 
roforme ; 

Mortalité 0. 
23 ont été soumises aux influences du chloro- 
forme. 

2 sont mortes. 



DEUXIÈME FAUTIF 



ï'HLOMI. 



Ai l'KiN U( t CHLORAI. SUR LES FEMMES EN TRAVAIL NORMAL 

liien qu'on ne sache encore exactement si le chloral ou hydrate 
de chloral agit, en se dédoublant dans l'organisme, en chloro- 
forme et acide formique. et produise alors « la chloroformisa- 
tion la plus lente qu'on puisse imaginer », comme le veulent 
U. Liebreich, Personne, l'.yasson, etc., ou si, comme le soutien- 
nent Gubler, Cl. Bernard, L. Labbé, Goujon, Dieulafoy, Ferrand 
(de Lyon), le chloral possède une stabilité suffisante pour agir 
directement et par lui-même, le chloral est entré aujourd'hui 
dans la pratique médicale. 

Je ne m'occuperai ici que de son action sur la femme en tra- 
/ail, renvoyant pour son étude physiologique en général aux 
ouvrages de Cl. Bernard, Gubler, Oré, Vulpian, E. Labbée, etc. 
Dès 1870, E. Lambert s'employa sur des femmes en travail, et 
publia (Edinb. Medic. Journ., août 1870), le résultat de ses 
observations. « Il est évident, dit-il, que le chloral ne peut pré- 
tendre à remplacer le chloroforme, parce qu'il abolit moins la 
connaissance, plaçant la malade pour ainsi dire à mi-che- 
min entre la connaissance et l'inconscience, en lui enlevant la 
volonté qui lui est nécessaire pendant la fin de la seconde pé- 
riode. Mais son emploi met en lumière les admirables propriétés 
de cet agent appliqué au soulagement de la deuxième période 



— 157 — 

du travail, où l'on admet généralement que le chloroforme est 
dangereux. 

« Homme hypnotique pendant la première période, le chloral 
est sans rival; car l'opium, notre seul refuge en pareil cas, ne 
peut être administré sans s'opposer à la marche du travail, » 

Suivent 11 observations dont les résultats sont loin d'être 
aussi nets que )e proclame l'auteur. 

Le mois suivant, le D r Gerson da Gunha publia dans le même 
recueil deux observations dans lesquelles le chloral administré 
pendant l'accouchement avait produit de bons résultats. 

LeD r DuHamel,dansl' American Journal of themedical sciences , 
octobr. 1870, après avoir employé également le choral, dit qu'il 
considère ce médicament comme très-précieux , lorsque le tra- 
vail est menaçant et traîné en longueur 

En 1872, le D r Bourdon l'employa le premier en France, dans 
son service d'accouchements à la Charité. 11 pense, sans être très- 
affirmatif à cet égard que sous l'influence du chloral la contrac- 
tion est plus énergique et que le travail se termine plus rapide- 
ment. Le D r Bourdon a surtout employé le chloral chez les 
femmes épuisées par un travail très-long ou dont le système ner- 
veux était très-irritable. 

Sous son inspiration deux thèses furent soutenues par deux 
de ses élèves dans la même année : thèse de M. Franca y Mazora 
et la thèse de M. Pellissier. 

La thèse du D r Pellissier constitue certainement un des travaux 
les plus sérieux parus jusqu'en 1873, et qui aient été faits sur 
cette question. 

Après avoir cité un certain nombre d'observations, après avoir 
eu recours même à la physiologie expérimentale , point sur 
lequel je reviendrai, l'auteur termine par les conclusions sui- 
vantes 

« L'hydrate de chloral n'exerce aucune influence sur la santé 
de la mère et de l'enfant à la condition d'être bien pur. 

« Les contractions utérines continuent à se faire régulière- 
ment ; il procure du sommeil et une diminution de la douleur 
variable avec les sujets. 



— 158 — 

>■ On peut l'administrer avec avantage contre les douleurs de 
l'accouchement naturel, particulièrement chez les primipares, 
pour calmer l'excitation qui résulte de la douleur et supprimer 
les préoccupations qui, le plus souvent, accompagnent le tra- 
vail. 

» Il convient de l'employer chez les femmes nerveuses irrita- 
bles, redoutant les douleurs de l'accouchement ; il est encore 
indiqua contre les accident douloureux qui viennent parfois com- 
pliquer le travail, tels que crampes, maux de reins, enfin contre 
les tranchées utérines lorsqu'elles deviennent particulièrement 
douloureuses. 

» Les opérations obstétricales réclament absolument l'emploi 
du chloroforme, 

» Le chloral peut être administré à toutes les périodes du tra- 
vail. » 

William Berry, in Lancet 1874, après avoir employé le chloral, 
dit : « J'ai parfaitement observé que le chloral n'a aucunement 
retardé la marche du travail ; au contraire la dilatation de l'orifice, 
la descente de la tête, le caractère et la fréquence des douleurs 
semblent dues à son influence. » 

Playfair, dans un travail intitulé : On Chloral as an anesthetic 
during labour, in Lancet 1874, expose d'abord les considéra- 
tions suivantes : « Les moyens dont nous disposons pour atté- 
nuer les souffrances de la femme en travail constituent un sujet 
d'un haut intérêt pour l'accoucheur. L'administration du chloro- 
forme pendant la seconde période du travail est devenue d'un 
usage fort répandu. L'expérience que j'en ai m'oblige à dire que 
je n'aime pas à m'en servir pendant le travail, et cela non parce 
que je n'en ai pas assez l'habitude, mais à cause de la tendance 
de cet agent à dépasser le but qu'on vise... 

« Je ne connais pas l'expérience des autres, mais quant à moi 
je sais un certain nombre de cas où il a agi en diminuant la force 
des contractions et en ralentissant matériellement le travail... 

« Je ne doute pas que l'emploi du chloroforme pendant le tra- 
vail ne prédispose à l'hémorrhagie consécutive, etc., etc. 

« Le chloral qui, à mon avis, n'est pas apprécié à sa juste valeur, 






— 159 — 

a sur le chloroforme l'immense avantage de ne pas ralentir l'in- 
tensité et la force des contractions , tout en diminuant la dou- 
leur. On peut l'employer surtout à une période où le chloroforme 
n'est guère applicable, etc., etc. » 

Ensuite, après avoir montré en quoi l'action du chloral diffère 
de celle l'opium, il ajoute en terminant qu'on peut même admi- 
nistrer le chloroforme chez une femme déjà chloralisée si les 
douleurs sont trop fortes. 

En 1875 parut dans les Annexes de gynécologie un important 
mémoire sur l'Emploi de l'hydrate de chloral comme anesthé- 
sique dans V accouchement naturel, du D r Ghouppe. 

L'auteur cherche à élucider les trois questions suivantes : 

1° L'hydrate de chloral peut-il produire l'anesthésie obstétri- 
cale? 

2° Cette anesthésie est-elle sans danger pour la mère et pour 
l'enfant ? 

3° Quelles sont les indications et les contre-indications de 
l'hydrate de chlorate ? 

Pour prouver la première question, le D r Ghouppe publie douze 
observations tant personnelles qu'appartenant à divers auteurs, 
parmi lesquelles j'en vais citer sept parmi les plus concluantes : 



Orservation II (Chouppej. 

X..., 22 ans, primipare, a eu une grossesse assez pénible, pendant la- 
quelle elle est entrée plusieurs fois à l'hôpital de la Charité, dans le ser- 
vice de M. Bourdon, pour se faire soigner de diverses affections légères. 
Ayant éprouvé quelques douleurs, elle entre à l'hôpital plusieurs jours 
avant l'accouchement. 

Elle est prise de douleurs extrêmement vives à 5 heures du matin. Celles- 
ci se répètent fréquemment et provoquent les cris de cette femme, qui est 
très-irritable; même état jusqu'à 9 heures du matin. A ce moment, les dou- 
leurs sont très-rapprochées ; elle souffre beaucoup des reins. Le col, com- 
plètement effacé, est de la largeur d'une pièce de 50 centimes. Jusqu'à 
4 heures, les douleurs se succèdent très-violentes et très rapides ; le col est 
de la largeur d'une pièce de 5 francs. 

Je fais donner un lavement contenant 3 grammes d'hydrate de chloral. 



— J60 — 

Au bout d'un demi-heure, ce lavement n'a pas encore produit le sommeil ; 
mais les douleurs, quoique encore assez fortes, sont cependant moins vives. 
Je fais donner une nouvelle dose d'hydrate de chloral de 2 grammes par la 
bouche. Au bout de vingt minutes, sommeil complet; les contractions se 
succèdent do dix en dix minutes, très-régulièrement; elles sont puissantes; 
à 6 h. 30 m. la dilatation est complète; à 7 h. 25 m., le fœtus est expulsé : 
la malade ne je réveille qu'au moment de la délivrance, à 7 h. SO m.; elle 
n'a pas souvenir de son accouchement. 

Elle sort de l'hôpital en parfait état au bout de huit jouis. 



Observation V (Fauny). 

Il s'agit d'une primipare, âgée de 21 ans, enceinte de 8 mois, entrée dans 
le service de M. Bourdon, salle Sainte-Julie, lit 9, le 3l octobre 1872. 

Depuis deux mois elle éprouvait de fortes douleurs, coliques utérines; 
depuis un mois mictions très-fréquentes, urines de couleur foncée, œdème 
des membres, céphalalgie, insomnie. Il y a huit jours l'œdème s'est montré 
à la face. Le jour de l'entrée, on constate que l'urine est très-albumineuse. 

Le lendemain, douleurs abdominales, et, à 3 heures de l'après-midi, 
rupture spontanée des membranes, le col utérin conservant toute sa lon- 
gueur à 1 heure du matin, les douleurs sont très-vives et continues; le col 
n'est pas dilaté ; on prescrit une potion avec 4 grammes d'hydrate de chlo- 
ral à prendre en quatre fois, de quart d'heure en quart d'heure. La malade 
s'endort presque aussitôt après la quatrième dose, ne s'éveille qu'à chaque 
contraction utérine, et cela sans éprouver de douleur véritable. 

A 3 heures du malin, nouvplle potion avec 3 grammes d'hydrate de chlo- 
ral; elle est presque aussitôt vomie. 

Les contractions sont toujours continues, peu fortes, mais toujours dou- 
loureuses. A 8 heures, le col n'est encore que peu dilaté; on administre 
un lavement avec 4 grammes de chloral; il est presque aussitôt rendu- 
Néanmoins, vers dix heures et demie, la malade s'endort assez profondé- 
ment pour qu'on puisse pratiquer le toucher sans l'éveiller ; la dilatation a 
l'ait clos progrès. 

A midi nouvelle potion de grammes, qui amène un demi-sommeil sans 
agitation. La face pendant les contractions expulsives n'exprimait pas la 
douleur. 

Après la délivrance, l'accouché* a raconté qu'elle n'avait pas souffert.Sort 
guérie sans complications. 



— 161 — 



Observation VI (Fauny). 

11 s'agit d'une femme, âgée do 23 uns, entrée salle Sainte-Marie, à l'hôpi- 
tal de la Charité, service 'lu M. Bourdon, le 17 décembre 1873. 

Les douleurs ont commencé à minuit; à une heure du matin elles devien- 
nent très-vives : Le col présente la largeur d'une pièce de deux francs ; vo- 
missements. On administre 2 grammes d'hydratf de chloral ; cette potion 
provoque de nouveaux vomissements. 

9 h. 10. Deux grammes de chloral en lavement. 

9 h. "20. Elle commence à sommeiller; cependant elle crie encore au mo- 
ment des contractions. 

9 h. 40. Nouveau lavement avec 2 grammes de chloral. A partir de ce mo- 
ment, la malade est calme ; les contractions continuent à se produire sans 
aucune espèce de douleurs jusqu'à 1 1 h, 30, momen t où l'accouchement se 
termine. Pendant le travail, lamalades'éveillaitau moment des contractions 
mais elle ne souffrait pas. 

Sort de l'hôpital en parfait état huit jours après. 



Observation VII (More Hadden). 

28 février. Mme T.., "22 ans, primipare. Elle est en travail depuis le 
26 au soir; le col présente la largeur d'une pièce de 2 francs, il est mince 
et rigide. Depuis le 27 au soir, il est dans le même état. On fait prendre à 
la malade un bain tiède, des opiacés, de l'émétique sans obtenir aucun ré- 
sultat. 

8 h. 5. On administre 3 grammes d'hydrate de chloral ; le pouls bat à ce 
moment 100 pulsations à la minute. 

9 h. Sommeil : Pouls l J0. 

9 h. 10 m. La malade continue à dormir. Pouls 88. 

9 h. 40 m. La patiente se réveille un petit moment; elle a quelques dou- 
leurs légères ; elle se rendort presque aussitôt. 

10 h. Le col est dans le même état : sommeil léger. 

10 h. 13. La malade est un peu agitée pendant la durée d'une contraction. 
1 gramme d'hydrate de chloral. La malade prend donc en tout 4 grammes 
en une heure et demie. 

Après la dernière dose, elle se rendort profondément. Le sommeil se pro- 
longe jusqu'à trois heures ; à ce moment la dilatation est complète, les con- 
tractions expulsives commencent et l'accouchement se termine rapidement 
sans douleur. Suites de couches régulières. 

Pinard. 21 






— 162 



Observation IX (Pellisaier). 

Marie G.., 23 ans, primipare, d'une bonne santé habituelle, entrée le 
'28 mai I8'i3, dans le service de M. Bourdon, à dix heures. Les douleurs ont 
commencé à se faire sentir hier dans la journée : depuis ce moment elles 
-ont plus vives et plus rapprochées. 

3 h. 55 m. Les douleurs reviennent toutes les cinq minutes. Cette femme 
souffre beaucoup, elle est très-agitée; elle se plaint de crampes dans les 
jambes. Bruit du cœur à gauche, au-dessous de l'ombilic : col tout à fait 
dilaté; poche des eaux intactes; occiput sous la symphyse pubienne. On 
prescrit 2 gr. 50 de chloral par la bouche. 

4 h. Il) m. Rupture de la poche des eaux; un peu de somnolence seule- 
ment ; pas d'autre effet. 

4 h. 15 m. Nouvelle dose de 2 gr. 50; quelques instants après, la malade 
^'endort d'un sommeil calme et profond; mais elle est éveillée toutes les 
cinq minutes par les contractions qui ne sont pas douloureuses. 

5 h. 30 m. Le sommeil continue; mais les douleurs commencent à être 
ressenties par la malade. Nouvelle dose de I gramme de chloral ; les con- 
tractions ne sont plus douloureuses, elles continuent régulières et puis- 
santes ; la tête en plein dans l'excavation. 

6 h. 15 m. Les contractions, toujours indolentes, sont de plus en plus 
rapprochées et puissantes; la tète est à la vulve. 

h. 25 m. Deux puissantes contractions indolentes, et cette femme ac- 
couche d'un enfant parfaitement vivant. La délivrance est faite. La malade 
s'est endormie aussitôt après; le lendemain malin, nous la trouvons bien 
remise, grâce à un sommeil calme, qui a duré toute la nuit. La convales- 
cence a été excessivement rapide. 



Observation X (Chouppe). 



Rosalie B..., âgée de ::3 ans, primipare, en parfaite santé, est arrivée au 
terme d'une grossesse qui a évolué sans au--un accident. Hier, vers 3 heures, 
elle a commencé à éprouver les premières douleurs qui ont duré toute la 
nuit en lui arrachant des cris. Ce matin, 8 h. 1/2, le col est complètement 
dilaté, la tête, immobile, est engagée au détroit supérieur en première 
position 

Les contractions sont irrégulières, peu fortes; elles ne portent pas; le 
travail n'a pas fait de progrès depuis 5 heures du matin. On donne 4 gram- 
me- de chloral: les deux premiers d'un seul coup, les deux autres séparé- 



— 163 — 

ment à un quart d'heure d'intervalle; après la seconde dose, lu patiente 
s'endort et n'a entre celle-ci et la troisième qu'une seule contraction uté- 
rine, qui ne l'éveille pas. Après le quatrième gramme, les contractions 
puissantes reviennent très-régulièrement toutes les cinq minutes, sans 
éveiller la malade, et au bout de trente-cinq minutes elle accouche, sans 
s'en apercevoir. Eveillée au moment de la délivrance, elle prétend n'avoir 
pas souffert, et s'endort pour un sommeil de cinq heures, dont elle sort 
parfaitement reposée. 

Les suites de couche sont très-régulières, et elle quitte l'hôpital le dixième 
jour après l'accouchement. 



Observation XII (Chouppe). 

Le 4 décembre 1873, entre, dans le service de M. Bourdon, la nommée 
Céleste K..., âgée de 24 ans, primipare. Elle est à terme d'une grossesse 
qui a toujours marché sans complications. Les douleurs ont commencé il y 
a deux jours, et la poche des eaux est rompue depuis douze heures. 

Cette femme, très-nerveuse, pousse des cris continuels et se roule sur 
son lit ; elle dit beaucoup souffrir. Cœur au-dessus de l'ombilic ; contrac- 
tions irrégulières ne portant pas; col complètement dilaté, présentation du 
siège, première position ; fœtus au détroit supérieur. 

8 h,. 40. 2 grammes de chloral en une seule fois. 

8 h. 55. Pas d'effet. 2 grammes. 

9 h. 5. Pas d'effet, si ce n'est une légère tendance au sommeil et peut- 
être des cris moins violents, mais les contractions ne sont nullement mo- 
difiées. 1 gramme. 

9 h. 15 m. Un peu de tendance au sommeil. Plus de cris. 1 gramme. 

9 h. 25 m. Pas encore de sommeil complet, on donne un septième gramme 
d'hydrate de chloral. 

9 h. 45 m. Depuis la dernière dose de chloral, la patiente est tombée 
dans un sommeil profond et très-calme. Le pouls, qui était à l'20, est tombé 
à 80. Respiration calme, mais l'utérus ne se contracte plus. 

9 h. 50 m. Contraction violente, sans que la malade s'éveille. A partir de 
ce moment, les contractions viennent régulières et puissantes, d'abord 
toutes les dix minutes, puis toutes les cinq minutes, et l'accouchement est 
terminé sans intervention à 11 h. 10 m. La malade ne s'est pas éveillée 
une seule fois. 

11 h. 20 m. Délivrance sans que la malade s'éveille. Le sommeil dure 
jusqu'à 2 heures ; en ce moment la malade s'éveille, dit ne se rien rappeler 
et n'avoir pas souffert. 

Guérison rapide; malgré le traumatisme inséparable d'un accouchement 



— 164 — 

par le siège, elle se remet très-bien et peut quitter l'hôpital avec son en- 
fant en très-bon état le neuvième jour après sa couche. 

Dans un tableau où le D r Ghouppe a rassemblé trente-sept ob- 
servations, l'on voit que trente fois l'anesthésie a été complète, 
deux fois seulement elle ne se produisit pas. 

Ce fait une fois établi, continue l'auteur, on doit chercher si, 
pendant la cessation des douleurs, la contraction utérine n'a pas 
été atteinte. Et s'appuyant sur ses observations et sur les expé- 
riences du Dr Pellissier, il affirme que le chloral « même à dose 
capable de produire l'anesthésie absolue, ne supprime nullement, 
ne diminue même pas la œntratilité des fibres lisses en général, 
par conséquent des fibres de l'utérus. » 

Ce qu'elles perdent en fréquence, elles le regagnent en force. 

Bien que la dose du médicament doive varier avec les indi- 
vidus, il conseille de l'employer d'une façon générale à la dose 
de 4 à 6 grammes donnés soit en deux fois à une demi-heure 
d'intervalle, soit par grammes de quart d'heure en quart d'heure, 
quand on ne désire pas une action rapide, par la voie gastrique 
de préférence a ia voie rectale. 

Après avoir expérimenté avec le chloral dans l'hôpital Sainte- 
Catherine à Milan, le D' Ghiarleoni (in Gaz. med. Lomb. 1875) 
trouve que l'accoucheur n'a pas le droit de refuser à une partu- 
riente les bénéfices de ce médicament (sauf contre-indications 
précises, comme affection organique du cœur, des poumons, de 
l'encéphale, etc.) Si, dit-il, il n'a pas la puissance anesthésique 
du chloroforme, comme hypnotique et sédatif, il n'a pas de 
rival. Il apaise notablement la douleur , sans altérer aucune 
des grandes fonctions de la parturiente, ne porte nullement 
atteinte à la contractilité et à la tonicité de l'utérus, ne cause par 
suite aucun préjudice à l'hématose du fœtus ni aucun danger 
d'inertie consécutive. 

Mais le travail le plus scientifique que nous possédions sur ce 
sujet nous le devons à Mùller (1). 

(1) Mùller. Ueber die Wirhung des Chloralhydratos bei normalem Geburten. 
In Berliner klinische Wochenschrift, 1876, p. 356. 



— 165 — 

Lorsque le chloroforme, dit cet auteur, fut dé- 
couvert et introduit dans la pratique, il trouva également son ap- 
plication dans l'obstétrique pour calmer ou abolir les douleurs du 
travail, et il est certain que les services rendus par lui dans ce sens 
sont très-grands. Mais ce qui a fait que son emploi dans l'accouche- 
ment normal ne s'est pas répandu autant qu'on pouvait l'espé- 
rer de prime abord, c'est que l'administration en est fastidieuse- 
que la parturiente éprouve souvent une répugnance pour les 
inhalations; ce sont encore les vomissements, la céphalalgie 
consécutive, mais surtout la nécessité de prolonger les inhala- 
tions, d'où surcroît de danger. 

« L'hydrate de chloral ne reçut pas un accueil aussi empressé 
dans la pratique obstétricale, malgré les avantages incontes- 
tables qu'il présente sur le chloroforme et l'égalité à peu près 
complète que les deux corps offrent dans leur action hypnotique 
et anesthésique. Si l'on fait abstraction de l'emploi du chloral 
dans les éclampsies puerpérales, les publications sur l'usage de 
cet anesthésique dans l'obstétrique se réduisent à p^u de chose. 
Encore n'a-t-il guère été employé que dans les accouchements 
pathologiques. Quant à son action dans l'accouchement normal, 
je n'ai trouvé dans toute la littérature médicale, qui se trouvait 
à ma disposition, que deux auteurs, ayant entrepris des re- 
cherches expérimentales de quelque importance ; ce sont Lam- 
bert et Bourdon. 

>< Lambert (Edinb. med. Journ., August 1870) a appliqué le 
chloral dans 11 cas, il est arrivé à cette conclusion que par des 
doses allant jusqu'à 3,75 gram., la douleur du travail est dimi- 
nuée et même abolie, surtout pendant la deuxième période du 
travail, sans que pour cela la marche de l'accouchement soit 
ralentie ; elle est même accélérée. Il le préfère au chloroforme 
à bien des égards. 

« Bourdon (Gaz. des hôp., 1873) expérimenta le chloral dans 
10 cas, qui cependant n'étaient pas absolument normaux, en 
ceci du moins que les contractions très-rapprochées et très- 
douloureuses ne contribuèrent que peu à faire avancer la tête ; 
cependant il est permis de conclure de ces expériences que 



— 166 — 

l'administration de 2 à 4 grain, de chloral calmait considérable- 
ment la douleur, provoquait le sommeil et permettait alors la 
terminaison rapide de l'accouchement. 

« Voilà le bilan des expériences faites ; encore laissent-elles 
beaucoup à désirer quant au choix des cas. Pour arriver à des 
résultats plus sûrs et plus décisifs, j'ai fait donner à ma clinique 
du chloral à 20 femmes en travail. Je choisis particulièrement 
des primipares jeunes, attendu que la plus grande durée de 
l'accouchement et l'irrégularité plus grande de sa marche, chez 
elles, permettent de mieux étudier l'action de l'anesthésique. De 
plus on se borna à des cas « purs », c'est à- dire à des cas où la 
conformation normale du bassin et des parties molles ne faisait 
point prévoir de déviation de la marche normale de l'accouche- 
ment. Les autres organes aussi étaient soigneusement examinés 
au point de vue de leur intégrité, principalement le canal intes- 
tinal et les organes thoraciques, dont les affections constituent 
une contre-indication pour l'usage de l'hydrate de chloral. Le 
travail fut observé avec le plus grand soin par Madame R. Swiat- 
lowsky, qui se propose de publier ultérieurement les détails 
relatifs à ces vingt cas. 

« Je ne donnerai ici que les résultats des expériences. Ces 
expériences furent faites en 4 séries : 

1"" série. Elle se rapporte à six femmes en travail, auxquelles 
on donna 3 gram. de chloral en 4 doses, à une demi-heure 
d'intervalle penpant la période de dilatation. Dans un seul cas 
l'action narcotique fit complètement défaut, parce que le médi- 
cament fut rejeté en grande partie par les vomissements ; dans 
les cinq autres cas, survint un sommeil, peu profond il est vrai, 
un assoupissement, qui dura plusieurs heures. Les contrac- 
tions avaient néanmoins pour effet d'interrompre ce sommeil, du 
moins ce dernier fut troublé à diverses reprises par des plaintes. 
Dans deux cas, la dilatation du col fut retardée ; douleurs faibles ; 
la période de sortie de l'enfant fut normale dans tous les cas; 
deux fois même elle fut notoirement abrégée. La délivrance fut 
régulière cinq fois ; couches normales. Les bruits du cœur de 



— 167 — 

l'enfant n'étaient pas altérés ; du côté de la mère pas de symptômes 
particuliers. 

« 2° série. Elle concerne 8 cas, dans lesquels on donna 3 gram. 
de chloral en 2 doses, à un quart d'heure d'intervalle, pendant 
la période d'expulsion. Dans trois cas sommeil léger (assoupisse- 
ment), toujours interrompu par les contractions; dans un seul 
cas sommeil profond, non interrompu au moment des douleurs. 
Dans les trois autres cas,>pas d'action soporifique. Pas de trouble 
des contractions utérines ; mais dans deux cas il y eut un relâ- 
chement utérin remarquable pour des primipares, avec hémor- 
rhagie pendant la délivrance ; couches régulières. Pas d'asphyxie 
des enfants. 

« 3" série. Elle se rapporte à 3 cas, où l'on donne 4 gram. de 
chloral en 2 doses à une demi-heure d'intervalle, pendant la pé- 
riode de dilatation. Dans deux cas l'action narcotique fut très- 
marquée, le sommeil profond persista pendant environ deux 
heures, et les douleurs, quoique assez énergiques, furent im- 
puissantes à l'interrompre, quoique les femmes présentassent 
des signes de réaction. Après quoi le sommeil fut remplacé par 
un assoupissement de plusieurs heures. Dans le troisième cas 
le narcotisme fut également long et prolongé, mais les contrac- 
tions réussissaient à tirer la temme de son sommeil. Pas d'ac- 
tion sur les contractions, ni à la période de dilatation, ni à la 
période d'expulsion. Délivrance et couches normales. Tous les 
enfants vinrent au monde vivants. 

« 4 e série. Dans trois cas on donna 4 grammes en deux doses 
éloignées de un quart d'heure pendant la période d'expulsion. 
Sur deux femmes en travail on ne put constater aucune action 
narcotique ; dans le troisième cas sommeil léger, interrompu par 
les contractions. Aucune action sur l'activité des contractions ni 
sur la marche de la délivrance et des couches. Il faut remarquer 
cependant que la période correspondante du travail ne dura que 
de une à deux heures. 



— 168 — 

n Ces résultats ne sont pas absolument d'accord avec ceux 
obtenus par Lambert et par Bourdon, ni avec les observations 
faites plus récemment. Ils permettent de conclure en effet que 
des doses pouvant aller jusqu'à 3 grammes, mais données par 
petites portions, sont absolument sans action lors de la période 
d'expulsion et n'exercent qu'une faible influence sur la période 
de dilatation. Au contraire, des doses de 4 grammes données à 
de faibles intervalles semblent agir sûrement à la période de 
dilatation, mais paraissent insuffisantes pour agir de la même 
manière à la période d'expulsion. Il est de plus établi que la 
marche de l'accouchement n'est presque pas influencée et que 
l'on peut donner jusqu'à 4 gr. sans danger pour la mère et l'en- 
fant. Quoique ces résultats ne soient pas satisfaisants, ils sont 
propres cependant à provoquer de nouvelles expériences avec 
des doses plus élevées, vu l'innocuité du médicament. De nou- 
velles recherches seraient aussi nécessaires pour décider si 
l'hydrate de chloral diminue ou abolit la douleur des contrac- 
tions utérines simplement par son action narcotique, ou s'il 
agit en même temps comme un anodin, en affaiblissant la sen- 
sibilité. » 

M. le D r Polaillon, après avoir expérimenté le chloral à la 
maternité de Gochin, lut la note suivante sur l'emploi de l'hy- 
drate de chloral pour calmer les douleurs de l'accouchement, à 
la Société de médecine de Paris, 1876 : 

«On a annoncé que l'hydrate de chloral était capable de modi- 
fier d'une façon heureuse les douleurs de l'accouchement et de 
rendre l'enfantement presque indolore. 

« Un effet si précieux était bien digne de fixer l'attention des 
accoucheurs. J'ui donc essayé l'hydrate de chloral dans un cer- 
tain nombre d'accouchements, et je viens vous communiquer le 
résultat de mes observations. 

« Le chloral a été administré en petits lavements, dissous ordi- 
nairement dans l'eau, quelquefois dans du lait, à la dose de 2 à 
3 gr. pour 60 gr. de véhicule. 

« Selon la sédation produite, selon que le lavement était gardé 
ou en partie rejeté, on donnait un second lavement au bout 



d'une demi-heure ou d'une heure, et quelquefois un troisième 
lavement. 

« La quantité de chloral administré a été : 

De 2 gr. dans 3 cas. 
De 4 — — 7 — 
De 5 — — 3 — 
De 6 — — 2 — 
De 7 — — i — 
De 8 — — 2 — 

« Mais la quantité réellement absorbée n'a pas excédé en 
moyenne 4 ou 5 gr., en raison du rejet d'une partie des lave- 
ments. 

«Dans tous les cas, le médicament a été donné pendant les 
dernières heures de la période de dilatation ou pendant la pé- 
riode d'expulsion. Il est habituellement bien supporté. Chez 
quelques femmes, les contractions deviennent manifestement 
moins douloureuses, sans diminuer de fréquence et d'énergie, 
et le travail se termine à peu près dans le délai ordinaire. Mais 
il y a des femmes chez lesquelles le chloral fait cesser les dou- 
leurs et en même temps arrête les contractions utérines, de telle 
sorte que la partie fœtale reste dans l'excavation ou à la vulve 
sans se dégager. Sur dix-huit cas d'administration du chloral, 
cinq fois on a été obligé de terminer l'accouchement par une 
application de forceps. J'ai lieu de penser, d'après mes observa- 
tions, que les femmes chez lesquelles le travail est ainsi ralenti 
et arrêté par le chloral sont en nombre plus grand que celles 
chez lesquelles le travail suit son cours avec un amoindrisse- 
ment plus ou moins marqué des douleurs. 

« Il en résulte que si le choral est un sédatif des douleurs uté- 
rines, c'est à la condition d'agir en même temps sur la fibre 
musculaire dont la contraction est d'abord ralentie, puis arrêtée. 
D'après mon opinion, on peut faire usage du chloral dans le cas 
où il s'agit de modérer l'excitabilité excessive du muscle utérin 
ou de calmer des douleurs produites par des contractions trop 
Pinard. ^ 2 



— 170 — 

énergiques, mais on doit en rejeter l'emploi dans les accouche- 
ments normaux. » 

Je n'ai pu administrer malheureusement que deux fois le 
chloral pendant le travail, et encore dans le second cas ai-je 
combiné l'action du chloral et du chloroforme. 



Observation (personnelle). 

Primipare à terme. — Chloral pendant 1» période d'expulsion. — Inertie 
utérine. — Accouchement terminé par une application de forceps. 

T..., 24 ans, domestique, primipare, bien constituée et ayant le 
bassin normalement conformé, entre à la salle d'accouchements de 
la Maternité le 6 juin 1878 à 7 h. 30 m. du malin. Elle est à terme, 
et en travail depuis 6 h. du matin. Au moment de son entrée, le col 
présente une dilatation large comme une pièce de 2 fr.; les mem- 
branes viennent de se rompre. 

En observation à 9 h. 20 m. 

La dilatation est alors de 7 cent, de diamètre; les bords de l'orifice 
sont minces. La tète est profondément engagée en 0. 1, D. P. Dou- 
leurs abdominales modérées; au moment de la contraction la femme 
remue un peu, se déplace lentement, mais ne crie point. 





Contractions. 


Du 


rée. 






A 9b 


i. 22 m. 


1 m. 


30 s. 






— 


25 m. 30 s. 


lm. 


30 s. 






— 


28 m. 


lm, 


,30 s. 






— 


32 m. 


2 m. 








— 


35 m. 30 s. 


lm. 


30 s. 




Lavement avec 


— 


44 m. 


lm. 






5 gr.de chlo- 


— 


50 m. 


1 m. 


30 s. 




ral. 




53 m. 


lm. 




Petites douleurs con- 
tinuant sans inter- 
ruption. 




— 


55 m. 


5 m. 








10 h. 


5m. 






Douleurs permanen- 
tes. La femme ne 
sait pas quand elles 



— 171 — 



Contractions. 


Durée. 










commencent, ni 








quand elle finissent. 


10 h. 15 m. 


3 m. 




Cris bien plus accen- 
tués. 


— 20 m. 


5m. 






— 26 m. 


4m. 






— 31 m. 


4 m. 






10 h. 36 m. 30 s. 


8 m. 


30 s. 


La malade s'agite et 
crie violemment. 


— 48 m. 


8m. 






— 59 m. 


lm. 




Hébétude légère. 


11 h. lm. 






Depuis 11 h. 1 m. la 



femme se plaint 
constamment, et 
l'on ne sent pas l'u- 
térus se contracter 
sous la main; l'u- 
térus est dans un 
état de demi-con- 
tracture. 
11 h. 48 m. La femme crie et dit qu'il n'est pas possible de souffrir 
comme cela. Douleurs mal caractérisées. 

M. Champetier de Ribes termine l'accouchement à 12 h. 30 m. par 
une application du forceps. 

Délivrance naturelle à 1 h. ; l'utérus se rétracte peu ; 1 gr. de seigle 
ergoté. 

Premier jour. P. 72. Lassitude. Bon appétit. 
Deuxième et troisième jours. Même état. P. 72-70. 
Quatrième, cinquième et sixième jours. P. 72-76-74. Peau chaude. 
Céphalalgie. Appétit. 

Observation (personnelle). 

Secondipare à terme. — Chloral pendant la période de dilatation. — 
Chloroforme pendant la période d'expulsion. 

G..., 23 ans, femme de chambre, intelligente, bien constituée et 
ayant le bassin régulièrement conformé, entre le 7 juin 1878, à 9 h. 1/2 



— 172 — 

du soir, à la salle d'accouchements de la Maternité. Elle est arrivée 
au terme de sa deuxième grossesse. Son premier accouchement, qui 
a eu lieu il y a deux ans et demi, a duré quarante-huit heures et a 
été extrêmement douloureux; l'enfant se présentait par le sommet. 
Les premières douleurs de son second accouchement se sont fait 
sentir le 8 juin vers 10 h. du malin ; elle avait perdu des eaux le 
6 juin vers 5 h. 1/2 du matin et depuis elle n'a pas cessé d'en perdre, 
quoiqu'en petite quantité. Dans la matinée du 8 juin, on lui fait 
prendre un bain d'une heure ; au lieu de calmer les douleurs, ce bain 
les a plutôt réveillées; ces douleurs sont localisées à la région lom- 
baire. 

Examen : Orifice offrant une dilatation large comme une pièce de 
2 fr.; bords très-mous, encore un peu épais. 0. 1. G. A. 

Contractions. Durée. 

En observation à 2 li. 

A 2 h. 40 s. lm.50s. 

— m. 1 m. 

— 13 m. lm.lOs. 

— 19 m. 20s. 40s. 

— 25 m. 1 m. 

— 30 in. 1 ni. 

— 35 m . 1 m. 

— 42 m. 1 ni. 

— 47 m. 1 m. 

— 52 m. 30 s. 1 m. 

— 58 m. 1 m. 
A 3 h. 2 m. lm. 

— 6 m. 1 m. 

— 9 m. 30 s. 1 m. 

— 15 m. 30 s. lm. 

— 20 m. lm. 

— 26 m. 20 s. 40 s. 

— 32 m. 30 s. 

— 38m. 30s. Cette femme, quoi- 

— 4 ~ m - 1 m. qu'ayant beaucoup 

— & 2m. lm. souffert lors de son 

— 57m - 30s. premier acccouche- 



— 173 — 

Contractions. Durée. 





A 


4h 


. lia. 


lm. 






— 


5 m. 


1 m. 






— 


10 m. 








— 


12 m. 


lm. 






— 


20 m. 


lm. 


Lavement avec 




— 


22 m. 


lm. 


4 gr. de chlo- 




— 


25 m. 


lm. 


ral. 




— 


27 m. 


1 m. 






— 


30 m. 


lm. 



30 s. 



ment, refuse le chlo- 
roforme. 

Même orifice qu'à 2 h. 
(une pièce de 2 fr.) 



La femme dit souffrir 
bien moins entre 
les douleurs depuis 
qu'elle a pris son 
lavement de chloral. 



— 


32 m. 


30 s. 




30 s. 


Plaintes plus accen- 


— 


36 m. 


20 s. 




40 s. 


tuées pendant les 
douleurs. 


— 


38 m. 


30 s. 




30 s. 




— 


41m. 
45 m. 




lm. 


20 s. 




— 


50 m. 


30 s. 


lm. 






— 


52 m. 


30 s. 




30 s. 




— 


55 m. 






20 s. 




— 


58 m. 




1 m. 






A 5h 


. lm. 




lm. 






— 


5 m. 




lm. 






— 


9 m. 


30 s. 


1 m. 






— 


14 m. 




lm. 


30 s. 




— 


19 m. 




lm. 




Dans cet intervalle, la 


— 


24 m. 






30 s. 


femme commence à 


— 


27 m. 




3m. 




être prise de cram- 




34 m. 




lm. 




pes ; ces crampes 
continuent pendant 
les douleurs sui- 
vantes. 


— 


39 m. 




2 m. 






A 5h 


. 45 m 




1 m 


.20 s. 


Jusqu'à présent, au- 



— 174 — 
fontractions. Durée. 

sommeil; intelli- 
gence nette. 

— 50 m. lm.30s. 

— 55 m. 1 m. La femme dit qu'elle 

essaie de dormir; il 
y a une heure et 
demie qu'elle a pris 
son lavement de 
chloral. 
A 6 h. 1 m. 1 m. A 6 h., la malade se 

plaint de souffrir 
dans le ventre. 

— 10 m. lm. 

— 12 m. 30 s. 30 s. 6 h. 1/4. Frissons 

entre les douleurs. 
La femme dit qu'elle aurait besoin de pleurer, mais qu'elle ne peut 
pas; elle se sent mal au cœur. Elle a présenté les mêmes phéno- 
mènes il y a deux ans pendant son premier accouchement. Elle dit 
qu'elle est glacée. Au bout de quelques minutes, le mal de cœur se 
dissipe sans qu'elle ait vomi. 



Contractions. 


Durée. 




A 6 h 


.24m. 


lm. 




— 


31 m. 40 s. 


lm.30s. 


Toujours plaintes 
sans cris. 




35 m. 


30 s. 


6 h. 1/2. La femme a 
rendu un peu de la- 
vement. 


— 


38 m. 


lm.30s. 






43 m. 30 s. 


lm.50s. 


6 h. 42 m. Céphalal- 
gie; prostration; hé- 
bétude; les yeux 
n'ont plus d'expres- 
sion. 


— 


47 m. 


30 s 




— 


52 m. 


2 m. 




— 


55 m. 


lm. 




— 


59 m. 


lm. 





— 175 — 



Contractions. 

A 7 h. 3 m. 

— 7 m. 

— 10 m. 30 s. 

— 14 m. 



Durée. 

llll. 
lm. 

lm.30s. 
30 s. 



7 h. 12 m. Orifice un 
peu plus grand 
qu'une pièce de 
2 fr. ; bords très- 
minces. 7 h. 15 m. 
La malade dit souf- 
frir de partout T. 
37°,6. P. 84. 



— 


17 m. 




1 m. 






— 


20 m. 




lm. 






7 h. 25 m. On — 


25 m. 




lm. 




La femme se lord sur 


donne à la 










son lit au moment 


malade une 










de la contraction. 


cuillerée — 


31m. 






30 s. 




d'une solu- — 


36 m. 




lm. 


30 s. 




tion qui con- — 


39 m. 




2m. 






tient 1 gr. de — 


43 m. 




1 m. 






chloral. — 


46 m. 
56 m. 




2m. 
2m. 






7 h. 57 m. Une A 7 h 


.55 m. 




2m. 






deuxième — 


58 m. 




lm. 


30 s. 




cuillerée de A 8 h 






2 m. 




8. b. Vomissements; 


solution. 










la femme rend une 
partie de sa solu- 
tion. Cris épouvan- 
tables. Douleurs 
atroces au moment 
des contractions. 


— 


6 m. 




lm. 






— 


11m. 




lm. 






— 


16 m. 


30 s. 


lm. 






— 


20 m. 




lm. 






— 


23 m. 


30 s. 


2 m. 


30 s. 




8 h. 30 s. Nou- — 


28 m. 




2 m. 




8 h. 30. Dilatation 



— 176 — 





Contractions. 


Durée. 




vellecuillerée 






comme une pièce de 


de solution. 






5 francs. 




— 32 m. 


2 m. 






— 35 m. 


lm. 


Excitation très-vive; 



— 


39 m. 


lm. 


8 h. 40 m. Nou- — 


42 m. 


2m. 


vellecuillerée — 


46 m. 


2 m. 


de solution. — 


54 m. 


2m. 


— 


57 m. 


3 m. 


A 9h 


. 1 m. 






5 m. 


3m. 


— 


10 m. 


5m. 


— 


16 m. 


4 m. 


Chloroforme à — 


30 m. 


3m. 


9 h. 20 m. 







9 h. 35 m. On — 35m. 

cesse le chlo- — 38 m. 

rofcrme; on — 42 m. 

en a employé — 44 m. 



2 s. 



plaintes; cris; fa- 
ciès très-altéré. Il 
est rare de rencon- 
trer un travail plus 
douloureux; pour 
ma part, je n'en ai 
jamais vu de plus 
pénible; cependant 
celte femme est très- 
courageuse. A 8. h. 
40 m., P. à 100; 
peau très-chaude, 
T. ax. 39". 



30 s. 
30 s. 



A 9 h. vomissements; 
la malade rend sa 
solution. 



Dilatation complète. 

Insensibilité complè- 
te; intelligence en- 
tièrement disparue. 
Efforts expulsifs 
peu prononcés. 



lm. 
3m. 



Efforts expulsifs bien 



— 177 — 





Contractions. 


Durée. 




52 grammes 








plus prononcés; ils 


en un quart 








renaissent depuis 


d'heure 








qu'on a cessé le 
chloroforme. 




— 


51 m. 


1 m. 






— 


53 m. 


lm. 






— 


54 m. 


3m. 


Crampes à chaque 
contraction. 




— 


58 m. 


2m. 






A 10 h 


.20 m. 


3 m. 40 s. 


Dégagement de la 



tête à 10 h. 10 m. 
Expulsion complète 
à 10 h. 13 m. 
Hémorrhagie avant la délivrance : perte de sang de 1,500 à 
2,000 gr. 
Délivrance artificielle à 10 h. 50 s. 

Pendant la période d'expulsion, une heure avant la terminaison, 
des crampes se montrèrent au niveau des membres inférieurs au 
moment des contractions. Ces crampes devinrent plus douloureuses 
que les contractions et ne cessèrent que lors de l'expulsion de la tête. 
Cette femme a été extrêmement agitée toute la nuit qui a suivi son 
accouchement; deux élèves sages-femmes ont été occupées à la main- 
tenir dans son lit. 
Premier jour. Pouls 84; lassitude; envie de dormir; appétit léger. 

En somme, que peut-on conclure de l'action du chloral sur les 
femmes en travail ? 

Si nous comparons les résultats obtenus par les auteurs qui 
précèdent, nous ne voyons que contradiction. 

En dehors du sommeil plus ou moins anesthésique reconnu 
par tous les auteurs, quelle est l'action du chloral sur la con- 
traction utérine ? 

Presque tous s'accordent à reconnaître que la contraction n'est 
nullement atteinte. Au contraire, on la verrait devenir plus effi- 
cace (Bourdon, Chouppe). Le D r Pellissier, pour démontrer ce 
point, eut recours à la physiologie expérimentale. 11 fit les expé- 
riences suivantes : 

Pinard. 23 



— 178 — 



Expériences de M. Pellissier. 



Exp. I. — On prend une petite chienne, jeune, vigoureuse, du poids de 
9 kilos. 

I h. 45 m. La chienne est attachée sur la table à expériences, on lui 
ouvre l'abdomen et on met à nu les cornes utérines vides. Sous l'influence 
de l'air et de quelques légers attouchements on voit ces cornes se contrac- 
ter énergiquement. 

1 h. 80 m. Nous touchons la corne utérine droite avec la pince de Gaiffe. 
Les contractions ne tardent pas à se montrer de plus en plus énergiques; 
cette corne utérine droite, seule, est dure au toucher. Nous touchons à son 
tour la corne gauche, et le même phénomène se produit. Au bout de dix 
minutes, les contractions ont à peu près entièrement cessé. Pendant tout 
ce temps la chienne se défend et pousse des cris. 

2 h. 15 m. Nous lui faisons une injection de 10 grammes dans l'intestin 
avec une solution de chloral au cinquième, par conséquent 2 grammes de 
substance active. L'injection a bien réussi; il ne s'est pas perdu une seule 
goutte de liquide. 

2 h. 30 m. La chienne est fortement engourdie; elle sommeille et se dé- 
fend moins. Nous touchons avec la pince de Gaiffe les deux cornes utérines 
et les fibres lisses de l'intestin. Les contractions sont absolument sembla- 
bles à ce qu'elles étaient avant l'administration du chloral. 

2 h. 35 m. Le sommeil est plus profond, la douleur très-probablement 
diminuée, les mouvements réflexes très-bien conservés. Les cornes utérines 
touchées de nouveau se contractent avec la même énergie. 

2 h. 50 m. Nous faisons une nouvelle injection de 2 grammes de chloral 
en tout 4 grammes de chloral pris en trois quarts d'heure, ce qui est cer- 
tainement une dose considérablo pour une chienne de petite taille. Immé- 
diatement révolution de tous les muscles de la vie de relation, ces.-ation de 
tout cri de la chienne, sommeil profond, mais très-calme. Respiration ré- 
gulière, aneslhésie complète. Les cornes utérines se contractent très-mani- 
festement. 

3 heures. L'anesthésie est complète, on pince le nez, la langue de la 
chienne, aucun mouvement. Nous touchons la corne utérine droite avec la 
pince de Gaiflé, elle ne tarde pas à se contracter visiblement. Il nous semble, 
toutefois, que la durée de la contraction est moins longue, ce qui n'a rien 
d'étonnant si l'on songe que cette chienne a perdu beaucoup de sang de- 
puis le commencement et qu'une grande partie de la masse intestinale se 
trouve au dehors de l'abdomen. 

3 h. 23 m. La sensibilité commence à reparaître ; on se hâte alors de faire 
rentrer la masse intestinale et de recoudre les parois abdominales avant 



— 179 — 

que la sensibilité soit entièrement revenue. Cela fait, on détache l'animal 
qui continue à dormir d'un profond sommeil. La sensibilité est en partie 
revenue; lorsqu'on la pique, elle sent, mais faiblement. L'animal a con- 
tinué à dormir jusqu'à cinq heures. Presque aussitôt après son réveil il 
s'est mis à manger. Malgré le traumatisme considérable qu'elle avait subi, 
cette chienne a parfaitement guéri. 

Exp. II (1). — Chienne vigoureuse, d'assez forte taille, poids 65 kilos; 
fixée sur la table, on lui fait la même opération qu'à la précédente. Les 
cornes utérines et les fibres de l'intestin se contractent énergiquement sous 
l'influence de l'air. Sous l'influence de la pince de Gaiffe les contractions 
deviennent beaucoup plus puissantes. 

1 h. 10 m. Injection sous la peau de 4 grammes de laudanum (dose 
moyenne pour une chienne). Au bout de quelques minutes l'animal com- 
mence à sommeiller. Nous touchons alors la corne utérine droite avec la 
pince de Gaiffe. La contraction est lente à se produire, cependant elle a en- 
core lieu, mais je ne constate pas, comme dans la précédente expérience, les 
mêmes bosselures produites sous l'influence de l'excitation. En d'autres 
termes, les contractions utérines sont sensiblement moins énergiques, de 
même que les contractions de l'intestin. La chienne dort profondément, la 
respiration est rapide. 

4 h. 30 m. Nouvelle injection de 2 grammes de laudanum; sommeil très- 
profond, violente dyspnée. Les fibres de l'utérus et celles de l'intestin se 
contractent encore sous l'influence de la pince. Mais il faut observer avec 
beaucoup d'attention pour voir ces contractions qui sont à peine sensibles. 

2 heures. Nous recousons la plaie avec soin; l'animal sent faiblement les 
piqûres qui lui sont faites. 

2 h. 20 m. L'animal commence à revenir. Détaché, il peut déjà presque se 
tenir sur ses jambes. Toute la journée, la chienne a été comme abrutie, re- 
fusant de manger. Elle a survécu. 



Ces expériences semblent démonstratives il est vrai, mais il 
n'y faut attacher qu'une importance relative, tant que de nou- 
velles recherches ne seront pas venues démontrer que les choses 
se passent toujours ainsi, que l'utérus soit vide ou plein. 

Afin de montrer une fois de plus qu'une seule expérience ne 
doit jamais entraîner la conviction, je ne puis mieux faire que 
de rappeler ce que j'ai observé, il y a quelques jours, avec mon 
ami le D r Laborde, préparateur du professeur Béclard. 

Voulant rechercher, comme M. Pellissier, l'influence des mé- 



— 180 — 
dicamenls sur la contraction utérine, une chienne de forte taille 
et qu'on croyait être pleine, et n'ayant absorbé aucun médica- 
ment, fut placée sur la table à expériences. Les cornes utérines 
mises à nu furent trouvées vides d'abord, et il nous fut impos- 
sible d'apercevoir la moindre contraction en touchant à bien 
des reprises le tissu utérin avec la pince de Gaiffe ; l'intestin se 
contractait avec la plus grande énergie dès qu'il était touché, 
l'utérus se montra toujours absolument inerte. 
Sur deux autres chiennes le résultat fut le même. 
Serions-nous en droit dç conclure que l'utérus vide ne se 
contracte pas, même suus l'influence delà pince de Gaiffe? As- 
surément, non trois expériences ne suffisent pas. 
De nouvelles recherches sont donc nécessaires. 
J'avoue qne nos observations ne sont poins faites pour en- 
courager, mais elles peuvent n'être que des exceptions, bien 
que M. Tarnier ait déjà observé des faits semblables. Elles 
prouvent tout au moins que l'enthousiasme qui pourrait naître 
à la suite de la lecture des travaux des D" Chouppe et Ghiar- 
leoni doit être modéré jusqu'à nouvel ordre. 

Déjà il me semble que dans une des observations de Lambert 
le travail fut manifestement ralenti, de plus les contractions 
continuèrent à se montrer douloureuses dans un certain nombre 
de cas, et deux fois, afin de calmer la surexcitation, on fut 
obligé de recourir au chloroforme. 

Muller, dans la première série de ses expériences, comprenant 
les primipares en travail soumises à l'influence du chloral, vit 
deux fois la dilatation retardée, alors que les contractions étaient 
encore douloureuses; dans la deuxième série, comprenant huit 
femmes primipares ayant absorbé du chloral pendant la période 
d'expulsion, une seule fois le sommeil ne fut pas interrompu 
par les douleurs, et deux fois il y eut inertie utérine avec hé- 
morrhagie au moment de la délivrance. 

Dans le premier cas, qui m'est personnel, le chloral n'atténua 
nullement la sensation de la douleur, et la contraction utérine 
devint tellement inefficace qu'il fallut terminer par une appli- 
cation de forceps. Cette dernière opération aurait peut-être été 



— 181 — 

nécessaire si la femme n'avait pas pris de chloral? Je ne sais, 
en tout cas, le chloral n'a eu aucune action sur l'efficacité de la 
contraction. 

Dans le second, la femme ayant absorbé 7 grammes de chlo- 
ral ne fut nullement calmée, et nous fûmes obligés de recourir 
à l'action du chloroforme pour calmer «on agitation qui se 
reproduisit après l'accouchement et dura toute la nuit suivante. 

Du reste, je ne crois pas que l'emploi du chloral dans les 
accouchements se vulgarise et voici pour quelles raisons : 1° ne 
pouvant l'administrer que par la bouche ou le rectum (car je ne 
pense pas qu'un accoucheur aille jusqu'à pratiquer une injection 
intra-veineuse), on ne peut être sûr que le médicament sera 
conservé. L'on sait effectivement combien les vomissements 
sont fréquents et avec quelle facilité les lavements sont rendus 
pendant le travail. En présence des déjections, peut-on dire 
quelle est la quantité de médicament qui a été absorbée ? En 
donnera-t-on d'autres doses ? mais alors des accidents peuvent 
survenir. 

De plus l'action du chloral est loin d'être instantanée, on ne 
peut la modérer à volonté et elle continue après l'accouche- 
ment. 

Enfin si l'on ne pratique pas d'injection intra-veineuse, on ne 
peut obtenir l'anesthésie qu'en employant des doses très-fortes 
et qui ne seraient pas sans offrir de dangers. 

Ainsi que le dit le professeur Desgranges, dans un rapport sur 
les mémoires d'un concours dont le chloral était le sujet (Lyon 
médical, 1872) : « La propriété anesthésique du chloral est la 
moins caractérisée ; elle n'est pas utilisable en chirurgie et ne 
va pas jusqu'à rendre insensible à la douleur provoquée par une 
épingle ou par la potasse quand on veut s'arrêter en deçà du 
danger. L'anesthésie chirurgicale ne peut être obtenue qu'à la 
faveur de doses véritablement toxiques. » 



182 — 



ACTION DU CHORAL SUR LES FEMMES EN TRAVAIL ANORMAL. 

Dans ces condition, le chloral a été surtout employé lorsque 
l'éclampsie puerpérale complique le travail. 

Les thèses de Charpentier, Mauny, le mémoire de Ghouppe 
et bien d'autres travaux, montrent que les résultats obtenus 
sont divers. 

Mais les faits les plus intéressants sont consignés dans les 
deux mémoires des D rs Delaunay et Léo Testut que l'Académie 
vient de couronner. Ces deux auteurs ont eu l'obligeance de 
m'autoriser à prendre connaissance de leurs travaux encore 
inédits. Je ne puis les analyser. Je le regrette, et je me conten- 
terai de signaler leur conlcusion principale. Après avoir ras- 
semblé les observations d'éclampsie compliquant le travail pu- 
bliées en France et à l'étranger, et dans lesquelles le chloral a été 
employé comme unique traitement, après y avoir joint les faits 
qui leur sont personnels, ils établissent une statistique dans 
laquelle la mortalité est de d3 p. 100 (Delaunay), 7 p. 100 (Léo 
Testu). Ce résultat imprévu n'est peut-être pas tout à fait en 
rapport avec la réalité, parce qu'on publie surtout les cas heu- 
reux, mais il démontre tout au moins que la médication chloralée 
semble être plus puissante qu'aucune autre contre cette terrible 
affection. 

Quelques auteurs ont également employé le chloral dans le 
travail prématuré et semblent en avoir retiré de bons résultats, 
comme le témoignent les observations qui suivent. Cependant 
je dois faire remarquer que dans ces trois cas, l'ingestion du 
chloral avait été précédée de celle de l'opium. 

Observation du D r Martmeau. 

Une femme de son service, enceinte de sept mois, avait pris du sulfate de 
quinine; elle ne tarda pas à ressentir des coliques utérines. Le laudanum 
fut prescrit aussitôt à la dose de douze gouttes, mais sans aucun résultat 



— 183 — 

M. Martineau donna alors le chloral à la dose de 1 gramme, matin et soir; 
immédiatement les contractions utérines cessèrent, et la menace d'avorte- 
ment fut conjurée. 

Observation du D r Jules Besnier. 

Dans la soirée du 42 juin 1873, Mme X..., jeune femme primipare, enceinte 
de six mois, me fait demander pour des douleurs qu'elle éprouvait dans le 
ventre. C'était la première fois qu'elle se trouvait atteinte de semblables 
douleurs. Jusque-là, elle n'avait ressenti de sa grossesse que quelques trou- 
bles digestifs et quelques malaises légers qui avaient cessé depuis près de 
deux mois. La veille, elle avait eu un peu de pesanteur dans les reins et de 
douleur dans le côté gauche du ventre. Malgré le repos, les douleurs per- 
sistant encore le 42, elle avait été prendre un bain tiède dans l'après-midi. 
Ce bain n'avait amené aucune amélioration : la douleur avait augmenté peu 
à peu et avait fini par prendre dans la soirée un caractère intermittent. 
Mme X..., ne pouvait, du reste, rattacher l'apparition de cette douleur qu'à 
un peu de fatigue occasionnée par la marche et la montée de quelques 
étages. 

A l'examen du ventre, je le trouvai sensiblement développé, et sous la 
pression de la main je sentis le globe utérin remontant umpeu au-dessus 
de l'ombilic, résistant, et manifestement le siège de contractions assez 
vives et douloureuses. Ces douleurs revenaient toutes les dix à douze mi- 
nutes et duraient quelques instants, pendant lesquels l'utérus présentait 
une certaine dépression au niveau de la corne droite; dans l'intervalle de 
ces douleurs, il restait encore sensible et endolori. Les mouvements de 
l'enfant étaient très-nets sous la main de l'observateur et pour la malade; 
ils étaient même très-fréquents et très-vifs ; par la palpation on détaillait 
assez bien ses parties, la tête paraissait reposer dans la fosse iliaque gau- 
che, et les pieds être tournés vers l'hypochondre droit. Il n'y avait aucune 
perte ni en blanc, ni en rouge. Le toucher ne fut pas pratiqué, dans la crainte 
de ramener les contractions utérines ou de les rendre plus intenses par le 
palper du col utérin. La malade avait le faciès un peu rouge et le pouls à 80, 
un peu développé; mais cet état semblait dépendre plutôt du retour fré- 
quent des douleurs que de toute autre cause. Elle était du reste couchée et 
elle gardait le repos absolu depuis quelque temps déjà. 

Il n'y avait pas à hésiter, j'étais en présence d'une menace d'avortement 
qui se présentait avec une certaine sévérité. Je fis prendre immédiatement 
un lavement avec vingt gouttes de laudanum. Ce lavement amena un peu 
de sédation et la malade put sommeiller. Mais cet état ne se prolongea pas ; 
deux heures après (il était alors une heure de la nuit), on revenait me 
chercher pour des douleurs aussi fréquentes et aussi intenses que les pre- 



— 184 — 

mières. Un second lavement avec vingt gouttes de laudanum fut encore 
donné. Ce lavement ne produisit aucun résultat et je dus rester auprès de la 
malade. Une heure après, troisième lavement avec la même quantité de lau- 
danum, et d'un laudanum provenant d'une autre pharmacie que le pre- 
mier qui, je le craignais en raison de son inefficacité, pouvait être altéré. 
Ce lavement resta comme le précédent sans effet. Et cependant chacun 
d'eux, composé de bO à 60 grammes de véhicule seulement, avait élé par- 
faitement conservé. Craignant alors qu'il n'y eut pas absorption par le 
rectum, je fis encore prendre par la bouche dix gouttes de laudanum dans 
un peu d'eau sucrée, et je fis sur tout le ventre un large badigeounage au 
laudanum pur. 

Aucune amélioration ne se manifesta; les douleurs persistèrent avec la 
même intensité, et revinrent avec la même fréquence. 

J'hésitais à recourir encore encore au laudanum, en raison des doses 
considérables que j'avais données; j'hésitais également à employer des 
injections sous-cutanées de morphine, non que la malade présentât quelque 
symptôme de narcotisme, elle n'en offrait aucun, mais je ne sortais pas de 
la médication opiacée dont je n'avais retiré jusqu'alors aucun bénénee. 
Une saignée me paraissait peu indiquée, la malade étant bien loin d'être 
pléthorique, il en était de même des applications d'eau froide sur le ventre, 
aucun écoulement de sang n'ayant paru. Faire prendre un bain aurait de- 
mandé trop de temps, et, d'ailleurs, étais-je sûr d'en obtenir un bon effet? 
Cependant les douleurs devenaient plus fortes, plus prolongées et revenaient 
toutes les dix minutes. Elles prirent bientôt les caractères des grandes dou- 
leurs de l'accouchement, portant sur le fondement et arrachantdes plaintes 
répétées à la malade; un avortement à bref délai me paraissait devoir être 
la seule terminaison possible de cet état de choses, pour peu qu'il se pro- 
longeât. 

C'est dans ces conditions que je songeai à recourir au chloral hydraté. 
Une potion de 4 grammes de ce médicament pour 120 grammes de liquide 
fut demandée, et j'en fis prendre une cuillerée à bouche, me proposant d'y 
revenir à intervalles assez rapprochés. Mais, quelques minutes après, des 
vomissements survinrent, et la cuillerée de potion fut rejetée. Je fis alors 
prendre de suite en lavement les quatre cinquièmes de ce qui restait de la 
potion, c'est-à-dire environ 3 grammes de chloral. L'effet fut presque im- 
médiat et aussi satisfaisant que possible; en quelques minutes la malade 
se sentit complètement débarrassée de toute douleur utérine, et resta toute 
surprise pour ainsi dire d'un changement si brusque et si heureux ; bientôt 
elle s'endormait d'un sommeil calme et profond (il était alors cinq heures 
du matin). Ce sommeil se prolongea environ trois heures; à son réveil, 
elle fut prise de quelques colliques intestinales, qui l'obligèrent à aller a la 
garde-robe, et les douleurs utérines reparurent avec une certaine force. 
Un nouveau lavement avec deux grammes de chloral, que la malade ré- 



— 185 — 

clamait elle-même, l'ut alors donné et amena un résultat aussi favorable et 
aussi rapide que le premier. Mais, deux heures après, survint une évacua- 
tion, et les douleurs reparaissaient; un troisième lavement avec '2 grammes 
de chloral fut encore administré. Ce dernier fut suivi des mêmes effets que 
le précédent, c'est-à-dire amena aussi deux heures de calme complet, puis 
les douleurs utérines revinrent encore. 

Mais depuis l'emploi du chloral, à chaque réapparition ces douleurs 
étaient moins intenses, et ne se succédaient plus à intervalles aussi rappro- 
chés. Craignant cependant, en raison de ce retour si opiniâtre, que le col 
ne fut dilaté et que quelque partiedu placenta ou du fœtus n'y fut engagée, 
je pratiquai le toucher avoc précaution. Cette exploration me permit de 
constater que le col était allongé, conique, tout à fait intact. Dès lors, si 
la réapparition des douleurs ne permettait pas d'éloigner toute crainte 
d'avortement, il n'en était pas moins vrai qu'en raison de leur diminution 
sensible et de l'état du col, il n'y avait plus lieu de regarder ce fâcheux ré- 
sultat comme imminent. 

Je revins alors, suivant l'avis de M. Tarnier, que je consultai à cette oc- 
casion, à la médication opiacée, espérant qu'elle suffirait pour faire dispa- 
raître les douleurs qui persistaient encore; c'est, en effet, ce qui arriva, mais 
non sans une certaine lenteur et sans difficulté. La malade dut prendre, en 
effet, dans la soirée et dans la nuit suivante, toutes les deux ou trois heures 
suivant la réapparition des douleurs, soit 2 ou A centigrammas d'extrait 
d'opium en pilules, soit 12 à 15 gouttes de laudanum en lavement. Et cette 
médication dut être prolongée le lendemain et le surlendemain, en éloi- 
gnant de plus en plus les doses du médicament. 



Menaces répétées d'accouchement prématuré au huitième et au neuvième mois 
de la grossesse, traitées avec succès par le chloral hydraté, par le D r Petit, 
professeur à l'école de Rennes. (In Mémoire du D 1 ' .1. Besnier.) 

M me B., âgée de 26 ans, était arrivée au huitième mois de sa grossesse 
sans accident. Deux fois déjà elle avait mené à terme des grosseses anté- 
rieures et était heureusement accouchée. Le 21 octobre 1873, elle est prise, 
le matin en se levant, et sans cause appréciable, de douleurs dans la région 
des reins et dans tout le bas ventre. Ces douleurs duraient peu d'instants, 
pour reparaître quinze ou vingt minutes après. En même temps la malade 
éprouvait de fréquentes envies d'uriner et ressentait dans la région anale 
des besoins impérieux de pousser. Cet état durait depuis une heure et demie 
à deux heures, lorsque survint par les voies génitales un léger écoulement 

de sang. 

Appelé en toute hâte dans ces conditions, ie trouvai la malade couchée 
sur le dos, ma main rencontra lo globe utérin remontant au niveau de 
Pinard. ' M 



— 186 — 

l'ombilic, et je constatai l'existence du souffle placentaire et des batte 
ments du cœur du fœtus. Pendant mon exploration, de nouvelles douleurs 
se montrèrent dans les reins et à l'hypogastre, et je sentis sous ma main 
l'utérus se durcir et se contracter; par la vulve l'écoulement de sang con- 
tinuait à se faire en petite quantité. 

Ces symptômes indiquaient évidemment un commencement de travail; 
je fis donner immédiatement un quart de lavement avec 30 gouttes de lau- 
danum. Ce lavement fut bien conservé, mais les accidents persistèrent. 
Une heure après, voyant que les douleurs, loin de céder, allaient en aug- 
mentant d'intensité et de fréquence, je recourus au chloral hydraté. Je 
prescrivis un quart de lavement avec 2 grammes de chloral. A peine sept 
à huit minutes s'étaieni-elles écoulées depuis la prise du médicament, que 
les douleurs diminuaient d'intensité et de longueur, et s'éloignaient. Mais 
ce lavement fut rejeté, en partie du moins, quinze à vingt minutes après 
son administration; et au bout d'une heure les douleurs se réveillèrent et 
ne tardèrent pas à revenir avec plus de force qu'avant. 

Tout en faisant la part du rejet du chloral, ce retour des douleurs et 
l'augmentation de leur intensité me firent hésiter à recourir de nouveau à 
ce médicament et je revins au laudanum, dont je fis prendre 30 gouttes 
dans 123 gr. d'eau. Ce lavement fut bien gardé, mais comme le premier, il 
ne procura aucun soulagement a la patiente. Celle-ci sentant ses douleurs 
augmenter, ne tarda pas à me demander d'elle-mrine le lavement incolore 
(celui au chloral) qui, disait-elle, l'avait déjà si bien soulagée. Après une 
heure d'attente, pendant laquelle les douleurs allèrent toujours en augmen- 
tant, je cédai à ses instances, et 2 gr. de chloral furent administrés dans 
125 gr. d'eau. Cette fois ce lavement fut bien conservé, et un quart d'heure 
après la malade cessait de se plaindre, le sang s'écoulait en moins grande 
abondance, puis les douleurs disparurent complètement. Les jours suivants 
la malade resta couchée et tranquille et aucun accident ne reparut. 

Le 1 er novembre, c'est-à-dire 8 jours après, madame B... fut reprise des 
mêmes symptômes, des douleurs se firent sentir aux reins et dans le ventre, 
et le sang reparut encore à la vulve. Cette fois les deux médicaments furent 
associés dans un lavement contenant 50 gouttes nu laudanum et 4 gr. de 
chloral pour 250 gr. d'eau. La moitié de ce lavement fut prise immédiate- 
ment et l'autre moitié une heure après. Tous les symptômes qui annon- 
çaient un commencement de travail s'arrêtèrent de suite. 

Dix jours après troisième menace d'accouchement, les douleurs etla perte 
revinrent de nouveau avec une certaine intensité. Comme la première fois, 
le laudanum, employé à la dose de 30 gouttes, resta sans effet, et pendant 
plus de deux heures les douleurs et la perte continuèrent à suivre une 
marche croissante. Le chloral fut alors administré seul, à la dose de 3 gr. 
dans un quart de lavement et, comme précédemment, 15 à 20 minutes 
après les douleurs s'éteignaient et l'hémorrhagie s'arrêtait. 



— 187 — 

A partir de ce jour (10 nov.) la grossesse a continué sans nouvel acci- 
dent; et, le l° r décembre, l'accouchement se faisait à terme et naturelle- 
ment. Il n'y avait pas d'insertion du placenta sur le col, du moins le doigt 
promené sur son orifice entr'ouvert et ramolli au début de l'accouchement, 
n'y rencontrait que la poche des eaux. Les suites do couches ont été nor- 
males et excellentes. 

Quelques auteurs, Martineau, J. Besnier ont cherché à expli- 
quer comment et pourquoi le chloral calmait les contractions 
prématurées et rendait plus intenses les contractions tempes- 
tives. Il m'est impossible de les suivre sur ce terrain. Il faudrait 
d'abord prouver que le chloral active les contractions pendant le 
travail. 




TROISIÈME PARTIE 



OPIUM — MORPHINE 



CHAPITRE PREMIER. 

ACTIONS DK L'OPIUM SUR LES FEMMES EN TRAVAIL. 

L"opium ne fut guère employé pendant l'acouchemenl que 
dans les cas de travail anormal. 

Les anciens accoucheurs n'ont jamais songé à soustraire la 
femme aux douleurs de l'accouchement lorsque le travail était 
normal. Et depuis que cette idée règne en obstétrique, au lieu 
d'avoir recours à l'opium dont la composition est fort complexe 
et assez variable, les accoucheurs préfèrent employer des sub- 
stances bien définies, qu'on peut facilement doser, et dont l'ac- 
tion physiologique est mieux connue, comme la morphine. 

Je ne ferai que signaler en passant le travail de M. Lever 
(inBrit. and.. For. medico-chirurg. Rewiew, 1850), sur l'emploi 
de l'opium dans les accouchements. 

En effet, l'auteur recommande l'emploi de l'opium contre les 
douleurs Qui précèdent le début du travail, contre les contrac- 
tions aiguës et spasmodiques du travail naturel, contre les con- 
tractions irrégulières, contre la rétraction utérine qui suit la 
rupture prématurée des membranes chez les femmes qui se 
marient trop tôt ou trop tard, contre la rigidité de l'orifice, contre 






— 189 — 

la vive douleur causée par le doigt de l'accoucheur chez les 
femmes qui ont le vagin sec et chaud et l'utérus irritable, contre 
les déchirures du vagin et de l'utérus ! 

En raison de son action spéciale lorsqu'il est administré à 
faible dose, l'opium, soit sous forme de laudanum, soit sous 
forme d'extrait ou de poudre brute, a été employé dans les cas 
de dépression des forces. D'aprèsle professeur Gubler (Commen- 
taires thérapeutiques du Codex Medicamentoriim) l'opium à fai- 
bles doses donne lieu à une légère excitation circulatoire, ani- 
mation du visage, éclat du regard, sensation de bien-être, ala- 
crité^ 'esprit, disposition à l'exercice et accroissement de force 
musculaire. 

On l'a administré encore pour calmer les douleurs lombaires 
qui sont si pénibles pendant la période de dilation . 

En vertu de son action hypnotique, on a conseillé son emploi 
dans le but de procurer à la femme un sommeil de quelques 
heures, dans les cas de travail irrégulier. 

Enfin, en vertu de son action stupéfiante, on l'a surtout em- 
ployé pour amoindrir ou arrêter les contractions utérines dans 
les cas de rétrécissement du bassin, 'd'accouchement prématuré 
et d'avortement. Mais dans ce dernier cas, tous les médecins 
savent combien il est nécessaire quelquefois, d'employer de 
fortes doses. Je ne puis rapporter un grand nombre d'observa- 
tions, je ne citerai que cette série prise dans les Bulletins cli- 
niques de la Maternité. 



Observation I. 
Laudanum. 

La nommée Sieury, primipare, 18 ans, vint à la salle d'accouchement le 
"23 janvier 1849, à 6 heures du soir. Contractions faibles et éloignées. Ori- 
fice utérin, souple, épais, offrant 6 à 8 lignes de circonférence. iMembranes 
entières. Partie fatale très-accessible au doigt, plongeant dans l'excavation. 
Diagnostic d'une extrémité pelvienne. 

Les choses restent ainsi toute la nuit, le travail n'avançant pas. La femme 
avait de fortes douleurs lombaires qui ralentissaient beaucoup la marche 



— 190 — 

du travail. Après avoir donné un bain de siège, on administre un quart de 
lavement laudanisé et on fait une saignée de "200 grammes environ. 

Les contractions se ranimèrent à une heure du soir; les membranes se 
rompirent, les fesses vinrent appuyer sur l'orifice, souple, mince, dilaté de 
13 à lo lignes. A deux heures quarante-cinq, les fesses franchirent l'orifice 
puis s'avancèrent à la vulve. La fesse gauche répondait à la partie supé 
rieure de la grande lèvre droite et la droite à la partie inférieure de la 
grande lèvre gauche. Le tronc se dégagea sans la moindre difûculté. Les 
bras furent dégagés sur la partie antérieure de la poitrine. La tête était 
fléchie, elle se dégagea seule; à trois heures, l'accouchement fut terminé. 
Fille née vivante à sept mois et demi et pesant 3,500 grammes. 

Délivrance naturelle un quart d'heure après l'accouchement. La durée du 
travail fut de vingt-cinq heures. 



Observation II. 
Laudanum. 

La nommée Jacob monte à la salle d'accouchement le "2 juin 1850, à dix ' 
heures du matin. L'orifice est souple, épais, six à huit lignes de dilatation. 
Les membranes sont entières, les contractions fortes, soutenues, le sommet 
est en O. I. G. A. Les choses restèrent ainsi jusqu'à onze heures du matin 
où les douleurs se ralentirent et devinrent très-rares dans les lombes. On 
lui donna un quart de lavement laudanisé qui la calma un peu. Vers quatre 
heures du soir on lui donna un bain de siège qui ne produisit aucun effet. 
On pratiqua une saignée de "250 grammes qui régularisa un peu les dou- 
leurs et assouplit l'orifice. Les douleurs restèrent faibles toute la nuit et la 
journée du 3 ; un nouveau bain fut donné. On excita les contractions ; 
enfin les douleurs revinrent. La tête franchit l'orifice à six heures du soir; 
elle reste deux heures trente dans l'excavation sans amener d'autres efforts 
que ceux qu'on provoquait. Le 3, à huit heures trente du soir, M. Danyau 
appliqua le forceps ; l'introduction fut facile de même que l'articulation 
des branches. L'extraction fut difficile et pénible. 

L'enfant, fille, malgré les soins qu'on lui prodigua fit quelques inspira- 
tions et expira. 

Délivrance«naturelle. 

Suite de couches compliquées de tranchées utérines et d'eschares. 

Partie en bon état quinze jours après son accouchement. 









— 191 — 

Observation III. 
Laudanum. 

La nommée Périer, primipare, à terme, 26 ans, entre clans la salle d'ac- 
couchement le 9 novembre 1833, à une heure du matin. 

Début du travail ; orifice légèrement fermé. Membranes entières. Tête 
élevée, peu fléchie, inclinée. 

Contractions énergiques, irrégulières, sans intervalles, accompagnées de 
douleurs lombaires qui empêchaient la dilatation. On donne à 11 heures un 
quart de lavement laudanisé (8 gouttes); il ne produisit aucun résultat. A 
2 h , bain de siège. 

Douleurs lombaires persistantes, irrégularité des contractions, pas de 
dilatations. La malade est très-agitée, céphalalgie. A S h du soir, saignée 
de 300 grammes qoi diminua cet état. A 10 h. du soir, deuxième lavement 
avec 20 gouttes de laudanum. Régularité des contractions laissant entre 
elles des moments de calme. A minuit, bain de siège; la dilatation pro- 
gresse; la tête descend un peu. Le 10 à S h., rupture des membranes. A 
6 h., la dilatation est presque complète. 3 e bain de siège ; contractions fortes 
des ce moment, douleurs lombaires. Absence de rotation à cause de l'in- 
clinaison de la tête. 

A 9 h., application de forceps : O. I. D. P. réduite. Enfant pesant 3,800 gr. 
Délivrance naturelle. 



Observation IV. 
Laudanum. 

La nommée Vernet, primipare, âgée de 19 ans, entre dans la salle le 
20 août 1854 à 3 h. du matin. 

Orifice mince, dilaté de 8 à 10 lignes. Membranes entières. Le sommet 
élevé est en 0. I. G. A. 

Maximum des pulsations fœtales à gauche et en avant. Contractions uté- 
rines faibles, irrégulières; fortes douleurs lombaires. On lui donne un 
quart de lavement laudanisé (10 gouttes). Les douleurs persistèrent. A 
3 h. 30 m. du soir, bain de siège; les douleurs se calment un instant. A sa 
sortie du bain, à 7 h., elles reparaissent. Rupture des membranes à 9 h. du 
soir: forte quantité de liquide. A 1 h., nouveau bain. 

Battements du cœur précipités. 



— 192 — 

A 3 h. du matin, le 31 août, dilatation complète; l'accouchement se ter- 
mine à 6 h. Fille. 

Délivrance artificielle suivie d'une hémorrhagie. 4 doses de seigle et ap- 
plication de compresses froides. 

Suites de couches normales. 



Observation V. 
Laudanum. 

La nommée Crépon, primipare, entre à la Maternité, le 1"2 septembre, à 
une heure du soir, se plaignant de douleurs lombaires. 

Le col n'est pas effacé. Sommet élevé 0. I. G. A. 

Le '3 septembre, elle va à la salle d'accouchement à huit heures du 
soir. 

Maximum des pulsations fœtales à gauche et en avant. 

Orifice épais, dilaté de six à huit lignes. Douleurs lombaires toute la 
nuit. 

Le i \ septembre, à six heures trente minutes du matin, on donne un quart 
de lavement laudanisé et un bain de siège, qui ne calmèrent pas le malade : 
elle était très-agitée. 

La rupture des membranes se fait; les eaux s'écoulent en grande quan- 
tité. 

Le bassin est vicié. Les douleurs lombaires durent toute la journée. A 
quatre heures du soir, bain de siège et un quart de lavement laudanisé. 

A neuf heures, orifice mince et ferme. 

Le 12, à sept heures quarante-cinq minutes du matin, grand-bain; la 
femme est calme. 

Le? douleurs deviennent régulières, la femme dort dans les intervalles. 
Le forceps est appliqué, cinq à six débridements sont pratiqués au niveau 
de l'orifice. 

L'accouchement se termine à neuf heures trente minutes du soir. 

Fille, 3,100 grammes, faible, on la ranime. 

Délivrance naturelle, dix heures. 



Observation VI. 
Laudanum. — Avortement à 6 mois. 



La nommée Flicheur, secondipare, ïî ans, se présente à la salle le 
H juillet 1*<37, à sept heures du soir. 



— 193 — 

Elle était à Sainte-Glaire, depuis le 6, pour diarrhée. 

Le 11, à sept heures du soir, orifice souple, épais, dilaté de sept à huit 
lignes. Les membranes sont intactes. 

Sommet 0. I. D. A très-mobile. 

Les douleurs sont assez fortes, permanentes, elles siègent surtout dans 
les lombes; on donne un quart de lavement laudanisé. 

A neuf heures, douleurs plus régulières et plus fortes. 

La dilatation est complète quinze minutes plus tard. 

Ruptures des membranes. 

Terminaison à neuf heures quarante-cinq minutes. L'enfant est vivant, 
c'est une fille, pesant 1,450 grammes. 

Délivrance naturelle. Les suites de couches sont normales. 

Observation VIL 
Laudanum. 

La nommée Colard, multipare, monte à la salle, le 11 avril 1854, à neu 
heures du matin. 

Membranes rompues; peu de col. Partie volumineuse indistincte. Maxi- 
mum au-dessous de l'ombilic. 

Douleurs lombaires assez fortes ; un quart de lavement laudanisé; même 
état pendant le reste de la journée. Le soir, deuxième lavement lauda- 
nisé. 

Nuit calme, pas de sommeil. Grand bain le matin, qui procure un grand 
délassement. 

Dans le courant de la journée, on donne deux pilules d'opium. Vers neuf 
heures du soir, les douleurs deviennent plus fortes. 

Un quart de lavement laudanisé (le col existant encore) et bains de 
siège. 

Les douleurs sont faibles et éloignées, elles augmentent ensuite. 

A six heures du matin, la dilatation est complète. Diagnostic: siège 
S. i. G. A. On aide au dégagement ; expulsion de gaz fétides. 

L'enfant, putréfié, pèse 1,930 grammes. 

Délivrance naturelle. 

Femme décédée, le 16 avril, à sept heures du matin. 

Observation VIII. 
Laudanum. 

La nommée Renaud, femme Martin, primipare, -23 ans, entre à la Mater- 
nité le 19 mars 1855 à H h. du matin. 

Pinard. 25 



— 194 — 

Taille moyenne, forte constitution, membres inférieurs bien conformés-. 

Sommet élevé 0. I. D. P. 

Les membranes se sont rompues à 2 h. du matin. Les battement fœtaux 
sont normaux. Douleurs fortes et régulières, màrs i éiégeant principalement 
dans les lombes. 

Face un peu congestionnée. 

Midi, saignée de 300 gr. et 1/4 de lavement laudanisé et à 1 h. grand bain 
de 60 minutes. 

L'état pléthorique diminue et les douleurs changent de nature, plus 
éloignées et plus régulières. 

Orifice plus souple, dilaté de 12 à \6 lignes. 

Même état qu'à 5 h. du soir. 

Contractions de plus en plus, éloignées ; la femme est fatiguée et a tou- 
jours des maux de reins. Application de forceps (2 fois). 

Fille vivante, 3,350 grammes, avec une dépression assez profonde sur la 
partie antérieure et supérieure du frontal droit. 

Délivrance naturelle. 

Col légèrement déchiré. — Suites de couches compliquées de diarrhée 



Observation IX. 
Laudanum — Avortemeat à 4 mois. — Délivrance artificielle. 

La nommée Riquet, primipare, arrive le 13 janvier 1857 à H h. du matin, 
ayant des douleurs lombaires. 

Col long, résistant, orifice externe entr'ouvert. Chude faite le 3 janvier, 
suivie d'un malaise général. 

Le 13 janvier les contractions utérines se déclarent, elles sont rappro- 
chées, fortes. 

Col élargi supérieurement. 

A 8 h., lavement laudanisé (16 gouttes); aucun effet. 

A 9 h., deuxième lavement (25 gouttes). 

Cessation des contractions jusqu'à 11 h., mais dès lor 3 , elles sont fortes, 
rapprochées, ouvrent l'orifice interne. 

A 10 h. du soir, col effacé. 

Expulsion d'un œuf entier à 1 h. 30 m. du matin. 

Délivrance artificielle immédiate et complète. Fœtus 135 gr. 



— 195 — 

Observation X. 
Phénomènes. — Bassin vicié. — Sommet 0. 1. D. P. — Enfant vivant. 

La nommée Nolly, primipare, arrive à la Maternité le "27 septembre 1857 
à 7 h. du soir. 

Elle est d'un tempérament nerveux. 

Les membranes sont intactes. Sommet élevé en occipito-iliaque droite 
postérieure. 

Le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur est de 0,094. 

Les contractions, d'abord faibles et éloignées, augmentent et s'accom- 
pagnent vers 8 h. 30 m. de phénomènes nerveux manifestes. 

Les bras étaient agités de mouvements convulsifs. Les muscles du cou 
se contractaient, l'agitation était extrême. Pouls souple, peu fréquent, peau 
fraîche. 

Pas d'oedème aux membres inférieurs. L'urine contient un dixième d'albu- 
mine. Le premier accès dure 1 m., prenant surtout la forme de contractures; 
l'utérus était dur, dans une tension permanente. 

Un quart de lavement laudanisé; potion avec 1/2 gr. d'opium; moment 
de calme. 

Nouvelle crise à 11 h. du soir. 1 pilule de O,05 donna de bons résultats. 
Les accès diminuent, puis les contractions deviennent de plus en plus éner- 
giques. Dilatation complète à 3 h. du matin ; rupture artificielle des mem- 
branes. 

Terminaison à 3 h. du matin. 

Enfant à terme, 3,2b0 gr. 

Après l'accouchement, plus d'albumine. 



CHAPITRE II. 



ACTION DE LA MORPHINE SUR LA FEMME EN TRAVAIL. 

La morphine a été employée chez la femme en travail soit par 
la voie gastrique, soit au moyen d'injections hypodermiques. 



— 196 — 

KUe a été administrée pendant l'accouchement, soit dans le 
travail normal soit dans le travail anormal. 

Parmi les auteurs qui ont préconisé la morphine pendant 
l'accouchement, il faut citer Fletger, Poppel , Auer, Lebert, 
Hecker et Kormann Ernest 

Mais le travail le plus important peut-être qui ait été fait sur 
cesujet'estcelui de Kormann (in Monatschrist fur Geburtskunde 
und Frauenkrank ). Dans ce travail, l'auteur pense qu'on doit 
chercher à atténuer les douleurs de l'accouchement bien qu'elles 
soient de nature physiologique, non -seulement quand elles 
sont excessives, mais toujours et dans tous les cas. Il croit devoir 
agir ainsi quant à lui parce que, dit-il, l'embarras est grand 
quand il s'agit de saisir la limite qui indique s'il y a excès de 
souffrance. 

La difficulté git dans la découverte d'un moyen qui soit facile- 
ment applicable et qui n'entrave pas la marche du travail. 

Les inconvénients des différents calmants proposés varient 
suivant le mode d'administration de ceux-ci. 

Les inhalations de chloroforme et l'ingestion des narcotiques 
à doses diverse ont de bons résultats, mais les contre-indica- 
tions sont nombreuses. 

Tandis que les injections sous-cutanées de morphine auraient 
cette sûreté d'effet, cette rapidité d'action, cette facilité d'admi- 
nistration que ne possède aucune autre médication. 

Il a été fait dans le semestre d'hiver 1865-66, à la Maison 
d'accouchements de Leipsig et à la policlinique où l'auteur était 
assistant, usage des injections sous-cutanées de morphine, pour 
combattre le symptôme douleur dans les accouchements. 

Ce travail repose sur plus de cent observations. Kormann se 
sert d'une solution de sulfate de morphine : 15 centigr. pour 
4 grammes ; il fait suivant les cas de une injection à trois, dans 
le cours du travail, mais le plus souvent il se contente d'une seule. 
Les doses habituelles sont de 1 centigr. 1/2 à 3 centigr., et il dit n'a- 
voir jamais eu d'accidents en dehors des vomissements, des ver- 
tiges et de la douleur, et de l'irritation au niveau du point piqué. 
Il recommande de faire les piqûres à la cuisses, comme étant 



— 197 — 

un des points du corps d'où l'influence locale du médicament 
peut le mieux s'étendre à l'innervation de l'utérus. 

Pour atténuer les douleurs, dit Kormann,il faut de plus fortes 
doses qu'on ne croit : contre les douleurs violentes, il emploie de i /2 
à 3/5 de grain ; contre les douleurs moins intenses de 1/2 à 3/10 
de grain, en répétant les injections à une heure d'intervalle en 
cas de besoin. Une des premières conclusions de l'auteur est la 
suivante : L'injection de morphine produit un amendement sen- 
sible des douleurs, en entraînant un ralentissement du pouls et 
de la respiration. 

Quant à la marche du travail, il est facile de voir d'après le 
nombre des opérations qu'on fut obligé de pratiquer, qu'elle a 
dû être assez souvent profondément troublée. 

Dans un mémoire intitulé : De l'action de l'opium sur l'utérus 
particulièrement comme agent de parturition et où il n'est 
question que du sulfate de morphine (in The Retrospcct of Medi- 
cine, 1869), le D r P G. Barker émet une opinion au moins ori- 
ginale. 

Après avoir administré dans plusieurs cas le sulfate de mor- 
phine à des parturientes dans le but de leur procurer simplement 
du repos, il fut surpris de voir, dit-il, la dilatation faire peu après 
de notables progrès. Pour expliquer ce fait qui lui avait semblé 
tout d'abord étrange, il émet la théorie suivante : La morphine 
stimule les fibres longitudinales et obliques de l'utérus en même 
temps qu'elle amène le relâchement des fibres circulaires de 
l'orifice utérin. De plus il est persuadé que cet agent ne peut en- 
traver en rien l'action physiologique du travail. 

Mais il nota un ralentissement considérable de la respiration 
dans un des cas qu'il rapporte, et où l'on avait par erreur donné 
trop de morphine. Il n'y avait plus que trois inspirations par 
minutes, ce qui n'empêcha pas, dit-il, l'enfant d'être expulsé 
par une seule contraction. Fait qui vient corroborer cette opi- 
nion que jamais l'opium n'arrête les contractions utérines nor- 
males. 

En 1870, le D 1 Charles Shaw publia (in Médical Press and 
Circular, 1870) un mémoire sur la morphine administrée en 



— 198 — 

injection dans les cas de rigidité du col. Dans ce travail, l'auteur 
publie plusieurs observations qu'il fait suivre de la conclusion 
suivante : « Je pense que les préparations opiacées prises soit à 

'intérieur, soit en injection hypodermique, donnent les plus 
heureux résultats dans les cas de rigidité, du col due à une 
grande irritabilité nerveuse. 
En 1875, Frankel publia (in Centralblatt) un travail dans 

equel il recommande l'emploi d'une solution contenant à la fois 
du chlorhydrate de morphine et du sulfate d'atropine, concur- 
remment avec les inhalations de chloroforme, dans les cas de 
contracture spasmodiaue de l'utérus pendant l'accouchement. 
Les travaux de W. Luske et de E. Partridje (in American Jour- 
nal of obstetrics, 1877) ont surtout trait à l'action de la mor- 
phine sur le fœtus, point que je n'ai pas à aborder 

Nous n'avons pratiqué les injections de marphine que dans 
deux cas, chez une primipare et une secondipare : chez la pre- 
mière pendant la période de dilatation, chez la seconde pendant 
la période d'expulsion. En voici les détails. 



Observation 1 (personnelle). 

Primipare à terme. — Chlorhydrate de morphine en injections sous-cutanées 
pendant la période de dilatation. 

M..., 18 ans, couturière, bien constituée et ayant le bassin norma- 
lement conformé, entre le 7 juin 1878, à 9 h. 1/2 du soir, à la salle 
d'accouchement de la Maternité. Elle est au terme de sa première 
grossesse. Les premières douleurs apparaissent le 9 juin à 9 h. du 
matin. 

En observation le 9 juin à 10 h. 35 m. du matin. Dilatation comme 
une pièce del franc; bords minces; orifice peu dilatable. 0. I. D. P. 

Contractions. Durée. 

A 10 h. 35 m. 1 m. A peine quelques pe- 

tit ps niai n t pçp tmif- 



37 m. 1 m. 



peine 4UC14UC& pe- 
tites plaintes étouf- 
fées. 






199 — 



Contractions. 


Durée, i 




- 40 m. 


2m. 




— 45 m. 


1 m. \y 




- 49m. 


1 mu 




— 51 m. 


lm. 




— 55 m. 


30 s. 




- 57 m. 30 s. 


2 m. 




lh. lm. 


2 m. 




6 m. 


30 s. 


Cette douleur est plus 
vive que les autres; 
la femme se plaint 
du ventre. 


- 14 m* 


1 m. 




— 15 m. 2 s. 


2 m. 30 s. 


Calme complet dans 
l'intervalle des dou- 
leurs. 



18 m- 30 s. 30 s. 

20 m- , lm. 40 s. 

23 m. 30 s. 1 m. La femme dit que 

cette douleur est 
plus forte que les 
autres. 



A 2 h. 



28 m. 


10 s. 


lm. 


20 s. 




31m. 




lm. 






35 m. 




lm. 


30 s. 




39 m. 


30 s. 


lm. 






41m. 


20 s. 


lm. 






45 m. 




2m. 






50 m. 




lm. 




La dilatation est la 
même qu'à 10 h. 
35 m., c'est-à-dire 
comme une pièce de 
1 franc. 


54 m. 




2m. 






5m. 






50 s. 




8 m. 




lm. 






12 m. 


30 s. 


lm. 






16 m. 




lm. 


20s 




20m. 




lm. 




1 



— 


200 


— 


Contraction». 




Durée. 


- 22 m. 




lm. 


- 27 m. 




1m. 


- 32 m. 




lm.30s. 


- 40 m. 20 


s. 


5 m. 


- 47 m. 




2m. 



A3h. 



A 4h. 



53m. 
54 m. 

3 m. 

5m. 

8 m. 30 s. 
10 m. 
17 m. 
22 m. 

28m. 
34 m. 
37 m. 



40 m. 
45 m. 
48 m. 
54 m. 

6m. 

9m. 

15 m. 

20 m. 



30 s. 



lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 
lm. 

lm. 
2 m, 
lm. 



lm. 
lm. 
lm. 

lm. 25 s. 
30 s. 
lm. 
lm. 
lm. 
2 m. 



De 2 h. à 3 h. 1/2, les 
douleurs , quoique 
«e répétant souvent, 
sont faibles et n'a- 
vancent pas le tra- 
vail. 



La femme se plaint 
d'avoir sommeil. 



Dilatation comme 
une pièce de 1 franc, 
mais bords excessi- 
ment minces. 



5 h. 20 m. Dilatation comme une pièce de 2 francs. On cesse d'ob- 
server jusqu'à 8 h. 30 m. Pendant ces trois heures, les contractions 







-I - 

se montrent de la même façon que précédemment et les 
restent les mêmes. 



douleurs 





Contractions. 




Durée. 




A 


8h. 


, 30 m. 




2 m. 






— 


33iu. 




1 m. 






— 


38 m. 30 s. 


lm. 






— 


40 m. 




1 m. 






— 


42 m. 




lm. 






— 


44 m. 




2 m. 






— 


50 m. 




5 m. 






9h 


, 




1 m. 30 s. 






— 


5 m. 




lm. 


Les douleurs sont 
plus vives. 




— 


8 m. 




2 m. 






— 


14 m. 




lm. 






— 


19 m. 




lm. 






— 


22 m. 




lm. 






— 


29 m. 




lm. 


P. 60. Pulsations tue 
taies 156. 


Injection sous- 


— 


33 m. 




1 Cl. 




cutanée de 1 


— 


39 m. 




30 s. 




centigr. de 


— 


43 m. 




1 m. 




morphine. 


— 


50 m. 


30 s. 


Non notée. 






56 m. 




30 s. 


Plus de cris, a peine 
de petites plaintes ; 
sommeil profond 
dans l'intervalledes 
contractions. P. 60. 




10 h 


i. 




20 s. 






— 


10 m. 




30 s, 









17 m. 




15 s. 


Intelligence légère- 



ment touchée. Som- 
meil entre les con- 
tractions. 
11 h. 10 m. La femme est depuis 1 h. dans un calme complet; elle 
a un peu dormi, actuellement, elle est bien éveillée, les yeux ouverts, 
les pupilles légèrement contractées, le regard béat, les membres- et 
le corps entier dans une résolution complète; elle n'éprouve cepen- 
Pinard. 2G 






— 208— 

dant pas de sensation de pesanteur dans les membres: seulement un 
peu de paresse intellectuelle; elle n'a pas essayé de parler; pourtant 
elle repond avec lucidité aux questions qu'on lui pose et s'intéresse 
au sort de sa voisine qui vient d'accoucher. Elle dit être bien heureuse 
du calme qu'on lui a procuré. 

La dilatation reste absolument la même (un peu plus large qu'une 
pièce de 2 francs). 

11 h. 30 m. Pouls très-irrégulier, variant de 72 à 56. Pulsations 
fœtales 144. 

Contraction douloureuse perçue à 11 h. 58 m. du soir. Durée, quel- 
ques secondes. 

Contraction nouvelle perçue à 12 h. 8 m. du soir. Durée, quelques 
secondes. 

Contraction nouvelle perçtie à lh.30m. La femme se plaint de 
souffrir dans le ventre. 

10 juin. — 1 h. 43 m. Nouvelle injection de 1 centigr. de chlorhydrate 
de morphine. Nous quittons la malade. Elle a des contractions assez 
douloureuses pour lui arracher de petits cris. A ce moment, la dilata- 
tion n'est pas encore égale à une pièce de 5 francs. 

Après la seconde injection, sommeil, sinon complet, du moins ame- 
nant un grand calme jusqu'à 6 h. du matin. La dilatation est alors 
comme une pièce de 5 fr. ; les douleurs reprennent avec violence et 
régularité. A 8 h., dilatation de la largeur de la paume de la main. 

A 10 h., dilatation à peu près complète. 

On recommence à observer. Face congestionnée. Enervement très- 
grand. Sensibilité exagérée du ventre. P. 60. 



Contraction: 


s. 


Durée. 


10 h 


. 30 m. 




40 s. 


— 


7 m. 


20 s. 


50 s. 


— 


10 m. 




30 s. 


— 


12 m. 


20 s. 


lm. 


— 


15 m. 


10 s. 


50 s. 


— 


18 m. 




lm.30s. 


— 


21m. 




2 m. 


— 


24 m. 




lm. 


— 


27 m. 




lm. 


— 


33 m. 




lm. 


— 


36 m. 




lm. 






Agitation dans l'm- 



— 203 — 
Contractions. Durée. 

tervalle des con- 
tractions. Intelli- 
gence légèrement 
altérée. 

— 38 m. lm. 

— 40 m. 30 s. 2 m. 

10 h. 47 m. La femme divague en ce moment et prend son drap 
pour un jupon plissé. Regard vague. Soif intense. Elle sommeille 
littéralement debout. 

A 10 h. 50 m. 30 s. 1 m. 

— 52 m. 30 s. 

— 55 m. 30 s. 

— 58 m. 2 m. 
A 11 h. 2 m. 1 m. 

— 4 m. 30 s. non notée. 

11 h. 12 m. Rupture artificielle des membranes. 
11 h. 3/4. Dilatation complète. 

2 h. après midi. La tête apparaît à la vulve. Contractions énergi- 
ques. Cris retentissants. 

2 h. 1/2. Dégagement de la tête. 

2 h. 35. Expulsion complète. L'enfant naît et ne jette pas un cri; 
il est très-volumineux ; on le ranime et il pousse son premier cri à 
2 h. 45 m. Pas de déchirure du périnée. 

Délivrance naturelle à 3 h. 20 m.; une portion des membranes 
reste à la vulve. Sang perdu : 680 gr. 

Rien de particulier à noter les deux premiers jours. P. 68-64. 



Observation II (personnelle). 

JSecondipare à terme. — Injections hypodermiques de morphine pendant la 
période d'expulsion. 

La nommée H..., âgée de 33 ans, cuisinière, entre à la Maternité 
le 11 juin 1878 à 4 h. du matin (salle d'accouchement). Cette femme 
est déjà accouchée une fois spontanément; elle est à terme de sa 
deuxième grossesse et souffre depuis 3 h. du matin. A son arrivée, 
la dilatation est égale à une pièce de 1 fr. Les contractions reviennent 
régulièrement et à l'heure où nous l'examinons, à 10 h. du matin 



- 204 



la dilatation est complète. Au moment de chaque contraction la 
femme jette des cris et se plaint, même dans l'intervalle. Les mem- 
branes sont intactes et la tête fortement engagée se présente en O. 
I. D. P., P. 64, puis, fœtales 128. 





Contractions. 


Durée. 




Injection de 








0,005 milligr. 








de morphine 








à 10 h. 


A 10 h. 27 m. 


30 s 


. 




— 29 m. 


1 m. 






— 33 m. 


lm. 


Toujours plaintes et 




— 35 m. 


lm.30s. 


cris au moment de 




— 39 m. 


1 m. 


la contraction et 




— 41m. 


lm. 


même dans l'inter- 




— 44 ni. 


lm. 


valle. 




— 47 m. 


lm. 






— 50m. 


1 m. 






— 53 m. 


2 m. 




Nouvelle injec- 


A 11 h. 1 m. 


] m. 




tion de 0,01 c. 


— 4 m. 


lm. 




de morphine 


— 8 m. 


1 m. 30 s. 




à 11 h. 


— 12 m. 


1 m. 






— 15 m. 


lm. 


Même état. 




— 18 m. 


30 s. 






— 21 m. 


4 s. 


Douleurs moins for- 
tes. Grande altéra- 
tion. 




— 25 m. 


lm. 






— 29 m. 


1 m. 






- 35 m. 


lui. 






— 39 m. 


lm. 






— 43 m. 


lm. 


Les douleurs sont 
moins vives. 




— 40 m.. 


10 s. 






— 50 m. 


lm. 






t\12h lm 


lm. 


Elle sommeille dans 



l'intervalle des con- 
tractions. 



I_ 



— 205 — 

Contraction*. Duré*, 

- 5 ni. lm. 

12m. 1 m. Les yeut sont bril- 

lants et l'intelli 
gence est légère- 
ment touchée. 



A lh. 



22 m. 


1 m. 






25 m. 


lm. 






28 m. 30 s. 


lm. 






31m. 


lm. 






41m. 


1 m. 






47 m. 


1 m. 






50 m. 




30 s. 




54 m. 




30 s. 




5 m. 


lm. 






10 m. 


lm. 




Rupture artificielle 
des membranes. Cris 
violents, efforts ex- 
pulsifs. Elle pousse 
vivement et crie 
beaucoup. M. Cham- 
petier de Ribes fait 
tourner la tête à 
l'aide du doigt (mé- 
thode de Tarnier). 



3 Contractions de 1 h. 12m. à 

lh. 17. 
A lh.21m. 3 m. 

Expulsion du fœtus à 1 h. 25 m. Enfant vivant pesant 3, 100 gr. 
Délivrance naturelle à 1 h. 45 m. Elle perd à peine 30 gr. de sang. 
Suites de couches normales. 



Il ressort clairement de la première observation que la mor- 
phine non-seulement diminue la contraction utérine, mais peut 
suspendre pendant un temps plus ou moins long le travail. 

Ainsi, à deux reprises différentes, l'on vit, vingt minutes 
après l'injection, les contractions se ralentir, devenirplus courtes 



— 206 — 

puis cesser tout à fait pendant quarante minutes, la première 
fois, pendant quatre heures la seconde. 

Ce point est extrêmement important, car, Ton voit de suite, 
quel parti les accoucheurs peuvent tirer des injections hypoder- 
miques de morphine dans les cas de contractions prématurées. 

De la seconde, nous ne pouvons guère conclure, n'ayant pas 
noté la fréquence et la durée des contractions avant l'injection 
de morphine. Il est facile de voir cependant que si la période 
d'expulsion n'a point été retardée, elle n'a guère été non plus 
accélérée. 

Dans le premier cas, la rétractilité paraît également avoir été 
atteinte, car le décollement du placenta n'eut lieu que quarante- 
cinq minutes après l'accouchement, et il s'écoula à ce moment 
680 grammes de sang. 



QUATRIÈME PARTIE 



ACTION COMBINEE DE LA MORPHINE ET DU CULOIWCOHMK 



« Guidé par les expériences de Liiaude Bernard, dit le D r Gui- 
bert, de Saint-Brieuc (in Bulletin de\ l'Académie \des sciences, 
18 mars 1872), et par les conseils donnés dans ses leçons faites 
au Collège de France, j'ai entrepris depuis deux ans d'utiliser 
chez l'homme cette association de la 'morphine et du chloro- 
forme. 

«J'en ai obtenu deux états bien distincts, qui ne sont que deux 
degrés d'action du chloroforme chez les sujets préalablement 
soumis à l'influence de la morphine : 

1° L'analgésie, 2° l'anesthésie. 

1° Analgésie. Le sujet ayant subi une injection hypodermique 
de 2 centigr. de chlorhydrate de morphine, le premier effet des 
inhalations de chloroforme, employé 'suivant la méthode ordi- 
naire, est de produire un état d'analgésie avec conservation de 
l'intelligence des sens et du mouvement volontaire... 

« Cet état suffit dans la pratique des accouchements... La plu- 
part des faits que j'ai recueillis concernent le premier de ces 
états, l'analgésie, état qui n'a pas encore été décrit et n'a point 
été l'objet d'applications thérapeutiques. 

« Mes observations sont au nombre de 30 au moins, dont 15 
relatives aux accouchements... 

» C'est surtout pour les accouchements laborieux que l'analgé- 
sie me parait appelée à entrer dans la pratique usuelle. Elle 
atténue très-notablement la douleur, et peut être continuée plu 



— 208 — 

sieurs heures sans faire courir à la mère aucun danger, sans 
nuire à la santé de l'enfant, sans modifier notablement les con- 
tractions régulières de l'utérus, sans prédisposer aux hémor- 
rhagies. Voici comment je procède dans les accouchements : 
Je pratique à l'avant-bras l'injection sous-cutanée d'environ 
un centigramme de chlorhydrate de morphine, au moment où la 
femme commence à supporter difficilement les douleurs des 
contractions utérines et où je vois survenir de l'agitation avec 
anxiété et découragement Un quart d'heure environ après l'in- 
jection, je commence l'inhalation du chloroforme, par la mé- 
thode ordinaire, au moment même où la femme m'annonce 
l'arrivée d'une contraction utérine. Dès que la femme avait une 
dizaine d'aspirations d'air chargé de vapeurs de chloroforme, 
elle sent que la douleur de la contraction, au lieu d'aller en 
augmentant, se calme, bien que la contraction continue. Je 
suspends l'inhalation dès que la contraction s'arrête , et je 
continue ainsi pendant toute la durée du travail en ne faisant 
respirer le chloroforme que pendant le temps des contractions. 

« On voit alors succéder à l'agitation, à l'anxiété, au découra- 
gement, un état de calme, de bien-être, de quiétude qui con- 
traste avec le précédent et dont la femme vous témoigne la plus 
vive reconnaissance. 

« Quand la tête est sur le périnée, que l'on prévoit l'arrivée pro- 
chaine des grandes douleurs et que l'analgésie devient moins 
prononcée, il ne faut pas craindre de recourir à une nouvelle 
injection hypodermique d'un demi-centigramme de morphine, 
qui suffira, en s'ajoutant à la première dose, pour rendre sup- 
portables, parfois même presque nulles, les atroces douleurs du 
passage de la tète. 

L'analgésie atténue sensiblement l'état de fatigue extrême 
qui suit les accouchements laborieux. 

J'ai recueilli une observation de version pelvienne, prati- 
quée, pour une présentation du tronc, plus de seize heures 
après l'écoulement des eaux, et exécutée avec la plus grande fa- 
cilité sous l'influence de l'état analgésique, sans que la mère, 
qui continuait à répondre aux questions qu'on lui adressait, 






— 209 — 

poussât un seul cri, une seule plainte. L'action combinée du 
chloroforme et de la morphine avait complètement dissipé la 
contracture ou rétraction de la matrice qui, dans ces condi- 
tions, rend la version si difficile pour l'accouchement et si la- 
borieuse pour la mère. 

Cet état d'analgésie m'a paru jusqu'ici assez facile à main- 
nir sans amener l'anesthésie, pourvu que les inhalations de chlo- 
roforme soient assez fréquemment interrompues. » 

Depuis cette communication, le D r Guibert continua à rassem- 
bler des observations. Il en possède à l'heure actuelle vingt-six, 
dont cinq lui ont été communiquées par des confrères partisans 
de sa méthode. 

Ces observations inédites, je puis les citer, grâce à l'abnéga- 
tion du D r Guibert qui me les communiqua en m'autorisant à les 
publier. C'est un sacrifice dont je sens tout le prix, aussi je prie 
le promoteur de l'action combinée d'agréer l'assurance de mes 
plus sincères remerciments. Ce sont ces observations qui suivent, 
ainsi que deux autres, dont l'une a été recueillie à la Maternité 
en présence du D r Guibert, l'autre qui m'est personnelle. 



MORPHINE ET CHLOROFORME COMBINÉS 



Observation 1 (personnelle). 

Multipare à terme, -r Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

La nommée H entra à la Maternité, salle Sainte-Adélaïde, 

n° 4, le 14 mai 1878. 

Cette femme avait eu déjà deux accouchements à terme, qui se 
terminèrent spontanément, bien qu'elle présente une cyphose dor- 
sale, causée par un mal de Pott. 

Pinard. 27 



— 210 — 

Lr M mai, à 3 lieures du soir, étant à terme de sa troisième gros- 
' -- -, elle monte à la salle d'accouchement, souffrant depuis 11 h. 
du matin. A son arrivée clans la salle, la dilatation est égale à une 
pièce de 2 franc?. 

De 3 h. à 5 h. 15, la dilatation s'eftectua sous l'influence de con- 
tractions énergiques provoquant des douleurs vives s'accusant par 
des plaintes très-accusées. 

A 5 h. 15, la dilatation est complète. Les membranes se rompent 
spontanément. La tête est profondément engagée en O.I.G.A. P. 84, 
H. 49, T. rectale 38» 4. 



Injection hypo- 
dermique de 
O,0lc.demor- 
phine à 5 h. 
35 m. 



Contractions. 


Durée. 


A 5 h 


. 18 m. 30 s. 


1 m. 


— 


21 m. 20 s. 


2 m. 


— 


25 m. 40 s. 


1 m . 50 s 


— 


28 m. 


1 m. 


— 


30 m. 20 s. 


! m. 


— 


32 m. 20 s. 


40 s 


— 


34 m. 


2 m. 


— 


38 m. 


lm. 


— 


40 m. 


1 m. 


— 


•i3 m. 


40 s 


— 


45 m. 


40 s 


— 


47 m. 30 s. 


1 m. 



— 51 m. 



On commence — 
les inhala- — 
tions de chlo- 
roforme à do- A 6 h 
ses fraction- — 
nées. 



53 m. 

54 m. 
57 m. 

1 m. 

2 m. 



30 s. 



Plaintes même après 

les contractions. 
Plaintes très-vives ; 
agitation. 



Elle commence 
pousser. 



P. 90. 

Elle sent le sommeil 
venir. 

Elle trouve la dou- 
leur un peu moins 
vive. 



30 s. 

40 s. 

30 s. « Je suis engourdie," 
dit-elle, 
t m. Klle dort, mais se ré- 

3ûs. veille à chaque con- 
traction, pousse, et 
dit souffrir moins. 



— 211 

Contractions. 

— -4 m. 

— 6m. 

— 8 m. 

— 9 m. 40 s. 

— 13 m. 30 s. 

— 15m. 



Durée. 

40 s. Sommeil paisible en- 
tre les contractions. 
30 s. Elle trouve les dou- 
leurs moins vives. 
40 s. 
40 s. 
30 s. 

20 s. Elle soutire, mais elle 
dit que les douleurs 
sont moins longues, 
moins pénibles. 
P. 76. 





— 


19 m. 30 s. 






30 s. 






— 


22 m. 






30 s. 






— 


25 m. 30 s. 






30 s. 






— 


29 m. 






30 s. 






— 


36 m. 






40 s. 


P. 80. Pulsations fœ- 
tales, 140. 






42 m. 






40 s. 


Les contractions ne 
faisant nullement 
avancer la tête, on 
cesse le chloro- 
forme. 


On cesse le chlo- 


— 


47 m. 






30 s. 




roforme à 6 h. 


— 


51 m. 30 s. 






20 s. 




50 m. On en a 


— 


58 m. 


1 


m 






employé 5 gr. 


A 7h 








20 s. 




en 1 heure. 


— 


3 m. 
5 m. 
7 m. 
9 m. 






30 s. 
30 s. 
30 s. 
20 s. 






— 


12 m. 30 s. 


1 


ni 








— 


14 m. 30 s. 






3 s. 






— 


16 m. 30 s. 


1 


m 








— 


19m. 
21m. 30 s. 


1 


m, 


30 s. 






— 


23 m. 30 s. 






50 s. 






— 


27 m. 40 s. 


1 


m. 







— 212 — 



Contractions. 


Durée. 


- 30 m. 


20 s. 


- 33 m. 


40 s. 


- 35 m. 


i m. 


- 36 m. 20 s. 


1 m. 


- 38 m. 


lm. 


- 4t m. 


lm. 


— 44 m. 


1 m. 


- 46 m. 30 s. 


1 m. 


- 49 m. 


lm. 


- 51 m. 


25 s. 


— 53 oij% 


1 m. 


- 54 m. 30 s. 


30 s. 


_ 57 ni. 


30 s. 



A S li. 1 m. 30 s. La têle écarte forte- 

ment la vulve. 

Expulsion du fœtus à 8 h. 15. Cette expulsion a été peu doulou- 
reuse. La femme criait, il est vrai, mais sans s'agiter. Elle dit 
n'avoir pas beaucoup souffert. 

Enfant vivant, du poids de 3590 gr. 

Délivrance naturelle à 8 h. 30. 

Quelque temps après, perte de 1000 gr. de sang. 

On administre 1 gr. le seigle ergoté. 

Céphalalgie pendant les suites de couches. Faiblesse générale. 

Partie le huitième jour. 



Observation II (Bulletins cliniques de la Maternité). 

Primipare à terme. — Injection hypodermique de morphine et inhalations de 
chloroforme pendant la période d'expulsion. — Forceps. — Hémorrhagie. 

La nommée L..., primipare, '20 ans. 

Début du travail, "20 novembre 1872, neuf heures du soir. 

Le 21, douleurs éloignées et peu énergiques. 

10 heures. Orifice comme une pièce de S0 cent. Sommet, O. 1. D. P. 
Membranes entières. Nuit calme. 

Le 2"2, neuf heures du matin, dilatation incomplète. Dix heures. Dilatation 
presque complète. 

M. Tarnier monte à la salle d'accouchement, accompagné de M. Guibert, de 



— 213 — 

Saint-Brieuc qui désire faire voir le résultat de la piqûre endermique. Une 
injection est faite à dix heures 1/4 sur l'avant-bras avec une solution con- 
tenant 0, 01 de morphine. Quelques moments après il y eut une rougeur 
mal limitée mais assez intense. (Cette espèce de marbrure n'avait pas en- 
core été observée par M. Guibert .) 

A ! 1 h., inhalations de chloroforme, alors la dilatation est complète; 
rupture artificielle des membranes. 

Il h. 15 m., somnolence : «Je souffre bien moins. » 

Il h. 17 m. Sensation d'étourdissement : « Où suis-jeV » 

Elle reconnaît encore les personnes qui l'entourent. 

Contractions, cris ; se plaint de douleurs à la vulve. 

Il h. 20 m. Rotation exécutée. Somnolence persiste; conscience com- 
plète de ce qui se passe autour d'elle et répond bien aux questions posées. 

Il h. "24 m. Une contraction assez forte. Pas de cris. 

Le chloroforme est donné avant l'apparition de chaque douleur. 

II. h. 27 m. Contractions douloureuses, cris; chloroforme donné après 
le début de la douleur. 

Il h. 30 m. Cri annonçant le début de la douleur. Chloroforme; cris 
cessent : sommeil. La malade ne se reconnaît pas elle-même, nlles person- 
nes qui l'entourent. 

11 h. 3'> m. Douleurs surviennent. Cris; point de douleur dans le 
ventre. 

11 h. 35 m. Contraction violente. Aucun cri. Le périnée commence à 
bomber. 

11 h. 3li m. Nouvelle douleur qui cesse dès le chloroforme. 

11 h. 38 m. Gémit haut presque sans cesser. Se plaint que çà la pousse 
sans cesse, contractions utérines violentes qui ne paraissent pas senties. 

11 h. 42 m. Nouvelle douleur. Une certaine quantité de méconium s'é- 
coule. 

11 h. 44 m. Plus prostrée. Crie et rejette la main quand on la pince. 

11 h. 47 m. Contractions avec cris aigus; issue de méconium. Forceps 
par M. Tarnier. 

11 h. 48 m. Introduction des branches. Cris très-aigus poussés. 

Cloroforme pendant la contraction. Les cris ont cessé. La malade dit 
qu'elle ne dort pas. 

11 h. 51 m. Tractions; ne crie pas, mais au moment où la tête franchit 
la vulve elle s'écrie : « Ça y est! » Terminaison. 

Délire. Excitation anormale. Cet étatdisparaît peu après. Une heure après, 
intelligence et idées nettes. 

Garçon pesant 2790 gr. 

Utérus un moment inerte. 12 h. 15 m. némorhagie (370 gr. de sang). Dé- 
livrance artificielle ne causa presque pas de douleurs à la malade — 1 gr 
seigle ergoté. 



— 214 — 

Pendant les suites de couches , embarras gastrique. 
Partie en bon état le 6 novembre. 



Observation III (D r Guibert). 

Multipare à terme. — Injection hypodermique de morphine. — Inhalations de 
chloroforme pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. 

Antécédents. — Trois accouchements antérieurs ayant tous trois été ac- 
compagnés d'un long travail et de douleurs tellement vives que la malade 
restait plusieurs mois, après^hacun de ses accouchements, sous le coup de la 
terreur des horribles souffrances qu'elle avait éprouvées ; aussi veut-elle à 
tout prix être anesthésiée pour son quatrième accouchement. 

Le dimanche, 7 février 1870, à 8 h. ?>0. m. du soir, je constate un com- 
mencement de dilatation du col. 

Les contractions utérines, qui avaient débuté vers sept heures du soir, se 
succèdent a^ez régulièrement. Vers II h. 30 elles sont assez vives pour 
causer une grande agitation nerveuse et sont difficiles à supporter. 

Je constate que la dilatation du col est supérieure en dimension a celle 
d'une pièce de 2 francs, et je pratique à l'avant-bras une injection hy- 
podermique de 1 centigramme de chlorydrate de morphine. Cette injec- 
tion n'amène aucune modification appréciable aurhylhme età l'intensité des 
douleurs. La rupture de la poche des eaux se fait spontanément. Vers mi- 
nuit, les douleurs deviennent encore plus vives et la dilatation est égale en 
dimension à celle d'une pièce de 5 francs. 

Je fais alors coucher la malade et commence à lui faire respirer du chlo- 
roforme (minuit), au moment où s'annonce une contraction; la malade res- 
pire largement, et au hout de huit à dix inspirations, la douleur au lieu de 
redoubler, comme elle le faisait précédemment, s'affaiblit promptement, 
sans que la contraction utérine ait diminué d'énergie. La malade que je 
fais causer à dessein, répond toujours d'une façon très-lucide à mes ques- 
tions. 

Elle continue à voir et à entendre très-nettement tout ce qui se passe au- 
tour d'elle. Elle a parfaitement conscience de la contraction utérine. Dès 
qu'elle m'annonce que cette contraction a cessé, j'enlève complètement le 
chloroforme. Cependant la dilatation se complète régulirement, puis la 
rotation de la tête s'effectue, et les contractions utérines, devenues indo- 
lentes, se succèdent avec une régularité parfaite. 

Je préviens la mère que la tête s'apprête à franchir le périnée afin qu'elle 
aide l'expulsion par des efforts concordant avec des contractions utérines. 

Bientôt l'enfant sort avec la plus grande facilité, sans le moindre cri, 



— 215 — 

sans la moindre plainte, ni la moindre expression de douleur, sans aucune, 
agitation de la part de la mère, qui n'a pas cessé de voir et d'entendre tout 
ce qui se passait autour d'elle (1 h. 15 m.). La quantité de chloroforme em- 
ployé est de 60 grammes. 

La mère m'a déclaré', le lendemain de son accouchement, qu'à partir du 
moment où j'avajs commencé l'emploi du chloroforme, elle avait cessé d'é- 
prouver de véritables douleurs, et que le passage de Ja tète, dont elle avait 
eu parfaitement conscience, ne s'était accompagné que d'une grande gêne 
et d'une sensation très-nette et d'une distension considérable de la vulve, 
nullement comparable aux atroces douleurs des accouchements précédents. 
La malade n'a pas pris de seigle ergoté, elle n'a point eu d'hémorhagie 
exagérée à l'occasion de la délivrance. 

Le troisième jour, contrairement à ce qui s'était passé dans les accouche- 
ments précédents, la montée du lait s'est faite normalement en s'accom- 
pagnant d'un léger mouvement fébrile; d'ailleurs les suites de couches se 
sont passées d'une manière très-régulière. 

L'enfant, du sexe féminin, est très-bien constituée et n'a pa^été malade 
dans les jours qui ont suivi sa naissance. Elle n'a présenté aucun signe d.e 
narcotisme; l'enfant est morte au bout de deux ans d'une méningite tuber- 
culeuse. 

La seule particularité à noter est une phrase incohérente qui échappa à 
la mère pendant qu'elle était sous l'influence de l'analgésie; la mère s'a- 
perçut immédiatement de l'incohérence de son idée, et nous assura qu'elle 
avait eu une véritable rêvasserie d'un instant dont elle se rendit parfaite- 
ment compte, et qui ne se reproduisit plus. 



Observation IV (D' Guibert). 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période de dilatation et d'expulsion . 

Madame B... , bonne santé habituelle, sauf qu'elle a été chloro-anémique 
avant son mariage; premier accouchement en 1864, très-laborieux et ac- 
compagné de violentes douleurs. En 1869, elle fut atteinte encore de chloro- 
anémic et d'hémorrhagie du ligament large du côté droit, à la suite de fa- 
tigues physiques au-dessus de ses forces. 

Grossesse heureuse et sans accidents. Deuxième accouchement; le 
1" juin 1870, à 3 h. 45 m. du matin, le travail est commencé et les contrac- 
tions utérines se succèdent assez régulièrement toutes lqs quatre minutes 
en s'accompagnant d'une douleur assez vive. 

Je pratique à 4 h. précises l'injection hypodermique de 10 milligram. 
de chlorhydrate de morphine: au bout de 5 m. la malade ressent très-bien 



— 216 — 

les effets physiologiques de la morphine, une sorte d'étourdissement, puis 
de la somnolence, dans Pintervalle des contractions utérines qui semblent 
un peu plus éloignées et moins douloureuses, pour reprendre, au bout d'un 
quart d'heure ou vingt minutes, leur intensité primitive. 

A 4 h. ôt m. la rupture des membranes est un fait accompli , la dilatation 
est complète et la tète est sur le périnée ; les douleurs deviennent plus vives, 
et à 4 h. 40 m. je commence l'emploi du chloroforme qui produit une atté- 
nuation presque complète de la douleur, sans modifier les contractions uté- 
rines, sans que la mère s'endorme un seul instant et sans qu'elle cesse d'a- 
voir pleine et entière connaissance de tout ce qui l'entoure; la somnolence 
qui existait entre les douleurs au début de l'action delà morphine n'existe 
plus. La mère, sur le conseil que je lui donne, pousse franchement et d'au- 
tant plus énergiquement qu'elle n'est point arrêtée dans ses efforts par la 
douleur que provoque habituellement la dilatation de la vulve, au moment 
du passage de la tête. 

L'enfant est expulsé à 4 h. 55 m. seulement, presque sans douleur de la 
part de la mère qui ne pousse aucune plainte ni aucun cri, mais qui a pai- 
faitement conscience d'une distension considérable et presque indolente de 
la vulve, sans la moindre somnolence et avec une intégrité complète de l'in- 
telligence et des sens. 

J'ai été assisté dans cet accouchement par mademoiselle Vissemer, ex- 
sage-lemme de l'hôpital Cochin. 

Les suites de couches n'ont présenté aucune particularité notable. Il y a 
eu fièvre le troisième jour. 

L'enfant est bien constitué et ne présente aucun signe de narcotisme. 



Observation V (D r Guibert). 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

Madame N..., bonnesanlé habituelle; huit accouchements antérieurs, na- 
turels et généralement assez rapides; les douleurs très-vives n'existaient 
qu'au moment du passage de la tête, bien qu'elles fussent précédées d'un 
malaise tel que la malade ne savait dans quelle position se mettre ; même 
dans l'intervalle des contractions utérines , elle ne pouvait se coucher sans 
réveiller une vive doulear dans le ventre. 

La neuvième grossesse se passe sans accidents; le 11 août surviennent 
quelques contractions utérines qui laissent après elles un commencement 
de dilatation. Le 13 au soir les contractions recommencent faiblement et 
continuent. Le lendemain, 14 août, j'arrive près de la mère; à 3 h. 15 m. 
du soir, je constate une dilatation supérieure en dimension à celle d'une 






21 . — 

pièce de 5 franc ; la poche des eaux est intacte; les coliques sont peu in- 
tenses. 

Gomme je prévois la fin prochaine de l'accouchement, je pratique une in- 
jection hypodermique de 10 milligr. de chlorhydrate de morphine. (3 h. 
17 m.) 

Un quart d'heure après l'injection la malade éprouve les effets physiolo- 
giques de la morphine : diminution du malaise, somnolence assez agréable 
sans sommeil complet, sécheresse de la bouche, les contractions s'éloignent 
et sont moins marquées; je romps la poche. 

Vers 4 h. 5 m. les contractions utérines se rapprochent, deviennent plus 
vives et se succèdent très-franchement à partir de 4 h. 10 m.; la tête est en 
position occipito-iliaque droite. 

Je fais dès lors respirer largement le chloroforme pendant la durée des 
contractions utérines ; je modère les doses; bientôt la tête écarte la vulve, 
et passe à 4 h. 2o m. 

Pendant les dernières douleurs la malade pousse quelques plaintes et fait 
des efforts involontaires comme sous l'impulsion d'un ténesme assez vif. 
L'enfant crie en naissant; c'est un garçon bien constitué ; il ne paraît point 
influencé par la morphine. 

La mère m'affirme avoir beaucoup moins souffert qu'à ses accouchements 
précédents; l'injection de morphine a arrêté le malaise si vif qui accom- 
pagnait chez elle les premières douleurs et se prolongeait dans leur in- 
tervalle. 

La délivrance s'est effectuée normalement: la malade n'a point éprouvé, 
après son accouchement, cette grande fatigue qui suivait toujours ses accou- 
chements précédents. 

Les coliques qui ont suivi l'accouchement, si violentes après les précé- 
dentes couches, ont été très-notablement atténuées. La montée du lait s'est 
faite sans aucun mouvement fébrile. La malade n'a respiré le chloroforme 
que de 4 h. 10 m. à 4 h. '25 m.; j'estime à 20 gr. la quantité de chloroforme 
employée. 



Observation VI (D r Guibert). 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chlorotorme 
pendant la période d'expulsion. — Forceps. 

Madame J..., bonne santé habituelle; deux accouchements antérieurs, 
avec insuffisance des contractions ulérines, ayant nécessité, chaque fois, 
l'application du forceps et causé de très-vives douleurs. 

Le "26 anût, à 6 h. 30 m. du matin, je constate une dilatation considérable 
avec rupture de la poche des eaux, rupture dont la date ne peut être préci- 
Pinard. 28 



— 218 — 

sée; la tète se présente en occipito-iliaque gauche; les douleurs sont assez 
vives et se succèdent régulièrement. A 6 h. 35 m., je fais l'injection de cen- 
tigr. de chlorhydrate de morphine, et à 6 h. 55 m. je commence l'inhalation 
du chloroforme; la contraction utérine devient indolente. Toutefois la ma- 
lade se plaint en core un peu au début de chaque contraction, qui reparaît 
toutes les six minutes. 

Vers 7 h. 30 m. la tète ne s'abaisse point, et il est manifeste que les con- 
tractions seront insuffisantes. Le chloroforme commence à ne plus pro- 
duire d'analgésie bien marquée; aussi en vue du forceps je pratique une 
nouvelle injection hypodermique de 5 miligrammes de morphine, à 7 h. 
3o m. 

A 7 h. 45 ni. je fais l'application du forceps, le chloroforme est repris à 
la première douleur qui suit l'application du forceps. Dès que la contrac- 
tion utérine est devenue à peu près indolente, je commence les tractions; 
il arrive un moment où la malade cesse de répondre aux questions qu'on 
lui adresse, et en même temps, par un mouvement automatique, elle 
porte une de ses mains sur le forceps, comme pour enlever ce qui la 
gênait. 

7 h. 49 m. Je fais aussitôt cesser l'inhalation du chloroforme, tout en 
continuant de légères tractions sur le forceps; la malade reprend connais- 
sance et ne pousse point la plus légère plainte, pour le passage de la tête, 
qui cependant ne s'opère que très-lentement, attendu que j'ai la précaution 
de ne plus tirer, mais seulement de diriger le mouvement d'extension de 
la tête. 

La mère ne respire plus du tout de chloroforme, et la sensibilité ne re- 
parait qu'au moment du dégagement des épaules, à 7 h. 53 m. 

La délivrance est pratiquée à 8 h. 5 m. sans que l'hémorragie soit aussi 
abondante qu'aux précédents accouchements. Les suites de couches sont 
normales. L'enfant, nullement narcotisé, est bien constitué. Le quatrième 
jour après sa naissance, il est pris de convulsions qui paraissent dues à une 
indigestion de bouillie que la mère lui avait donnée, sans me demander 
avis. 

11 est mort dans la nuit suivante. 



Observation VII (D' Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

14 septembre. X..., primipare à terme, 34 ans. Au dire de la mère, les 
eaux se seraient écoulées dès le 13, avant, l'apparition des douleurs; la 





— 219 — 

sage-femme est appelée le 14 à 2 h. du matin; elle constate la rupture de 
la poche des eaux ; les douleurs sont bien accusées et assez franches, depuis 
la fin de la matinée; cependant le travail est peu avancé à mon arrivée 
(2 h. 30 m.); la dilatation du col égale en dimension celle d'une pièce de 
5 francs ; la lête est encore au détroit supérieur en occipito-iliaque droite ; 
on entend distictement les battements du cœur de l'enfant. La malade, très- 
agitée, supporte difficilement la douleur des contractions utérines. 

A 3 h. Injection de 10 milligrammes de chlorhydrate de morphine. 

A 3 h. 15 m., application du forceps; j'attends, pour commencer les trac- 
tions, l'arrivée d'une douleur. Le chloroforme qui est confié à la sage-femme 
Mme Pincemin, est employé à trois petites doses ; toujours est-il que mal- 
gré le chloroforme les tractions au forceps sont très-douloureuses. Dans 
l'intervalle des contractions utérines et des tractions au forceps, la mère 
m'apprend qu'elle se sent étourdie, comme en état d'ivresse, avec conscience 
d'un certain bien-être. Pendant les contractions utérines la femme crai- 
gnant d'être endormie par le chloroforme, fait tous ses efforts pour n'en 
pas respirer et agite continuellement la tête. 

L'enfant est expulsé à 3 h. 43 m. au milieu des cris de la Bière dont les 
souffrances n'ont pas été manifestement atténuées, comme dans les autres 
observations. 

J'estime à 12 grammes la quantité de chloroforme qui me paraît avoir 
été employée dans ce cas, dose évidemment d'autant plus insuffisante que la 
femme cherchait toujours à échapper à l'inhalation. 

L'enfant était en état d'asphyxie et n'a respiré d'abord que très-difficile- 
ment; la délivrance s'est faite normalement sans hémorrhagie. 

Je n'ai pas eu occasion de revoir la mère depuis ; j'ai su seulement qu'il 
n'y avait point eu d'accident notable et que l'accouchée s'est bien rétablie. 



Observation VIII (D' Guibert). 

Secondipare à ternie. — Injections de morphide et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

17 septembre 1870. Mme R. ., bonne santé habituelle, premier accouche- 
ment en 1869, avec des douleurs violentes, agitation considérable; applica- 
tion de forceps pour prévenir l'épuisement complet des forces; à la suite, 
prostration très-marquée; point d'accident à signaler. 

Deuxième accouchement : le 17 septembre la malade est prise de douleurs 
de reins dans la matinée. 

A 2 h. la dilatation du col égale une pièce de t francs ; le travail se fait 
lentement, mais régulièrement. 



— 220 — 

A 4 h. lô m., la malade s'effraye tout à coup pendant une douleur, par 
suite de l'arrivée à la vulve de la poche des eaux qui fait une saillie consi- 
dérable; je romps la poche et je constate une dilatation de 7 à 8 centimè- 
tres de diamètre: les douleurs ne tardent point à redoubler et l'agitatioa 
de la mère devient assez vive. Elle n'a plus guère de position même dans 
l'intervalle dos douleurs; elle me prie de la soumettre à l'analgésie. 

A 4 h. 30 m., je fais une injection hypodermique de 10 milligrammes d« 
chlorhydrate de morphine. 

Vers 4 h. 40 m., au moment d'une contraction utérine, je commence 
l'inhalation d'une petite dose de chloroforme qui atténue sensiblement la 
douleur ians arrêter la contraction.- Une fois la contraction terminée, j'en- 
lève le mouchoir qui a été imprégné de chloroforme; la malade me raconte 
alors qu'elle se sent comme engourdie, qu'elle est dans un état de bien-être 
et de calme, qu'elle a conservétoute sa connaissance et la liberté de> mou- 
vements volontaires; quand je la pince un peu fort je constate que la sen- 
sibilité à la douleur n'est pas complètement abolie. La malade reconnaît que 
les contractions utérines réveillent encore la douleur chez elle, mais beau- 
coup moins vives qu'avant l'emploi du chloroforme; aussi les cris et les 
plaintes ont-ils complètement cessé. Les douleurs reviennent régulière- 
ment toutes les six ou sept minutes; dès leur début je fais respirer une 
dose de chloroforme d'environ 3 à 5 grammes, ce qui suffit pour atténuer 
considérablement la douleur et la rendre facile à supporter. 

Dans l'intervalle des contractions utérines, la mère continue à se trouver 
comme étourdie et grisée; elle a toute sa connaissance, se plaint de cha- 
leur aux mains et au visage; les mouvements de la langue paraissent par- 
fois un peu embarrassés, comme chez une personne qui s'endort. Sous l'in- 
Uuenee de la morphine et du chloroforme les contractions utérines me 
semblent un peu moins énergiques et un peu moins longues, je puis les ré- 
veiller assez facilement par de légères pressions sur le ventre au niveau de 
l'utérus. 

La dilatation se complète lentement et l'enfant sort à "> h. 40 m. ; la mère 
pousse quelques plaintes seulement au passage de la tête; la petite fille, un 
peu violacée au moment de la naissance, est bien constituée et nullement 
narcotisée. Délivrance normale ; je revois la malade le soir à 9 h., elle est 
enchantée de son accouchement quia été infiniment moins douloureuxque 
le précédent. Elle n'éprouve point cette sensation de grande fatigue et 
d'épuisement qui lui avait été si pénible après son premier accouchement. 
La montée du lait s'esl faite franchement et sans fièvre. 



— 221 — 



Observation IX (D' Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. 

Mme P..., primipare à terme, bonne constitution, bonne sai.té. 

Le 1 er octobre, vers 8 h. du matin, se produit la rupture spontanée des 
membranes etcommence l'écoulement des eaux, après quelques contractions 
utérines. 

A 1 h. 30 m. après midi, la dilatation du col est sensiblement plus grande 
qu'une pièce de 5 francs; les contractions utérines n'ont pas cessé depuis le 
matin; elle deviennent de plus en plus marquées. 

A 2 h. 30 m., elles sont encore plus énergiques et difficiles à supporter, 
elles déterminent une grande agitation, des nausées fréquentes, et dans l'in- 
tervalle des douleurs il persiste un grand malaise. 

A '2 h. 45 m. Injection hypodermique de 10 milligrammes de morphine au 
moment d'une contraction. Je commence l'inhalation du chloroforme qui 
atténue rapidement la douleur et calme l'agitation. Dès lors à peine y a-t-il 
quelques plaintes, au début de chaque contraction, avant que le chloro- 
forme ait eu le temps d'agir; mais il n'y a plus de cris. Aussitôt la con- 
traction utérine terminée, l'inhalation est arrêtée et la malade accuse une 
certaine sensation de bien-être qui remplace le malaise existant avant l'em- 
ploi du chloroforme. Les nausées devenues presque continuelles et qui fa- 
tiguaient beaucoup la malade ne se reproduisent plus. Il y a entre les con- 
tractions utérines un peu de somnolence pendant laquelle la malade se rend 
bien compte de tout ce qui se dit autour d'elle et continue à répondre à 
toutes les questions qu'on lui adresse. 

A 3 h. 30 m., la dilation est complète; /excite par de légères pressions 
les contractions utérines un peu ralenties et éloignées. Les douleurs devien- 
nent un peu plus fortes et les contractions plus énergiques; la tête arrive 
au périnée, la rotation se fait, la dilatation delà vulve commence; les con- 
tractions augmentent encore d'énergie: la malade pousse avec courage. 
Dans l'intervalle des douleurs existe toujours un grand calme; plus de 
nausées, plus d'agitation même pendant les plus grands efforts ; seulement 
quelques plaintes et des efforts qui sont parfaitement voulus. L'enfant est 
expulsé à 4 h. 10 m., c'est à-dire 1 h. 15 m. après la première inhalation 
de chloroforme et 1 h. 25 m. après l'injeclion hypodermique. Déchirure du 
périnée peu considérable. Enfant bien constitué. 

Délivrance normale sans hémorrhagie notable ; 90 pulsations à la minute 
La malade est altérée et un peu épuisée 

Le soir à S h. abattement; 90 pulsations. 



— 222 — 

Le 2 octobre à 9 h. du matin, 120 pulsations, soif vive, assoupissement, 
chaleur à la peau, douleurs musculaires généralisées, vives surtout au ni- 
veau des flancs, n'augmentant point à la pression mais ne permettant pas 
à la malade de faire la moindre tentative pour se retourner dans son lit. 

A 9 h. du soir, HO pulsations; douleurs musculaires un peu moins 
vives. 

Le 3 au soir, 120 pulsations, encore quelques douleurs ; chaleur de la peau 
et soif. 

Le 4. Amélioration; le lait est venu spontanément; le pouls à 90. 

L'amélioration a continué ; l'appétit est revenu. 

L'analgésie a été insuffisante pour la fin du travail. Il eût été utile de 
pratiquer une nouvelle injection de morphine vingt ou trente minutes avant 
l'expulsion de l'enfant. 



Observation X (D'Guibert). 

Injections de morphine et inhalations de chloroforme pendant là période 
d'expulsion. 



Mme X..., se présente à notre examen à 7 h. 30 m.: à ce moment la dila- 
tation du col est complète. La tête est en 0. I. G. La malade qui souffre de- 
puis la veille au soir est à bout de forces. 

A 7 h. 35 m. Injection hypodermique de 8 milligrammes de chlorhydrate 
de morphine. 

A 7 h. 45 m., les douleurs et les contractions ne sont point modifiées; 
elles sont presque continues et ne laissent pas un moment de calme à la 
malade. Nausées fréquentes. 

Administration du chloroforme à petites doses. Presque aussitôt les dou- 
leurs deviennent plus dislinctes les unes des autres et sont séparées par 
des intervalles dans lesquels la malade éprouve un calme complet et se sent 
mieux. Les nausées ont cessé. 

A 8 h. 15 m., la rotation de la tête est complète depuis trente minutes. 
Malgré d'énergiques contractions la tête ne s'engage point dans la vulve. 
L'effet analgésique du chloroforme est moins grand. Nouvelle injection hy- 
podermique de 8 milligrammes de chlorhydrate de morphine ; application 
du forceps à 8 h. 20 m. 

Bientôt le chloroforme produit une sédation rapide et plus marquée de 
la douleur; je commence les tractions sur la tête pendant les contractions. 
Elles sout supportées sans aucune plainte, sans aucun cri. Je cesse aussitôt 
l'inhalation, car la malade paraît somnolente. Vers la sixième traction la 
tête s'engage franchement dans le détroit inférieur. La malade pousse à ce 



— 223 - 

moment quelques plaintes. Je retire le forceps pour éviter la déchirure du 
périnée très-distendu. 

A 8 h. 35 m., l'enfant est expulsé; grosse fille, bien constituée, nulle- 
ment narcotisée. La mère m'affirme n'avoir pas plus souffert pour le pas- 
sage de la tête qu'elle ne souffrait pour chaque contraction utérine avant 
mon arrivée. La délivrance a été normale. 

Je n'ai pu suivre journellement la malade. Elle est revenue deux ou trois 
mois après pour des abcès du sein. L'enfant était bien portante. 



Observation XI (D r Guibertj. 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. 

M ma X...a eu trois accouchements antérieurs, le premier se termina après 
24 heures de travail, par une application de forceps faite aussitôt que le 
permit la dilatation du col ; l'enfant au troisième degré de l'asphyxie, mou- 
rut trois heures après sa naissance; les douleurs provoquées par les con- 
tractions utérines furent très-vives, et la mère resta pendant plusieurs 
jours dans un état de prostration extrême, évidemment causé par la vio- 
lence et la durée des douleurs de l'accouchement. Le deuxième se termina 
naturellement après un travail d'au moins 19 heures de très-vives dou- 
leurs. Pour le premier, la durée du travail fut de 12 heures. Après l'écou- 
lement des eaux et la dilatation complète, la violence des douleurs semble 
paralyser et arrêter les efforts de la mère; application de forceps. 

Les trois enfants étaient tous très-gros et leur tête volumineuse. Dans 
ces accouchements, on n'a employé ni morphine, ni chloroforme, les douleurs 
ont été très-violentes, et à leur suite la mère était dans une grande pro- 
stration avec anéantissement des forces et courbature générale. 

Quatrième accouchement. Après une grossesse très-heureuse, le travail 
se déclare le 31 décembre vers une heure du matin; à 9 heures, je constate 
une dilatation du col encore peu considérable. Vers 10 h., les douleurs plus 
vives deviennent difficiles à supporter, et la mère se plaint fortement 
pendant chaque contraction utérine. Injection de 11 milligrammes de 
chlorhydrate de morphine à -10 h. précises. 

A 10 h. 1/4, les douleurs n'ont chargé ni de rhythme, ni d'intensité. Je 
commence à faire respirer de petites doses de choroforme dès le commen- 
cement de chaque contraction, et seulement pendant sa durée; la douleur 
devient des lors bien moins vive; cependant les contractions utérines con- 
servent leur régularité et leur énergie. A 11 h. 1/2, la dilatation est sensi- 
blement la même; les douleurs provoquées par les contractions utérines 
sont toujours très-atténuées et ne provoquent aucune plainte. 



— 224 — 

A midi 3/4, les douleurs deviennent plus vives el le chloroforme ne 
semble plus agir très-efficacement. 

A 1 heure, dilatation très-augmentée; nouvelle injection hypodermique 
de 10 milligr. de morphine; puis je romps les membranes. La dilata- 
tion devient complète vers 1 h. 1/4; le chloroforme est toujours employé 
en inhalation pendant les contractions utérines qui deviennent moins 
douloureuses. La mère éprouve un instant un sentiment de grande fai- 
blesse qui semble dû à l'effet de la morphine; bientôt elle pousse avec 
modération et d'une manière bien soutenue: la tête franchit la périnée en 
une seule douleur, qui a été à peine plus vive que la précédente. 

Enfant volumineux ayant une tète assez grosse. En résumé, la mère a 
parfaitement conservé la conscience des contractions utérines, et les dou- 
leurs provoquées par ces contractions ont été moins vives qu'aux accou- 
chements précédents. Cette différence a été très-marquée, surtout pour la 
douleur produite parle passage de la tête. 

Si nous comparons les douleurs qui ont précédé l'emploi des agents 
analgésiques à celles qui ont suivi cet emploi, la mère affirme qu'elle n'a 
certainement pas autant souffert dans la seconde partie de l'accouche- 
ment que dans la première (douleurs préparantes); que la douleur occa- 
sionnée par le passage de l<i tête au périnée, ordinairement si violente, n'a 
pas été plus vive que celle qui accompagnait les contractions utérines im- 
médiatement avant l'emploi de l'analgésie. Les suites de couche ont pré- 
senté ce fait remarquable que la mère n'a point éprouvé la grande fatigue, 
ni la prostration, ni les douleurs musculaires générales qui avaient tou- 
jours suivi les autres accouchements, et qui rendaient si pénibles tout 
effort, tout changement de position dans les premiers jours qui suivaient 
l'accouchement. 

Aussi la mère me déclare, dès les premiers moments qui suivent l'accou- 
chement, qu'elle se sent plus à l'aise que dans les derniers temps de la 
grossesse. Point de tremblements nerveux. La montée du lait s'est faite 
sans aucun mouvement fébrile. 

Les parties sexuelles sont moins sensibles et moins douloureuses 
qu'après les accouchements précédents; enfin les tranchées utérines quj 
duraient deux ou trois jours dans les aulres accouchements, se sont mon- 
trées pendant une seule nuit. 

Cette observation me paraît prouver que l'emploi de l'analgésie, à partir 
du moment où les douleurs deviennent difficiles à supporter chez une 
femme qui doit avoir un accouchement laborieux, peut prévenir la prostra- 
tion, la fatigue extrême, le surmenage en un mot nécessairement produit 
par l'expulsion d'un enfant volumineux. 

On peut donc espérer que l'emploi de l'analgésie dans les accouchements 
laborieux arrivera à les rendre, pour la mère, aussi peu douloureux, et 



— 225 — 



par suite, presque aussi peu dangereux que ces accouchements faciles cl 
rapides qui n'entraînent après eux aucun trouble profond de l'organisme. 



Opservation Xll (Dr Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

M me X..., primipare; bonne santé habituelle; e'coulement spontané des 
eaux dans la nuit du '29 au 30 avril 1871, vers 2 heures du malin, avant 
que les contractions ulérines ne s'établissent sensiblement. 

A 8 heures du matin, dilatation à peine égale en dimension à ccdle d'une 
pièce de 1 franc; douleurs faibles; à 10 h. Ip>, dilatation égale à une pièce 
de 2 francs. Vers midi, les douleurs redoublent; à midi el demi, la dilata- 
tion dépasse les dimensions d'une pièce de o francs; les douleurs sont 
devenues presque continues, assez vives, ne laissant dans leur intervalle 
presque aucun calme à la femme, qui éprouve un grand découragement et 
des envies continuelles de vomir. 

A midi -'<5 m., injection hypodermique de (Omilligr. de chlorhydrate 
de morphine. Les douleurs ne s'atténuent que faiblement; plus de 
nausées. 

A 2 h. S m., je commence l'inhalation de chloroforme, pendant les con- 
tractions utérines seulement; le travail se fait régulièrement. 

A 2 h. iS m., lr. tête commence à entrouvrir la vulve; elle ne sort qu'à 
3 h. 30 m., après avoir lentement dilaté l'ouverture, et sans aucune déchi- 
rure appréciable au périnée. 

Depuis l'emploi du chloroforme, la maladie n'éprouve plus, même pen- 
dant le passage de la tête au périnée, qu'une douleur très-facile à suppor- 
ter, et qu'elle trouve beaucoup plus modérée que celle qui précédait l'em- 
ploi de l'analgésie; alors même que la tête distendait fortement, le calme 
et le bien-être étaient complets dans l'intervalle des contractions utérines. 
La malade émettait quelques plaintes, en faisant des efforts de propulsion, 
au moment des contractions, mais elle m'a déclaré depuis que ces plaintes 
étaient l'expression bien moins de la douleur éprouvée que du besoin de 
pousser. 

Le chloroforme a été employé pendant un peu moins d'une heure et 
demie; la quanlité consommée a été de 70 à 80 grammes. 

Un fait remarquable, c'est la disparilion des nausées qui étaient presque 
continuelles, dix minutes après l'injection de morphine et avant l'inhala- 
tion du chloroforme. 

Il faut noter la lenteur du passage de la tête au périnée; dans toute 
autre circonstance, l'application du forceps aurait pu être nécessaire, afin 
Pinard. "<* 9 



— 226 — 

d'abréger les douleurs atroces que le passage détermine presque toujours, 
surtout chez les primipares. Le passage s'est effectué, grâce à l'analgésie, 
sans aucun inconvénient pour la mère, qui éprouvait un calme complet, 
dans l'intervalle des contractions, alors que la distension était au maxi- 
mum. 

L'enfant est une fille, vigoureuse, bien constituée, nullement engourdie 
par l'action des analgésiques. Après l'accouchement, point de prostration, 
ni de tremblement nerveux chez la mère, qui éprouve une sensation de 
calme, et de bien-être parfait. 

Délivrance normale à 3 h. îO m. Le 2 et le 3 mai, la montée du lait a 
lieu sans aucun mouvement fébrile, la mère se trouve parfaitement à l'aise, 
et aussi bien qu'avant son accouchement, sauf quelques coliques uté- 
rines. 

Observation XIII (D r Guibert). 

l'rimipare à ternie. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. — Forceps. — Hémorrhagie. 

X..., fille, primipare, a été, pendant presque toute sa grossesse, vivement 
affectée de sa situation, et sa mère me raconte que, pendant les dernières 
semaines, elle pleurait presque continuellement et s'alimentait à peine ; 
toujours est-il qu'elle est d'une grande faiblesse, pâle, amaigrie décou- 
ragée. 

Le "21 juillet 1871, à 11 h. 45 m. du matin, je trouve le col effacé. 

A 7 h. du soir, dilatation de la largeur d'une pièce de S fr. 

A 8 h. "25 m., la dilatation a augmenté, la poche des eaux est encore 
intacte. 

A 9 h., la dilatation paraît complète; les contractions utérines sont fai- 
bles, éloignées, irrégulières ; la malade accuse une grande faiblesse et 
supporte difficilement les douleurs. 

A 9 h. 10 m., injection de !0 milligr. de chlorhydrate de morphine. 

A 10 h. 30 m., le travail n'a pas fait de progrès; les battements du cœur 
de l'enfant sont précipités ; les eaux sont teintées de méconium. Je me dé- 
cide à faire une application de forceps, après avoir fait une injection de 
5 milligr. de chlorhydrate de morphine à 10 h. 35 m. 

La femme est très-effrayée par la perspective de l'application « des fers» ; 
elle se débat; on la maintient avec peine; pendant l'introduction du for- 
ceps elle pousse de véritables hurlements, bien que l'opération se fasse 
assez facilement. 

A 10 h. 50 m., je fais respirer successivement deux doses de chloro- 
forme ; la malade se calme; des tractions modérées amènent la tète de 



— 227 — 

l'enfant avec la plus grande facilité (11 h.), sans un seul cri, sans une seule 
plainte de la mère, même pendant le passage de la tête au périnée. 

La mère, interrogée par moi, prétend souffrir beaucoup ; elle n'est nul- 
lement endormie; si les douleurs n'ont pas été complètement supprimées, 
elles ont été au moins notablement atténuées. L'enfant est en état d'as- 
phyxie, avec résolution musculaire complète; le cœur bat énergiquement; 
pas de mouvements réflexes ni spontanés même de la respiration. Insuffla- 
tion ; au bout de 20 minutes, quelques mouvements d'inspiration. 

A minuit, je constate un mouvement réflexe dans la bouche et la gorge 
de l'enfant, qui fait des efforts comme pour avaler ; la respiration natu- 
relle est rare et faible ; pressions sur le ventre et le thorax j'usqu'à minuit 
30 m. Pendant ce temps, la mère a deux pertes successives assez abon- 
dantes : la première 30 minutes après l'accouchement ; je la délivre aus- 
sitôt ; application d'une serviette froide sur le ventre. La seconde hé- 
morrhagie a lieu une demi-heure après; elle est plus abondante. Par le 
toucher, je constate que la cavité utérine est vide de caillots : cette ma- 
nœuvre fait contracter la matrice et arrête l'hémorrhagie. Le pouls est 
à 130. Je lui donne du seigle ergoté, puis du vin pur; ensuite de l'eau rou- 
gie et des jaunes d'oeufs battus dans de l'eau sucrée à défaut de bouillon. 

Le 22, à 11 h. du matin, je frouve la malade très-affaiblie; le pouls est 
à 110; pas de nouvelles pertes; l'enfant va bien et respire naturellement. 

Aucun accident n'est survenu depuis à la mère, dont les suites de cou- 
ches se sont bien passées. Je ne sais si l'enfant est mort ou non à l'hospice. 



Observation XIV (D r Guibert). 

Seeondipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 



M me C..., bonne santé habituelle, est arrivée au terme de sa seconde 
grossesse. » 

A 3 h. 5o m., la dilatation est complète; la tête est sur le périnée ; les 
douleurs sont assez fortes, et la malade se plaint vivement en s'agitant à 
chaque contraction utérine. La malade accepte l'analgésie, et à 4 h. je 
pratique une injection hypodermique de 10 milligr. de chlorhydrate de 
morphine. 

A 4 h. 10 m., je pratique l'inhalation du chloroforme à l'occasion d'une 
contraction utérine; la douleur est bien moins ressentie qu'aux précédentes 
contractions. 

A 4 h. 15 m., nouvelle contraction utérine; je fais respirer largement 
une seule dose de chloroforme; la tête est expulsée et l'accouchement se 



228 — 

termine sans que la mère, qui s'aide en poussant énergiquement, jette uu 
seul cri. 

L'enfant est bien constitué et crie vigoureusement. 

Les suites de couches sont excellenies; point de fièvre de lait, dont la 
montée se fait très-résrulièrement d'ailleurs ; la mère nourrit son enfant. 



Observation XV (D r Guibert). 

Secondipare à terme. — Inhalations de chloroforme et injections de morphiue 
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. 

M" ,c B..., bonne santé habituelle; le premier accouchement date du fi juin 
1870. Travail long, douleurs vives, grande agitalion nerveuse; insuffisance 
des contractions ulérines ; quinze heures de travail, qu'il fallut terminer 
par une application de forceps; fille forie, bien constituée; l'analgésie ne 
fut pas employée. 

4 février 187-2. Quelques douleurs se sont fait sentir dans la nuit du 8 
au 4; on mo fait appeler à 9 h. du matin; je constale chez la femme, qui 
est à terme, que le col, fortement porté en arriére et dilficile à atteindre, 
présente un commencement de dilatation; les douleurs sont faibles et assez 
éloignées. 

A4 h. du soir, les douleurs se rapprochent, deviennent plus vives; la 
dilatation a faiblement augmenté. 

A 6 h. le travail continue, la dilatation est supérieure en dimension à 
celle d'une pièce de S fr.; les contractions utérines, bien qu'elles provoquent 
des douleurs assez vives, sont peu énergiques et de très-courte durée. 

Pendant la contraction, les parois utérines restent assez flasques pour 
permettre de reconnaître l'enfant par la palnalion abdominale. 

A 7 h. 45 m., la mère est anxieuse, énervée; elle n'a plus le courage de 
supporter les douleurs, qui vont en augmentant d'intensité; l'agitation, le 
malaise, le découragement persistent, même dans l'intervalle des contac- 
tions utérines. Je me décide, malgré le peu d'énergie de ces dernières, à 
me rendre aux instances de la mère, qui réclame l'analgésie. 

Je pratique une injection hypodermique d'un centigramme de chlorhy- 
drate de morphine à l'avant-bras ; les contractions utérines continuent 
avec le même rhythme, avec la même intensité, et pendant leur durée il 
est toujours possible d'arriver à palper l'enfant et de constater par le tou- 
cher que la tèle reste en contact avec les membranes , aussi n'ai-je pu avoir 
la preuve que les tentatives faites par moi pour rompre la poche avaient 
réussi. 

L'in>ction hypodermique a été pratiquée à 7 h. 45 m. 

A 7 li. bo m. survient UDe douleur qui est manifestement atténuée par 



— 229 — 

l'inhalation de chloroforme, ainsi que toutes les douleurs suivantes. Ce- 
pendant la mère pousse des plaintes encore assez vives pendant les con- 
tractions utérines, au lieu des cris violents qu'elle jetait précédemment. 

L'agitation cesse complètement une fois la douleur passée, et la mère 
reconnaît qu'elle a bien moins souffert. Elle n'est nullement endormie; 
elle voit et entend très-nettement; elle éprouve un peu de lenteur à par- 
ler; elle se sent étourdie et somnolente, mais bien à l'aise et désire qu'on 
ne la fasse pas causer. Dès qu'une douleur s*annonce elle nous en prévient, 
afin qu'on lui fasse respirer le chloroforme immédiatement. 
Dans l'intervalle des douleurs, le pouls est à 84j 

A 8 h. 35 m., voyant la faiblesse des contractions utérines et la dilata- 
tion à peu près complète du col, je fais prendre à la femme 50 centigr. 
de seigle pulvérisé. 

A 8 h. 50 m., les douleurs deviennent plus irrégulières, plus continues, 
moins vives, bien que les contractions des parois utérines soient manifes- 
tement plus énergiques et ne permettent plus, pendant leur durée, de pra- 
tiquer la palpation de l'enfant. 

Cependant, comme la tête de l'enfant n'arrive qu'à grand'peine à écarter 
très-légèrement la vulve, bien que la rotation soit effectuée deiuis plus 
d'une demi-heure, je fais, à il h., une application de forceps et amène, à 
9 h. S m., un enfant bien constitué. légèrement asphyxié, mais qui se met 
au bout de quatre à cinq minutes, à crier et s'ayiter vivement. 

La mère a jeté un cri au moment du passage de la tête au périnée. Un 
quart d'heure après j'extrais le placenta descendu dans le vagin, et j'admi- 
nistre par précaution une nouvelle dose de 30 centigr. de seigle. 

La malade se montre très-reconnaissante de l'emploi de l'analgésie. Elle 
m'a déclaré à plusieurs reprises que, sans le calme et le bien-être de l'état 
analgésique, elle n'aurait jamais pu supporter les douleurs de son accou- 
chement, qui ont été notablement atténuées. 

Au moment du passage de la tête, à l'instant où elle a poussé un cri, 
elle affirme avoir 'moins soulîert qu'elle ne souffrait avant l'emploi de 
l'analgésie, à l'occasion de chacune des contractions utérines. 

Le soir, à 10 h., la mère se trouve bien à l'aise. 11 est sorti quelques 
caillots du vagin ; le pouls est à 96. L'engourdissement, la somnolence et 
l'embarras de la parole produits par l'analgésie sont complètement dissi- 
pés. Elle a bu du bouillon avec plaisir. 

Le 5, au malin. La nuit a été bonne et calme, mais sans sommeil; la 
malade a bu plusieurs l'ois du bouillon; elle éprouve le besoin de manger. 
L'expulsion des urines s'est faite normalement; l'enfant va bien. 
i Le 1. point de fièvre; la mère, sauf un peu de faiblesse, se sent parfai- 
tement bien et s'alimente régulièrement. 

$ Le 8. La montée du lait s'est faite la veille au soir; point de fièvre; la 
malade reprend ses forces graduellement. 



230 — 



Observation XVI (D r Guibert). 

Multipare à terme. — Inhalations de chloroforme et injections de morphine 
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. 

Cinquième accouchement à terme. Analgésie accompagnée d'incohé- 
rence dans les idées. 

M me X... a été analgésiée pour une précédente couche, le 7 février 1870. 

Le 14 mai 187"2, étant à terme, M me X... avait constaté, outre l'existence 
des contractions utérines, la sortie de glaires sanguinolentes; elle me 
fait appeler. 

A 1 heure après-midi, je constate une dilatation du col à peine supé- 
rieure en dimension à celle d'une pièce de 2 francs. Les contractions uté- 
rines se succèdent assez régulièrement, toutes les huit minutes. La malade, 
qui n'a pas dormi la nuit précédente, tenue en éveil par les premières 
contractions utérines, éprouve déjà une certaine fatigue. Elle me demande 
de lui faire des inhalations de chloroforme ; je lui permets seulement d'en 
respirer pendant les douleurs, au-dessus d'un flacon débouché; la douleur 
devient ainsi un peu moins vive et les contractions continuent avec une 
grande régularité. 

2 h. 1/2. La dilatation est à peu près égale en dimension à celle d'une 
pièce de 5 francs; le col est aminci, les contractions continuent régulière- 
ment, et la malade respire le chloroforme pendant leur durée, en en ver- 
sant quelques gouttes sur un mouchoir; l'inhalation au-dessus d'un flacon 
était devenue insuffisante. 

4 h. La dilatation est restée stationnaire; j'excite les contractions uté- 
rines par de légères pressions sur le fond de la matrice. 

5 h. La dilatation a augmenté , elle surpasse en dimension celle d'une 
pièce de 5 francs; l'amincissement du col a augmenté; les contractions 
sont plus énergiques et les douleurs deviennent plus difficiles à supporter; 
le chloroforme ne les calme plus d'une manière notable ; la position est 
occipito-iliaque gauche. 

Injection hypodermique à l'avant-bras d'un centigramme de chlorhy- 
drate de morphine. Je continue à exciter les contractions utérines par de 
légères pressions pratiquées sur divers points de la matrice; l'inhalation 
du chloroforme est continuée pendant les contractions. 

5 h. 20 m. La morphine modifie notablement les effets des inhalations 
de chloroforme. Les douleurs sont très-notablement atténuées; la malade 
devient expansive; elle exprime sa reconnaissance aux personnes qui sont 
auprès d'elle, pour les soins qu'elles lui prodiguent, puis raconte l'histoire 
attendrissante d'une jeune femme, son alliée, morte des suites de son pre- 



— 231 — 

mier accouchement. Un peu plus tard le chloroforme produit de la rêvas- 
serie avec incohérence des idées, sans aucune agitation, la malade répond 
de travers aux questions qu'on lui adresse. 

5 h. 45 m. Je romps la poche des eaux, la dilatation est presque com- 
plète. 

6 h. 15 m. La rotation de la tête n'est pas encore complète; bientôt sur- 
viennent des contractions un peu plus énergiques; la rotation s'achève, la 
tête s'engage et est expulsée sans que la malade pousse un seul cri, bien 
qu'à la dernière douleur elle n'eût point respiré de chloroforme (6 h. 30 m.) 

Je dois signaler que pendant une des dernières douleurs, la malade 
cessa un moment de répondre aux questions qu'on lui adressait à dessein; 
cet instant fut très-court; on suspendit à ce moment les inhalations de 
chloroforme et la malade reprit presque aussitôt à répondre aux questions, 
mais d'une manière incohérente. Le calme et une grande sensation de 
bien-être n'ont cessé d'exister depuis l'injection hypodermique. 

La délivrance s'est faite naturellement un quart d'heure après l'accou- 
chement. Point d'hémorrhagie. 

L'enfant, du sexe féminin, est forte, vigoureuse, et se met à crier aussi- 
tôt après sa naissance. 

La mère accuse une vive sensation de faim; je permets trois bouillons 
successifs à 7 h., 7 h. 30 m. et 8 h.; à 9 h., la sensation de faim étant en- 
core très-vive, je permets une petite bouchée de bœuf saignant. Le pouls 
est à 90. 

La nuit est bonne; le lendemain matin le pouls est à 84. 

Cette dame habitait la campagne et n'a pu être suivie par moi, pendant 
ses suites de couches. Elle m'a déclaré depuis que les suites avaient été 
excellentes, les tranchées presque nulles, plus faibles encore qu'au précé- 
dent accouchement, également effectué avec le concours de l'analgésie 
dont elle est on ne peut plus satisfaite. 



Observation XVII (Dr Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. — Forceps. 

23 mai 1872. X. , primipare, demeurant à la Tuilaie, commune de Plou- 
fragan, est en travail depuis le 22 au soir. 

Les douleurs se sont succédées avec quelques alternatives, mais les con- 
tractions sont généralement faibles et peu éloignées les unes des autres; 
les membranes sont bien rompues, la dilatation à peu près complète et la 
tête bien engagée dans le détroit supérieur en occipito-iliaque droite posté- 
rieure; les douleurs sont vives. 



— 232 — 

8 h. 30 m. du soir. En prévision d'une application de forceps, je pratique 
une injection hypodermique de l centigr. de chlorhydrate de morphine. 

8 h. 43 m. Je commence l'inhalation de chloroforme à l'aide d un flacon 
à large goulot tenu auprès des narines. 

Après deux minutes d'inhaldtion, les fers ayant été préalablement mis 
en place, je commence les tractions, avec une grande modération; la 
femme se plaint faiblement; le chloroforme est donné sans discontinuité; 
et je puis bientôt amener la tête au milieu d'un calme parfait, la mère ne 
faisant aucun mouvement, ne poussant aucune plainte, pas même au mo- 
ment où le périnée s'ouvre et se déchire pour le passage de la tête. Ce 
calme est si grand que je demande à la femme si elle dort oui ou non, et 
je fais enlever le chloroforme pour le passage des épaules; la mère me 
répond aussitôt avec une grande lucidité qu'elle ne dort pas; le passage 
des épaules se fait également sans la plus légère plainte. L'analgésie était 
aussi complète que possible. Interrogée, la femme prétend avoir souffert 
et s'être sentie comme enivrée, sans avoir éprouvé un seul instant de 
sommeil. 

L'enfant est dans un état d'asphyxie peu marqué qui se dissipe assez 
vite. 

Je fus rappelé vers le sixième jour après l'accouchement, près de cette 
femme, elle avait une fièvre assfz vive, sans localisation inflammatoire 
appréciable ; comme elle avait négligé de faire des injeclions vaginales, je 
conclus que la fièvre avait pour cause un certain degré de résorption pu{ 
tride, je la soumis à quelques doses de quinine et à des injections vagi- 
nales; elle a parfaitement guéri. 



Observation XVIII (D r Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. — Forceps. 

M"" P. K..., primipare, à terme, bonne santé habituelle, constitution 
délicate, sujette à voir ses règles manquer, un mois sur deux, dès avant 
son mariage; les dernières règles sont venues en juillet 1871. 

16 juillet 187'2. Les contractions utérines sont bien manifestes le soir; 
au toucher l'orifice supérieur du col parait avoir cédé, l'orifice inférieur 
n'est point dilaté. 

il juillet, 7 heures. Les contractions ont continué toute la nuit, assez 
régulièrement et sans laisser à la malade un seul instant de sommeil; aussi 
est-elle énervée, découragée el sous l'influence continuelle d'un vif senti- 
ment de malaise, même dans l'intervalle des contractions, malaise qui 
augmente notablement, dès qu'elle essaie de prendre la position horizon- 



— 233 — 

taie; aussi reste-t-elle assise ou marche-t-elle péniblement, dans l'inter- 
valle des douleurs. Pendant ces dernières elle se met debout, se plaint 
vivement et prie en grâce de lui serrer fortement les cuisses à la partie 
supérieure, pour rendre plus supportables les souffrances qu'elle éprouve. 
Le col présente la dimension d'une pièce de 5 francs; la tète est déjà bien 
engagée dans le bassin en occipito-iliaque gauche. 

7 h 45 m. La dilatation a augmenté; je me décide à rompre' la poche 
des eaux; le travail continucavec les mêmes caractères, et les douleurs 
deviennent plus vives. 

8 h. 20 m., injection hypodermique de t centigramme de chlorhydrate 
de morphine. 

8 h. 40 m. Je commence l'inhalation de chloroforme, à l'occasion d'une 
contraction utérine et seulement pendant la durée de la contraction. La 
douleur s'arrête après les premières inhalations, bien que la contraction 
utérine continue; le malaise qui persistait pendant l'intervalle des dou- 
leurs se dissipe, et la malade peut parfailement rester couchée, même 
pendant la durée des contractions; le malaise est remplacé par un senti- 
ment de bien-être et de calme qui lui permet de causer et de rire, comme 
dans son état habituel de santé. Le travail ne marche que lentement, les 
contractions utérines sont peu durables, bien que j'essaie de les exciter 
par de légères pressions sur la matrice. 

H h. 'M) m. La dilatation est un peu augmentée; l'analgésie est un peu 
moins marquée, la dose de morphine n'ayant point été renouvelée; la tête 
est toujours bien engagée dans le bassin; le travail date déplus de dix- 
huit heures. 

Je fais entrevoir qu'une application de forceps sera nécessaire pour que 
le travail ne se prolonge poinl indéfiniment. 

41 h. 40 m. Injection hypodermique d'un demi-centigramme de chlor- 
hydrate de morphine. 

Midi. Introduction des fers, sans l'intervention du chloroforme; elle 
détermine quelques douleurs provenant de la sensibilité du col utérin, qui, 
par son peu de dilatabilité, ne permet que bien juste l'introduclion du 
forceps. Je commence ensuite l'inhalation du chloroforme, d'abord avec le 
flacon seulement, puis en le versant sur une serviette pliée en plusieurs 
doubles; la malade offre bientôt les symptômes de la période d'excita- 
tion, en répondant d'une manière incohérente aux qu stions qu'on lui 
adresse, tout en restant parfaitement calme. 

A midi 10 m. je commence les tractions avec une grande modération : 
la malade se plaint légèrement et toujours avec incohérence des idées, par 
conséquent sans se bien rendre compte de ce qui se passe; le chloroforme 
est donné d'une manière continue, mais à doses modérées et sans amener 
le sommeil. Il semble y avoir une certaine accoutumance à cet agent que 
la malade respire depuis 8 h. 40 m. 

Pinard. 30 



— 2 34 — 

Midi 25 m. Le périnée cède lentement en se déchirant légèrement pour 
le passage de la tête; la mère ne pousse à ce moment aucun cri, aucune 
plainte; elle ne répond plus aux questions; je fais immédiatement cesser 
le chloroforme, et coupe le cordon passé autour du cou de l'enfant; les 
épaules passent à leur tour, et les plaintes reparaissent. 

A midi 30, l'accouchement est heureusement terminé. La résistance du 
périnée a été considérable et plus grande que d'habitude, grâce au volume 
de la tète de l'enfant, qui est bien constitué; il présente tous les signes 
d'une paralysie faciale du côté gauche, et porte pendant plusieurs jours 
une ecchymose au niveau de la glande parotide, et au niveau du muscle 
masséter du même côté, sans empreinte produite par le forceps à ce 
niveau. 

La tête, au moment de son expulsion, est entourée d'une légère couche 
de sang coagulé dont une partie a pu arriver dans la bouche de l'enfant ; 
aussi le 18 au matin l'enfant a vomi du sang, probablement celui avalé 
dans les derniers temps du travail. La mère n'a plus qu'un souvenir con- 
fus des derniers moments de l'accouchement. 

Le 17 au soir, la mère se plaint d'une douleur dans l'hypochondre 
gauche; je constate dans cette région la présence d'une tumeur qui descend 
jusque dans le flanc; cette tumeur, volumineuse et dure, durcit encore par 
instants, en même temps qu'elle devient plus douloureuse. En faisant in- 
cliner la malade sur le côté droit, la tumeur s'y porte aussitôt; c'est évi- 
demment la matrice, non encore revenue à sa position normale. 

Il existe en même temps une tumeur à l'hypogastre, constituée par la 
vessie distendue par l'urine; je pratique le cathétérisme. 

Pouls à 110; injection vaginale à l'eau tiède. 

Le 18, la rétention d'urine continue; je sonde matin et soir; 100 pulsa- 
tions. La sensibilité du ventre à la pression est peu marquée et n'a point 
augmenté depuis la veille; la malade prend des bouillons et des potages 
avec plaisir; la matrice est revenue à l'hypogastre. 

Le 19, apyrexie complète; la rétention d'urine continue; injections vagi- 
nales à l'eau alcoolisée. 

Le 20, les seins sont tuméfiés; le pouls est à 110; la rétention d'urine 
continue et nécessite toujours l'emploi de la soude. 

Le 21, pouls à 110; l'enfant ne peut encore prendre le sein; il faut 
extraire le lait de la mère artificiellement. 

Le 23, accès de fièvre intense, précédé d'un violent frisson qui commence 
à 11 heures du matin; envies fréquentes d'uriner, urines chargées de mu- 
cosités. 

En sondant la malade le soir, j'emploie une sonde à double courant et je 
fais suivre l'évacuation de l'urine d'une petite irrigation vésicale à l'eau 
tiède, qui donne à la malade un soulagement notable. Cette irrigation est 



— 235 — 

continuée les jours suivants; 3 doses de 15 centigrammes de sulfate de 
uinine. 

Le 24, la fièvre n'est point encore calmée; aucune sensibilité du côté du 
ventre, pouvant faire craindre le développement d'une inflammation de ce 
côté; continuation des injections, irrigations et du sulfate de quinine. 

Le 26, la fièvre est presque nulle; 100 pulsations; pas de chaleur à la 
peau; la malade a pu manger un peu mieux que les jours précédents, et 
se sent moins faible. 

Le 28, fièvre nulle; le canal de l'urèthre est irrité par la sonde métal- 
lique que je remplace par une sonde de caoutchouc. 

Le 30, la malade urine seule; la paralysie faciale de l'enfant s'améliore 
très-lentement, sans traitement actif. Les jours suivants reparurent des 
accès de fièvre provoqués par de la fatigue; j'insiste pour que la mère qui 
a peu de lait, cesse de nourrir son enfant auquel on donne une nourrice. 
La convalescence de la mère a été lente, mais s'est faite régulièrement. 



Observation XIX (D r Guibert). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. — Forceps. 

Mme X..., âgée de 20 ans, primipare, est à terme et en travail depuis la 
veille, "20 août; de 9 à 11 heures du soir les douleurs ont été assez vives et 
se sont ensuite tellement ralenties que le 29 au matin, je fus appeié par 
Mme Pincemin, sage-femme. 

A 6 h. du matin, je constate une dilatation du col assez considérable, 
sans rupture de la poche des eaux. 

La tète se présente en occipito-iliaque gauche ; je romps la poche et excite 
les contractions utérines par des pressions sur le ventre au niveau de la 
matrice. 

A 7 h., les contractions utérines restent manifestement insuffisantes. En 
vue d'une application de forcepSj je pratiquai une injection hypodermique 
de chlorhydrate de morphine de 1 centigramme; les fers sont ensuite mis 
en place. 

A 7 h. 15 m. Mme Pincemin commence l'inhalation de chloroforme d'une 
manière continue ; bientôt les tractions sont faites modérément, et l'état 
d'analgésie se dessine de plus en plus; la femme se plaint légèrement: la 
tête est amenée après dix minutes de tractions, sans aucune difficulté, et 
sans que la mère ait été un seul instant endormie. 

Elle m'a vivement remercié de l'avoir accouchée sans trop la faire souf- 
frir. L'analgésie a été assez complète pour que la mère soit restée parfaite- 
ment calme, au moment du passage de la tête, et n'ait poussé aucun cri, fait 



— 236 — 

aucun mouvement notable; elle a été si facile à maintenir, qu'un des pieds 
était simplement posé sur une chaise, sans aucun aide par tenir le membre 
correspondant. 

L'enfant est une fille bien constituée, qui ne présente aucun signe do nar- 
colisme ; elle crie vivement aussitôt après sa naissance. 

i" septembre. Fièvre assez vive, tiO pulsations, seins très engorgés , po- 
tion avec 411 gouttes de teinture de digitale; injections vaginales. 

Le -2. La potion a produit un effet purgatif intense; le pouls est tombé à 
HO; la malade est [dus calme. 

Le 3 La veille et dans la nuit, la malade a encore eu quelques garde- 
robes liquides ; la fièvre a encore diminué ; point de sensibilité du côté du 
ventre ; la malade est aussi bien que possible. 

\ 

Observation XX |D r Guibert). 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pen >lant la période d'expulsion. 

Mme E... a eu deux enfants qui, tous deux, sont venus avant ferme ; aussi 
ses deux premiers accouchements ont-ils été terminés rapidement et sans 
violentes douleurs. 

7 octobre 1872. Elle est à terme; les douleurs ont commence dans la 
unit, d'abord ass z faibles, puis plus vives, de manière à empêcher complè- 
tement le sommeil. 

J'arrive près d'elle à midi ; les douleurs sont continuelles et siègent prin- 
cipalement dans les reins, le col n'est point encore effacé, l'orifice supé- 
rieur présente un commencement de dilatation. 

4 h. Il est difficile d'atteindre le col qui me paraît effacé ; les douleurs 
sont devenues régulièrement intermittentes, mais peu vives; elles siègent 
dans le ventre et non plus dans les reins. 

7 li. 30 m. Les eaux se sont écoulées spontanément ; même difficulté pour 
atteindre le col, que je ne puis explorer qu'en recommandant à la mère de 
soulever elle-même le ventre à l'aide de ses mains ; le col est complètement 
effacé et la dilatation est presque égale, en dimension, à celle d'une pièce 
de S francs. 

5 h. Les douleurs deviennent plus vives, et la malade ne les supporte que 
difficilement. 

.S h. 30 m. La dilatation a sensiblement augmenté; la tête est en occi- 
pito-iliaque gauche antérieure ; les contractions utérines deviennent plus 
douloureuses, et ne permettent point à la malade de rester couchée ; elle 
est en proie à une vive agitation et découragée. 

8 h. 40 m. La malade est plus fortement, découragée par la vivacité et la 



— 237 — 

persistance de ses souffrances qui ne ressemblent en rien à celles de ses 
deux premiers accouchements; elle me prie de l'analgésier; injection hypo- 
dermique de I centigramme de chlorhydrate de morphine. 

8 h. iiS m. Je commence l'inhalation de chloroforme, à l'occasion d'une 
contraction utérine ; la douleur est moins vive, l'agitation moins violente, 
et, à la douleur suivante, la malaile peut r"ster couchée; dans l'intervalle 
des douleurs oppar.iît un peu de somnolence ; bientôt même les parois 
utérines reslent flasques, pendant les douleurs qui sont bien moins vives, 
et la contraction delà matrice n'est pointappréciable à la palpation. J'excite 
les contractions par de légères pressions au niveau de la matrice : l'agita- 
lion a disparu, la malade reste couchée. 

9 h. 3tJ m. Les contractions sont devenues plus énergiques, la malade 
pousse avec courage, la dilatation se complète, la rotation s'effectue; le 
calme est complet, dans l'inlervalle des douleurs, et la malade peut facile- 
ment rester couchée même pendant les douleurs. 

10 h. La tèle franchit le périnée en une seule douleur; je coupe le cor- 
don passé autour du cou de l'enfant, et l'accouchement se termine au 
milieu des plaintes assez vives de la mère, qui affirme avoir beaucoup plus 
souffert que pour ses précédentes couches arrivées avant terme ; elle recon- 
naît toutefois que le chloroforme a notablement diminué la violence de ses 
douleurs, et que celle produite par le passage de la tète a été moins péni- 
ble pour elle que celle des contractions utérines qui précédaient l'emploi 
du chloroforme. L'enfant est un gros et vigoureux garçon qui crie for- 
tement. 

8 octobre, 8 h. Les tranchées ont été plus vives qu'après les autres cou- 
ches, et la mère a peu dormi. 

6 h. du soir Les tranchées ont continué avec écoulement de sang pur ; je 
prescris deux doses de seigle ergoté et un repos absolu. 

Le 9. La malade qui avait été fatiguée par quelques visites reçues la 
veille, a mieux dormi ; le seigle n'a pas été pris; le sang pur es i presque ar- 
rêté. 84 pulsations. 

Le 10. La mère a été plusieurs fois réveillée par son enfant, la nuit der- 
nière; aussi est-elle très-faLiguée ; point de fièvre; le sang pur est complè- 
tement arrêtée. 

Le il. L'insomnie persiste; la malade qui n'a point de fièvre ne prend 
par jour que trois ou quatre bouillons, bien qu'elle se sente de l'appétit, 
je ne puis attribuer l'insomnie qu'à une alimentation insuffisante; je pres- 
cris de la viande aux repas, en petite quantité, et des bouillons dans l'inter- 
valle des repas. 

Le 14. Le sommeil est revenu ; la malade va parfaitement bien, l'enfant 



— 238 — 



Observation XXI (recueillie et communiquée par le D r Thierry). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période de dilatation. 



Le 10 août, je fus appelé près de Mme L. .., primipare à terme. Elle éprou- 
vait régulièrement quelques vagues douleurs dans les diverses parties du 
ventre ; en un mot les douleurs préparantes tellesqu'elles sontdécrites dans 
les livres classiques. 

A 9 h. du soir, je pus constater une légère dilatation du col, accompa- 
gnée de contractions manifestes ; le col est fortement porté en arrière et 
difficile à atteindre ; à partir de ce»moment les douleurs se succèdent toutes 
les demi-heures; elles continuent, dans cet ordre, toute la nuit et le jour 
suivant, très-bien supportées par la malade ; cette période ne fut rendue 
pénible que par des vomissements bilieux. 

7 h. du soir, la dilatation est à peu près complète ; les douleurs s'ac- 
compagnent de plaintes et bientôt même de cris; en même temps les con- 
tractions se rapprochent et laissent à peine quelques minutes de répit dans 
leur intervalle. 

7 h. 30 m., injection hypodermique de 1 centigramme de chlorhydrate 
de morphine, à l'avant-bras droit, et dix minutes après, je place sous les 
narines un flacon de chloroforme, à large ouverture, contenant environ 
10 grammes de chloroforme; dès la première contraction, les cris devien- 
nent moins violents et cessent complètement à la troisième ; sitôt la contrac- 
tion utérine passée, le flacon est retiré. 

Les contractions continuent sans plus d'intervalle qu'auparavant ; la 
femme elle-même en signale le début et réclame le chloroforme d'un geste; 
à part l'accélération de la respiration, rien ne trahit sa souffrance; elle 
cause avec toute sa présence d'esprit, et répond très-bien, mais briève- 
ment, aux questions adressées; le travail marche d'une façon régulière mais 
lente. 

1 h. du matin, nouvelle injection de 1 centigramme de chlorhydrate de 
morphine, à l'avant-bras; la tète était presque à la vulve; la sortie de la 
tête demande plus d'une demi-heure, et je fus obligé, par crainte d'une dé- 
chirure, de faire un débridement sur les grandes lèvres ; la malade accusa 
très-nettement la douleur de cette petite opération, bien que pratiquée au 
moment d'une contraction utérine. 

Pendant ce dernier temps le flacon fut maintenu d'une façon presque 
continue sous le nez de la malade ; le pouls était très -fréquent et légère- 
ment irrégulier. 

Mme L.. . ne pousse pas un seul cri au moment du passage de la tête ; la 









— 239 — 

délivrance fut un peu difficile; le placenta inséré dans l'angle droit de 
l'utérus s'enchatonna ; légère hémorrhagie ; cependant peu à peu la con- 
traction irrégulière cessa, le placenta fut expulsé sans aucune intervention. 

Ce qui me frappa, c'est que non-seulement il n'y eut point de frisson, de 
tremblement, ni de sensatien de froid, qui existent chez toutes les femmes; 
mais il y eut une excitation marquée du pouls, au lieu du ralentissement 
ordinaire. Cette excitation du pouls s'accompagne de chaleur à la peau et 
de sueurs profuses. 

Ces phénomènes d'excitation persistèrent jusqu'au lendemain. Cependant 
les suites de couches n'ont présenté rien de particulier; la fièvre de lait 
fut à peine sensible ; et quinze jours après, Mme L. marchait comme avant 
son accouchement. J'avais prolongé le repos, à cause de l'écartement des 
muscles droits et la proéminence du ventre pendant la grossesse. 

Rien ne saurait peindre la reconnaissance de Mme L. pour lui avoir évité 
la souffrance, depuis sept heures etdemiedu soir jusqu'à une heure etdemie 
du matin; non pas que l'analgésie fût complète, mais la souffrance a été, 
pendant cet intervalle, aussi peu marquée qu'au début du travail. 



Observation XXII (recueillie et communiquée par le D r Pignard de Plouha) . 

Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

Femme Taton, 41 ans, a eu déjà deux enfants; les deux premiers accou- 
chements ont été très-longs et très-douloureux. 

Le 20 juin 1872 à 4 h. du matin, cette femme ressent les premières 
douleurs. 

A 8 h., la tête n'a pas encore franchi le col utérin; les douleurs sont 
très-pénibles et très-vives ; je pratique une injection hypodermique de 1 cen- 
tigramme de chlorhydrate de morphine.. 

A 8 h. 30 m., je commence l'inhalation de chloroforme, que je verse sur 
un mouchoir, à chaque contraction utérine; après quelques inhalations, 
la femme déclare ne plus ressentir que quelques douleurs insignifiantes, 
bien que les contractions continuent régulièrement. 

Vers 10 h., elle accouche naturellement, sans souffrances, avec pleine 
connaissance, disant: si on ne doit plus souffrir davantage pour accoucher, 
il n'y a plus d'appréhension à avoir. Les suites des couches ont été par- 
faites, et la femme Taton, suivant la mauvaise habitude de la campagne, 
était levée le surlendemain de son accouchement. 



240 — 



Observation XXIII (recueillie et communiquée par le T> Pignard, de Plouha). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

Femme Lorgéré, 22 ans, primipare à terme, souffrait des douleurs de l'en- 
fantemenl, depuis le 10 juillet au matin. 

8 h. du soir, la lèle n'a point encore franchi l'orifice de l'utérus. 

9 h., je pratique une injection de chlorhydrate de morphine de 1 cent, à 
I cent. 4|2. 

Les douleurs qui étaient très-pénibles, diminuent une demi-heure envi- 
ron après l'injection hypodermique, bien que les contractions utérines 
continuent régulièrement; et celte femme, anxieuse et découragée avant 
1 'injeclion, éprouve un bien-êlre sensible, quoique je n'aie pas encore com- 
mencé les inhalations de chloroforme. 

9 h. 43 ni., je fais respirer le chloroforme, pendant les contractions 
utérines; le travail marche régulièrement et cette femme accouche à 
M h. 30 m. du soir sans pousser de cri. 

Cette femme très-intelligente me rend compte ainsi de ce qu'elle a 
éprouvé : avant l'injection hypodermique les aouleurs étaient longues et 
très-pénibles; une demi-heure après, le début de la douleur était à peu 
près le même qu'avant l'injection ; mais cette douleur allait presque aussi- 
tôt en s'atténuant, de sorte qu'elle était très-courte, quoique la contraction 
utérine persistât. 

A partir de l'inhalation de chloroforme, la malade a continué à avoir 
parfaitement conscience de la douleur, et poussait malgré elle, pendant les 
contractions utérines, mais elle le faisait sans se plaindre, et par consé- 
quent presque sans souffrance. 

La quantité de chloroforme employée a été de 35 à 40 grammes, et cette 
femme a toujours parlé et répondu aux questions que je lui faisais ; elle me 
disait qu'elle se sentait un peu étourdie. 

Les suites de couches ont été naturelles. 



Observation XXIV (recueillie et communiquée par le D' Pignard de Plouha). 

Primipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant la période d'expulsion. 

Jeanne Durand, à-i ans, primipare à terme., est prise des douleurs de 
l'enfantement le G août. 






— 241 — 

A 5 h. du matin, je suis appelé. 

A 3 h. après-midi, je constalc que les douleurs sont devenues très-pé- 
nibles et que le col utérin est notablement dilaté; injection hypodermique 
de 1 centigr. de chlorhydrate de morphine. 

A 3 h. 3(J m., je commence à faire respirer le chloroforme , la femme 
éprouve, après quelques inhalations, un bien-être considérable, qui dure 
une demi-heure environ; pendant ce temps les contractions utérines con- 
tinuent. 

A 4 h. 45 nu, la tête de l'enfant est sur le périnée, après avoir franchi Je 
col utérin complètement dilaté; il survient alors, à chaque contraclio/i 
utérine, des vomissements qui rendent impossible l'inhalation du chloro- 
forme pendant la dernière heure de l'accouchement, qui se termine au 
milieu des plus vives douleurs, vers 6 h. du soir. 

Les vomissements ne me paraissent pas avoir été provoqués par les inha- 
lations du chloroforme, attendu qu'ils ont persisté, tout aussi marqués, 
après la suspension complète de ces inhalations, et qu'ils n'ont cessé qu'a- 
près l'accouchement. 



Observation XXV (recueillie et communiquée par M. Basset). 

Primipare à terme. — Injections hypodermiques de morphine et inhalations 
de chloroforme pendant les périodes de dilatation et d'expulsion. — Forcep. 



Appelé le 8 novembre 1877 auprès d'une femme en couche, à Plaignien, 
'arrivai près d'elle à 7 h. du matin. 

C'était une primipare de 35 ans, bien constituée, très-vigoureuse, à 
terme. 

Le 5, à midi, quelques légères douleurs s'étaient montrées, la laissant 
vaquer à ses occupations jusqu'à la nuit. 

Depuis, les douleurs se sont rapprochées, se fixant tantôt aux reins, 
lantùt au bas-ventre. Le col est effacé, très-aminci, sans aucune dilatation ; 
la tête est descendue dans l'excavation. 

A midi, aucun changement. 

Le lendemain 7, au matin, je constats une dilatation de 1 centimètre à 
peine. Dans la journée, les douleurs augmentent. 

A 5 h. 30 m. du soir, dilatation de 2 centimètres de diamètre; plaintes 
continuelles, agitation considérable. Je crains une attaque d'éclampsie et 
pratique une injection de 15 milligram. de chlorhydrate de morphine. 
Après vingt minutes, je commence l'inhalation du chloroforme, versé sur 
le mouchoir, à chaque douleur, qui revenait de cinq minutes en cinq mi- 
nutes. Au bout de très-peu de temps, l'agitation cesse d'être continue, 
Pinard. 3* 



— 242 — 
pour ne reparaître que pendant les douleurs, et encore celles-ci étaient- 
elles moins violentes. 

Les douleurs, qui, avant les inhalations, n'avaient aucun siège fixe, se 
localisent bien nettement à la région lombaire. Je constate alors une dila- 
tation complète du col et romps la poche des eaux. J'attends encore une 
heure en continuant les inhalations du chloroforme. Malgré de bonnes con- 
tractions la tête ne descend point. Je me décide à une application de for- 
ceps et insiste sur l'inhalation de chloroforme jusqu'à obtenir l'analgésie. 
Ce résultat obtenu sans excitation, j'applique l'instrument sans provoquer 
aucune plainte. 

Des tractions fortes et soutenues amenèrent l'enfant à la vulve, dont 
l'étroitesse fait craindre une déchirure du périnée. Je pratique alors, à 
1 centimètre de la fourchette, sur chaque grande lèvre, une petite incision 
de l entimètre de profondeur. 

La malade n'accuse aucune douleur, ni pour ces incisions, ni pour le 
passage de la tète, et cependant elle conserve toutes ses facultés. 

La malade m'a déclaré que, depuis la piqûre et l'inhalation du chloro- 
forme, elle a été considérablement soulagée; qu'elle a à peine senti l'ap- 
plication du forceps et n'a point eu de douleur à la sortie de l'enfant Ce 
dernier est énorme; il pèse au moins 1 kilogrammes. La tête est longue et 
tuméfiée. 

Les suites de couches ont été très-heureuses. 

Ce qui m'a le plus frappé dans ce'.te observation, c'est la rapidité avec 
laquelle s'est effectuée la dilatation du col sous l'influence de l'action com- 
binée du chloroforme et de la morphine, et 1 insensibilité complète à la 
douleur pour les incisions périnéales et, la sortie de l'enfant chez une 
femme ayant conservé sa parfaite connaissance. 



Observation XXVI (Dr Guibert). 

Version pelvienne douze heures après l'écoulement des eaux. — Analgésie après 
injection de morphine et inhalation de chloroforme. 

Jeanne Gourio, née Chevalier, a eu cinq accouchements antérieurs, trois 
naturels, avec présentation de la tête; les enfants étaient vivants. Dans un 
autre, il a été nécessaire de pratiquer la version pelvienne. Dans le cin- 
quième accouchement, l'enfant s'est présenté par les pieds. Dans ces deux 
derniers accouchements, les souffrances furent très-vives et l'expulsion de 
l'enfant fut lente et laborieuse. 

"1\\ juin 1874. Cette femme, enceinte pour la sixième fois, et à terme, souf- 
frait à peine depuis la veille; la poche des eaux s'est rompue aujourd'hui 
vers 4 heures du matin. 






— 213 — 

Les douleurs sont à peu près nulles. 

Le soir, vers i heures et demie, elles deviennent plus vives et un bras se 
présente à la vulve. 

On m'envoie chercher en toufe hâte. 

A 3 h. 40 m., je constate la procidence du bras droit, qui exécute encore 
quelques mouvements. La matrice est dure, rétractée, et ne permet point 
de reconnaître la position de l'enfant par la palpation abdominale. Les 
bruits du cœur de l'enfant se perçoivent encore; ils sont très-fréquents et 
irrréguliers. 

Au toucher vaginal, jo trouve un gonflement considérable du bras pro- 
cident et de l'épaule correspondante, qui est engagée dans le col. Les doigts 
sont collés par du méconium. La tête de l'enfant est dans la fosse iliaque 
droile. Les contractions utérines redoublent toutes les cinq minutes. 

La version esl urgente. 

3 h. 45 m. Je fais une injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de 
morphine (1 centigramme à chaque bras, pour obtenir une absorption 
très-rapide) ; puis je fais placer la femme sur une table. 

3 h. 55 m. Je commence l'inhalation du chloroforme à l'aide d'un flacon 
débouché, dans lequel je fais plonger une mèche de linge pour activer 
l'évaporation. Ce flacon est tenu pendant la version près des narines de 
la femme par une des assistantes. L'inhalation est ainsi continuée. 

A 4 h., la matrice est tellement rétractée que je ne puis faire franchir à 
la main le détroit supérieur. Je fais toujours continuer le chloroforme, et 
ce n'est que vers 4 h. 20 m. que je puis atteindre les genoux. A ce moment 
la matrice était assez relâchée pour permettre de reconnaître par la palpa- 
tion abdominale la situation des pieds en haut et à droite. Je puis alors 
assez facilement amener le genou gauche en refoulant le bras. Le siège est 
expulsé facilement sous l'influence des contractions utérines aidées par des 
contractions modérées. Les bras sont ensuite successivement abaissés sans 
peine. La tète est arrêtée un instant, puis dégagée sans difficulté par le 
relèvement du corps de l'enfant au-dessus de l'aine gauche de la mère. 

A 4 h. 3'2 m., j'obliens un enfant volumineux, violacé, sans battements de 
cœur ni respiration. La respiration artificielle ne donne aucun résultat. 

La délivrance se fait naturellement. 

La malade n'a point présenté d'excitation manifeste; elle n'a point dormi 
un seul instant: elle a ressenti seulement un peu d'étourdissemenl et 
d'assoupissement. Elle se plaignait beaucoup moins pendant la version 
qu'elle ne le faisait auparavant, pendant les contractions utérines. 



244 — 



Observation XXVII (D' Guibert). 



Multipare à terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
dans un cas de rétraction de l'utérus. — Version. 



M mt X... en est à son huitième accouchement. Les précédents se sonl 
terminés naturellement. 

Le 4 novembre, dans la soirée, commencent les douleurs. Vers 7 h. du 
soir, écoulement des eaux et chute de la main. On vient me chercher le 
lendemain matin. J'arrive près de la malade à 11 h. 15 m. 

Je constate la procidence du cordon et de la main gauche. 

A H h. 25, injection de i'-i milligr. de chlorhydrate de morphine et on 
dispose la malade pour faire la version. L'enfant, dont la tête est à droite 
est mort depuis longtemps ; l'utérus est fortement rétracté 

A 11 h. 40 m., je fais respirer sur un mouchoir une dose de chloro- 
forme; puis je charge le mari de tenir, pendant l'opération, le flacon de 
chloroforme débouché près des narines de la femme. Je pratique alors la 
version sans aucune difficulté ; je ne retrouve plus cette rétraction de la 
matrice qui existait à mon arrivée. 

L'enfant présente des rougeurs hypostatiques sur les parties qui étaient 
les plus déclives. La mère n'a poussé aucune plainte, aucun gémissement, 
aucun cri pendant la version, qui a duré à peine huit minutes. Elle pré- 
tend néanmoins avoir souffert. Elle n'a pas cessé un seul instant de ré- 
pondre aux questions que je lui adressais, m'assurant qu'elle ne dormait 
pas, comme son calme aurait pu le faire croire par instants 

Délivrance normale, avec une hémorrhagie moins abondante que d'ha- 
bitude, preuve que la rétraction utérine s'est faite normalement. 

D'après les nouvelles que j'ai eues de la malade depuis, elle n'a eu au- 
cun accident, suite de couches. 



Observation XXVIII (D r Guibert). 

Multipare à. terme. — Injections de morphine et inhalations de chloroforme 
pendant une version. 

J. D.., ha,bite le village de P. G. en Plérin, elle a déjà eu quatre enfants; 
sauf le premier, ses accouchements ont été rapides et naturels sans violentes 
douleurs. 

Elle est à terme; le travail a commencé le 4 octobre au soir; vers H h, 



— 245 — 

la poche des eaux se rompt, et peu après une main se montre à l'extérieur, 
on m'envoie chercher. J'arrive près de la femme, le 5, un peu avant quatre 
heures du matin; je constate la procidence de la main droite; la matrice 
est assez fortement rétractée ; on peut reconnaître, à la palpation, que la tête 
est dans la fosse iliaque droite; la mère est assez calme, ne pousse aucune 
plainte et ne paraît pas ressentir de vives douleurs. 

A 4 h. 10 m., je pratique une injection hypodermique de 12 milligr. de 
ehlorhydrate de morphine; à 4 h. 25, je fais respirer le chloroforme, sim- 
plement à l'aide du flacon débouché ; à 4 h. 40, je commence la version sans 
aucune difficulté, la rétraction de la matrice étant nulle. 

A 4 h. 50 m. l'opération est terminée; j'ai amené un garçon très-bien 
constitué et volumineux, légèrement asphyxié, mais il se met très-promp- 
tement à respirer régulièrement, et bientôt après à crier vigoureusement. 

La mère n'a point été endormie un seul instant; elle a poussé quelque? 
plaintes pendant la version et a eu parfaitemement conscience de ce qui 
s'est passé ; la rétraction de la matrice s'est dissipée et n'a mis aucun ob- 
stacle à la pratique de la version, qui s'est faite, y compris l'expulsion de 
l'enfant, en moins de dix minutes. 

Un quart d'heure après (5 h. 5 m.), la délivrance s'est faite naturelle- 
ment. 



Observation XXIX (D? Guibert). 

Primipare à terme. — Eclampsie. — Injections de morphine et inhalations de 
chloroforme. — Forceps. — Guérison. 



J. T..., près du Four, au village, primipare, à terme, avait ressenti le 
6 septembre 1870, vers dix heures du soir, des douleurs de reins plus vives 
que d'ordinaire ; le 7 à une heure du matin, elle est prise d'une attaque de 
nerfs qui se renouvelle à trois heures plus violemment avec convulsion? 
cloniques des membres plus marquées ; congestion intense du visage ; 
écume à la bouche, puis ronflement et coma. 

On envoie chercher madame Pincemin, sage-femme, qui est témoin à 
six heures d'une nouvelle attaque éclamptique ; aussitôt, madame Pincemin 
m'envoie chercher au plus vite. J'arrive à sept heures et trouve la malade 
dans une grande agitation ; son regard se promène avec inquiétude sur les 
personnes qui l'entourent et qu'elle semble considérer comme des ennemis 
auxquelb elle cherche à échapper, par des efforts presque continuels, sans 
pousser aucun cri, ni prononcer une seule parole. 

Elle ne répond point aux questions qu'on lui adresse et ne semble point 
les comprendre. Il m'est impossible par suite de la violente agitation à la- 



— 246 — 

quelle elle est en proie, de parvenir à pratiquer le loucher. J'explore le 
pouls, il y a 1 30 pulsations. 

Je lui fais tenir solidement l'avcnt-bras par deux femmes, et lui pratique 
une injection hypodermique de 13 milligr de chlorhydrate de morphine 
à 7 h. 5 m. Il en résulte, au bout de dix minutes, un calme marqué qui 
rend l'exploration possible; la dilatation est complète; la tête est en oc- 
cipito-iliaque droite postérieure. 

Je charge la sage-femme de faire respirer le chloroforme à petites doses, 
et j'applique le forceps à 7 h. 2) m-, sans tractions énergiques; sous l'in- 
fluence du chloroforme, le calme devient encore plus complet; elle conti- 
nue encore pendant quelques instants d'agiter la tête, et parait bientôt 
dormir d'un sommeil parfaitement tranquille. J'obtiens l'enfant très- 
facilement, sans aucun cri, sans aucune plainte, sans la moindre agitation 
à 7 h. 3l) m. 

Aussitôt après la sortie de l'enfant, j'aperçois sur le visage quelques lé. 
gères crispations qui sont suivies de deux ou trois respirations stertoreuses 
avec congestion du visage, sans aucun mouvement clonique dans les mem- 
bres. 

La malade ne larde point à ouvrir les yeux qui restent un moment égarés 
comme au moment do mon arrivée, et elle cherche à se relever pour se 
mettre sur son séant. Elle est assez calme, mais ne reconnaît aucune des 
personnes qui l'entourent ; son pouls est à I "20 pulsations. Le chloroforme 
a été employé pendant 10 à 13 minutes; j'estime au plus à 15 grammes la 
quantité employée; l'enfant est bien constitué. 

J'ai prescrit, après l'accouchement, un repos absolu et une potion avec 
6 grammes de bromure de potassium à prendre par cuillerées à soupe, 
d'heure en heure. 

L'enfant, un peu violacé et nullement narcotisé, respire bientôt régulière- 
ment et ne tarde pas à crier. J'ai vu le lendemain que la mère avait repria 
connaissance le 7 à une heure après midi et que les attaques d'éclampaie ne 
s'étaient pas reproduites depuis mon départ. 

On peut sans doute penser ici que l'association de la morphine et du 
chloroforme a produit une véritable anesthésie, attendu que la malade, 
n'ayant pas conscience de son état avant leur emploi, ne pouvait donner de 
renseignements ; toujours est-il que l'association de la morphine et du 
chloroforme a été dans ce cas d'une incontestable utilité. L'enfant se porte 
encore bien maintenant. 



Que devons-nous conclure et des observations du D r Guibert 
et de la nôtre ? 
Il est un fait qui frappe tout d'abord, c'est le calme qui survient 



— 247 — 

dès les premières inhalations de chloroforme, ensuite cette atté- 
nuation de la douleur allant jusqu'à l'analgésie complète dans 
certains cas, rares il est vrai. 

Il est curieux également de constater, d'après les remarques du 
D r Guibert lui-même, que quand la femme est sous l'influence 
de la morphine, les douleurs se monlrent vives ; l'influence de la 
morphine vient- elle à disparaître, tout en continuant le chloro- 
forme, les douleurs reparaissent au moment de la contraction. 
Cela prouve au moins qu'on ne peut guère faire disparaître l'élé- 
ment douleur, quand on emploie isolément le chloroforme ou la 
morphine, sans donner des doses considérables. Aussi ne peut-on 
nullement comparer l'analgésie du D r Guibert a l'analgésie ou 
anesthésie obstétricale de certains auteurs. 

Mais si cet état obtenu par le D r Guibert est excellent pour 
pratiquer des applications de forceps, si l'on ne fait pas courir à 
la femme les dangers de l'anesthésie chloroformique poussée jus- 
qu'à la résolution complète , il faut reconnaître également que 
dans l'accouchement naturel, le travail paraît être considéra- 
blement ralenti, la contractilité utérine diminuée ainsi que larec- 
tratilité. Il suffit de constater le nombre des applications du for- 
ceps, 9, pour s'en convaincre. Je sais bien qu'il faut en retrancher 
aumoinsdeux, puisque l'analgésie n'aétérecherchée quepourpra- 
tiquer ces opérations, mais il en reste 7. Et ne voit-on pas dans les 
autres cas le D r Guibert dire lui-même, avec la franchise qui le carac- 
térise: Je fus obligé de frictionner l'utérus, dans un cas même de 
donner du seigle ergoté avant l'expulsion du foetus ? Du reste, du 
moment, et ceci est très-important, que dans les cas de rétraction 
tétanique on obtientlerelâchement'de l'utérus, ainsi que Je prou- 
vent les 25 e , 26° et 27 e observations, il faut bien admettre que 
cette action paralysante de l'anesthésie mixte se produit dans les 
autres cas. 

L'inertie utérine fnt bien contatée dans l'observation de la 
Maternité. Unehémorrhagie fut aussi observée par le D r Guibert. 
Dans notre observation le ralentissement et la diminution de la 
contraction sont on ne peu plus marqués. Dès que les inha- 
lations de chloroformes furent suspendues, on les vit reparaître 



— 248 — 

et reprendre leur caractère à peu près normal en durée et en in- 
tensité. Au moment de la délivrance nous eûmes également une 
hémorrhagie considérable. 

Il est inutile d'insister davantage sur ces points qui me parais- 
sent parfaitement évidents. 



CINQUIÈME PARTIE 



DE L ACTION COMPAREE 
DU CHLOROFORME, BU CHLORAL, DE l'oPIUM ET DE LA MOltPHINK 



En possession de ces notions incomplètes concernant l'action 
du chloroforme, du chloral, de l'opium et de la morphine sur la 
femme en travail, je vais maintenant essayer autant que pos- 
sible d'établir une comparaison entre ces divers agents. 

Comme agent anesthésique véritable, le chloroforme tient la 
première place, les injections intra- veineuses de chloral n'ayant 
point été mises en usage dans les accouchements. 

Le chloroforme, loin de posséder une action primitive et élec- 
tive sur l'utérus, paraît n'agir sur cet organe qu'après avoir in- 
fluencé d'abord l'état général. 

Dans le cas de douleurs violentes dues exclusivement à la 
contraction utérine énergique, il est nécessaire, si l'on veut pro- 
duire l'anesthésie, d'employer les inhalations constantes et à 
doses massives. 

D'après ce que j'ai pu observer, le chloroforme atteint d'une 
façon plus active et plus durable la rétractilité utérine que la 
contractilité. Cette action, pour se faire sentir, ne nécessite point 
l'anesthésie complète mais bien plutôt des inhalations prolon- 
gées. La contraction des muscles abdominaux est elle-même 
plus amoindrie lors de l'anesthésie par le chloroforme que la 
contraction utérine. Mais tandis que ces deux effets sont en rap- 
port direct avec l'intensité de l'anesthésie, ils disparaissent rapi- 
Pinard. 32 



— 250 — 

dément, on pourrait presque dire instantanément dés qu on 
cesse les inhalations, tandis que le défaut de rétractilite persiste 
plus longtemps. 

Enfin le chloroforme inhalé pendant quelque temps, modifie les 
caractères du sang, et en particulier la coloration. 

Les effets du chloral sont bien plus difficiles à apprécier du 
moment qu'il n'est point placé directement dans le torrent cir- 
culatoire ; son absorption est lente, presque toujours indétermi- 
née et son action souvent infidèle. Tel qu'on l'emploie en obsté- 
trique, il semble être bien plushypnotique qu'anesthésique,quanrl 
il n'est pas excitant. 

Quant à son action sur la contractilité et la rétractilite ainsi 
que sur celle des forces expulsives en général , il m'est 
impossible de la préciser , les matériaux me faisant défaut pour 
cela. Toutes ces propriétés sont atteintes, la rétractilite peut-être 
aussi, plus que les autres, mais il serait prématuré d'indiquer à 
l'heure actuelle des degrés. 

Il en est de l'opium comme du choral, administré à l'état d'ex- 
trait, de poudre ou de solution (laudanum); il est de nature com- 
plexe, et de plus l'on ignore presque toujours si l'absorption 
existe et si elle est lente ou rapide. 

Ses propriétés générales thérapeutiques sont connues, je ne 
mentionnerai que son action sédative sur l'utérus. Du reste, ce 
que je vais dire de la morphine peut jusqu'cà un certain point se 
rapporter également à lui. 

La morphine, corps bien défini, absorbé rapidement quand il 
est administré en injection hypodermique, produit des effets 
très- nets et très-marqués sur l'utérus au moment du travail. 

Je ne parlerai que de ceux-ci et non de ses effets généraux qui 
sont les mêmes sur la femme en travail que sur tout autre indi- 
vidu. 

La morphine plus qu'aucun des agents que j'ai étudiés in- 
fluence la contratilité utérine. On pourrait presque dire que c'est 
son effet le plus immédiat. La contraction utérine se ralentit, 
devient plus courte et enfin se suspend complètement. Elle pos- 
sède donc une action paralysante sur la fibre musculaire de 



— 251 — 

l'utérus gravide qui, contrairement à celle du chloroforme, se 
fait sentir primitivement, la rectratilité est moins atteinte, ainsi 
que lacontration des muscles abdominaux. Cette action spéciale 
élective de la morphine sur la contractilité utérine, est-elle d'au- 
tant plus marquée qu'on a pratiqué l'injection plus près de l'uté- 
rus lui-même? Cela se pourrait, car Cl. Bernard avait déjà re- 
marqué son action locale, et Kormann pour cette même raison 
recommande-t-il de pratiquer les injections en un point aussi 
rapproché que possible de la sphère génitale. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



Nota. — Un certain nombre de travaux, mentionnés dans le cours 
de ma thèse, ne se trouvent pas dans l'index. 

Adams. — On the administration of nareotics to pregnant woinen. In 
Edinb. med. Journ., nov., 1867, t. XIII, l ro part. P. 422. 

Andriolli (Mich.-Ang.). — Domest. auxilior. Venise. 1G98. p. 361. 

Des cas anesthèsiques au point de vue obstétrical. Bull, de thér., 
1869, t. XXXVI, p. 19. 

Ashwei.l (Samuel). — Observations on the use of chloroform in natural 
labour. — The Lancet, 1848, t. I, p. 291, 

Aiibrée (P.-F.). - De l'emploi des anesthèsiques dans les accouche- 
ments et. en particulier du chloroforme dans l'éclampsie. 
Thèse de Paris, 1861. 

Avicenne. — Canon, lib. m, phen. 21, tract. 3, cap. 31. 

Barker (F.). — On the use of anaesthetics in Midwifery. — In Amer. 
Med, Times, nov. 1861. N. S., t. III, p. 22. Pamphlet, New- 
York, 1861. 

Barker (P. -C). — Action of opium upon the utérus, et particularly 
as a parturient aeent. — New-York Med. Journal, juin 1869, 
p. 262. 

Barnes (Bobert). — Observations on D r Simpson's anaesthetic statis- 
tics. — The Lancet, 1847,t. II, p. 677. 

— Further observations on the employment of chloroform in parturi- 

tion. The Lancet, 1848, 1. 1, p. 442. 

— Anœsthesia in natural parturition with an analysis of twenty-seven 

cases where chloroform was administered hy D° Sachs, etc. 
In the Lancet, t. II, p. 39, 82, 1850. 
Barwell. — Chloroform in'obstetrics. — Amer- Med.Monthly, and the 
Lancet, 1854, 1. 1, p. 394. 



— 253 — 

Beatty, — On the employment of chloroform in midwifery. In Lond, 

Journ. of med., oct. 1852, t. IV. p. 951. 
Bmattt (Th. -Edward). — Observations on the use of chloroform in 

conjunction with ergot of Rye in Parturition. Dublin Journ. 

of med., Se. 1850, t.X.p. 1. 

— On inhalations of chloroform in the puerpéral convulsions. Dublin 

Quart, journal, 1854, t, XVII, p. 356. 

— On use of chloroform. Dublin Journ. of med. Se, 1863, t. XXXV, 

p. 180. 

Bennet (J. -Henry). — On the administration oi chloroform in midwi- 
fery, etc. London Journ., March. 1850, t. II, p. 265. 

Berchon. — Emploi méthodique des anesthésiques. Paris. V. Mas- 
son, 1861. 

Berges (P.). Du chloroforme dans les accouchements. Thèse de Paris, 
1869. 

Bernard (Claude). — Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie. 
Paris, 1875, in-8. 

Berry (Walter). — The administratien of chloral in the first stage ot 
labeur. The Lancet, 1874, t. I, p. 498. — 

Bibard (Ch.-A.-J.). — ■ De la méthode anesthésique appliquée à l'art 
des accouchements. Thèse de Paris, 1851, n. 34. 

Biri> (Harvey-L.), — Influence du sulfate de morphine sur l'accouche- 
ment. — InPhilad. med. and surg. Reporter, t. XXI, p. 11, 
1869, et t. XXII, p. 354, 1870. Anal, in Sehmidt's, Jah.br' 
t. CL, p. 46, 1871. 

Blot (François-Jacques), — De l'emploi du chloroforme dans les opé- 
rations chirurgicales et obstétricales. Thèse de Paris, 1855, 
n. 115. 

Blot (Hippolyte). — De l'anesthésie appliquée à l'art des accouche- 
ments. Thèse d'agrégation en accouchements. Paris, 1857. 

Bloxam. — Manners, Sankey. mAssoc. med. journ.. 1853 et 1854, 

Bouisson. — Traité de la méthode anesthésique appliquée à la chirur- 
gie et aux différentes branches de l'art de guérir. Paris 1850. 

Bowman, Parsons, Arnott, Popham, Hancorn, Warwick, Emmet. 
Kite, Wilton. — Communications relatives à l'emploi du 
chloroforme dans les accouchements. The Lancet, 1848, t. T. 

p. 254. 
Braun(C) — Erfahrungen iiber Chloroform. — Inhalationen bei ge- 



burts hùlfiichen opcrutionen. In Zeitschr. (1er Wicn. aerzte. 

JuDi 1851, p. 446. 
— Lehrbucli der Geburstshiïlfe. Wien. 1857, p. 505. 
IJreit. — Ueber die Wendung des Kindes auf den Kopf, nebst Mit- 

theilungen iiber die Auwendung des Chloroforms, etc. In 

R 's et. W 's. Archiv., Bd. vu, p. 6-8. 1848. 
Brisebare. De l'opium dans la pratique obstétricale. — Coll. desmém. 

de concoursdessavantsétrangers. Acad.deméd.deBruxelles. 

5° vol. 
Brown (J.) — On anœ theticsin midwifery. In Med. Times and Gaz. 

1867, t.I, p. 511, 
Brown (I.-B.). — ■ On ^he use of chloroform in midwifery. — The 

Lancet, 1848, 1. 1, p. 98. 
Buckner (J.-H.). — Du chloroforme comme anesthésique. The clinic, 

mai 1877. 
Burchard. — Anesthésie par le chloroforme pendant l'accouchement. 

Casper's Wochenschrift, n° 39, 1849. 
Burchell (P.-L.). — Use of chloroform in a case of diffîcult parturi- 

tion. — The Lancet, 1848, t. I. p. 96. 
Buren (Van). — Chloroforme dans les convulsions puerpérales, In 

American Journal of médical sciences. July 1853, t. XXVI. 

g. 283. 
Burweli, (Cr.-N.). — Statc-ment of iifteen Cases of midwifery in which 

chloroform was administered. Buff'alo med. Journ. Nov. 1848. 

et the American Journ. med. Sciences, 1849, t. XVII. p. 261. 
Bvrd. — Sur l'emploi du chloroforme, de l'opium, de la morphine, 

dans les accouchements. Philadel. med. and surg. Reporter, 

juillet 1873, p. 27. 
Camerario. — L'imparziale, 1863, p. 462. 
Campbell (,Ch. -James). — Considérations nouvelles sur l'anesthésie 

obstétricale. Paris, 1877, in-8. 
Capdevilla. — Du chloroforme dans les accouchements. In Cronics de 

los hospitales, 1853. 
Carmichael. (W. Scott).- -Remarks on the alleged mortality in Child- 

liirth in Edinburgh, and on the use of chloroformin midwifery, 

The Loudon med. Gaz, 1850, t. XLV, p. 80. 
Chailly (Honore). — Des cas où les inhalations d'éther et de chloro- 
forme peuvent être employées dans l'art des accouchements 



— 255 — 

et de ceux quijs'opposcnt à leur usage. 1 Bull, de thér., 1853 
t. XLIV, p. 212 et 351. 

Chailly(Honré). — De l'atténuation de la douleur dans les contrac-, 
tions pathologiques, pendant une grande partie de l'accou- 
chement. — Union méd. 1850, p. 89. 

Chafmah. — ■ (John). — Chloroform and other anaesthetics, their his- 
tory and use during childbirth. London, 1859, in-8. 

Chiari.koni. — L'idrato di cloralio alla clinica osterica di S. Catarina 
in Milano. — Gaz. med. ital. Lomh.. 1875, p. 41, 

Choupfe (H.). — Sur l'emploi de l'hydrate de chloral comme anesthé- 
sique dans l'accouchement naturel. — Annales de Gynéco- 
logie, mai 1875, t. III, p. 348, 

Chrestien du Souchay. De l'emploi des anesthésiquos dans les accou- 
chements. Thèse de Paris, 1852. n. 298. 

Churchill. — Trans. of the collège ofphysicias in Ireland, 1858, 
p. 206. 

Clark. — De l'anesthésie obstétricale. In Philadelphia med. Exami- 
ner, mars 1878. 

Clémens (Théod.). — Heftige Syncope und Metrorrhagie nach âus- 
scrlïcher Ariwendung des chloroforms auf die Utérin gegend. 
In Monatsschr. f. Geburtsk., Bd VII, p. 39, 1850. 

Cohen. — Welche pathologische Momente gestatten die Chloroform 
narcose ? In Deutsche Kliuik, n° 41. 1854. 

Cooper (Thomas). — A compendium of midwifery with a short essay 
on the virtues and opérations of utérine medicines and on the 
powers of opium and musk. London 1766, in-8°. 

Coudereau. — Observation d'éclampsie quérie par l'hydrate de chlo- 
ral associé à l'injection hypodermique de morphine. In Bull, 
de Thérapeutique, 1874, t. 86, p. 125. 

Courty. — Thèse d'agrégation, Montpellier, 1847. 

Chloroformisation en Angleterre. In Gaz. heb. 1863. 

Craig (John). — On the treatment of difficult or protracted labour. — 
Remarks on the supposed advantages of chloroform. — Lond. 
med. gaz. 1848, t. 41, p. 31. — Id. — On the dangers to be 
apprehended from the use of chloroform in midwifery (même 
recueil, 1848, t. 42, p. 494). 

Credé. — Klinische Vortriige, Berlin, 1853-54, p. 85. 

Cumming. — Chloroform in a case of puerpéral convulsions. (Abstract 
of the [iroreedings of the obstetric Society of Edinburgh, 



Î848, session VII. j — Ici. — Alleged conséquences of the in- 
halation of ehloroform — Edin. Monthly .jour, may 1849, 
t, III, p. 767. 

Cummins. — Emploi du chloroforme contre la rétention du pla- 
centa par contracture utérine. In. Dubl. quart. Journ. 1856, 
p. 236, t. 21. 

Danyau. — De l'anesthésie dans le< accouchements simples. (Bull, de 
la Soc. de chir. séance du 24 mai 1854, et Gaz. des hop. 1854. 
p. 287.) 

Debout. — Résultats des inhalations du chloroforme tentées à la 
Maternité dans les cas d'accouchements simples. In Bull, de 
thér. 1854, t. 46, n. 534. 

Delannégrie (V.-L.). — De l'emploi du chloroforme dans les accou- 
chements. Thèse de Paris, 1870. 

Delta. — On the employaient of ehloroform in parturition, and its 
influence in relaxation of the perinœum. In the Lancet, f. II, 
p. 264, 1850. 

••emarquay. — Eclampsie pendant le travail. Bons effets du chlorol. 
Bull. soc. de chir. 23 mars 1870. 

Denham (John). — A report upon the use of ehloroform in 56 cass of 
labour oecurring in Dublin Lying-in. — Hospital (Dublin, jour. 
of med. sci., 1849, t. VIII, p. 107). 

— Bericht ùber den Gebrauch der Chloroforms in der Dubliner Ge- 
bâranstalt. Uebers. von Busch. In Neue Zeitschr. f. Ge- 
burtsk., Bd. XXX, p. 1, 18j2. 

Denis (P.-L.-E.). — De l'emploi du chloroforme dans les accouche- 
ments. Thèse de Paris, 1855, n° 174. 

Dei-aul. Art. Accouchement du(dict), encyc. des sciences médicales. 
Paris, 1866, t. I. 

Desoranges. — Rapport sur les mémoires d'un concours dont le chlo- 
ral était le sujet. In Lyon médical, 3 mars 1872, p. 307. 

Diday. — Chloroforme pendant le travail de l'accouchement. In Gaz. 
hebd. de méd. et de chir., 1854, p. 310. 

Doisneau (J.). — De t'emploi de l'opium dans la pratique des accou- 
chements. Thèse de Paris, 1862. 

DccHATEAU. — Étude sur l'anesthésie obstétricale dans les cas de 
version et d'application du forceps. Thèse de Paris, 1874. 

Du Hamel (W.-J.-C). — Hydrate of chloral as an anœsthetic in la- 
bour. — In Amer...Tourn. of med. sciences, 1870, t. LX, p. 574. 



— 257 — 

Dujardin-Beaumetz. — Note sur les effets de l'hydrate de chloral ad- 
ministré contre l'éclampsic puerpérale et pendant le travail 
de 1 accouchement. — Gaz. méd. de Paris, 1873, p. 61. 

Domaresq-Ross (F.). On the use of chloroform in a case of lingering 
labour. In The Lancet, 1860, t. I, p. 192. 

Duncajj. — On the use of chloroform in niidwifery forceps opérations. 
In Edinb. med. jour., mars 1857, t. II, p. 796. 

Elliot. — In New-York med. Journ., 1852. 

Elus (Robert). — On the safe abolition of pain in Labour and surgi- 
cal opérations by ansesthesia with mixed vapours. London, 
1866, in- 12. 

— Compound anaesthetics in midwifery. In The Lancet, 30 juin 1866, 

p. 708. 

— On chloroform et ether in mixture. In Med. Times and Gaz.. 1867, 

t. I, p. 246. 
Esterle. Emploi inutile de divers anesthésiques contre la contraction 
utérine pendant le travail. In Annali univ. di medicina, 1858. 
t. CLXII1, p. 546. 

— Inhalations de chlor iforme en obstétrique. Même recueil, 1861, 

t. CLXXV, p. 450. 

Pabbri (Ercole-Fred.). — Bull. Scien. méd. 1874, t. XVII, p. 24. 

Faye. — RascherTod nach einer fast normaler Entbindung undnach 
Anwendungdes Chloroform. In Norsk Magaz., t. XIII, p. 665, 
1859, etSchmidt's Jahrbiicher, t. CVI, p. 193, 1860. 

Fearn (S.-W.). — Succeessful employment of chloroform in puerpéral 
convulsions. (En outre accouchement artificiel, guérison.) In 
The London med. Gaz. 1848. t. XLI. p. 235. 

Fochier (A 1, — L'anesthésie pendant l'accouchement. (Lyon médical, 
1875, t. 18, p. 536.) — Progrès de l'anesthésie obstétricale. 
Lyon médical, 14 avril 1878, p. 539. 

Franca y Mazorra — Etude sur l'emploi de l'hydrate de chloral 
dans les accouchements et l'épilepsie. Thèse de Paris, 1873. 

François (P.-E.). — Essai sur la valeur du chloroforme dans le traite- 
ment de l'éclampsie des femmes grosses et en couches. 
Thèse de Paris, 1863. 

François (de Tilly). — Eclampsie à 7 mois 1/2 de grossesse. Chloro- 
forme en inhalations. Heureuse délivrance, guérison. Ga- 
zette des hôpitaux, 1869, p. 510. 
Pinard. 33 



— 258 — 
Frazier. — Chloral in labour. — in Amer. Journal of obstetrics , 

août 1876. 
Fredet (Gilbert-Edmond). — De l'emploi du chloroforme dans les 

accouchements simples, dans les opérations obstétricales et 

dans l'éclampsie des femmes en couche. Thèse de Paris 1867. 
Friedlander (A.). — Die locale Ané'sthesirung zur Linderung der 

Wehen. — Deutsche Klinik, n° 30, 1874. 
Gaffié (C). — De l'anesthésie dans l'accouchement naturel simple. 

Thèse de Paris, 1861. 
Galabin, — A case of placenta pravia; narrow cscape from asphyxia 

under ehloroform andether; intra-utérine respiration of 

fœtus. Lancet, 1877, t. l*,p. 568. 
Geneste (A.). — Essai sur l'anesthésie considérée surtout au point de 

vue de l'obstétrique. Thèse de Paris, 1861. 
Gerson da Cunha. — Chloial hydrate in labour. The Lancet, 1870, 

t. 2, p. 432. 
Gilette (Walter). — The narcotic effect of morphia on the new-born 

Child, whcn administred to the mother in labour. — Amer. 

Jour, of obstetries. Oct. 1877, p. 612. 
Gore(H.-J.). — ... On the cmployemcnt of anaesthesia in partu- 

rition. In the Lancet, t. II, p. 488, 1850. 
Grasset Lagarde. — De l'anesthésie appliquée à l'art des accouche. 

ments. Thèse de Paris, 1853, n° 38. 
Gream. — Remarks on the employmentof anœsthetica gents inmidwi- 

fery, London, 1848. 
Gream (G.-T.). — The misapplication of anaesthesia in Childbirth- 

London, 1849, in-8°. 
Guelmi (Ant ). — Del anestesa specialnienle in parto. — Ann.d'Omo- 

dei. t. 176, p. 313. 
Guibert. — Action combinée de la morphine et du chloroforme. 

Comptes rendus de l'Académie des sciences, 18 mars 1872. 
Hall Davis (J). — Contributions from obstetric practice. Lancet. 

Oct. 184S, t. Il, p. 423. 
Hamilton (Robert). — Des agents anesthésiques sous le rapport de 

leur application à la médecine opératoire et aux accouche- 
ments. — Thèse de Paris, 1851, n° 11. 
Hampe (E.). — Avendung des Chloroforms in der Geburtshiilfe. 

Wurzburg, 1854, in-8. 



— 259 -_ 

Harding (G.-J.). — Puerpéral convulsions treated with chloroform. 
The London med. gaz. 1849, t. XLIV, p. 458. 

Harnier (Adolf). — Ueber die Anwendung des Chloroforms in der Ge- 
burtshiilfe. In Neue Zeitsehr. f. Geburtsk., Bd. XXXI, 
p. 36, 1851. 

Harvet (C). — On the action of morphia or opium and chloroform in 
labor. In Philad. mcd. a. surg. reporter, july 19, 1873. 

Heider. — Des lavements de chloroforme en obstétrique. Wurtem- 
berg. Medicin. Corresp. Blatt. 1866, n° 10. 

Helfft. — Ueber die Anvendung des Chloroforms in der Geburts- 
hiilfe, hauptsiichlich in Betreff seines Einflusses auf die Mus- 
kelthâtigkeit bei der Geburt. — Tu Neue Zeitschrift fur Ge- 
burtsk., Bd. XXVHI, p. 44, 1850. 

Helfft. — Statistische Berichte ûber die Wirksamkeit des Chloro- 
forms bei Entbindungen. In Monatsschr. f. Geb. Bd. IV, 
p. 191, 1854. 

Heyerdahl. — On the use of chloroform in midwifery. Dublin jour, 
of med. sci. 1859, t. XXVIII, p. 244. 

— Obstétrical employaient of chloroform (med. Times and Gaz,, 1859, 

1. 1, p. 244). 

— Use of chloroform in puerpéral convulsions (Dublin Jour, of med. 

sci. 1860, t. XXIX, p. 464). 

Hildreth (Charles C). — Chloroform and Ergot on obstetric Prac- 
tice. In American Journal of med. sci. N. S., t. LI, p. 361, 
1866. 

Hohl. — Die Chloroform-narkose in der Geburtshulfe. In Deutsche 
Klinik, 1861, n» 31 . 

Houzelot (de Meaux). — De l'emploi du chloroforme dans l'accou- 
chement naturel simple. Mémoires de la Soc. de chir., 1854, 
t. IV, p. 153. 

— Lettre sur l'anesthésie obstétricale. (Gaz. hebd. de méd. et de 

chir., 1854, p. 405.) 
Howitz. — Beitrag zur Lehre von der Placentar-retention. In Biblio- 

thek for Laeger, 1866, p. 1. — Anal, in Schmidt's Jahrb. Bb. 

135. p. 49, 1866. 
Huter. — Beobachtungen ùber die Wirkung des Chloroform bei ge- 

burts-hulflichen Operationem. In Neue Zeitsehr. f. Geburtsk, 

Bd. XXVII, p. 3. 1850. 



— 260 — 

JacobS. — Ueber Eklampsie der Gebiirenden. In Berlin, klin. Wo- 

chenschr., Bd. X, n° 22, 1873. 
Jbaucourt. — Mémoire sur l'emploi vulgarisé du chloroforme dans 

les accouchements, 1860. 
Johns (R.). — Practical observations on the injurious effects of chlo- 

roform inhalation during labour. In Dublin Quart. Journ., 

May. 1863. T. XXXV, p. 353. 
Kaufmann. — Die neuere in London gcbruuchliche Art der Anwen- 
dung des Chloroforma wiihrend der Geburt. — Hannover. 1853, 

in-8. 
Kesteven (W.-B.). — On the use of chloroforni in midwifery. (The 

London med. Gaz. 1848, t. XLII, p 550. 
Kinn (Ch.). — On the value of anœsthetic aid in Midwifery — in Tran- 

sact. of the obstetr. Soc. Lond. t. II, p. 340. 

— - Purther obscrv. on the use of anœsthetics — in midwifery in Obsté- 

trical transact. of London. T. V. 1X64, p. 1-25. 
Chloroform in ovariotomy and parturition. — Mcd. Times and Gaz. 
1863, t. I,, p. 441. — Emplovnient of chloroforni in mid- 
wifery, id. 1863 t. Il, p. 631. 

— On chloroforni in midwifery practice. Dublin Q. J. of. med. se. 

May, 1864, t. XXXVII, p. 319. 

— On chloral hydrate and chloroform in gênerai obstetric practice, 

especially in labour cases. — in Obst. Society of London 

H janvier 1871, et med. Times et Gaz. 1871, t. I, p. 142. 

N'a pas été publié. 
— - On ether and chloroforni as anasthetic^. 2 édit. Londres 1858. 
King (A. -P.). — Chloroforni in obstetric practice. London med. Gaz.. 

1850, t. XL VI, p 404. 
K.OHLER. — Die Anwendungdes Chloroform in der Geburtshulfe. In 

Schmidfs Jahrbucher, Bd. CLI, p. 215, 1871. 
Konitz (L.). — Mittheilungen aus der geburtshilflichen Praxis. In 

Wiener Wochenblatt, Bd. 1, p. 521, 1855. 
Kormann (E.). — Die Anwendung subeutaner Morphium- injectionem 

unter der Geburt und in den ersten Tage des Wochenbettes. 

In Monatsschr. f. Geburtsk. Bd. XXXII, p. 114, 1868. 
Krieger — Ueber die Anwendung des Chloroform in der Geburts- 
hulfe. In Verhandl. der Gesellsch. f. Geb. in Berlin, Heft 8, 

p. 138, 1855. 
Kurowicz. — Ueber die Wirkung der Chloroform-narcose auf die 



— 261 «* 

BeschaffenheitderOeburtswehen. InPetersb. med. Zeitschr., 
Bd IV, H. 5, 1874. 
Larorib. — Rapport à la Société de chirurgie sur le mémoire de 

M. Houzelot. Mémoires de la Soc. de chir. 1854, t. IV, 

p. 202. 
Dk Lambert (E.). — On the influence exerted by chloral on the pain 

of parturition. — In Edinb. med. Journal, 1870, t. XVI, 

l'° part., p. 113. 
Lansdown (J.-G.). On the use of ether and chloroforLi in surgeryand 

midwifery. In The Lancet, janvier 1848, t. I, p. 10. Chloro- 

form for puerpéral convulsions during labour, id. juin 1861, 

t. I, p. 544. 
Lkvert. — De l'emploi des injections hypodermiques de morphine 

pour modérer les douleurs de l'accouchement. — Berl., Kiin., 

Wochens. 1867, n° 11. 
Lkcacheur (Alfred). De l'hydrate de chloral et de son emploi dant 

les accouchements. Thèse de Paris, 1870. 
Lee (Robert). — An account of seventeen cases of parturition in 

which chloroform was inhaled with pernicious effects. In 

Med. tim. and Gazette. Sept. 1854, p. 257. 
Lefebure. — Le manuel dés femmes enceintes. Paris 1777. 
Levt. — Ueber die Anwendung des Chloroforms, etc. In Bibliothek 

for Laeger, Bd. X, p. 443, 1859. Anal, in Schmidt's Jahrbu- 

cher, Bd. 102, p. 40, 1859. 
Liautaud (M.-J.). —De l'anesthésie dans les accouchements. Thèse 

de Paris, 1862. 
Lucre. — Nutzen des chloroform bei der Wendung. In Preussische 

Vereins-Zeitung, n" 20, 1857. 
Litsk (W.-T.L — Morphia in Childbirth. (Amer, journ. of obstetrics 

juillet 1877, p. 413.*.— On the necessity of caution in the em- 

ployment of chloroform during labour (même recueil, p. 539). 
Macari (Francesco). — Degli oppiati applicati ail' ostetricia. Torino. 

1861. 
Madden (Th.-M.).— On the hydrate of chloral as ahypno'ic and ner- 

vous sédative, especially in gynœcological practice. (Dublin 

Journal, may 187», p. 331.) 
Marcé. — Traité de la folie des femmes enceintes ... Paris, 1858, 

in-8. 



— 262 — 

Martin (Ed.). — Ueber die kiinstliche Anâsthesie bei Geburten durch 
Chloroformdàmpfe. Iena, 1848, in-8. 

Martin. — Ueber Chloroform. Inhalationen in der Geburtshûlfe. In 
Verhandl. derHufeland' schenGesellsch. in Berlin, 22, Febr. 
1861, et Allg. med. Centralzeitung, n° 20, 1861. 

Martineau. — De l'emploi du chloral dans les accouchements préma- 
turés (Bull, de thér., 1874, t, LXXXV1. p. 377). 

Mattison (J.-B.) — Eclampsia in the Mother treated by hypodermic 
injection of morphia, etc. (In American Journal of obstetrics, 
t. X. p. 299, 1877. 

Madnoury (de Chartres). — De l'efficacité du chloroforme dans l'opé- 
ration de 'la version pelvienne. In Gaz. méd. de Paris, n° 41, 
p. 645, 1855. 

Mater. — Emploi du chloroforme dans les accouchements. In 
Aerztl. Intell.-Blatt Munchen, n° 22, 1856. 

Mazerat (Aug.-Al.). — De l'emploi de l'éther et du chloroforme dans 
les accouchements. Thèse de Paris, 1851, n° 97. 

Meigs. — On the use of chloroform in midwifery. (Philad. med. exa- 
miner, mars 1848, et London med. Gaz., 1848, t. XLII, p. 85) . 

— Obstetrics, the science and art. Philadelphia 1849, p. 316. 

Meisinger. — Aus der geburtshiilflichen Praxis. In Wiener med Wo- 
chenschrift, n° 40, 1854. 

Merriman (S.-W.-G.). — Arguments against the indiscriminate use 
of chloroform in midwifery. London, 1848, in-8. 

Michel (Joseph). — Essai sur la douleur et les anesthésiques en obsté- 
trique. Thèse de Paris, 1855, n° 127. 

Millet (Adrien). — Sur l'efficacité des inhalations anesthésiques pour 
résoudre les contractions spasmodiques de la matrice qui met- 
tent obstacle à l'exécution des opérations obstétricales (Bull, 
de thér., 1854, t. XL VII, p. 422). 

Mitchell. — Injurious effects of chloroform in obstetric practice. 
(Dublin med. Press, 1848, et Lond. med. Gaz., 1848, t. XLI, 
p. 38). 

Mizerski (An.). — De chlorof. usu inter partum. Dissert, inaug. Be- 
rol., 1861. 

Moffat (James). — Observations on anœsthesia in midwifery In The 
Lancet. 1848, t. I, p. 97. 

Moll (A.). — De chloroform. inhal. in arte obst. adhibendis. Diss. 
inaug. Berol. 1861. 



— 263 — 

Montgommery(W.-P.). - Objections to the indiscriminate adminis- 
tration of anœsthetic agents in midwifery (Dublin Journ. of 
med. sci. 1849, t. VII, p. 321). 

Muller (P.). ,Ueber die Wirkung'des Chloralhydrats bei normalen 
Geburten. In Berlinerklin. Wochenschrift, n°25, 1876. 

Murpht (Edward-W.) Administration of chloroform. in cases of diffl- 
cult parturition. (The Lancet, 1847, t. II, p. 653.) 

— Chloroform ; its properties and safety in childbirth. London, 1855, 

in-8. 

— On the nse of chloroform in midwifery. In The Lancet. t. II, 

p. 508,1849. 

— On the nse of chloroform in childbirth. In The Lancet, 1856, t. I, 

p. 129. 

— Further observations on chloroform in the practice of midwifery. 

In Monthly Journ. of med. science, nov., déc. 1849, p. 1177 
et 1237. 

— Chloroform in the practice of midwifery (Read at the Harweian 

Society, feb. 1848). 

— On the use of anaesthetic agents in obstetric practice. In London 

Journal of med. 1849, t. I, p. 1084. 
Naranjo (Ant.-J. de J). — De l'action physiologique du chloroforme 

et de son application aux accouchements. Thèse de Paris, 

1869. \ 

Nevins. On the présent state of our knowledge with respect to the 

uses and effects of chloroform, (London med. Gazette, 1848, 

t. XLI, p. 381). 
Normand-Dufié (S -G.). — Essai surl'anesthésie provoquée appliquée 

aux opérations chirurgicales et aux accouchements. Mont- 
pellier, 1858, in-8. 
Norris. — Chloroform in puerpéral convulsions (Monthly Journ. of 

med. science. 1849, t. IX, p. 767). 
Nunnelt. — Trans, of the Provincial med. and surg. Association, 

t XVI, p. 11,358. 
Odier. — Emploi du chloroforme dans l'accouchement physiologique. 

(Corresp.-Blatt. f. Schweizer Aerzte, 1877, n°13, p. 393.) 
Pacull (H.-Fr.). — De l'emploi de l'éther et du chloroforme dans les 

accouchements. Thèse de Paris, 1851, n° 204. 
Pajot. — Art,: Anesthésie obstétricale du dict. encycl. des science» 

1866, t. IV. 



— 264 — 

Paoli (Vincenzo). — Osser. clin, d'ostetr. oper. — Genova, 1871. p. 219. 

Parea (Annibale). — Saggio d'osserv. chirurg. Milano, 1784, p. 33. 

Partridge Edward-L.). — The use of opium and morphia during pre- 
gnancy and parturition (Amer. Journ. of obstetrics, oct. 1877, 
p. 558. 

Peironnet (L.-A.-F.). — De l'emploi du chloroforme dans les accou- 
chements. Thèse de Paris, 1851, n° 73. 

Perrin et Lallemand. — Traité d'anesthésie chirurgicale. Paris, 
1863, in-8. 

Pettigrew (P.-Webb). — On chloroform and instrumental labour 
(Med. Times and Gaz., 1860, 1. 1, p. 25. 

Philipps Richard». — On the application of chloroform in the practice 
of midwifery. (The Londbn med. Gaz., 1848, t. XLI, p. 634). 

Piachaud. — Rapport sur tanesthèsie obstétricale. — Congrès inter- 
national des sciences médicales. Genève, 1877. 

Pier Sali Diversi. — In Avicenna Librum tertium de morb. particul. 
comment. Patavi, 1673, p. 408 

Playfair (W.-S.). — Chloral as an anœsthetic during labour. In The 
Lancet, 1874, t. I, p. 263. 

Polaillon. — Chloral dans l'accouchement (Union médicale, 15 jan- 
vier 1876). 

Powis et Spitta. — Delivery of twins under the administration of se- 
cale cornutum and chloroform. (The London med. Gaz. 1848, 
t. XLI, p. 305). 

Prentiss (C.-A.). — Hydrate of chloral in labour. In American Journal 
of med. se. January, 1876. 

Pretty (John-R.). — Aids during labour including the administration 
of chloroform, etc. Londres, 1856, in-8. 
— On the mode of using chloroform in midwifery, with the des- 
cription of a new inhaler. (The Lancet, 1856, t. II, p. 646.) 

— Hiilfreicher Beistand bei den Geburtswehen und Vorschriften iïber 
die Anwendung des Chloroforms. Deutsch bearb. von H.Hart- 
mann. Weimar, 1857, in-8. 

Putnam. — Sur l'anesthésie obstétricale. (Boston med. and surg. Jour- 
nal, 2 février 1848.) 

Ramsbotham (Francis-H.) — Principles and Practice of obstetric medi- 
cine and surgery. London, 1851, in-8, p. 183. 

Rapport de la commission désignée par la Royal médical and chi'urgical 
Society pour faire une enquête sur l'emploi et les effets phy- 



— 265 — 

biologiques, 'thérapeutiques et toxiques du chloroforme, etc. 
(Med. chir. trans. 1864, t. XL VII, p. 323.) 

Rawitz. — Das Chloroform bei geburtshiilflichen Operationen. In 
Med. Zeit. des preuss. ârztl. Vereins, n° 44, 1856. 

Rigby (Edward). — Un the use of chloroform in midwifery. In Med. 
Times and Gazette, 1850, t. XXI, p. 153. 

Ritter. — Zur Anwendung anâsthetischcr Mittel in der Geburts- 
hiilfe. In Zeitschr. fur Wundar/.te und Gebursthelfer, Heft. 
3, 1866, et Heft. 1, 1867. 

Romiti (Guglielmo). — Délia anestesia in ostetrica — In Lo Sperimen- 
talè, 1874. t. XXXIII. p. 389. 519. ' 

Routh. — Use of anassthetics in midwifery (Obstetr. Transact., 
t. V, p. 138, 1864.) 

Sachs (C.-L.). — Beitràge zur Anvendung der Aether und ins beson- 
dere der Chloroform-Dâmpfe in der Geburtshùlfe. In Ver- 
handl. der Gesellsch. fiir Geburtsh. [in Berlin. Bd III. p. 249, 
1848. 

Salvolini. — De l'emploi du chloroforme dans le travail de l'accou- 
chement. In Gaz. med. ital. Stati Sardi, 1852. 

Sansom (Ernest). — On the pain of parturition and anaeslhetics in ob- 
stetric practice (Trans. of the obstetr. Soc. of London, 1869, 
t. X, p. 121). 

Sansom. — Chloroform, its action and administration. Londres, 1865. 

Scanzoni. — Ueber die Anwendung der Anœsthetica in der geburts- 
hulflichen Praxis. In Scanzoni's Beitrâge zur Geburtsh., Bd. 
II, p. 62, 1855. 

Schwartz (J. C). — Ueber Eklampsie der Kreissenden. In Riga'er 
Beitr. Bd. I, p. 2, 1850. Anal, in Schmidt's Jahrb., Bd. LXX, 
p. 331, 1851. 

Sédillot. — De l'insensibilité produite par le chloroforme et l'éther, 
et des opérations sans douleur. Paris, 1848. 

Seyer (L.-E.). — De l'emploi des agents anesthéoiques dans les accou- 
chements. Thèse de Paris, 1851, n° 157. 

Shaw (Charles). — De la morphine administrée en injections hypo- 
dermiques dans les cas derigidité du col(Med. press. and cir- 
cular., 24 août 1870, p. 137). 

Siebold (E.-C.-J. von). — Eine Stimme ùber die Anwendung des 
Chloroforms in der Geburtshiilfe aus England. In Neue 
Zeitschr. f. Geburtsk. Bd. XXVIII, p. 145, 1850. 
Pinard. 34 



- 266 — 

SiLVESTRi(Grandesso). — Gaz. nied. ital. prov. Venete, 1874, p. 42. 
•Simpson (J.-Y.). Report on the early history and progress of anaesthe- 
tic midwifery ^The Monthly Journal of med. Science, oct. 

1848, t. IX, p. 209). 

— Cases of the emploj'ment of chloroform in midwifery (The Lancet, 

1857, t. II, p, 549 et 623). 

— Anaesthetic and olher therapeutical eflfects of the inhalation of 

chloroform. In Edinburgh, Monthly journal, 1847, p. 415. 

— On the superinduction of ansssthesia in natural and morbid partu- 

rition (Edinburgh Monthly journal, janv. 1848, p. 526). 

— Anaesthesia, or the employaient of chloroform and ether in surgery, 

midwifery, etc. Philadelnhia. 1849. in-8°. 
Sinclair (E.-B.). — Some observ. on the administr. of the vapour of 
chloroform in obstétrical practice. Dublin Q. J. med. se, 
Aug. 1804, t. XXXVIII, p. 64. 
Skene. — Tolérance of chloroform in labor. (Trans. of the New- York 

Obstetr. Society, Mardi 3, 1874. in The American journal of 

Obstetrics and Diseases of Women and Children. August. 

1874, p. 278). 
Skinner (Th.). — ls chloroform 'safe in midwifery? (Med. Times and 

Gaz., mai 1860, t. I, p. 506.) 

— Anœsthesia in midwifery (The Lancet. 24 mai 1862, 

p. 557). 

— Brief remarks ou ansesthesia in midwifery. (Obstétrical Transact., 

of London, 1863, t. IV, p. 116.) 
Smith (Protheroe). On the use of chloroform in midwifery practice. (The 
Lancet, 1847, t. II. p. 572. 

— Scriptural autority for the mitigation of the pains of labour by- 

chloroform, and other anaesthetic agents. London, 1848, in-8. 
Snow et autres. — Chloroform in midwifery (discussion à Westmins- 
ter médical Society — in Monthly jour, of med. science, 

1849, t. IX. p. 628). 

Snow (John). — On the use of chloroform in surgical opérations and 
midwifery (London journal of med., 1849, t. I or , p 50et<j76). 

— On the administration of chloroform during parturition. (Associa- 

tion med. Journal, juillet 1853.) 

— On ansesthetics. London, 1858. 

Spiegelberg (0.). — In Lehrbuch der Geburtshùlfe, 1877, p. 192. 



— 267 — 

— Ueber Anwendung des Chloroforma in der Geburtshûlfe. In Deutsche 

Klinik, n° r 12-15, 1856. 

— Ueber die Chloroform.-Anâsthesie wàhrend der Geburt. In Mo- 

natsschr. f. Geburtsk, Bd. XI, p. 29, 1858. 

Spire (Charles). — Des inhalations de chloroforme à haute dose dans 
les attaques d'éclampsie puerpérale. Thèse'de Paris, 1871. 

Stallard. — Practical observations on the administration and effects 
of chloroform specially in its applications in cases of natural 
labour (London, 1848). 

Steele (A.-B.). — Chloral as an ansesthetic during- labour. In The 
Lancet, 1874, t. I, p. 353. 

Stimson (Edwin-B ). — Cases and Bemarks upon the use of Chloro- 
form in natural labour. (New-York Jour, of med., sept. 1848 
and Amer. jour. of. med. Se. janvier 1849, t. XVII, p. 260). 

Storer. — Boston med. et surg. Journal, 1863, t, LXIX, p. 249. 

Thomas (W.). — Chloroform in protracted labour (The Lancet. 1860. 
t . I, p. 338). 

Todd (S. -S.). — On the use of ansesthetics in labour. In-8°, 1875. 

Toutain (M.). — De l'emploi du chloroforme dans le traitement de 
l'éclampsie des femmes en couches. Thèse de Paris, 18S7, 
n° 123. 

Townlet (J.). — Parturition without pain. In Lancet, 24 mai 1862, 
p. 538, et pamphlet, Davies. London. 

Townsend. — Convulsions pendant le travail, chloroforme, applica- 
tion de forceps, délivrance, hémorrhagie assez abondante pour 
qu'on soit obligé de comprimer l'utérus pour l'arrêter (Du- 
blin Q. journ., 1871, t. LI, p. 250). 

Tyler-Smith. — Expérimental and practical observations on the use 
of chloroform in midwifery (London Journ. of. med. 1849, 
t.I, p. 1107). 

Verrier. — De l'anesthésie en obstétrique (Bull, de thér., 1865, 
t.LXVIII, p. 46). 

Viger (Adrien). — De l'anesthésie dans les accouchements, considéré 
au point de vue de ses accidents. Thèse de Paris, 1855, 
n° 154. 

Vogler. — Ueber die Anwendung des Chloroforms in der Geburtse 
hiilfe. In Neue Zeitschr. f. Geburtsk., Bd. XXXII, p. 145, 
1852. 



— 268 — 

Waller (Charles). — On the employaient of ether and chloroform in 
cases of midwifery. In Med. Times and Gazette, 1849, t. XX, 
p. 375. 

Webster. — Geisteskrankheit in Folge von Chloroform. In Journ. of 
psycolog. med., t. X, 1850. Annl. in Sehmidt's Jahrb., 
Bd. LXVI. p. 3ù9, 1850. 

White (James-P.). — Case of puerpéral eouvulsions (during labour) 
treated by chloroform (Buffalo med. jour., sept. 1848, et 
Amer. jour, of med. sciences, 1849, t. XVII, p. 262). 

Winckel. — Vond. Einwirkung d. Chloroform's auf die Wehenthâ- 
tigkeit. In Monatsschr. f. Geb., Bd. XXV, p. 241, 1865. 

X... — Account of a case of death from the inhalation of chloroform 
during labour (Med. Tiâes et Gaz., 1855, t. I, p. 361). Cas 
douteux en ce que l'auteur de l'article, qui d'ailleurs a voulu 
rester inconnu, ne fut appelé qu'après l'accouchement, alors 
que la malade était mourante. Il donne les résultats de l'en- 
quête à laquelle il's'est livré auprès des personnes qui avaient 
assisté la parturiente. 

— Chloral. Empfehlung bei Geburten. Voir Canstatt's J., Bd. I, 

p. 416. 1874. 

— Comment doit-on administrer l'opium pendant le travail et com- 

ment agit-il? (Virginia med. Monthly, nov. 1876, p. 602.) 
Yvonneau. — De l'emploi du chloroforme et de ses différentes appli- 
cations. Paris, 1853, in-8°. 
Zuber. — Du chloral, recherches cliniques expérimentales. Thèse de 
Strasbourg, 1870. 




Accession no 

8421 

Author 

Pinard, A» 

De l'action 

comparée du chloro 
TMno. f orme# 

Anesthesia 
V